Archive pour septembre 2009

Les Rebelles de Schonau

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@ oberknecht

« Parce que je n’étais pas seule… » – Ursula Sladek

La force du sud rayonne de Schonau!

On pourrait présenter cette initiative sous l’angle énergétique, purement et simplement. En fait, il est plus intéressant de faire réaliser que EWS : Elektrizitätswerke Schönau est avant tout une révolution énergétique citoyenne dans une volonté d’être indépendant de l’énergie nucléaire au quotidien.

Citoyen car chaque souscripteur à EWS s’engage à revendre l’énergie qu’il produit et n’utilise pas. En effet l’électricité produite par chaque particulier est réinjecté dans le réseau commun de Schonau. C’est pour cela que, originellement, nous avions choisi de commencer le reportage en montrant la petite centrale destiné au particulier : la centrale de cogénération qui produit non seulement de la chaleur mais aussi de l’électricité à partir du gaz (dans ce cas précis).

L’avantage de ce procédé me direz vous?

Un rendement maximal par rapport à la pollution de l’air générée. Donc attention, cette énergie n’est pas 100% propre mais permet de polluer beaucoup moins en récupérant de manière efficiente la chaleur pour produire de l’électricité de façon entièrement modulable selon la saison.

Il est aussi important de rappeler le bouquet énergétique d’EWS ne contient qu’une petite proportion d’électricité produite par cogénération au gaz : 5 % cogénération pour 95 % énergies renouvelables (essentiellement hydraulique importé de Norvège). Sur ce point, pas de compromis, EWS n’importe que de l’énergie hydraulique issus de centrales récentes de moins de 6 ans pour se fournir auprès de centrales garantissant un impact environnementale minimal.

« Chaque kilowatt économisé est favorable à l’environnement » insiste Ursula Sladek.

A Schonau le rayonnement le plus important n’est pas celui du soleil, c’est plutôt l’impact qu’une poignée d’habitants d’un petit village d’Allemagne, soucieux de l’avenir de leurs enfant a réussi à insuffler dans les mentalités : même l’église de Schonau est équipé en panneaux solaires! Un combat commencé modestement en commençant par dire NON au nucléaire. Autour de cela s’est bâtit une réflexion pour ne pas subir et agir pour l’environnement : aujourd’hui EWS organise des séminaire, informe et aide les particuliers à passer au vert. Plus qu’un simple fournisseur, EWS possède une démarche quasi-philosophique. De là, c’est une illustration d’un « effet boule de neige positif » parti de Schönau pour influencer Freiburg, moteur et vitrine écologique du pays, avant de distribuer son énergie à toute l’Allemagne!

A Freiburg, de multiples installation liées au renouvelable étaient visibles du toit du stade illustrant l’expansion d’une volonté de concilier l’homme et la nature. Il ne s’agissait pas seulement de montrer un « stade écolo » mais d’illustrer un mouvement d’ensemble, un rayonnement parti de l’initiative à Schönau. Là, nous interviewions Ulrich Drescher, patriarche bon vivant du combat écologique en Allemagne qui après sa présentation de l’écologie participative illustrée par le stade insista sur les héros de Schönau.

« Depuis près de 20 ans les rebelles de Schönau ont su propulser l’idée d’alternative à l’énergie nucléaire : de Schonau, à toute l’Allemagne! »
Et lors que je demandais à Ursula Sladek comment elle avait réussi à mener une si grosse entreprise en partant de rien. Elle me répondit naturellement :

« Je n’étais pas seule » en regardant le responsable du réseau électrique de Schonau qui à traversé toute l’Allemagne sensible au combat d’une citoyenne avant tout mère de famille. Si on évoque souvent « David contre Goliath » pour montrer de longue années de combat âpre de citoyens contre le système en place, on oublie peut être dans ce raccourci médiatique que David n’était peut être pas si seul…

Philippe F. NAI

EWS - Elektrizitätswerke Schönau

EWS - Elektrizitätswerke Schönau

edit : lundi 30 mai 2011, l’Allemagne sort du nucléaire et entre dans l’histoire.

Voir aussi :

Engagements citoyens innovants en matière d’énergie et de déchets

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L’Anvers du Diamant

La première forme de surexploitation de la planète est l’exploitation humaine

Complément d’enquête sur ce sujet délicat aux multiples facettes

Le processus Kimberley est un régime de certification des diamants bruts. Il vise à empêcher le commerce illégal des diamants en échange d’armes. La mise en place d’un tel processus, est ambitieuse car internationale (Aujourd’hui 71 pays sont signataires) et  beaucoup de choses restent à peaufiner. Notamment le fait qu’il repose sur une législation propre à chaque pays est problématique. Mais selon Philippe Hensmans, président d’Amnesty International Belgique, la difficulté d’appliquer le processus Kimberley tient surtout du fait qu’il vient réguler un commerce qui a sa part d’ombre.

Schéma du développement durable : Un développement durable nécessite que les cahiers des charges écologiques, économiques et sociales soient tous trois remplis.

La réelle faiblesse de ce processus n’est pas que le diamant passe entre les mains d’une série d’intermédiaires mais que la traçabilité ne concerne que le diamant brut : on a une absence de traçabilité une fois le diamant taillé.

J’ai été frappé par les lots de diamants taillés qui étaient stockés dans de simples enveloppes ou boîtes en plastiques. Dès lors que j’avais tout cela sous les yeux je ne pouvais m’empêcher de me demander : comment est il possible de certifier un diamant spécifiquement?

Comment suivre un diamant taillé qui voyage avec 100 autres?

Des procédés de marquage sur la surface du diamant ont été mis au point mais il suffit au trafficant de repolir celui ci pour effacer toute marque. Les procédés d’analyse d’un diamant visant à le différencier d’un autre sont effectués par des laboratoires spécialisés et Eddy Elzas nous a bien expliqué que cette « identification » d’un diamant par ses caractéristiques est à prendre avec des pincettes : les résultats selon UNE batterie de test peuvent être différents selon une autre méthodologie, un autre laboratoire.

Hors cam : une chose. Le certificat Kimberley est falsifiable comme tous les certificats : on peut en avoir en une heure de temps, nous a t’on dit. Mais c’est un autre problème.

Delà à dire que le processus Kimberley est inutile serait une absurdité. Il a contribué à la promotion de la paix en Sierra Leone, en République démocratique du Congo et en Angola. Il a privé les criminels et les groupes non étatiques armés des capitaux nécessaires pour financer leurs campagnes de violence.

En bout de chaîne, comment faire? Eddy Elzas nous a expliqué qu’il fallait que l’acheteur soit responsable, qu’il demande la fiche d’identification du diamant (comme une carte d’identité du diamant, avec ses caractéristiques physiques) et son certificat Kimberley. « Un bon joaillier doit pouvoir vous le fournir, c’est une preuve de sérieux » nous a t’il dit.

Le processus Kimberley représente une grande avancée dans la lutte contre l’exploitation humaine à des fins de conflits armés. C’est ce qu’il faut retenir. En tous les cas, avoir eu l’opportunité de traiter ce sujet fut un véritable défi, en parler à la télévision une victoire en soit : c’était le but et il a été atteint.diamond

Car la première forme d’exploitation non durable est l’exploitation humaine.

Philippe F. NAI

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L’Art de la récup’ Underground

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La mascotte de l'Underground Village, figure anticapitaliste

On réalise une idée C’est pour cela que je trouve cette initiative autour du métro londonien intéressante. De plus elle montre que l’écologie n’était pas forcément la motivation de départ. Les deux personnages de ce reportage ne sont pas « écolo » dans l’âme. Et c’est d’autant plus intéressant de voir leur réalisation !

Donc, soyons clair, Robert Taylor est un homme d’affaire. Je veux des motifs psychédéliques pour faire des chaussures colorées. En voyant un prototype de haute couture fait avec des housse de siège issus du métro,  il s’est dit « tiens, pourquoi pas ? ». La récup’ devenue l’argument commercial, il s’est alors demandé : « pourquoi ne pas aller au bout de ma démarche et récupérer le cuir de vieux porte-chéquier ; du caoutchouc de vieux pneus ? » Et de fil en aiguille jusqu’à l’initiative de planter un arbre dans Londres par paire de chaussures vendue.

Le Village Underground surplombe fièrement Shoreditch

Et au final, cela apporte un plus :

On n’utilise pas de nouvelles ressources et il y a une véritable valeur ajoutée à faire de la récupération : une valeur culturelle car l’Underground fait vraiment partie du patrimoine anglais. D’ailleurs à Covent Garden, il y a même un musée dédié à ces trains souterrains : le London Transport Museum.

Les frères Foxcroft (Auro et Jack) avaient besoin de locaux pour travailler mais les quartiers de Londres sont trop chers. Ils ne se sont pas dit, « je vais accomplir un acte écologique », mais ils avaient besoin d’espaces bien éclairés pour faire du design. « Quoi de mieux que des rames de métro ? » Elles sont bien pourvues en fenêtres et  surtout : il y règne une atmosphère particulière : nous avons rencontré un écrivain auteur de poèmes et nouvelles qui racontait que lorsqu’ il pleuvait, on entendait chaque goutte de pluie taper contre la carlingue, une ambiance qui l’inspirait.

Les baskets de récup'

Comme pour les chaussures, une idée en amène une autre, la notion de cycle revient :

- Ils ont recyclé les pneus et la machinerie, ce qui les a aidés à financer leur projet.

- Et cela va même plus loin : « Mise à part le fait qu’on recycle des trains et des conteneurs de mer, on a utilisé beaucoup de matériels récupérés, comme les escaliers et le bois pour le sol, différents vernis organiques et d’autres finitions. De même, on utilise 100% d’énergie verte, des batteries solaires sur le toit pour alimenter la structure entière. »

 

Il est important de souligner que de tout temps, les artistes ont fait de la récupération, conscient de la valeur ajoutée que représente l’histoire d’un objet. Et ça ne s’arrête pas là, quand nous sommes allés faire notre reportage, Jack était sur le point d’aller semer de la pelouse sur le toit de leur scène de théâtre: le but, l’isolation sonore ! Voilà toutun enchaînement de gestes de bon sens et ça marche !Un projet est en cours pour établir des villages similaires à New York et à Berlin!

A la fin de l’interview, j’ai remarqué la présence d’un drôle de monstre en position de gargouille. Il s’agit de Crunchy qu’ils ont orienté vers le quartier financier de Londres. Crunchy pour eux était l’emblème de la crise, pour moi il représentait la victoire de l’audace : une sorte de figure de proue du navire pirate de l’écologie.nng_images.php (2)

 

Philippe F. NAI

Pour en savoir plus :

http://www.villageunderground.co.uk/

http://www.aboveandbelowlondon.com/Above_and_Below.html

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La communauté Emmaüs de Lescar-Pau

Utopie : l’expérimentation du possible pour demain

Montrer un autre visage de l’Ecologie, c’est l’idée qui m’a poussé à faire l’émission. On a beau nous parler d’éoliennes, de panneaux solaires, ce sont les gens qui font avancer les choses.

Montrer un autre visage d’Emmaüs, celui de personnes qui prennent leur destin en main c’est la volonté ferme de Germain Sahry, porte parole et fondateur de la communauté de Lescar Pau qui essaye de concilier le social, l’économie et l’écologie au sein du carnet de route de la communauté Emmaüs Lescar-Pau.

Ainsi, nous allions via ce reportage, pouvoir exposer nos visions autour d’un mot clé, celui d’Alternative

Manouche, l’âme de la communauté allait être notre guide pour nous faire la visite de tous les ateliers du site. Dépôt où arrivent les objets, atelier de tri, atelier d’éco-construction, espace de mise en vente… Il est parfois difficile d’imaginer que les 130 compagnons puissent chaque jour abattre une telle quantité et une telle diversité de tâches. Ce qui m’a frappé c’est aussi la place accordé à la jeunesse, ainsi nous allions rencontrer dans l’atelier menuiserie, deux jeunes qui se formaient à travailler la matière noble qu’est le bois. Et ils étaient heureux, enthousiastes et épanouis de pouvoir exprimer leur créativité.

 

Il se passe tellement de choses dans cette communauté qu’on aurait pu trouver 46 angles de reportage différents. Et c’est là à mon sens le génie de Germain : intégrer plusieurs dimensions pour un mode de vie alternatif. Bien sûr, l’environnement est prise en compte avec cette déchetterie qui donne une seconde vie aux objets en finançant les actions de la communauté. Mais cela ne s’arrête pas là, l’écoconstruction qui permet de réduire les charges liées au chauffage par exemple. La communauté prévoit aussi de développer un jardin potager bio afin que les gens comprennent comment on les aliments poussent, comment on se nourrit.

Chaque jour et depuis 60 ans Emmaüs accompli un travail écologique trop souvent ignoré…

Et puis, il y a tout un travail d’accueil : les gens qui arrivent « cassés » à la communauté de Lescar-Pau vont reprendre goût à la vie par le travail qu’on leur confie. Des tâches diverses et variées qui vont permettre la reconstruction de la personne. Celle-ci est intégrée dans une véritable famille où on va l’écouter, lui parler : la reconnecter à la vie. En parlant d’intégration, Manouche allait prendre les choses en main : à la cantine chaque membre de notre équipe télé était convié à s’asseoir chacun dans une table différente pour partir à la découverte des compagnons : simple et agréable signé Manouche.

Germain politise le débat mais cela est à mon sens nécessaire  :   »L’écologie ne peut se faire que dans une politique de décroissance et non de productivisme qui détruit la nature. Il faut qu’on rééquilibre notre consommation, notre manière de vivre« .

Imaginez vous 400m3 de vêtement recueillis chaque jour? Certains quasi neuf? Qu’est ce qui fait que nous consommons autant? « Faites vous plaisir, offrez vous ceci et vous serez heureux » voit on dans les publicités placardée partout. Réparer est devenu plus cher que d’acheter du neuf. D’ailleurs on ne fabrique plus de produits réparables. Dans l’atelier de réparation de la communauté on répare des téléviseurs à tube cathodique, des magnétoscopes, est ce que ce sera encore possible avec tous ces écrans plasma et lecteurs bluray qu’on nous vend?
« Il faut interpeller la société et non accompagner ses évolutions » nous dit Germain et pour se libérer de cette inertie, Emmaüs Lescar-Pau revendique une indépendance totale : « nous ne recevons aucune subventions » ajoute Manouche. Ainsi, Emmaüs est totalement propriétaire de la déchetterie. De même les compagnons s’engagent à renoncer au RMI. Enfin opinion de Germain que je partage :

« Il y a une nécessité d’être innovateur, provocateur, utopiste mais (…) l’idéal, c’est qu’Emmaüs disparaissent » Ce qui, à mon avis, est loin d’être possible, malheureusement.

Philippe F. NAI

 

Le site d’Emmaüs Lescar-Pau ici

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Pour en savoir plus sur le Métisse : http://www.bricoleurdudimanche.com/page/Dossier-isolants-ecologiques-metisse-emmaus.html

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Le bétonnage des îles grecques

Ecologie : un mot grec…

Ecologie vient du grec « oikos » (maison) et « logos » (discours, sciences, connaissances)

Aujourd’hui, les sirènes du tourisme de masse n’ont jamais été aussi menaçantes pour le pays d’Ulysse. Dernière catastrophe écologique et sociale en date, le projet Cavo Sidero : un complexe pharaonique comprenant 5 villages totalisant 7000 lits, 3 terrains de golf couvrant une superficie de 80 hectares devant être pleinement opérationnel vers 2011. C’est sur le site archéologique d’Itanos, dans la région de Sitia, une des plus sauvages et riches en histoire de Crète que plane l’ombre permanente d’une épée de Damoclès. (Ci-dessus un village fantôme de Dionysos : un cadavre du tourisme de masse).

Une guerre de Troie a actuellement lieu partout en Europe, mais ce ne sera pas dans le silence, nous avons voulu servir de mégaphone à ceux qui, au quotidien, œuvrent pour faire en sorte que l’écologie soit et reste un mot grec.

Les palmiers phénix, espèce endémique millénaires et menacée

Un cas complexe

Tout au long du voyage nous étions sur une ligne de front opposant les citoyens à Goliath qui revêtait cette fois ci la forme d’un géant hôtelier. Mais l’affaire était plus subtile et complexe.

En fait, partout en Grèce, les Popes, comprendre les chefs de monastère rachètent des terres aux particuliers pour y construire des hôtels, sous le prétexte de l’emploi, ce qui est souvent remis en cause.

Des citoyens se sont dressés : « Ils était 5, 10, 15, ils ont été menacés personnellement, professionnellement, financièrement par des gens beaucoup plus puissants, mais ils ont continué à se battre. C’était difficile car les compagnies avaient réussi à convaincre beaucoup de locaux qu’ils allaient faire de l’emploi, ce qui était un mensonge » nous disait l’avocat Phidias Kontemeniotis chargé de l’affaire coté écolo.

Un combat ni gagné d’avance, ni isolé

Un autre cas existe dans le Péloponèse. Un cas parallèle où le héros local : Giorgio Gonis n’a pas réussi à stopper l’implantation d’un complexe nommé Navarino Resort, « une catastrophe pour l’environnement, accompagné d’un drame humain » nous disait avec émotion Cliff Cook membre de la rébellion verte. Ici un autre héros locale, Manolis Tsantakis eut plus de succès en stoppant provisoirement un non sens : construire un terrain de golfe sur une parti de l’île où le vent danse de toute part, un golfe qui serait construit sur des ruines où affleurent des vestiges vieux de 2000 ans, un golfe dans une région où l’eau manque, dans le cadre d’un complexe qui viendrait stériliser la région de sa biodiversité…

Le Faucon Eleonore @ LouismariePreau

Quelle biodiversité?

Des oiseaux migrateurs comme le martin pêcheur, des oiseaux de proies comme le faucon éléonore, des tortues de mer. Mais aussi et surtout toute une flore endémique… « Des plantes qu’on ne trouve qu’ici et un bulldozer pourrait sans même le savoir éteindre des dizaines d’espèces » nous dit Cliff Cook. J’ai profité de mon passage pour acheter un petit bouquin de botanique qui recence les centaines d’espèces propres à l’île et qui ont milles usages potentielles : infusion, décoction, jus de plante, extrait, solution, poudre arômatiques, emplatre, lotions, cataplasme, collyre, compresse et autres…

Saviez vous que qu’en ancienne Egypte des papyrus vieux de 2800 ans av J.C. rapportent l’utilisation thérapeutique tel que l’ail, le genévrier et la marjolaine?Il faut garder à l’esprit la valeur de ce patrimoine millénaire au potentiel incroyable.

Il existe un représentant emblématique de ce patrimoine, un palmier rare : le palmier phénixLa plus grande population naturelle de Phoenix theophrastii se trouve sur la plage de Vaï justement. (Ci-dessus) On en a également découvert quelques groupes sur la côte sud-ouest de la Turquie. Il a donc une distribution naturelle mondiale très restreinte. Je me souviens de Cliff qui nous parlait de cette forêt millénaire : « Il y a une ambiance mystique quand la lumière du soleil transpercent les feuilles des palmiers et que les ombres dansent sur le sol. » Puis il nous a sorti un petit tableau pour nous montrer que nombre d’espèces endémiques de l’île était menacée. Puis en montrant un buisson parmi d’autre, il ajouta : « regarde ce buisson il n’a l’air de rien mais c’est une espèce menacée« .

 

« C’est une question d’identité de l’île » insiste Yourgos Relakis. « Les gens viennent ici pour voir la Crète et ils doivent pouvoir voir la Crète, les commerciaux ils sont venus, ils ont construit ce complexe à Dionysos qui a défiguré la côte et qui n’a pas marché puis ils sont partis mais nous on habite ici, 24h sur 24! »

Ce sujet est l’essence même de l’initiative, car ces gens là n’ont pas inventé de procédés écologiques ou établi un hôtel « vert », non, ils ont lutté avec les moyens du bord (pétition et tribunaux) pour préserver leur terre. C’est un drame qui se passe et non une escarmouche sur fond de Sirtaki. Une guerre silencieuse en France et partout en Europe. D’ailleurs récemment j’ai vu qu’il se passait la même chose en Bulgarie…

 

Philippe F. NAI

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