L’Anvers du Diamant

La première forme de surexploitation de la planète est l’exploitation humaine

Complément d’enquête sur ce sujet délicat aux multiples facettes

Le processus Kimberley est un régime de certification des diamants bruts. Il vise à empêcher le commerce illégal des diamants en échange d’armes. La mise en place d’un tel processus, est ambitieuse car internationale (Aujourd’hui 71 pays sont signataires) et  beaucoup de choses restent à peaufiner. Notamment le fait qu’il repose sur une législation propre à chaque pays est problématique. Mais selon Philippe Hensmans, président d’Amnesty International Belgique, la difficulté d’appliquer le processus Kimberley tient surtout du fait qu’il vient réguler un commerce qui a sa part d’ombre.

Schéma du développement durable : Un développement durable nécessite que les cahiers des charges écologiques, économiques et sociales soient tous trois remplis.

La réelle faiblesse de ce processus n’est pas que le diamant passe entre les mains d’une série d’intermédiaires mais que la traçabilité ne concerne que le diamant brut : on a une absence de traçabilité une fois le diamant taillé.

J’ai été frappé par les lots de diamants taillés qui étaient stockés dans de simples enveloppes ou boîtes en plastiques. Dès lors que j’avais tout cela sous les yeux je ne pouvais m’empêcher de me demander : comment est il possible de certifier un diamant spécifiquement?

Comment suivre un diamant taillé qui voyage avec 100 autres?

Des procédés de marquage sur la surface du diamant ont été mis au point mais il suffit au trafficant de repolir celui ci pour effacer toute marque. Les procédés d’analyse d’un diamant visant à le différencier d’un autre sont effectués par des laboratoires spécialisés et Eddy Elzas nous a bien expliqué que cette « identification » d’un diamant par ses caractéristiques est à prendre avec des pincettes : les résultats selon UNE batterie de test peuvent être différents selon une autre méthodologie, un autre laboratoire.

Hors cam : une chose. Le certificat Kimberley est falsifiable comme tous les certificats : on peut en avoir en une heure de temps, nous a t’on dit. Mais c’est un autre problème.

Delà à dire que le processus Kimberley est inutile serait une absurdité. Il a contribué à la promotion de la paix en Sierra Leone, en République démocratique du Congo et en Angola. Il a privé les criminels et les groupes non étatiques armés des capitaux nécessaires pour financer leurs campagnes de violence.

En bout de chaîne, comment faire? Eddy Elzas nous a expliqué qu’il fallait que l’acheteur soit responsable, qu’il demande la fiche d’identification du diamant (comme une carte d’identité du diamant, avec ses caractéristiques physiques) et son certificat Kimberley. « Un bon joaillier doit pouvoir vous le fournir, c’est une preuve de sérieux » nous a t’il dit.

Le processus Kimberley représente une grande avancée dans la lutte contre l’exploitation humaine à des fins de conflits armés. C’est ce qu’il faut retenir. En tous les cas, avoir eu l’opportunité de traiter ce sujet fut un véritable défi, en parler à la télévision une victoire en soit : c’était le but et il a été atteint.diamond

Car la première forme d’exploitation non durable est l’exploitation humaine.

Philippe F. NAI

Remerciements : la rédaction qui nous a proposé le sujet, en particulier Sarah qui nous a bien préparé le terrain, Philippe Hensmans patron d’Amnesty international Belgique (partie francophone) et Eddie Elzas, l’enfant terrible du monde du diamant. Big up à Magali et Mat le pirate!

Pour en savoir plus :

http://diamondfacts.org/french/facts/index.html,

http://www.ddiglobal.org/fr/index.php,

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