L’Art de la récup’ Underground

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La mascotte de l'Underground Village, figure anticapitaliste

On réalise une idée C’est pour cela que je trouve cette initiative autour du métro londonien intéressante. De plus elle montre que l’écologie n’était pas forcément la motivation de départ. Les deux personnages de ce reportage ne sont pas « écolo » dans l’âme. Et c’est d’autant plus intéressant de voir leur réalisation !

Donc, soyons clair, Robert Taylor est un homme d’affaire. Je veux des motifs psychédéliques pour faire des chaussures colorées. En voyant un prototype de haute couture fait avec des housse de siège issus du métro,  il s’est dit « tiens, pourquoi pas ? ». La récup’ devenue l’argument commercial, il s’est alors demandé : « pourquoi ne pas aller au bout de ma démarche et récupérer le cuir de vieux porte-chéquier ; du caoutchouc de vieux pneus ? » Et de fil en aiguille jusqu’à l’initiative de planter un arbre dans Londres par paire de chaussures vendue.

Le Village Underground surplombe fièrement Shoreditch

Et au final, cela apporte un plus :

On n’utilise pas de nouvelles ressources et il y a une véritable valeur ajoutée à faire de la récupération : une valeur culturelle car l’Underground fait vraiment partie du patrimoine anglais. D’ailleurs à Covent Garden, il y a même un musée dédié à ces trains souterrains : le London Transport Museum.

Les frères Foxcroft (Auro et Jack) avaient besoin de locaux pour travailler mais les quartiers de Londres sont trop chers. Ils ne se sont pas dit, « je vais accomplir un acte écologique », mais ils avaient besoin d’espaces bien éclairés pour faire du design. « Quoi de mieux que des rames de métro ? » Elles sont bien pourvues en fenêtres et  surtout : il y règne une atmosphère particulière : nous avons rencontré un écrivain auteur de poèmes et nouvelles qui racontait que lorsqu’ il pleuvait, on entendait chaque goutte de pluie taper contre la carlingue, une ambiance qui l’inspirait.

Les baskets de récup'

Comme pour les chaussures, une idée en amène une autre, la notion de cycle revient :

- Ils ont recyclé les pneus et la machinerie, ce qui les a aidés à financer leur projet.

- Et cela va même plus loin : « Mise à part le fait qu’on recycle des trains et des conteneurs de mer, on a utilisé beaucoup de matériels récupérés, comme les escaliers et le bois pour le sol, différents vernis organiques et d’autres finitions. De même, on utilise 100% d’énergie verte, des batteries solaires sur le toit pour alimenter la structure entière. »

 

Il est important de souligner que de tout temps, les artistes ont fait de la récupération, conscient de la valeur ajoutée que représente l’histoire d’un objet. Et ça ne s’arrête pas là, quand nous sommes allés faire notre reportage, Jack était sur le point d’aller semer de la pelouse sur le toit de leur scène de théâtre: le but, l’isolation sonore ! Voilà toutun enchaînement de gestes de bon sens et ça marche !Un projet est en cours pour établir des villages similaires à New York et à Berlin!

A la fin de l’interview, j’ai remarqué la présence d’un drôle de monstre en position de gargouille. Il s’agit de Crunchy qu’ils ont orienté vers le quartier financier de Londres. Crunchy pour eux était l’emblème de la crise, pour moi il représentait la victoire de l’audace : une sorte de figure de proue du navire pirate de l’écologie.nng_images.php (2)

 

Philippe F. NAI

Pour en savoir plus :

http://www.villageunderground.co.uk/

http://www.aboveandbelowlondon.com/Above_and_Below.html

http://www.aboveandbelowlondon.com/Above_and_Below.html : les chaussures

http://www.treesforcities.org/ l’association partenaire des chaussures Underground.

Remerciement : Je remercie Robert Taylor Reed, Jack Foxcroft et Liliana Petrova de nous avoir reçu. Liliana a été particulièrement adorable. Et il y a ce vieux gentleman à Londres, qui nous a vu avec nos gros sacs à la sortie du métro et qui nous a proposé son aide.

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