Kyoto Forever : une pièce de théâtre sur le réchauffement climatique

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La fièvre verte échauffe les esprits

Une pièce sur le réchauffement climatique

Copenhague pour le prix d’une pièce de théâtre, ça vous tente?

Kyoto Forever est le 2e opus écrit et mis en scène par Frédérique Ferrer dans le cadre de la chronique du réchauffement. C’est aussi le nom donné par des scientifiques au pire des scénarios climatiques avec des objectifs de réduction des gaz à effet de serre étendus à tout le siècle et une élévation des températures à l’échelle de la planète.

S’il est vrai que l’Histoire est faite de répétitions, alors il y a fort à parier que la pièce de Frédérique Ferrer est une fiction rattrapée par la réalité.

Négociations sur les planches

Virgule ou pas virgule, tel est la question !

Pour mettre en scène cette fièvre climatique, la compagnie du Vertical Tour : 8 hommes et femmes. Ce sera assez pour nous donner un aperçu des négociations qui se sont passées dans un sommet alternatif à peine retouché. Ritournelle de politesse entre émissaires de l’humanité, on parlemente autour du texte de la « feuille de route » destiné à baliser une politique internationale de réduction des gaz à effet de serre.

On négocie un mot, une virgule, le but est un consensus sur l’intégralité du texte : mission impossible.  Petit à petit , nos pantins diplomatiques se laissent aller à la fatigue, au doute, à l’ironie (avec le réchauffement la Lettonie disposerait de belles stations balnéaires), au « climatoscepticisme », qu’est ce que la vérité scientifique ? Est-elle fondée ?

Un président de négociation qui craque, un petit pays du tiers monde qui donne une leçon aux Etats Unis. Le non-initié pourrait prendre pour fiction ce qui a été bien réel. Chasser l’humain, il revient au galop, « pétage de plomb » nos négociateurs paradent dans un tourbillon vert, un des moments forts de la pièce. Le final est surréaliste à l’image de la situation évoquée, les protagonistes semblent errer tels des émissaires de l’absurde empêtrés sur une piste sans issues. A la fin de la pièce, j’ai l’impression de n’avoir rien raté de Copenhague, malheureusement. Heureusement, cette pièce m’a bien diverti.

11921[1]Rappel des faits lors du débat qui a suivi la pièce

En 2008, on chiffre à 40% l’élévation de l’émission de gaz à effet de serre (équivalent carbone) par rapport à 1990 (rapport intermédiaire du GIEC). Ce qui veut dire que si on stabilise nos émissions maintenant on aboutira à un réchauffement de plus de 2°C. Aucun corpus scientifique valable pour les écolosceptiques nous dit Philippe  Vrain membre du conseil scientifique de la MVE, l’Agence Locale de l’Energie des villes de Montreuil, Vincennes, Bagnolet et Bondy présent à l’occasion d’un débat organisé à l’issu de la pièce.

Un mot sur l’auteur

Géographe de formation, Frédéric Ferrer nous parle d’un sujet qu’il connaît bien. Il réalise ici une pièce pour laquelle il s’est déplacé, documenté et appuyé notamment sur la compétence de Jean-Pierre Tabet, expert chargé du changement climatique à l’Ademe.

Ce  spectacle  a  été  créé  dans  le  cadre  d’un  projet  européen  autour  de  l’engagement  artistique  sur  les questions environnementales (Thin Ice 2020). L’écriture  de Kyoto  Forever  a  débuté  en  décembre  2007  au moment  de  la  conférence  de  l’ONU  sur  le changement climatique de Bali. Frédéric Ferrer a ensuite bénéficié d’une accréditation du Ministère des Affaires  étrangères  pour  accompagner  la  délégation  française  à  la  conférence  de  l’ONU  de Bonn  (juin 2008).

Philippe F. NAI

Extraits du spectacle ici


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