La route… Bienvenu en enfer

« Comment saurait-on qu’on est le dernier homme sur Terre ? »

roadposterLa route, film de John Hillcoat sorti le 2 décembre, est une adaptation du livre de Cormac McCarthy (auteur de ‘No Country for old men’), avec Viggo Mortensen dans le rôle principal. L’histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique. Pour les réticents à la science-fiction pure, n’ayez crainte ce n’en ai pas. Bien au contraire !

« L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre: des sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité ».

Impliquer le spectateur dans l’histoire

laroute1La principale force du film est sa sobriété. Le réalisateur ne s’attarde pas sur les évènements qui ont engendré cet enfer terrestre, mais se concentre sur la relation père-fils. Heureusement, d’autant plus que les acteurs jouent parfaitement : le jeu de Viggo sonne toujours juste. Ne pas trop en dire permet d’impliquer d’avantage le spectateur, qui est le point de départ de toute œuvre qui transcende la vision de l’auteur. Le spectateur, sans explication de départ, laisse libre cours à son imagination et s’offre le loisir de la réflexion après la vision du film.

De plus, le metteur en scène rend le spectateur complice de l’histoire en montrant cruement les pratiques des hommes. On se retrouve dans la peau du garçon,et on découvre les atrocités que l’Homme inflige à son espèce à travers ce personnage. Le garçon ne peut y échapper, donc le spectateur non plus. Ici, suggérer au lieu de montrer renforce l’immersion du spectateur dans le film, et rend d’autant plus réaliste et choquant que ces moments forts sont brefs et alternés de moments d’errance et de solitude.

La route, Œuvre écologique d’anticipation.

L’histoire se déroule dans un monde de chaos, où la nature n’existe plus, les arbres se meurent et la faune y est inexistante. Un monde qui fait cruellement écho au nôtre. Individualiste, froid et sans vie, où la chaleur humaine et la solidarité ne sont plus que des notions nostalgiques. Les hommes qui ‘portent le feu’ ne sont qu’une étincelle, une flamme vascillante au milieu d’un orage. C’est pour cela que certaines séquences nous glacent le sang : on ne pense pas une seule seconde durant le visionnage être en face d’une œuvre de fiction, mais bel et bien d’assister à notre propre futur. Ce film, d’une noirceur absolue, sonne comme le glas funèbre de l’espèce humaine.

L’écrivain Cormac McCarthy a écrit une œuvre extrêmement visuelle. Le film est bien adaptée, mais peut-être trop proche du matériau d’origine : la froideur de la narration, parfaite dans le livre, est un peu trop appuyée ici. Le film de John Hillcoat manque par moment d’émotions et d’intensités dramatiques. Néanmoins, si vous n’avez pas lu le livre, foncez-y car l’histoire y est indispensable et tellement plus parlante qu’un documentaire fait de belles images aériennes, qui ne montre que la beauté des choses.

Emilien Sage-Vallier Coppola

3 réponses à to “La route… Bienvenu en enfer”

  • Thibault Devers says:

    Super article !
    Je n’avais pas vu le film comme ça du tout. C’est vrai que vu comme ça, ca pose beaucoup de questions, du coup on est devant le fait accompli. Ca donne froid dans le dos. En tout cas ça me motive pour me battre pour éviter ça!!!

  • Clémence says:

    Merci Emilien pour cet article très juste. Merci à votre site pour nous faire voir les choses de manière différente!
    Bonne continuation!

  • […] attendant, tu as vu « La route » et tu te dis que quelques pépins, ce n’est sans doute pas si grave. […]

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