Les Enfants d'Icare

« Désormais, les hauts faits des siècles enfuis étaient réduis à néant »

Photo prise du documentaire planète Earth de la BBC

Ecrit en 1954 par Arthur C. Clarke, le livre conte l’arrivée d’extra-terrestres à l’aube de la guerre froide. Leur venue coïncide avec le début de l’ère nucléaire et du cul-de-sac dans lequel la race humaine s’enfonce irrémédiablement.

Les extra-terrestres appelés suzerains imposent par leur technologie bien plus avancée que la nôtre leur volonté d’éradiquer les maladies, la faim et la misère dans le monde et de stopper la course aux armements. Une nouvelle ère naît : celle d’un monde utopique.

Pleurs pour Icare, 1898 - Herbert James Draper

Le mythe d’Icare

« Dans la mythologie grecque, Icare est le fils de Dédale, architecte et inventeur. Afin de sortir d’un labyrinthe, il construisit à lui et son fils deux paires d’ailes qu’il fixa avec de la cire. Avant de prendre leur envol, Dédale recommanda à Icare de ne pas s’élever trop haut au dessus la mer, car, dit-il, en approchant de trop près du soleil, la cire pourrait fondre et les ailes se détacheraient. Mais comme tant d’histoires nous le montrent, la jeunesse ne tient guère compte de ce que disent les aînés. Tous deux s’élevèrent donc, légèrement et sans effort, et quittèrent la Crète ; le ravissement de ce nouveau et merveilleux pouvoir grisa l’adolescent. Il monta de plus en plus haut, refusant d’entendre les appels angoissés de son père. Et ses ailes se détachèrent. Il tomba dans la mer et les eaux se refermèrent sur lui ».

Le mythe de Dédale et Icare aborde de nombreux thèmes et symbolise le désir de l’homme d’aller toujours plus haut et plus loin, au risque de se brûler les ailes. La chute d’Icare est une mise en garde rappelant le châtiment qui menace les hommes qui font preuve de démesure et de témérité.

La science-fiction, genre riche et imaginatif

Une grande œuvre est à mon sens celle qui se permet le luxe de dépasser la vision de l’auteur, celle qui nous fait réfléchir et qui parle de nos préoccupations universelles et personnelles. C’est le cas de nombreux ouvrages de science-fiction et c’est pour cela que j’aime ce genre (littéraire et cinématographique), qui n’a pas de limites dans l’imagination si ce n’est celle de l’auteur et du lecteur/spectateur.

Deux exemples récents d’œuvres cinématographiques l’illustrent en partie. Avatar, qui malgré son genre a réussi l’incroyable : devenir le plus grand succès au cinéma de tous les temps. C’est justement parce que le film traite de sujets universels nous affectant tous qu’il a réussi à transcender le genre pour attirer une foule de spectateurs. Le deuxième exemple est la série Battlestar Galactica qui sous fond de science-fiction parle de sujets de notre temps (avortement, peine de mort …) et apporte un éclairage politique, dramatique, militaire, relationnel, théologique, etc. Je vous invite à jeter un œil sur cette série, remarquablement écrite.

Battlestar galactica

Dans Les enfants d’Icare, Arthur C. Clarke utilise la science-fiction pour critiquer l’impasse dans laquelle l’humanité se trouve alors et anticiper sur notre devenir de la plus belle des façons. C’est une oeuvre forte qui porte des messages intemporels. L’auteur a écrit ce livre sur le devenir d’un monde bipolaire au bord de son existence. La guerre froide n’étant plus d’actualité, pourquoi ne pas transposer cela à nos problèmes du moment, en particulier au déséquilibre environnemental.

Les Enfants d'Icare

Défi écologique où naissance d’un nouvel homme

Dans le livre, les suzerains sauvent l’humanité de l’impasse dans laquelle elle s’était engagée. La question est donc de savoir si nous arriverons à régler nos problèmes actuels. L’espèce humaine dans Les enfants d’Icare doit être éduquée et ramenée sous le point de non-retour pour éviter l’apocalypse. Cette éducation, nous nous la sommes imposées dans la réalité  et avons pu fuir l’inévitable c’est à dire la catastrophe nucléaire de la guerre froide. Le défi maintenant est d’arriver à s’éduquer sur la préservation de la Nature.

Le titre ‘les enfants d’Icare’ fait alors référence à nos descendants, sur qui l’espèce humaine laisse continuellement le poids de l’espoir grossir au point de les écraser.  Ce sont eux qui devront faire face aux conséquences de nos excès (comme nous devons faire face aux excès de nos ainés), eux qui devront évoluer pour enfin sortir de l’enfance de l’humanité (d’où le titre original Childhood’s End, « la fin de l’enfance »).

Emilien Sage-Vallier



« quelle planète laisserons nous à nous enfants mais aussi quels enfants laisserons nous à la planète ? » – Pierre Rhabi

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