Chapitre 2 : Dans la gueule du lion

En Casamance

Coucher de Soleil

Si je devais résumer la vie ici, je dirais que la réalité ne prend pas d’intermédiaire(s).

Il y a la même différence qu’entre payer en liquide où l’on donne son argent de main à main et payer par carte bancaire, où l’on insère sa carte dans une machine hautement complexe qui vous affiche que la transaction a finalement eu lieu.

Tri des propagules, Mamadou Ndiaye motive ses troupes de reboiseurs

Au final, n’est-ce pas ce qu’il s’est passé à Dakar? les vendeurs venaient nous vendre leurs marchandises directement donc ils nous abordaient, pas le choix là dedans. En France, cela passe par des publicités,  et du coup, on est obligé de la subir. La publicité occidentale s’affiche/s’impose en démesuré, nous mettant nez à nez avec ce que devrait être nos envies.

Bref, ce côté direct, on le retrouve aussi en écologie.

Une plantule de palétuvier à Tobor où l'Océanium a planté 65000 arbres

Ici en Casamance, tout le monde est en contact direct avec la nature et réalise qu’elle est à la fois l’habitat et la ressource ; la nourriture dans l’assiette, pour peu qu’elle soit traditionnelle, n’a pas fait le tour du monde pour finir dans nos estomacs. En parlant de nourriture, nous avons vu affiché au restaurant où  nous avons été des posters de reboisement de la mangrove. Le reboisement est devenu un état d’esprit, ses bienfaits sont en tous les cas prêchés dans les campagnes de sensibilisation que  mène Océanium, qui sont destinées aussi à recruter toujours plus de villageois pour l’opération de planter 100 millions d’arbres au Sénégal cette année.

Un camion de reboisement

Ici la population connaît  Haïdar el Ali et son opération de reboisement. Même avant cette vaste opération, « Tout le monde connaissait la mangrove et son importance, en particulier en Casamance » nous dit Mamadou Ndiaye, chef de zone de Diaken que nous avons rencontré aujourd’hui à Dialan. « Mais Haïdar nous a appris qu’on pouvait restaurer cette mangrove nous même en plantant le palétuvier » reprit-il. Ici tout semble simplifié, une simplification qui permet le règne du bon sens.

Je crois que ça nous fait du bien en tout cas d’être « déconditionné » – Sortir du cercle des convaincus et des conversations d’arrière-cuisine sur comment changer le monde, des « il faudrait » et des  « il est difficile de ».

Des villageoises participant au reboisement à Cap Skirring

Alors que je tape ces quelques mots un orage nous donne un concert magnifique. La pluie joue une musique franche et puissante. Alors que nous rentrions de nuit vers la base de Bignona, nous l’avons vu au loin, quel spectacle mystique que de voir ce ciel immense griffé de lumière …

Pour le reste, le matériel est soumis à rude épreuve mais tout va bien, Kasumay!

Philippe dit « Lamine »

Al'arrière du pickup, dans le feu du déplacement

Dans le poto-poto jusqu'au cou...

L'homme de l'ombre à la lumière

Dans les champs à Dialan

Une réponse à to “Chapitre 2 : Dans la gueule du lion”

  • ivea says:

    Ca fait vraiment rever ce que vous faites les mecs, continuez a publier vos decouvertes et ce qu’il se passe a l’autre bout du monde (pour moi en tout cas). Les photos sont vraiment superbes. Bravo encore!!!
    Isa

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