Chapitre 3 : Je dis sème comme un emblème…

« J’ai de l’espoir quand je vois que ce que je sème germe, j’ai du désespoir quand sans explications les arbres ne donnent plus de fruits » Fatou Doucouré

Omar l'enfant qui plantait des arbres

Je dis sème comme un emblème…

 

J’ai le pied dans la vase

Le geste plus que la phrase

Vers oubliés dans mes gènes

Que j’me rappelle lorsque je sème

 

Je dis sème, comme un emblème

La graine je la plante

Moi je sème, sème la graine

Le défi je le tente

 

Soixante millions de palétuviers

Le Sénégal pour les semer

Tous les deux pas lentement j’avance

Lorsque je plante, je tente ma chance

 

Dans mes poches peu de moyens

Mais l’avenir entre mes mains,

Moi je sème

 

Dans mes poches peu de moyens

Mais l’avenir entre mes mains

Moi je sème

Propagule et tronc asséché, une plantule au loin...

Nous suivons depuis une semaine la campagne de reboisement d’Océanium sur le terrain en Casamance. L’objectif est plus que monumental, il est historique. L’investissement colossal (700 000€) des bailleurs de fonds (Danone, Yves Rocher, Voyageur du Monde) exige que le reboisement soit intensif. Un côté intensif qui n’est pas sans risque pour l’association environnementaliste sénégalaise : planter dans la vase pourrait se faire au détriment de semer dans les têtes.

Les précieuses propagules

Cependant, même si l’entreprise amène Océanium à devenir une entreprise, l’association ne parle pas la langue de bois et est consciente de ce risque : face à l’enjeu, la décision en âme et conscience a été de prendre ce risque. Ainsi l’organisation est sans cesse optimisée (communication par sms standardisés, étiquetage des sacs de propagules), une enveloppe de 1000 francs cfa est aussi remis à chaque hectare planté  à des fins de développement des villages participants.

En tous les cas, Océanium est arrivé à un changement : donner de la valeur à ce qui n’en avait pas.

2m l'espacement idéal en 2 semis

« On est arrivé à faire que des populations locales sèment une espèce sauvage, dans des territoires sauvages, pour donner un arbre qui ne donne pas de fruits mais qui bénéficie à l’écosystème »

nous explique Jean Goepp, coordinateur des actions Océanium. Tous les jours, nous assistons au travail sans relâche d’Océanium qui est passé des 10 salariés durant l’année à plus de 84 pendant la campagne de reboisement. Une course contre la montre qui finira le 30 octobre, date au delà de laquelle le climat ne sera plus favorable. Pour réussir son pari, l’association devra ériger une courbe de reboisement aux allures exponentielles. A l’heure actuelle, environ 8 millions de propagules ont été planté dans le Poto-Poto, la vase qui caractérise la zone humide favorable aux palétuviers constitutifs de la mangrove.

Les villageois reboisent eux-mêmes leur région

Quand à nous, tous se passe très bien.

En tous les cas, la passion nous habite et la curiosité qui nous guide, il ne se passe pas une seule journée sans qu’il nous arrive quelque chose, sans qu’il y n’y ait un enseignement. Nous apprécions la grande transparence de l’association avec laquelle nous collaborons. Le prochain chapitre 6 sera consacré aux récits de voyage. Il y aura aussi un chapitre consacré aux réflexions sur le  journalisme suite aux expériences passées et aux rencontres avec des journalistes français au Sénégal.

PS : nous travaillons de manière indépendante, aucune subvention du privé n’ont été demandé (ni Danone, ni autres). Nous avons reçu une bourse de 1000€ de la ville de Clichy la Garenne ainsi qu’une autre bourse de 700€ du département des Hauts de Seine via le programme « Envie d’Agir ». La majeur partie du projet est autofinancée. Il ne s’agit pas d’une commande et nous ne dépendons d’aucune boîte de production. Nous sommes totalement libre de notre discours.

Philippe F. NAI

Reboiser est avant tout un travail d'équipe

Le travail est rôdé, un groupe trace les rangées, celui qui suit plante

Les sacs de propagules sont transportés dans ces anciens camions militaires sans cesse rafistolés: les TRM 4x4

Le blog océanium

 

Une réponse à to “Chapitre 3 : Je dis sème comme un emblème…”

  • Fitzgerald says:

    Hi guys!
    De retour de mes pérégrinations, je retrouve la toile et rattrappe en cours de route le récit de vos aventures… Quelle joie de les découvrir! Les photos sont magnifiques et les premiers commentaires très prometteurs quant à votre documentaire à venir! Je suis impatient de découvrir les images in extenso… Bonne suite! Transmettez à celles et ceux que vous rencontrez ma profonde et sincère admiration sur le travail long et minutieux qu’ils réalisent. Take care of yourselves! Fitz
    PS: what about chapter 4 & 5 ?! come on fresh prince!!

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