Chapitre 1 : No Direction Home

Premiers jours dans la capitale

Dakar 2010 : Sous le soleil de plomb, la caméra à la main

Je pourrais vous parler de Dakar, de son côté anachronique, sa pollution, de ses taxis rafistolés d’une part et de ses 4×4 d’autre part, de nos rencontres avec les expatriés, du prix des choses, des instants intenses et des moments magiques que nous vivons ici mais ce listing ne m’intéresse pas vraiment.

Crépuscule sur la corniche près du palais présidentiel

L’impression que nous avons pour l’instant du Sénégal via Dakar, c’est qu’il est un des laissés de la francophonie. Le côté expatrié associé à un certain style de vie est très présent, le communautarisme semblent très prononcé. Nous avons rencontré les membres de l’association Océanium avec laquelle nous allons collaborer, dont son charismatique fondateur Haïdar el Ali. Nous nous sommes aussi renseignés sur d’autres associations travaillant au Sénégal, de leur efficacité réelle ainsi que sur d’autres reportages ayant eu lieu sur un thème proche du nôtre.

Embarcation roulante et dérapages contrôlés

Je ne pense qu’à une chose : nous pouvons faire quelque chose de différent, ce sera notre défi même si ce ne sera pas simple. Travailler à Dakar est assez difficile : sortir la caméra ou le reflex est risqué et nous sommes souvent sollicité dans la rue pour acheter telle ou telle chose. En fait, j’ai l’impression que l’obstination de Dakar à vivre à l’occidentale rend son atmosphère suffocante. De manière plus visible qu’ailleurs, se conformer à la mécanique capitaliste semble se révéler asservissant.

Cela ne fait que quelques jours que nous sommes sur place mais l’immersion fut instantanée. Il y a comme un malaise ambiant, je ne sais pas si ce n’est pas uniquement un fruit de notre perception, mais le comprendre est devenu la préoccupation de toute l’équipe. Haïdar nous a dit se battre pour l’équité et la justice dans un monde où « l’occident souffre de l’obésité alors que l’Afrique est victime de la famine ». Dans ce cas, je crois bien que ce nous ressentons tous les trois de ce qui se distille dans l’air est l’injustice. D’où une certaine réserve ; il s’agit moins pour nous de transmettre un message que de le propulser d’une manière juste.

Kids at sea sur la plage de l'Océanium

En tout cas le ton est donné, ce n’est pas un voyage, pas dans le sens où beaucoup l’entendent. Nous gardons cependant à l’esprit le souvenir de ces enfants qui sont venus nous voir, le sourire jusqu’aux oreilles, en essayant d’oublier que quelques années plus tard, ce sera pour d’autres raisons qu’il iront à la rencontre des étrangers.

Le début de notre périple s’est passé sans encombre avec l’impression d’avoir une bonne étoile. Et si nous n’avons perdu aucun de nos bagages, on espère cependant oublier ici notre valise de préjugés, pour revenir différents.

Sans attendre, nous partons en Casamance pour voir sur le terrain l’action d’Océanium.

Philippe dit Lamine

The smiles of Dakar

Happiness is real only if shared

Night jamming


2 réponses à to “Chapitre 1 : No Direction Home”

  • RV says:

    Je viens de lire les premier chapitre de votre blog. Car je ne savais pas grand chose, ou plutôt rien de votre projet. Je suis émerveillé de voir que vous parvenez à réaliser cette aventure, ensemble.
    Je vous souhaite de vivre des moments fantastiques. Et de rester idéaliste pour certains.

    A votre retour il faudra me montrer les images. J’essaye de suivre les photos sur votre blog.

    Je suis vraiment ému de vous savoir loin, et accomplissant quelque chose de peu banal.
    Encore une fois bonne chance et « safety first » comme disent les américains.

    Bisous de Paris

  • Téclaire says:

    C’est si vrai ce que vous dites de Dakar et depuis 4 ans que j’y vis, je ressens de plus en plus cette oppression… mais une fois en région, hors de Dakar l’air pur, la magie de la nature reprend ses droits. Du courage pour la suite je continue de lire vos aventures.

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