Chapitre 16 : Le voyage

Le voyage…

Ce mot véhicule tellement de choses. L’évasion, la découverte, le repos, l’aventure, le déplacement, la culture ? De nos jours, avons nous la marge de manœuvre permettant d’éviter que le voyage ne soit qu’une forme de zapping, d’interlude?

Parti pour rester 2 semaines en Casamance, nous sommes finalement resté 2 mois. Deux mois à sillonner les routes, recueillir des témoignages, filmer dans toutes les conditions, tout cela en étant plongé dans une réalité complexe, un contexte géopolitique particulier avec un climat ‘ni guerre, ni paix », dans une culture bien ancrée, malgré qu’elle soit en érosion, avec une jeunesse qui se cherche face au modèle occidental qu’on leur fait miroiter.

Sauver la planète? Combien d’entre nous se rappelle encore qu’elle s’appelle,

la Terre ?

Combien d’entre nous se rappelle que dans agriculture il y a le mot culture?

Tous les jours, à interroger les Casamançais, nous sommes charmé par la courtoisie, l’intelligence et la simplicité des gens. Tous les jours nous sommes plein d’espoir de voir les enfant curieux, souriants, bien élevés, aimant jouer ensemble, aimant travailler à l’école. Tous les jours nous sourions à voir danser les mamas de tout âge. Tous les jours nous apprécions l’humilité des gens qui nous saluent et qui nous parlent avec les yeux. Tous les jours nous voyons les gens vivre et nous vivons avec eux.

Tous les jours, il y a des naissances, des mariages et des décès ; et entre tout ça les plantes poussent et les animaux se baladent librement. Et cela s’imprime, construit la musique de l’Afrique : le rythme de la terre.

Continent plastique – Continent virtuel

Tous les jours, je réalise qu’il y a des réalités, des vérités, des réflexions accessibles seulement qu’avec du temps. Et que les médias ne peuvent que donner une réalité assujettie à un traitement trop rapide de l’information. Je me rends compte que l’Afrique que je voyais à la télévision n’est pas celle que j’ai devant les yeux. Devant les yeux j’ai beaucoup de personnes qui ne demandent qu’à travailler, beaucoup travailler, mais pas au détriment de leur vie.

Je  suis étonné par le nombre de choses que l’on peut de manière absurde relier à l’écologie et surpris de voir à quel point beaucoup d’articles sont urbanocentrés, écrit plus vite que l’encre ne met de temps à sécher. Et quand je lis ces « actualités écologiques », quand je lis ces « tendances écolos » ; et bien je ne reconnais RIEN des gardiens de la terre que j’admire ici et cela me choque.

Je réalise que le développement durable consiste trop souvent en une recherche d’astuces pour continuer alimenter une société trop gourmande en ressources – se transformant ainsi en un nouveau marché à conquérir, que la révolte associé à un passage de vie -résultant trop souvent d’un mal être – n’est pas le moteur qui mène vers plus de sagesse, celle assez durable pour échafauder des solutions collectives.

Alors, malgré l’air libre qui nous enveloppe, les enfants qui jouent, le soleil qui brille, les nuages multicolores peints dans le ciel, nous prenons des airs graves. Graves car c’est beaucoup de travail, de réflexion, de remise en question, de changements, d’actions qui attend chaque locataire de la planète.

Mais nous sommes ensemble et pouvons apprendre de ce continent trop longtemps mal connu. L’Afrique : un des vestiges écologiques du monde et la mémoire de l’Humanité.

Philippe F. NAI, Lamine

2 réponses à to “Chapitre 16 : Le voyage”

  • Pierre M. says:

    « que la révolte associé à un passage de vie -résultant trop souvent d’un mal être – n’est pas le moteur qui mène vers plus de sagesse, celle assez durable pour échafauder des solutions collectives. »

    c’est vrai qu’il y a beaucoup de révolutionnaire n’ont de raison d’être que la révolution. Le combat, la désobéissance civile en eux même devient leur but et c’est dommage…

  • Victoire says:

    coucou les gars !

    C’est vrai qu’aujourd’hui il y a beaucoup de débat sur la presse, les médias. Jusqu’à quel point peut on espérer faire le métier de journaliste de manière indépendante et libre? Je veux dire tout le monde veut une belle image. Il s’agit coute que coute de faire respecter la liberté de la presse au risque de devenir des prestataires de communication, si ce n’est déjà le cas…

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