Chapitre 21 : Injé ajeetuma furim

Once upon a time in Diouloulou

Ecrire, remuer la plume sur le papier correspond de moins en moins à ce que je fais. Car au final, nous n’avons fait que rapprocher le diamant du micro-sillon des événements, de sorte de prendre le pouls du monde à un endroit de la planète : donner une lecture des choses pour en imprimer le sens.

Nous voulions la réalité, nous l’avons eu, les dernières semaines furent l’occasion de comprendre ce que voulait dire « kañen di kañen » dans la tête de chacun, mais aussi décoller du flux de l’actualité pour penser à une autre échelle ; l’étrangeté de l’ambiance ajoutant sa couleur à la compréhension des choses. Le 2 novembre, nous quittions Bignona, village alternatif et anachronique de Casamance laissant notre place à d’autres reporters ; sans réels au revoir mais dit-on souvent au revoir dans nos rêves?

Nous partons, l’Océanium va continuer à rapiécer l’environnement, nous serons partis et eux continueront à travailler au pays où tout se répare. « Tous les ans, on a des gens qui viennent faire des films sur le reboisement » m’avait dit-on à notre arrivée. Chose à laquelle j’ai dû rétorquer prétentieusement, « Tous les ans il y a des chansons, seules les meilleures restent, en musique, on appelle cela les classiques ». Et dans le secret de l’artisan, je travaillais à faire du « time-proof », une vitrine distinguant la réflexion d’un écologue spécialisé en journalisme et le travail d’un journaliste spécialisé en environnement. Est ce une erreur de ne pas vous avoir dessiner une coupe longitudinale de propagule? Je prends le risque.

Héros de la nature? cela ne devrait pas exister, cela au contraire consacre un exception qui devrait être une généralité. En tout cas en Casamance ce sont des villages entiers qui ont mis les pieds dans la vase, pris contact avec la terre…

Philippe F. NAI

Goodbye to our friends of Casamance

 

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