Chapitre 26 : It ain't over till it's over

Après une semaine à Dakar, Emilien est reparti en France avec nos précieuses bandes. Le raccompagner vers l’aéroport fut un curieux exercice car il fallait se remémorer que trois mois plus tôt nous faisons la même route dans l’autre sens…

De pleins pieds

C’était par un jeudi nuageux que nous sommes arrivé au Sénégal, il avait fortement plu la veille et le temps était lourd. A la sortie de l’aéroport des taxis agglutinés accueillaient ou plutôt réceptionnaient les voyageurs grouillant sur le béton recouvert de boue. Nous étions très peu de toubabs (personne à la peau claire), quasiment les seuls.

A l’aéroport, pas de distributeurs automatiques et j’étais heureux d’avoir dans les poches quelques euros salutaires qui me reliaient encore à ma terre natale. M’en séparer nous permettait de nous éloigner de cette cohue pour entrer de plein pied dans notre « voyage ». Premier contact avec l’Afrique sur l’autoroute vers Dakar : Pas de grands immeubles, sous le ciel gris rien de dépassant trois étages et puis ces minibus bondés les portes entrouvertes avec des ombres ondulantes au-dessus du sol accrochées  à l’arrière. De part et d’autre de la route, des panneaux publicitaires au couleur très française, nous voici à l’étranger mais en VF : tout un …

ALTERMONDE A DECOUVRIR !

Dans la nuit de Dakar tous les chats sont oranges

Entrée dans la ville, déserte… un temps maussade que nous connaissions bien sauf que nous n’étions plus chez nous. Enfin pas tout à fait car le taxi s’arrête devant l’ambassade de France, de facto en France. Nous descendons nos sacs et nous mêmes : voilà ! Nous y sommes. Au dessus de nos têtes les rapaces et des corbeau-pies ont remplacé les pigeons. L’atmosphère est menaçante, je dis bonjour aux badeaux autour de nous afin qu’ils ne trouvent pas bizarre que nous restions là immobile à attendre. « Voici la capitale, me disais je, c’est plutôt pauvre ! » les yeux observant le béton craquelé et rapiécé de toute part. Je regarde désolé mes compagnons en les trouvant bien courageux de m’avoir suivi dans mes riches idées… 1 mois et demi, il va falloir rester… Je n’imaginais alors ce que j’allais vivre et à quel point j’allais changer.

Le temps de sortir de mes rêveries, bercé par la lumière orange des réverbères ponctuant notre trajet, nous arrivons vers 22h30 à l’aéroport  et Emilien n’était plus qu’à quelques heures de la vieille Europe. Équipée oblige, Robert et moi lui avons fait l’amitié de le charger de lourdes attentions. Alors qu’il était rentré, je n’étais pas prêt à partir. Épuisé à tel point que chaque respiration ne suffisait pas à rembourser l’énergie perdue à la consentir, nous entreprenions Robert et moi de partir à petit Mbao dans la proche banlieue afin d’aller voir les Amis de la Nature.

Philippe F. NAI

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