Chapitre 34 : En famille

A mesure que l’armure de notre entreprise se découvre

A mesure que l’homme à l’intérieur se découvre…

Sénégalais

Il y a deux mois, nous découvrions petit Mbao, une petite ville en transformation entre mer, forêt, usine à phosphate et artère perfusant Dakar. Petite ville sans rues bétonnées aux chemins de sable propices aux jeux d’enfant. Entre temps, le tournage s’est poursuivi entre l’école primaire de Mboro, la réserve de Popenguine, le village des tortues de Noflaye. Nous nous sommes aussi rendus sur l’île de Gorée ainsi qu’au centre commercial Sea Plaza.

Nous avons  suivi l’ouverture du Festival Mondial de Arts Nègres qui s’est terminé il y a quelques jours, en fanfare avec des concerts de Youssou Ndour et Akon. Ces derniers jours, nous découvrions la lutte sénégalaise via un combat monumental entre Yekini et Bombardier. Cependant au lieu de vous envoler dans ces aventures rocambolesques, je vous propose plutôt de plonger avec nous.

En immersion

Depuis deux mois donc le navire des porteurs de lanternes chargé de l’expérimentée Aventureuse s’est arrêté à petit Mbao, aux portes de Dakar. Non seulement avons-nous jeté l’ancre mais nous avons plongé avec à des profondeurs telles que l’oeil numérique ne peut nous suivre. L’objectif sera de vivre ce que vivent les populations.

Croyez-moi : voir le Sénégal de gare routière en gare routière à bord de cars bondés sautillants offre plus de contact avec le « terrain » qu’un 4×4 de luxe. Dans le même temps, nous tournons un portrait de la ville qui est soumis à l’avancée de la mer, le recul de la forêt de Mbao dit le « poumon de Dakar » et à l’avancée du front d’urbanisation.

C’est donc une autre aventure qui se poursuit au cours de laquelle les langues se délient et les cœurs s’ouvrent. Bien que les lois de l’audiovisuel imposent le zapping, le déplacement, parfois le survol, des procédés inconscients me poussent au point-virgule et à approfondir : éteindre la caméra, l’ordinateur, l’appareil photo pour discuter, comprendre, respirer et vivre.

En famille

Parallèlement à nos activités, nous passons du temps avec de la famille Diallo dont nous avons fait la connaissance à notre arrivée à Mbao. C’est la dernière étape du voyage qui nous permet de reconnecter tout ce que nous avons vécu, tout ce que nous avons appris. L’hospitalité, l’acceptation de ce que nous sommes nous emplit de sérénité. Nous nous sentons bien, chez nous. Cette sensation d’appartenir à un endroit n’a jamais été aussi forte, être témoin de cette vie sociale, de cette liberté se construisant sur les fondations d’une culture me rend heureux.

Les enfants jouent dehors la nuit, j’entends ces rires qui sont musiques à mes oreilles, il y a ces marchands ambulants marchant de boutique en boutique d’un pas familier. Même Dakar, jadis si menaçante nous accueille ; nous nous asseyons sur les marches d’un grand magasin pour manger. Le vigile nous voit et nous propose sa chaise, il en déplie une autre pour Robert. Nos vêtements ne sont plus que la lueur de ce qu’ils étaient, et nous ne ressemblons plus du tout aux touristes fraîchement équipés. Et pourtant, on ne nous déconsidère pas. Les habits servent ici à habiller, pas beaucoup plus…

Il y a cette douceur en Afrique, cette hospitalité au Sénégal, ce respect, cette humanité et du coup, on se sent Homme. Qu’il sera difficile de partir, qu’il sera difficile de quitter notre Ami, le Sénégal.

A bientôt,

Philippe F. NAI

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