Grandir pour une association : comme une entreprise?

Grandir : Se faire sa place

Je me suis rendu il y a quelque temps à Biarritz pour proposer mes services à une association. A cette occasion, j’ai pu me mettre à la place d’un organisme qui souhaitait évoluer : ce qui à l’heure de la professionnalisation des acteurs de l’associatif, veut dire grandir et faire la différence parmi une concurrence de plus en plus forte, éventuellement pour ne pas disparaître.

Ainsi, il a été intéressant d’imaginer des stratégies adaptées à des moyens modestes mais aussi d’analyser la situation en passant au crible : site internet, communiqués de presse, radio et WebTV, financements, partenariats, opinion des adhérents ; le tout aussi bien dans la forme que dans le fond. Les résultats étaient parfois assez surprenants.

Dans ces échafaudages, on pouvait notamment alors discerner :

- une volonté manifeste de l’association se désenclaver. A Biarritz, si la compétition est moindre, dans un système centralisé, il peut être difficile de tirer son épingle. Il y a un impact de la distance à la capitale d’une part et du réseau que l’on est capable de capter d’autre part. Cette capacité créative, souvent très dépendante des qualités individuelles, est parfois difficile à induire.

- une envie se différencier en se cherchant à tâtons, tout en imitant de plus grosses structures pour gagner une stature.

Dans cette recherche de développement, il était question de veille d’actualités, d’usage de Twitter et de Facebook et de repérer les blogueurs influents. Cette vision d’expansion était très intéressante d’autant plus qu’on la retrouve partout. Il y a eu le numéro de téléphone, le minitel, le site internet, aujourd’hui c’est Facebook. Y aurait-il des parts d’opinion comme il y a des parts de marché?

Se développer, comme une entreprise?

Dans cette logique, qui veut grandir doit a priori comme une entreprise élargir la base (des donateurs ou à défaut, des sympathisants) et gagner en notoriété en développant des relations presse et des campagnes publicitaires efficace à destination du grand public ; on utilise alors des stratégies venant du marketing, la professionnalisation elle-même faisant intervenir des acteurs issus des écoles de commerces. C’est donc une transformation silencieuse, quasiment mécanique, fruit d’une façon de faire et un changement du paysage associatif qui s’opère d’autant plus rapidement avec l’essor des nouvelles technologies.

Tout ceci a soulevé des interrogations profondes et m’a conduit à approfondir une réflexion sur le principe d’association, de ses éventuels objectifs bien sûr mais aussi et surtout de son rôle social dans la société. Est-ce possible de maintenir ce rôle dans un système en recherche de performance et de rentabilité (ce qui est légitime par rapport aux différents enjeux mais toutefois symptomatique du monde globalisé)?

Les modèles de réussite associative dont j’ai pu être le témoin privilégié au cours de mes dernières années de pérégrination m’ont cependant rassuré et conforté dans l’idée que de nouvelles trajectoires viables et citoyennes, étaient possibles une fois la tête sortie du guidon. C’est aussi un des versants du projet de documentaire les Porteurs de Lanternes. C’est une voie inédite dans la mesure où la logique à suivre est à contre-courant. Je ne l’ai d’ailleurs observé qu’empruntée d’un cercle restreint de personnes ayant ce parcours long de maturation et épousant de façon sincère les combats respectifs ; autrement dit des personnes avec une tête, un cœur et des couilles. Tout le reste devenant alors anecdotique.

2 réponses à to “Grandir pour une association : comme une entreprise?”

  • Elodie dit :

    Hello Feel!

    Tu continues ton tour des asso? Alors t’en penses quoi de Biarritz? De l’asso en question? Y a une différence avec les asso au Sénégal?

  • admin dit :

    Salut!

    Je n’ai pas vraiment aimé biarritz elle même car trop de voitures, en même temps la ville est petite, les choses sont assez chères et il y a un côté enclavé. Je crois qu’ils font des travaux d’ailleurs pour trouver une continuité pour la plage.
    Par contre les alentours sont vraiment sympas et les gens sont plutôt ouverts. Du coup j’ai discuté avec pas mal de gens intéressants qui m’ont appris beaucoup de choses et donner quelques bonnes idées . Je crois que le plus intéressant c’est la proximité avec l’Espagne.

    Pour l’asso, ils sont médiatiquement absents par manque de réseaux. Pourtant, le potentiel est là comme souvent. Il suffit qu’ils se posent les bonnes questions. Sinon, j’ai trouvé les gens sympathiques aux premiers abords.

    Pour le Sénégal, j’y suis resté 5 mois donc comparé à une semaine, je ne peux pas vraiment dire :)

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