Carnets de voyage

Porteurs de lanternes

« Voici le récit d’un voyage de 5 mois sur le thème de la nature pour changer les regards sur l’Afrique et l’écologie,

en commençant par le nôtre… »

Merci de nous avoir suivi et soutenu, j’espère que les histoires et les réflexions autour de notre périple vous ont plu, cette section est désormais fermée. Voici-ci dessous quelques morceaux choisis :
 

Avant départ, le grand saut

Chapitre Zero

… Nous y sommes ! Le départ approche et ce qui n’était qu’une idée dans une tête encombrée devient finalement une réalité. A force d’audace, de motivation et d’envie, nous allons partir tourner notre premier documentaire. Je suis très content ! … P NAI

Chapitre 1

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No Direction Home

… Le début de notre périple s’est passé sans encombre avec l’impression d’avoir une bonne étoile. Et si nous n’avons perdu aucun de nos bagages, on espère cependant oublier ici notre valise de préjugés, pour revenir différents … P NAI

Chapitre 2

Dans la gueule du lion

… Alors que je tape ces quelques mots, un orage nous donne un concert magnifique. La pluie joue une musique franche et puissante. Alors que nous rentrions de nuit vers la base de Bignona, nous l’avons vu au loin, quel spectacle mystique que de voir ce ciel immense griffé de lumières… P NAI

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Chapitre 3

Je dis sème comme un emblème…

… J’ai le pied dans la vase

Le geste plus que la phrase

Vers oubliés dans mes gènes

Que j’me rappelle lorsque je sème …

P NAI

Chapitre 4

Power to the people

…La culture du reboisement chez les Diolas, ethnie majoritaire en Casamance, s’intègre à la culture traditionnelle. Les Diolas sont pour la plupart animistes ; chaque chose qui les entoure renferme une âme, une force vitale… E SAGE VALLIER

Chapitre 5

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A Day in the life

… on ne compte plus les kilomètres – notre réflexion fait cependant du chemin, tambour battant, au rythme des orages qui marquent la fin de la saison des pluies. Découpées sur le ciel éclairé par les seules étoiles, des silhouettes de palmiers oscillants au vent et des ombres furtives. Le temps de retrouver internet et je tape ces quelques lignes entre 2 coupures de courant durant la nuit où tout se range dans ma tête … P NAI

Chapitre 6

Into the wild

… La biodiversité, je la vois et je la sens, elle m’entoure, elle me pique, elle me refile des boutons, elle me survole en escadrille … Ici, ce n’est pas la nature qui fait une incursion furtive au royaume des humains mais des villages insérés dans la nature. Cette sensation d’habiter une planète n’a jamais été aussi forte que grâce à ce ciel immense caché par aucune construction … P NAI

Chapitre 6.5

Toubabien

… Le taxi était lent, très lent, le chauffeur ménageait son véhicule à cause de la route cabossée qui relie le Cap à Djembering. Une bonne demi-heure plus tard, nous arrivons en face du fromager ; un grand arbre majestueux de 750 ans qui semble renfermer un grand esprit sauvage. C’était la première fois que je voyais un arbre aussi majestueux. J’en avais le souffle coupé … R NAI

Chapitre 7

Sur la route

… voyager à l’arrière du pickup cheveux au vent, cul sur le métal, soumis aux intempéries, sautillant comme des sacs de patates fonçant à plus de 100 km/h est toujours un grand moment de liberté. Chaque passant que nous dépassons se retourne pour jeter un œil curieux et parfois nous saluer, il est grisant de jouer les reines d’Angleterre… P NAI

Chapitre 8

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Vignerons de l’image, ce que nous sommes

Au loin la ville, au loin l’Europe, au loin la France, au loin la presse quotidienne, le voile de lumière se lève pour révéler les étoiles comme des vérités évidentes … P NAI

Chapitre 9

Forever Young

… « Je vais vous raconter une histoire qui, bien qu’elle soit fictive, ne doit pas être perçue comme telle. Cela donne à mon récit plus de valeur et de sincérité ». Après un léger temps d’attente pour captiver l’attention de tous, il reprit: « connaissez-vous l’histoire de Paco Celesto ? » … E SAGE VALLIER

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Chapitre 10

Main dans la main

… L’égo entre souvent en jeu dans les disputes. Les débats politiques à la télévision ou les disputes de la vie quotidienne en sont une belle preuve. Chacun veut avoir raison, ne pas perdre la face. La fierté se greffe irrémédiablement à la dispute. Au final, cette fierté l’emporte sur la raison. Hier pourtant, nous avons assisté à l’effet inverse … R NAI

Chapitre 11

Mille et une patte

====> Galerie photos

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On est ensemble

… Alors que nous étions partis étudier l’écologie en Afrique, les réponses que nous recevons dépassent les questions posées. L’Afrique met l’occident face à sa propre image, ses responsabilités passées ou présentes, elle me met face à moi-même. Ici progrès, développement, écologie, politique, croissance, pauvreté revêtissent de nouvelles définitions … P NAI

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Plus loin de ce que l’on appelle « la civilisation », plus proche de la Terre…

Chapitre 13

Mother Nature Son

… tous les champs sont habités, ils sont travaillés souvent sans machine – les enfants sont encore envoyés dans les champs pendant les vacances scolaires parfois même lorsqu’ils sont issus de famille ayant prospéré en ville. Les gens cultivent ce qu’ils mangent et même si l’élevage intensif existe, il est courant de voir gambader en pleine rue toute la basse cour : coqs, poules, boucs, biches, cochons, vaches, ânes au milieu des chiens et chats errants. Et ça fait du bien … P NAI

Interlude

Il était une fois en Casamance ou le poème à six mains

Parfois la vie c’est difficile. Robert

Mais il faut avoir le moral en tuile. Mamadou

Je suis parfois épuisé. Papa

C’est pour ça que je tape sur les manguiers. Robert

Et pourtant ça me fait ch.. Mamadou

Je me sens parfois malhonnête de vivre. Papa Quand ça m’arrive je respire l’air qui m’enivre. Robert

Malgré que je déteste être ivre. Mamadou

Pour en sortir je mange toutes les vivres. Robert

Pourquoi dans ce monde tout le monde veut vivre? Papa

Parce que personne n’a envie de mourir. Robert

Pourtant mourir n’est pas synonyme de périr. Mamadou

Pourquoi la vie devance la mort? Papa

Parce que Dieu nous donne la chance d’apprendre. Robert

Et quand on apprend on finit par comprendre. Mamadou

Que la vie est belle. Robert

Comme la tour Eiffel.  Mamadou

Chapitre 14

L’arbre

… une graine tombe sur le sol, elle germe. Un enfant fait pipi par terre, c’est lessivé par la pluie. Des restes d’un repas sont déposés à terre. Quelques instants plus tard, ils ont disparus, recyclés par la basse-cour ambulante qui sera consommée à son tour, ces cycles font tourner un système qui trouve toute sa cohérence : c’est de l’écologie … P NAI

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Chapitre 15

Bobby 61st summernight’s dream

… as you walk in the dark you find yourself face to face with yourself. Since you can’t see you start to think. You think about the people here, their way of life, the principle of sharing grafted in their culture. Here I discovered the Diola culture. A population closed to their land, proud of their origin. A population who are determined to work as hard as it takes to protect their land with their fists clenched … R NAI

Chapitre 16

Le voyage

… tous les jours, je réalise qu’il y a des réalités, des vérités, des réflexions accessibles seulement qu’avec du temps. Et que les médias ne peuvent que donner une réalité assujettie à un traitement trop rapide de l’information. Je me rends compte que l’Afrique que je voyais à la télévision n’est pas celle que j’ai devant les yeux … P NAI

Chapitre 17

Repousser l’océan

… plus que des associations, ce sont des combats que nous rencontrons de personne en personne. Il y a une semaine, nous avons passé une journée avec Abdou Mané coordinateur des programmes du GRDR : le groupe de recherche et de réalisation pour le développement rural. Il nous a fait visiter une digue anti-sel construite par le village de Boutegol dans le Blouf en Casamance. A l’occasion, c’est tout le village qui s’est réunis pour nous accueillir … P NAI

Chapitre 18

Qui de nous deux

MALANG  » Alors comment trouves-tu cette région ? Tu es heureux ici ? » Dom  » C’est la première chose qui m’a étonné en arrivant au Sénégal. J’ai vécu quelques mois en Ouganda, et les gens là-bas me demandaient toujours comment était la France, alors qu’en Casamance le plus important pour vous est de savoir si on aime votre pays, votre ville et surtout votre région ». E SAGE VALLIER

Chapitre 19

Une leçon d’envie, l’envie d’agir !

… depuis que nous sommes ici, nous avons appris à tourner toutes les situations à notre avantage, car quand on a peu de moyens, il faut savoir doubler d’astuces. Chacune d’entre elles constituant un nouveau défi, une nouvelle chance pour nous de progresser et surtout une occasion d’être plus proche des gens. Ainsi, loin de ce qui aurait pu n’être qu’un safari, je m’épanouis à saisir une réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît à la lumière de mes connaissances en écologie, agronomie mais aussi et surtout via les témoignages des plus humbles. Ce sont alors de véritables leçons de vie, je dirais même d’envie, auxquelles nous avons eu droit … P NAI

Chapitre 20

Human nature

… Parler s’apparente à l’air autour de votre maison, cela peut prendre toute direction, être une caresse sur la joue ou une tornade en plein champs mais ce n’est pas la maison. Ici, en Casamance, nous avons rencontré beaucoup de personnes de grandes valeurs. Ce sont des personnes que vous ne verrez jamais dans les livres ou à la télévision. Ils font de cette Terre un monde meilleur mais personne ne s’en rend compte. Les gens considèrent cela comme acquis. Au moment où je continue mon voyage sur les routes mais aussi intérieur, je veux leur dire mon plus sincère respect. J’ai beaucoup appris sur moi et les en remercie… R NAI

Chapitre 21

Injé ajeetuma furim

… nous voulions la réalité, nous l’avons eu, les dernières semaines furent l’occasion de comprendre ce que voulait dire « kañen di kañen » dans la tête de chacun, mais aussi décoller du flux de l’actualité pour penser à une autre échelle ; l’étrangeté de l’ambiance ajoutant sa couleur à la compréhension des choses. Le 2 novembre, nous quittions Bignona, village alternatif et anachronique de Casamance laissant notre place à d’autres reporters ; sans réels au revoir mais dit-on souvent au revoir dans nos rêves? … P NAI

Chapitre 22

Au revoir Casamance, au revoir la cité des cigognes

… la Casamance, les visages souriants des gens qui nous ont accueillis et avec qui on a partagé de bons moments, me reviennent, non sans émotions. Certes on pourrait dire que les gens sont pauvres ici, encore faudrait-il définir ce que veut dire pauvre, mais il n’y a pas de misère. Et puis il y a cette force émanant du ciel et du sol qui fera toujours pencher les visages vers le sourire … qu’il est beau de grandir sur une terre où affleure l’Humanité … P NAI

Chapitre 23

De retour à Dakar

… des chargeurs de portable pendus au bout de leur corde, des forêts de mégaphones qui émettent automatiquement en boucle les criées des marchands, les quelques centimètres qui nous séparent de chaque véhicule qui passe, les orphelinats de télécommandes d’occasion de toutes marques attendant le miracle de retrouver un téléviseur hôte … ce qui de prime abord nous paraissait être une ville menaçante, étouffante, chaotique et polluée nous semble être maintenant à un grand bazar grouillant, certes pollué mais dont les richesses sont justes au final plus difficilement accessibles pour le nouvel arrivant. Peut être la Casamance nous a t’elle ouvert un peu plus l’esprit? … P NAI

Chapitre 24

Africa in me my friend

… on a chanté, dansé, discuté. on a partagé. Pas de barrière, plus de glace, seulement de la liberté. Quand je dis liberté je ne parle pas de la liberté physique mais de la liberté de l’esprit, celle de se sentir bien avec soi-même. Maintenant ce qu’ils m’ont transmis, j’espère ne jamais le perdre … R NAI

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Chapitre 25

Flashback : Singing in the rain

… le village où nous vivons est préservé et paisible. Les petits commerces bordent les rues. Un peu partout de petits enfants gambadent. On se croirait presque dans Peter Pan. Sauf que l’imaginaire des enfants qui permet d’avoir de la nourriture à foison est remplacé par leur joie de vivre et leur ouverture aux autres … R NAI

Chapitre 26

It ain’t over till it’s over

… après une semaine à Dakar, Emilien est reparti en France avec nos précieuses bandes. Le raccompagner vers l’aéroport fut un curieux exercice car il fallait se remémorer que trois mois plus tôt nous faisons la même route dans l’autre sens … P NAI

Chapitre 27

Faire aimer la nature

… nous avons pris la direction de petit Mbao pour rendre visite aux Amis de la Nature. L’ASAN est la plus ancienne association écologiste du Sénégal. Fondé en 1983, elle a pour but « d’aimer, de faire aimer et de protéger la nature ». Parmi les pères fondateurs, Alioune Diagne Mbor, le seul survivant actif continue d’exercer la présidence du haut de ses 84 ans. L’ancien ministre et président de l’assemblée nationale nous a d’ailleurs reçu chez lui pour nous présenter l’association … P NAI

Chapitre 28

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Retour à l’école

… l’heure de la pause approchait, un petit rituel surprenant allait avoir lieu. Toutes les classes étaient réunis, en rang autour du drapeau sénégalais. Celui-ci allait être abaissé accompagné de l’hymne sénégalais chanté par les enfants; un moment unique qui nous a Philippe et moi-même très enchanté. Le proviseur profita de ce moment pour nous présenter à tous les élèves de l’école, petits et grands confondus. Et c’est avec énergie et enthousiasme qu’ils nous ont tous chaleureusement accueilli … R NAI

Chapitre 29

One of us riding nowhere

… me voilà, seul dans l’avion, après 3 mois sur les terres de la Teranga … « le plus important pour nous ce n’est pas la performance, mais le partage et l’échange que l’on se crée à chaque instant « . Et c’est cet homme qui me fait réfléchir sur l’une des nombreuses conclusions de cette expérience de 3 mois qui aura été extra-ordinaire. Finalement, n’est-ce pas ça le plus important, la soif d’apprendre de l’autre, de confronter et remettre en question ses pensées … E SAGE VALLIER

Chapitre 30

Les oiseaux cerf-volant

… et dans ce ciel plus bleu que bleu, je vois passer des oiseaux. Au début, je n’y prêtais pas attention mais au fur et à mesure, au lieu de les voir, je me suis mis à les contempler puis à les admirer. Des oiseaux de toutes sortes, aigles, éperviers, oiseaux tropicaux qui volaient très haut dans le ciel et parfois très près de nous. Ils n’avaient pas besoin de battre des ailes pour voler et jouaient avec le vent comme des oiseaux cerf-volants … R NAI

Chapitre 31

Paint it black

… Si nos récits se sont parfois voulu de jolis tableaux colorés porteurs d’espoir, dont on a volontairement oublié les nuances de gris, je suppose que le portrait que nous souhaitons dépeindre manquerait de contraste si nous écartons les couleurs sombres de la réalité … derrière le masque, la triste lueur des leçons apprises et une déception profonde qui ne pourra jamais être effacée. Il faut un nouveau départ, une renaissance sénégalaise ne suffirait pas, il en faut une africaine. Que s’est il passé pour que tant veulent définitivement tourner la page au lieu de sauter une ligne dans les cahiers de l’Histoire? … P NAI

Chapitre 32

Brainstorming à Mbao

… nous changeons. Nous changeons dans notre rapport au monde, dans nos réactions et cette composante humaine ô combien fulgurante est parfois déstabilisante, bien qu’elle soit très positive : C’est à la fois fascinant et effrayant de se découvrir, ce vertige de l’avant qui nous pousse à nous trouver par les expériences … P NAI

Chapitre 33

Mboro nights

… Dans le silence de ce moment hors du temps, le mystérieux grondement de la mer ; nous ne la voyions pas, il fallait la deviner à mesure que le bruit de chaque vague venait gonfler nos coeurs de certitude. Robert et moi ne pouvions nous empêcher de nous regarder pour vérifier que ce que nous vivions n’était pas seulement couché sur les pages de nos pensées. Vers 19h, nous rencontrions la dernière âme capable de nous saluer. Dans la nuit, nez vers le ciel, Je fermais les yeux en imaginant le plus grand nombre d’étoiles possibles. En les rouvrant à nouveau, je découvre qu’elles sont beaucoup plus que tout ce qu’un esprit humain peut se représenter … P NAI

Chapitre 34

En famille

… les enfants jouent dehors la nuit, j’entends ces rires qui sont musiques à mes oreilles, il y a ces marchands ambulants marchant de boutique en boutique d’un pas familier. Même Dakar, jadis si menaçante nous accueille ; nous nous asseyons sur les marches d’un grand magasin pour manger. Le vigile nous voit et me propose sa chaise, il en déplie une autre pour Robert. Nos vêtements ne sont plus que la lueur de ce qu’ils étaient, et nous ne ressemblons plus du tout aux touristes fraîchement équipés. Et pourtant, on ne nous déconsidère pas. Il y a cette douceur en Afrique, cette hospitalité au Sénégal, ce respect, cette humanité et du coup, on se sent Homme. Qu’il sera difficile de partir, qu’il sera difficile de quitter notre Ami, le Sénégal … P NAI

Chapitre 35

C’est pour nous

… « introduction, développement, conclusion », c’est ce qu’on nous apprend à l’école public. Alors voici un bilan symbolique et provisoire, aussi conclusif qu’une borne kilométrique. J’ai trouvé beaucoup de réponses à mes questions mais elles ne me sont réponses qu’à travers ce que j’ai vécu et ce que j’étais alors. Cependant peut être les quelques chapitres écrits précédemment et les lignes qui suivent pourront contribuer à éclairer des pistes dont vous portez la destination …

… Ceci dit, avant de penser à l’équilibre de notre planète, je pense qu’il faudrait déjà travailler à notre propre équilibre. Celui qui mène à du temps de cerveau disponible, ce qui est nécessaire car comment pourrait-on déplacer les meubles de nos mentalités si n’y a pas d’espace? … Pour le reste, je n’ai à transmettre qu’un message : Venez voir l’Afrique de vos propres yeux P NAI

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