Archive pour la catégorie ‘Biodiversité’
Sénégal 2010- Avant départ
Chapitre zéro : Avant départ

Nous y sommes !
Le voyage le voici :
Les Porteurs de Lanternes
Equipement :
L’équipage :
La route :
Nous partirons de Dakar où nous retrouverons l’association Océanium, une association incontournable de protection de l’environnement au Sénégal. Nous les suivront sur la côte en Casamance pour témoigner d’une vaste opération de reboisement qui a pour objectif la restauration de la mangrove en plantant 100 millions de palétuviers après avoir déjà atteint 36 millions l’an passé. Une initiative qui a eu un impact très positif sur l’écosystème, la biodiversité mais aussi et surtout sur les mentalités.
Biodiversité : la vie en cage
Il y a encore peu de temps, on ne se souciait pas vraiment du bien-être des animaux en captivité. Leur donner à manger et les faire se reproduire étaient les seules priorités des zoos en vue de garantir leur pérennité. L’étude du comportement animalier existe depuis longtemps, mais ce n’est qu’à partir des années 1930 que l’éthologie moderne a vraiment émergé. Le désir de comprendre le comportement des animaux a très vite fait de l’éthologie une science répandue et s’est logiquement insinuée dans les parcs animaliers.

Des lions reposent leur museau sur une barre de leur cage dans un zoo près de Amman, en Jordanie. (REUTERS/Ali Jarekji)
Stéréotypies
En milieu naturel, les animaux passent le plus clair de leur temps à la recherche de nourriture. Aucune autre activité ne leur dévore autant de temps que le besoin d’être rassasié. Mais quand la quête du « Graal » se transforme en messe tous les jours à heure fixe via l’homme, c’est tout leur emploi du temps, au sens propre du terme, qui est perturbé. L’animal captif n’a rien à faire, ses activités quotidiennes se limitent à attendre l’heure du repas et à se faire épier par d’étranges bipèdes. L’ennui devient par conséquent la principale occupation reine et des stéréotypies apparaîssent.
Les stéréotypies s’expriment généralement comme des automatismes consistant à répéter continuellement des séquences de mouvements sans fonction apparente. Il peut en être différent selon les espèces . L’animal peut reporter son attention :
- sur son environnement (destruction)
- sur ces congénères (agressivité)
- sur lui-même (auto-mutilation, toilettage excessif).

En captivité, les animaux développent des stéréotypies
Si vous avez l’occasion d’aller observer des animaux en captivité, oubliez leur beauté pour vous concentrer un peu plus sur leur comportement : beaucoup souffrent de stéréotypies, en particulier les fauves (il suffit d’aller à la ménagerie de Paris pour s’en convaincre). Ces prédateurs sont avant tout des animaux territoriaux qui ont besoin d’un grand espace pour chasser et bien les nourrir n’atténue en rien cet instinct de territorialité : nous même sortons pour nous aérer, alors que le réfrigérateur est remplit. Si vous avez la chance de visiter le zoo de la Palmyre, arrêtez-vous quelques instants devant les ours polaires pour assister à un triste spectacle.
Pour tenter de réduire les stéréotypies, les parcs zoologiques ont recourt à ce que l’on appelle des programmes d’enrichissement, qui consistent à « enrichir » le milieu de l’animal, pour susciter chez un individu des comportements typiques de l’espèce, dont ceux liés à la quête alimentaire. Les chimpanzés par exemple, utilisent des brindilles dans la nature pour pêcher des termites. Il suffit donc leur donner un peu de nourriture dans une boîte percée afin de reproduire ce comportement. L’Homme laisse faire l’animal, il n’interagit pas avec lui.

Les chimpanzés par exemple, utilisent des brindilles dans la nature pour pêcher des termites.
Programmes d’enrichissement

Un dauphin captif vit beaucoup moins longtemps qu’un dauphin libre.
Malheureusement, l’enrichissement est parfois confondu avec le divertissement. Dans ce cas, l’homme interagit avec l’animal et lui fait faire des ‘tours’ en échange d’une récompense. Il ne s’agit alors plus d’enrichissement, en tout cas pas pour l’animal. Il s’agit ici d’exploiter d’animaux à des fins commerciales ou comment le show-business s’invite dans l’écologie…
Mais l’enrichissement n’est pas suffisant ; les animaux ont souvent besoin de plus de place. Mais beaucoup de zoos se trouvent dans des zones urbanisées et ne peuvent donc être agrandis. Un exemple aberrant : les orang outans de la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris sont enfermés dans des cages atrocement petites. Or, il est très difficile d’agrandir leurs cages car la ménagerie a été classée monument historique en 1993, interdisant la modification du bâtiment.
(Philippe) J’ajoute un autre exemple : celui des delphinariums (les bassins à dauphins) qui, sous des apparences festives, provoquent tellement de stress chez les animaux qu’ils développent régulièrement des ulcères. A Kamakura, un dauphin vit dans un minuscule bassin, avec la nageoire dorsale affaissée d’un coté à force d’y tourner en rond, toujours dans le même sens. Cette situation n’a malheureusement rien d’exceptionnelle… A voir the Cove, la baie de la honte, un documentaire de Louie Psihoyos nominé aux Oscars avec Richard O’Barry. (Pour en savoir plus : le blog des dauphins, autres interviews)

Les orang outans de la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris sont enfermés dans des cages atrocement petites.
Zoos et conservation
Il ne s’agit pas un article contre les parcs animaliers, il est évident qu’ils contribuent à la conservation d’espèces (sans eux, les grands singes disparaîtraient de la surface de la terre dans une 40aine d’années). Malheureusement certains zoos sont bien mal adaptés et beaucoup trop petit pour le bien-être de ces occupants. Les parcs zoologiques de Cerza et de Thoiry sont deux exemples montrant qu’il est possible d’avancer dans le bon sens et de permettre aux animaux d’avoir une vie un peu moins close que dans des zoos situés en zones urbaines.
Emilien Sage-Vallier
edité par Philippe F. NAI
La diversité des parasites

Hymenolepis microstoma
La biodiversité, c’est quoi pour vous?
Des oiseaux de toutes sortes, des fleurs de toutes les couleurs, des animaux de la savane, un panda ? L’évolution a conduit à une diversité du vivant surpassant notre imagination, autant dans l’infiniment grand que dans l’infiniment petit. Une bibliothèque du vivant dont les espèces sont autant de livres riches de connaissances qu’il reste à découvrir. Sceptique? Susan Perkins, parasitologue à l’American Museum of Natural History, nous propose une toute autre odyssée…
Birds of all kind, flowers of all colors, animals from the savannah, a panda? Evolution led to a biodiversity outstanding any expectations at every scale. A library of the living in which each specie is an unread book full of knowledge. Sceptical ? Susan Perkins, parasitologist at the American Museum of Natural History, opens the door to a unusual kind of odyssey…
Parasite of the day
A travers le site Daily Parasite, Susan Perkins offre un podium à 365 parasites triés sous la loupe : un par jour. Chaque parasite a droit à un petit portrait expliquant son mode de vie et ses particularités. C’est ainsi tout un univers insoupçonné et insoupçonnable que notre « hôte » se propose de nous faire découvrir. L’occasion était trop belle pour ne pas poser quelques questions à cette spécialiste à l’occasion de l’année de la biodiversité à laquelle cette initiative fait écho.
Daily Parasite is more than a website, it’s a showcase offering 365 parasites a place under the spotlight : one per day. Each parasite has its description to expose its features and way of transmission. Our « host » is inviting us to explore a whole universe we could never have imagined. Of course I had to ask this specialist some questions for the sake of the Year of the Biodiversity.
- Why should we preserve biodiversity?
- Pourquoi préserver la biodiversité?
There are several reasons. For one, we never know what knowledge and products will come from discovering new and different species. A good example is the discovery this week of a snail with incredibly tough armor that they are now saying may offer inspiration for body armor for people. Another reason is simply, diverse communities and habitats are healthy communities and habitats. And parasites are part of that (see below).
Il y a plusieurs raisons. La première est qu’on ne sait jamais quelles connaissances et quels fruits nous pouvons tirer de la découverte de nouvelles espèces. Un bon exemple est la découverte cette semaine d’un escargot avec une armure particulièrement résistante dont on dit qu’elle pourrait inspirer la conception d’armures adaptées à l’homme. Une autre raison est simple : des communautés et des habitats sains sont des communautés et des habitats diversifiés. Et les parasites participent à cela.
- How is biodiversity seen in the field of parasitology?
- Du point de vue de la parasitologie, comment voit on la biodiversité ?
Parasitologists know that they work on an incredibly diverse group of organisms. If we assume that every organism on the planet has at least one specific parasite (almost certainly a gross understatement), then there are way more parasites than anything else (…) But a lot of other folks don’t really think about parasites – they’re small, they can be a little hard for the squeamish, and they are often seen as things you don’t want around.
Les parasitologues savent qu’ils travaillent sur un groupe d’organismes très diversifié. Si nous supposons que chaque organisme sur la planète abrite au moins un parasite (ce qui est peu dire), alors il y a plus de parasites que quoique ce soit d’autre (…) Mais beaucoup de gens ignorent les parasites – ils sont petits, pas très glamours et sont souvent vus comme des choses qu’on préfère garder à distance.
- Is the diversity of parasites threatened?
- Est ce que cette diversité des parasites est menacée ?
Sadly – very. Their diversity is threatened because their hosts are threatened. And their diversity is threatened because human impacts to the environment could alter their transmission and drive them extinct very quickly.
Malheureusement, oui. Ils sont menacés car leurs hôtes sont menacés. Ils sont menacés à cause de l’impact de l’anthropisation sur l’environnement qui peut altérer leur transmission et conduire à leur extinction rapide.
- What is the role of parasites in their ecosystems?
- Quel est le rôle des parasites dans leurs écosystèmes?
They are vital for healthy ecosystems. It may seem counter-intuitive, but disease promotes diversity in ecosystems. A good example can be seen in the post from January 15th, written by Tommy Leung. The parasite in this case makes it difficult for the clam host to burrow and so they are more often predated by birds. But the dead clams on the substrate make the habitat more varied – it gives other organisms a place to live. In addition to these ecological reasons, parasites are also important for promoting the genetic variation of their hosts. Curt Lively has done some excellent work on this, for example.

Un parasite des arthropodes qui peut tuer les mâles, les féminiser mais aussi permettre aux femelles de se reproduire par parthogénèse
Ils sont essentiels à des écosystèmes sains. Cela peut sembler contre-intuitif, mais en fait les maladies promulguent la diversité dans les écosystèmes. Un bon exemple peut être vu dans l’article du 15 janvier, écrit par Tony Leung. Le parasite en question altère la capacité de la palourde hôte à s’ensevelir dans le sable ce qui la rend plus vulnérable à la prédation par les oiseaux. Or les coquilles de ces bivalves participent à fabriquer un habitat plus hétérogène qui permet d’abriter des individus d’autant plus variés. En plus de ces raisons écologiques, les parasites sont aussi important pour promouvoir la variabilité génétique de leurs hôtes. Curt Lively a fait un excellent travail là dessus.
- How useful is the field of parasitology ?
- Quelle est l’importance de la parasitologie ?
It’s incredibly useful, but has waned a lot in the past few decades. We desperately need people who are trained to collect, identify and otherwise study parasites. But work done on these organisms has formed some of our key understandings in ecology and evolution, genetics, immunology, etc.
C’est incroyablement utile, mais cela a été délaissé énormément ces dernières dizaines d’années. Nous manquons cruellement de gens qualifiés pour collecter, identifier sinon étudier les parasites alors que le travail fait en la matière constitue est une des clés essentielle à la compréhension de l’écologie et de l’évolution, de la génétique, de l’immunologie, etc.
Levons les yeux de la loupe
2010, Année Internationale de la Biodiversité?

L'Arbre de Vie, des oiseaux et des Shadoks
Cette année va voir bourgeonner beaucoup de discours et de définitions. C’est une bonne chose, espérons seulement que ceux qui ont une véritable réflexion mûrie sur la biodiversité vont pouvoir se faire entendre. Espérons que les journalistes et émissaires de l’information sauront sortir des sentiers battus pour aller les trouver.

L'espoir par G. Klimt
Contrairement à Copenhague pour le climat, il va falloir que ces discours et ces définitions arrivent à trouver leur tronc commun pour s’enrichir de leurs nuances.
Quelle valeur accordons nous à la diversité?
A tout ceux qui auront à leur bouche, le mot biodiversité, qu’ils se demandent pourquoi ils en parlent et est-ce qu’ils en parlent de manière à répondre aux attentes du public : « Ça va changer quoi dans ma vie que l’on préserve des espèces? ».
A tout ceux qui tiennent les bourses, qu’ils aient conscience qu’un véritable programme de conservation exigent un financement sur le long terme.
A tout ceux qui ont les mains dans la boue, qu’ils communiquent l’importance de leurs tâches, l’importance de certaines espèces, pas assez photogéniques pour être secourues et médiatisés ou plutôt pas assez médiatisé et donc peu secourues.
Est ce que préserver la biodiversité rime à préserver un zoo géant grandeur nature?
Où est ce plus que ça?
=> Est que ce que préserver la diversité, ce n’est pas préserver, quelque part, notre identité? Après tout, l’identité n’existe t’elle pas que parce qu’il y a de la diversité? J’ai lu quelque part « Biodiversité&Humanité, nos vies sont liées », mais peut être devrions nous changer de point de vue : l’Humanité fait partie de la Biodiversité. Théodore Monod disait : « Nous ne sommes pas les rois des animaux, nous sommes comme les autres animaux, avec des fonctions un peu particulière certes, mais des mammifères comme tous les autres. »
La mondialisation devient l’invasion d’une culture dominante au détriment des autres, notre développement nous conduit à devenir une espèce dominante au détriment des autres. L’Arche de Noé tangue et nous sommes à une période de grands remous : la peur est l’outil de la division or, plus que jamais, nous avons besoin de rassembler. Individualisme, communautarisme, anthropocentrisme sont les ennemis du bien commun : cette culture planétaire qui nous unis tous, un patrimoine riche de diversité que l’on peut transmettre, ou pas.
Car nous avons tous en commun d’être différent, essayons de préserver au moins cela.
Philippe F. NAI
Le bétonnage des îles grecques
Ecologie : un mot grec…

Ecologie vient du grec « oikos » (maison) et « logos » (discours, sciences, connaissances)…
Aujourd’hui, les sirènes du tourisme de masse n’ont jamais été aussi menaçantes pour le pays d’Ulysse. Dernière catastrophe écologique et sociale en date, le projet Cavo Sidero : un complexe pharaonique comprenant 5 villages totalisant 7000 lits, 3 terrains de golf couvrant une superficie de 80 hectares devant être pleinement opérationnel vers 2011. C’est sur le site archéologique d’Itanos, dans la région de Sitia, une des plus sauvages et riches en histoire de Crète que plane l’ombre permanente d’une épée de Damoclès. (Ci-dessus un village fantôme de Dionysos : un cadavre du tourisme de masse).
Une guerre de Troie a actuellement lieu partout en Europe, mais ce ne sera pas dans le silence, nous avons voulu servir de mégaphone à ceux qui, au quotidien, œuvrent pour faire en sorte que l’écologie soit et reste un mot grec.
Un cas complexe
Tout au long du voyage nous étions sur une ligne de front opposant les citoyens à Goliath qui revêtait cette fois ci la forme d’un géant hôtelier. Mais l’affaire était plus subtile et complexe.
En fait, partout en Grèce, les Popes, comprendre les chefs de monastère rachètent des terres aux particuliers pour y construire des hôtels, sous le prétexte de l’emploi, ce qui est souvent remis en cause.
Des citoyens se sont dressés : « Ils était 5, 10, 15, ils ont été menacés personnellement, professionnellement, financièrement par des gens beaucoup plus puissants, mais ils ont continué à se battre. C’était difficile car les compagnies avaient réussi à convaincre beaucoup de locaux qu’ils allaient faire de l’emploi, ce qui était un mensonge » nous disait l’avocat Phidias Kontemeniotis chargé de l’affaire coté écolo.
Un combat ni gagné d’avance, ni isolé
Un autre cas existe dans le Péloponèse. Un cas parallèle où le héros local : Giorgio Gonis n’a pas réussi à stopper l’implantation d’un complexe nommé Navarino Resort, « une catastrophe pour l’environnement, accompagné d’un drame humain » nous disait avec émotion Cliff Cook membre de la rébellion verte. Ici un autre héros locale, Manolis Tsantakis eut plus de succès en stoppant provisoirement un non sens : construire un terrain de golfe sur une parti de l’île où le vent danse de toute part, un golfe qui serait construit sur des ruines où affleurent des vestiges vieux de 2000 ans, un golfe dans une région où l’eau manque, dans le cadre d’un complexe qui viendrait stériliser la région de sa biodiversité…
Quelle biodiversité?
Des oiseaux migrateurs comme le martin pêcheur, des oiseaux de proies comme le faucon éléonore, des tortues de mer. Mais aussi et surtout toute une flore endémique… « Des plantes qu’on ne trouve qu’ici et un bulldozer pourrait sans même le savoir éteindre des dizaines d’espèces » nous dit Cliff Cook. J’ai profité de mon passage pour acheter un petit bouquin de botanique qui recence les centaines d’espèces propres à l’île et qui ont milles usages potentielles : infusion, décoction, jus de plante, extrait, solution, poudre arômatiques, emplatre, lotions, cataplasme, collyre, compresse et autres…
Saviez vous que qu’en ancienne Egypte des papyrus vieux de 2800 ans av J.C. rapportent l’utilisation thérapeutique tel que l’ail, le genévrier et la marjolaine? Il faut garder à l’esprit la valeur de ce patrimoine millénaire au potentiel incroyable.
Il existe un représentant emblématique de ce patrimoine, un palmier rare : le palmier phénix. La plus grande population naturelle de Phoenix theophrastii se trouve sur la plage de Vaï justement. (Ci-dessus) On en a également découvert quelques groupes sur la côte sud-ouest de la Turquie. Il a donc une distribution naturelle mondiale très restreinte. Je me souviens de Cliff qui nous parlait de cette forêt millénaire : « Il y a une ambiance mystique quand la lumière du soleil transpercent les feuilles des palmiers et que les ombres dansent sur le sol. » Puis il nous a sorti un petit tableau pour nous montrer que nombre d’espèces endémiques de l’île était menacée. Puis en montrant un buisson parmi d’autre, il ajouta : « regarde ce buisson il n’a l’air de rien mais c’est une espèce menacée« .

« C’est une question d’identité de l’île » insiste Yourgos Relakis. « Les gens viennent ici pour voir la Crète et ils doivent pouvoir voir la Crète, les commerciaux ils sont venus, ils ont construit ce complexe à Dionysos qui a défiguré la côte et qui n’a pas marché puis ils sont partis mais nous on habite ici, 24h sur 24! »
Ce sujet est l’essence même de l’initiative, car ces gens là n’ont pas inventé de procédés écologiques ou établi un hôtel « vert », non, ils ont lutté avec les moyens du bord (pétition et tribunaux) pour préserver leur terre. C’est un drame qui se passe et non une escarmouche sur fond de Sirtaki. Une guerre silencieuse en France et partout en Europe. D’ailleurs récemment j’ai vu qu’il se passait la même chose en Bulgarie…
Philippe F. NAI
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La Ligne verte de Chypre
"Vous voyez des barbelés? Moi je vois des coeurs" - Salih Gucel- Botaniste (Chypre)
Depuis 30 ans, Chypre est divisée en deux : au Sud, l’officielle et désormais européenne République de Chypre ; au Nord, la République turque de Chypre Nord, reconnue par la seule Turquie. En 1974, l’armée turque est intervenue dans le Nord de l’île pour protéger la minorité turque, à la suite d’un coup d’État nationaliste soutenu par le régime grec.
Au bord de l’extinction avant la création de la zone tampon, la population de mouflon à Chypre a aujourd’hui atteint 3000 individus grâce à un écosystème auxquel l’homme n’a plus accès. Cette zone démilitarisée est devenu par définition une réserve naturelle. Qu’est ce que ça veut dire?
Juste que la planète se passe très bien de nous.
Il s’agit alors, non pas de « sauver la planète » mais de nous permettre à nous les êtres humains de vivre dans un monde qui nous soit agréable et où foisonne la diversité du vivant, la diversité des cultures, un environnement qui ne nous soit pas nocif physiquement et qui puissent l’épanouir intellectuellement.
3000 c’est un chiffre d’espoir mais on reste dans le rouge : le mouflon reste une espèce menacée. Petit à petit cette espèce emblématique ainsi que d’autres espèces ont pu retrouver un habitat non soumis au stress causé par l’homme.
La première cause de perte de biodiversité est la dégradation des habitats par l’homme.
En fait, quand on veut conserver, revaloriser un habitat, on recourt aux espèces emblématiques (ici le mouflon), qui sont caractéristiques de cet habitat. Les mesures visant à l’amélioration d’un habitat profitent aussi aux autres habitants de l’habitat. Ce sont aussi des espèces médiatiques, autour desquels il est souvent plus facile de communiquer, pensez au panda de WWF. Iris Charalambidou, spécialiste de l’avifaune nous a aussi donné un livret sur la biodiversité symbole du travail conjoint entre grecque et turcque. (ci dessous)

Quand je lui ai demandé si elle trouvait que ce projet était un symbole de réconciliation des peuples autour de la nature, elle me répondit de manière très simple « Non, pas particulièrement mais cela démontre que l’homme s’est toujours accordé autour de passions communes, ça peut être autour de la culture où ici de la biodiversité, c’est pour cela qu’il faut que nous, scientifiques, continuons à sensibiliser les gens pour qu’ils réalisent qu’à Chypre, ils ont ce patrimoine unique et commun ».
S’il y a bien une initiative dans l’émission qui illustre cette aspect « duplicable » c’est bien l’initiative de Chypre: « Cette idée nous vient de Bosnie, nous l’avons appliquée avec succès ici et elle est appliquable en Corée où il existe une zone tampon« . Souligne Nicolas Jarraud. 
Retrouver le reportage ici
Restons ZEN et POSITIF!
Philippe F. NAI
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