September 7, 6:18 pm

Agriculture (3)
Biodiversité (6)
Consommation (3)
Culture (13)
Eclairage (12)
Energie (2)
Humanitaire (3)
Live (6)
Non classé (3)
Portrait (3)
Recyclage (3)
Sciences (9)
Société (4)
Tourisme (1)

WP Cumulus Flash tag cloud by Roy Tanck and Luke Morton requires Flash Player 9 or better.

Archive pour la catégorie ‘Consommation’

Consommation : Think Different ?

« Steve Jobs qui assurait le lancement a aussi insisté sur l’éco-conception de l’iPad. De nombreuses substances chimiques toxiques – arsenic, BFR, mercure, PVC – n’ont pas été utilisées. La machine consommerait peu d’énergie grâce à son écran OLED et elle serait hautement recyclable grâce à sa coque en alu (unibody) et son écran en verre.

Cependant, comme pour l’iPhone et certains modèles de Macbook, Apple oublie de préciser que pour atteindre une finesse de 1,3 cms d’épaisseur, la tablette utilise une batterie… soudée. Oui, vous lisez bien : soudée. Lorsque la batterie sera morte, vous pourrez donc jeter votre tablette. En, matière d’éco-conception, on a déjà vu mieux… mais pas tellement pire. »

Think Different ?

Tel est l’article intitulé « Apple se moque de nous » paru sur GreenIt et rédigé par Frédéric Bordage. Un article qui donne à réfléchir sur bien des aspects. Je n’ai pas d’intérêt particulier pour l’Ipad. Il sera seulement mon port d’attache à une réflexion au long-cours.

« Apple se moque de vous »

Se ballader avec cette appareil serait vu comment en 2010?

Pas plus que n’importe quel fabriquant d’électronique aurais-je tendance à penser. Notre système est tel que le profit est lié à la production. Production de biens, de services et d’informations, quelle qu’en soit la qualité où la pertinence d’ailleurs. Or produire c’est polluer. Maintenant quelle production est indispensable, c’est une autre question qui se pose mais qui est rarement posée. Bref, Apple doit faire du chiffre d’affaire d’une manière ou d’une autre : vente de ses terminaux, vente de services associés. C’est de ces ventes que cette entreprise automaintient son activité et assure son développement.

Ecolo/pas Ecolo

La question d’éco-conception ne doit pas faire oublier l’impact environnementale globale du produit, que ce soit à travers sa fabrication ou son fonctionnement. Dans tous les cas, l’engagement environnementale d’un constructeur doit être de garantir un fonctionnement « propre » de son produit le plus longtemps possible.

L’utilisation de tablette tactile va t’elle permettre de réduire la consommation de papier ? Rien n’est impossible, l’avènement du mp3 n’a t’il pas conduit à l’obsolescence des supports matériels? Seule une analyse des cycles de vie approfondie peut nous apporter des réponses intéressantes notamment en terme de bilan carbone.

Or l’Ipad est à peine sorti que certains voient dans la batterie non-amovible un rempart à une utilisation au long cours. Plutôt que de spéculer quant à savoir si l’Ipad est apte à être un produit écologique, ne serait-il pas intéressant de compter le nombre d’Ipod première génération sortie en 2001 encore utilisé aujourd’hui?

Un article de la Croix s'intitule IPad, iPhone, iPod : des objets nommés désir.

Quand le marketing porte ses fruits

Une assertion telle que  “Apple se moque de vous”  pose cependant une autre question : Est ce qu’au fond, nous ne nous moquons pas de nous même? Tous les ans continueront à sortir de nouveaux modèles, toujours un peu plus performant (juste ce qu’il faut). Le culte de la consommation est tel que sur Youtube, des rubriques appelées « unboxing » ont fait leur apparition depuis quelques années : sortir un produit tout neuf de sa boîte toute neuve est un évènement à immortaliser. Parallèlement, on retrouve des emballages vides dans les poubelles au sortir des Fnac. Plus que jamais consommer est devenu synonyme de plaisir instantané : on n’achète plus, on s’offre.

Les journalistes, caisses de résonnances du monde, cèdent à la tentation devant la pomme et s’excitent une semaine avant la sortie de l’Ipad : « Sept jours au cours desquels ils auraient dû cesser de se comporter comme des gamins qui n’arrivent pas à se concentrer sur leur cours de maths parce qu’ils savent que les vacances de Noël commencent dans une semaine. » (Washington Post)

Ici la vidéo de publicité de l’Ipad, là encore je ne souhaite pas faire de la publicité pour le produit et cela m’indiffère qu’il soit bon ou mauvais. Je reste cependant scotché par des phrases comme « Quand un phénomène dépasse à ce point notre entendement, il devient magique. Et c’est exactement ce qu’est l’iPad. » Ça et la manière dont, toute pupille dillatée, les concepteurs font l’éloge du produit avec un air dont on pourrait croire qu’ils viennent de voir Dieu en personne.

Sex Apple : la partie émergée de l’iceberg

Les lignes du métro parisien sont de « magnifiques » gradients quand il s’agit de classe sociale, cependant le téléphone portable n’en est pas un bon indicateur. Il est quasiment socialement primordiale d’avoir un téléphone dernier cri. En fonction de ce qui sort de nos poches, on est le roi du monde ou personne. Nos enfants grandissent dans ces atmosphères, cela commence dans les cours d’école.

Relation durable?

Pendant ce temps, le Worldwatch Institute dresse un sombre tableau pour l’avenir dans son rapport annuel intitulé “L’état du monde en 2010”.

« Le document, qui a été analysé par The Daily Telegraph, souligne que les efforts qui pourraient être faits par les différents gouvernements dans la lutte contre le changement climatique pourraient tout simplement être réduits à néant par le comportement des consommateurs – c’est-à-dire par la surconsommation, qui constitue le moteur de la croissance des sociétés industrialisées. »

Think Different…

Le but d’une entreprise est de faire briller nos yeux devant chacun de ses produits. C’est comme ça que se mesure son succès. Mais les yeux qui brillent sont-ils ceux qui voient le mieux? L’amour est aveugle et la passion n’est peut être pas le trait d’union des relations durables. Dans tous les cas, il en revient au consommateur de faire en sorte qu’un produit soit écolo ou pas. Est ce qu’il n’est pas là, finalement, le changement de mentalité à adopter?

Philippe F. NAI

  • Share/Bookmark

Gaspillage de fruits et légumes : confession d'un assassin maraîcher

Richard, 27 ans, travaille depuis deux ans dans un magasin de fruits et légumes de 1000 m² avec poissonnerie et rayon crèmerie. Son métier est simple : mettre en rayon les légumes et s’adonner à un peu de chirurgie esthétique : couper, décortiquer, éplucher, amputer et, au pire, jeter. Surtout jeter… Voici une interview de cet homme, constat alarmiste sur le monde de la distribution, qui est loin de rayonner une conscience écologique.

Richard, 27 years old has been working for 2 years in a 1000 square meters fruit store in the suburb of Paris (France), this store also provides fish and dairy products. His job is simple : putting out and do some plastic surgery on the vegetables : each one of them is nipped, peeled, cut and if it does not meet the aesthetic requirement, thrown which happens more than people think. Here is an interview revealing some dreadful side of the food distribution circuit, which is far from ecological.

Même les patates ne sont pas à l'abri du délit de faciès

Qu’est-ce qui vous agace le plus dans votre métier ?

Who annoys you most in your profession?

Many things. But what what I notice every day, it is the way people look for the  » top models  » of vegetables. They choose the most beautiful vegetables, which is normal as we give them the choice (…) But in the end, the vegetables which do not correspond to the market standards of beauty are eliminated, just like in a beauty contest. You can come and see for yourself, you will see no deformed fennel, no left alone bananas, no carrots with scars …

Oh beaucoup de choses. Mais ce qui revient souvent, et que je constate tous les jours, c’est la façon dont les gens recherchent les « top modèles » des légumes. Ils choisissent les plus beaux légumes, ce qui est normal, on leur donne le choix (…) Mais au final, les légumes qui ne correspondent pas aux standards de beauté maraîchers sont évincés. Venez dans mon lieu de travail, vous ne verrez aucun fenouil difforme, aucune banane seule, aucune carotte amputée …

Pourquoi ne pas tenter de faire changer les mentalités ?

Why not try to make change the mentalities?

It is not so simple. If our section are not beautiful enough, the customers will not hesitate to go to see elsewhere. When people acquired something, they can’t go back anymore. The main problem it that supermarkets accustoms us to choose visually perfect products . They don’t hesitate to buy food too big quantity, much more than the request. So that the cost price per kilo is cheaper which allows them to lower their price ; without thinking of the waste which will be more important. Profit first! Money rules the world.

Ce n’est pas si simple. Si nos étalages et nos légumes sont moins beaux, les clients n’hésiteront pas à aller voir ailleurs.  Une fois que les gens ont acquis quelque chose, ils ne peuvent plus revenir en arrière. Le principal problème c’est que les grandes surfaces nous ont appris à ne choisir que des produits visuellement parfaits.  Ces enseignes n’hésitent pas à acheter de la marchandise en trop grande quantité, bien plus que la demande. Ainsi, le prix d’achat au kilo leur revient moins cher ce qui leur permet d’abaisser le prix de vente ; sans penser aux déchets qui seront plus importants. Le profit avant tout ! C’est comme ça partout.

Quotidiennement, à combien évaluez-vous vos pertes ?

How much you estimate your losses daily?

I shall say that at least 10 % of what we buy goes to the garbage can. And on these 10 %, ¾ are perfectly edible, even saleable i would say. But who would like to buy them? My boss sometimes ask me to put only the new load, because it is more beautiful, without any traces of oxidation. I happen to throw away kilos of turnips which people would not hesitate to buy, but my boss doesn’t care (…) An cut carrot is thrown away because nobody would buy it, same thing for the oxidized cultivated mushrooms , lettuces that are too small, the endives put on the display the very morning but leaves of which turned green because the light …

En pourcentage, je dirai qu’au moins 10% de ce que l’on achète se retrouve à la poubelle. Et sur ces 10%, les ¾ sont parfaitement comestibles, voir même vendables. Mais qui voudrait les acheter ? On me demande parfois de ne mettre que le nouvel arrivage, car il est plus beau, sans marque d’oxydation. Il m’est déjà arrivé de jeter plusieurs kilos de navets que les gens n’hésiteraient pas à acheter, mais mon patron s’en fout royalement. (…) Une carotte qui n’est pas entière va se retrouver à la poubelle car personne ne la prendra, pareille pour les champignons de Paris un peu oxydés, les salades trop petites, les endives mis sur l’étalage le matin même mais dont les feuilles ont verdi par la lumière…

Profession : mannequin légume

We cut the base of  some vegetables (lettuce, celery, chard) to make them perfect, but it reduces their size. For  fennel for example, the first layer is systematically removed. At first it made me sick to throw all this food, but I get accustomed. We throw several garbage can per day, sometimes filled with yogurts, cheeses and other fresh products that will be past their use-by date the day after. This represents several hundred pounds per day that we throws, but management does not care, as the store earns money because we bought the surplus to lower prices.

On coupe la base de certains légumes (salade, céleri, blette …) pour les rendre parfait, mais ça réduit leur taille (perte de feuilles), même chose pour le fenouil où la première couche est systématiquement enlevée. Ca fait mal au cœur de jeter toute cette nourriture, mais on finit par s’y habituer. Nous jetons plusieurs poubelles par jour, parfois remplis de yogourts, fromages et autres produits frais qui seront périmés le lendemain. Cela représente plusieurs centaines de kilos par jour que l’on jette ; mais la direction ne s’en préoccupe pas, le magasin reste gagnant car il a acheté ce surplus pour baisser les prix.

Vous ne pouvez pas donner une partie de vos pertes à des associations caritatives ?

Why not donate some of your losses to charity?
That’s what we did in the past. The Red Cross came once a week and took all it could. But now nobody comes, I do not know why. Sometimes we make bags of « disgraced » vegetables 2 to 3 times cheaper than those on display, but not often, we must deal with the display in priority. We used to sell packs of vegetables and fruit at a very low price (cheaper than the purchase price) but it is forbidden to sell at a loss. It is best to discard rather than to please customers. This is so unfortunate.

C’est ce que l’on faisait il y a peu. La croix rouge passait une fois par semaine et prenait tout ce qu’elle pouvait. Mais plus personne ne vient, je ne sais pas pourquoi. Parfois on fait des sacs de légumes abîmés 2 à 3 fois moins cher que ceux sur l’étalage, mais on ne le fait pas souvent, il faut avant tout soigner les rayons. Avant, nous faisions des lots de légumes et fruits mélangés à un prix très faible (moins cher que le prix d’achat de départ) mais il n’est plus possible de le faire, car il est interdit de vendre à perte. Il est préférable de jeter plutôt que de faire plaisir aux clients. C’est regrettable.

Participez-vous au recyclage ?

Are you involved in recycling?

Until recently, all the waste (cardboard, wood crates, pallets) are redirected to a recycling center in Rungis. But the store just received the bill for this year (2009) : 15 000 euros. From what I have heard, recycling was free, but now we have to pay tax. So what the boss decide is to  gives all the crates to customers so that they use it for the fireplace or to make barbecues. Because of this tax, we avoid recycling as much as possible to maximize the profit, it is true that 15 000 for a store in a turnover of several million per year is something.

Il y a peu, tous les déchets (carton, cagettes de bois, palettes) étaient redirigés dans un centre de recyclage à Rungis. Mais le magasin vient de recevoir la facture pour l’année 2009 : 15 000 euros. D’après ce qu’on m’a dit, ces déchets recyclés ne coutaient rien avant, mais maintenant on doit payer une taxe dessus. Que décide le patron ? On donne toutes les cagettes aux clients, qui eux ne vont pas les recycler mais s’en servir pour la cheminée ou le barbecue. A cause de cette taxe, nous évitons au maximum le recyclage, le patron préférant réduire les frais au minimum ; il est vrai que 15 000 euros pour un magasin faisant un chiffre d’affaire de plusieurs millions par an n’est pas une bagatelle.

Une dernière chose à ajouter ?

Something you wish to add ?

Yes, people should learn to eat differently, not relying simply on the shape and cleanliness of vegetables for example. But what do you want? We are all hypocrites. For most of us, an ecological disaster alerts us, makes us aware that we must act, but when it affects us personally, when we must question our habits, everything stands still. We’d rather to give money to an association, or simply discuss about it to feel better about ourselves.

Finally, the best we can do is to educate our children not to do what Mom and Dad do. And a little advice : go at the end of the market, there are often fruits and vegetables to recover. One of my friends do this, and it is not about money.

Il faudrait réapprendre aux gens à consommer autrement, à ne pas se fier simplement à la forme et la propreté du légume par exemple. Mais que voulez-vous ? Nous sommes tous hypocrites. Pour la plupart d’entre nous, un désastre écologique nous alerte, nous fait prendre conscience qu’il faut agir ; mais dès que ça nous touche personnellement, dès que l’on doit se remette en question, changer nos habitudes, c’est là que ça n’avance plus. On préfère donner de l’argent à une association, ou simplement en parler pour se donner bonne conscience et penser que l’on a fait un bon geste.

Pour finir, le mieux que l’on puisse faire, c’est éduquer nos enfants à ne pas faire ce que papa et maman font. Et un petit conseil : allez traîner à la fin des marchés, il y a souvent des légumes et des fruits à récupérer. Un de mes amis le fait, et ce n’est pas pour une question d’argent.

Propos recueillis par Emilien Sage-Vallier.

  • Share/Bookmark

L'Anvers du Diamant

La première forme de surexploitation de la planète est l’exploitation humaine

Complément d’enquête sur ce sujet délicat aux multiples facettes

Le processus Kimberley est un régime de certification des diamants bruts. Il vise à empêcher le commerce illégal des diamants en échange d’armes. La mise en place d’un tel processus, est ambitieuse car internationale (Aujourd’hui 71 pays sont signataires) et  beaucoup de choses restent à peaufiner. Notamment le fait qu’il repose sur une législation propre à chaque pays est problématique. Mais selon Philippe Hensmans, président d’Amnesty International Belgique, la difficulté d’appliquer le processus Kimberley tient surtout du fait qu’il vient réguler un commerce qui a sa part d’ombre.

Schéma du développement durable : Un développement durable nécessite que les cahiers des charges écologiques, économiques et sociales soient tous trois remplis.

La réelle faiblesse de ce processus n’est pas que le diamant passe entre les mains d’une série d’intermédiaires mais que la traçabilité ne concerne que le diamant brut : on a une absence de traçabilité une fois le diamant taillé.

J’ai été frappé par les lots de diamants taillés qui étaient stockés dans de simples enveloppes ou boîtes en plastiques. Dès lors que j’avais tout cela sous les yeux je ne pouvais m’empêcher de me demander : comment est il possible de certifier un diamant spécifiquement?

Comment suivre un diamant taillé qui voyage avec 100 autres?

Des procédés de marquage sur la surface du diamant ont été mis au point mais il suffit au trafficant de repolir celui ci pour effacer toute marque. Les procédés d’analyse d’un diamant visant à le différencier d’un autre sont effectués par des laboratoires spécialisés et Eddy Elzas nous a bien expliqué que cette « identification » d’un diamant par ses caractéristiques est à prendre avec des pincettes : les résultats selon UNE batterie de test peuvent être différents selon une autre méthodologie, un autre laboratoire.

Hors cam : une chose. Le certificat Kimberley est falsifiable comme tous les certificats : on peut en avoir en une heure de temps, nous a t’on dit. Mais c’est un autre problème.

Delà à dire que le processus Kimberley est inutile serait une absurdité. Il a contribué à la promotion de la paix en Sierra Leone, en République démocratique du Congo et en Angola. Il a privé les criminels et les groupes non étatiques armés des capitaux nécessaires pour financer leurs campagnes de violence.

En bout de chaîne, comment faire? Eddy Elzas nous a expliqué qu’il fallait que l’acheteur soit responsable, qu’il demande la fiche d’identification du diamant (comme une carte d’identité du diamant, avec ses caractéristiques physiques) et son certificat Kimberley. « Un bon joaillier doit pouvoir vous le fournir, c’est une preuve de sérieux » nous a t’il dit.

Le processus Kimberley représente une grande avancée dans la lutte contre l’exploitation humaine à des fins de conflits armés. C’est ce qu’il faut retenir. En tous les cas, avoir eu l’opportunité de traiter ce sujet fut un véritable défi, en parler à la télévision une victoire en soit : c’était le but et il a été atteint.diamond

Car la première forme d’exploitation non durable est l’exploitation humaine.

Philippe F. NAI

Lire la suite de cette entrée »

  • Share/Bookmark