Archive pour la catégorie ‘Culture’

Une première oeuvre – Myriades

En 2016, on m’a proposé de réaliser une oeuvre pour l’anniversaire de la maison des étudiants du Canada pour une exposition avec d’autres artistes. Le thème : « D’une terre à l’autre » m’a inspiré car j’avais des choses à dire. J’ai collaboré avec Antoine Bechara, un artiste plasticien aguéri et de nos dialogues en est sorti ce tableau magnétique intitulé « Myriades ». Ci dessous l’explication de notre démarche.

Nous vivons une période trouble où au quotidien et de manière ordinaire, il n’y a de cesse d’opposer les hommes et les femmes, les riches et les pauvres, les « jeunes » et les « vieux ». De les opposer facilement selon leur couleur de peau, leur religion, leur préférences, leur idées. Cela me blesse, cette opposition simpliste qui « court-circuite » le dialogue.

Alors que la diversité des destins, les drames qui bouleversent et créent la richesse humaine, la synergie universelle des cultures, je les vis tous les jours : c’est ce Cœur qui bat, en moi.

MYRIADES est la vision d’une terre promise, une nation de talents où chacun peut s’épanouir et nourrir l’édifice commun de sa générosité, de sa croyance absolue envers le bien être collectif et en fin de compte de ses rêves. C’est un Canada transcendé que l’on espère pour soi et encore plus pour ses enfants.

Cette pièce c’est l’envie de vivre ce rêve.

On pourrait alors croire que cet objet d’art, hymne à la diversité convergente, est consensuelle. Il n’en est rien, c’est une oeuvre de combat pacifiste : ardente par ses couleurs, fière par ses figures et franche par son regard. La diversité des tailles illustre le non calibrage et la liberté. La mobilité des différentes pièces exprime le caractère inachevé et fragile de ce combat continu. Elles sont aussi interchangeables car les grandes personnalités canadiennes :

Michael J Fox, acteur
James Cameron, réalisateur
Graham Bell, inventeur
David Suzuki, généticien écologiste Nellie McClung, féministe
Tommy Douglas, fondateur du système de santé canadien
Pierre Trudeau, 15e Premier ministre du Canada
Neil Young, artiste
Shania Twain, artiste<
Lester B. Pearson, prix Nobel de la Paix
Sir Frederick Banting, prix Nobel de physiologie

ne valent pas plus que les nombreux anonymes dont ils sont au départ issus. Autant en emporte le vent, tous comme des feuilles d’érable, ils constellent une bannière vivante de destins fantastiques.

PF NAI

Interview de Sanele Dhlomo – Le Zimbabwe, le climat, ma vie en France

Nous rencontrons Sanele Dhlomo à l’exposition culturelle dans le cadre de la semaine africaine à l’Unesco. Il nous parle du Zimbabwe, de l’impact des changements climatiques sur la vie des gens et les différences culturelles vécues depuis qu’il travaille en France.
Ca vous a plu? Dites le nous 🙂
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Mon pays le Zimbabwé et ma vie en France… par Porteursdelanternes

Enquête Logiciel libre : Un modèle d’émancipation

Par Philippe NAI

Au coeur de la recherche

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Un logiciel libre est un logiciel dont l’utilisation, l’étude, la modification et la duplication en vue de sa diffusion sont permises, techniquement et légalement.

La communauté informatique lutte activement contre la privatisation du savoir et des connaissances. Pour les passionnés d’informatique, professionnels ou amateurs, le logiciel «propriétaire» est une véritable hérésie. La recherche et notamment l’amélioration des logiciels se nourrissent de la réflexion collective et de la mutualisation des connaissances.

Firefox, Thunderbird, Open Office, VLC, Gimp, Audacity, 7-zip autant de logiciels libres aujourd’hui largement utilisés. Considéré encore récemment comme le « cancer » de l’informatique par Steve Balmer, ex vice-président de Microsoft, le monde du logiciel libre est désormais investi par des géants comme Google ou des constructeurs comme HP ou Nvidia qui financent l’intégration de leurs produits dans un environnement « libre ». Mieux, en 2005, l’Unesco a reconnu le projet GNU comme « Trésor du monde » . Le logiciel libre est né et a grandi dans le monde de la recherche. A l’époque, pour de nombreux chercheurs, le partage de leur outil de recherche était non seulement naturel mais surtout nécessaire à son amélioration. Une démarche d’autant plus naturelle qu’un logiciel n’est rien d’autre qu’une série de formules mathématiques et que personne ne pensait alors à la possibilité de breveter les mathématiques.

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Firefox a connu un succès croissant depuis sa sortie, dépassant 1,2 milliard de téléchargements en janvier 2010.

La privatisation du logiciel

Dans les années 80, l’avènement de l’ordinateur personnel et la baisse progressive de son coût font naître un marché pour les logiciels, un marché qu’il fallait protéger. Dès lors, les brevets existants sur les machines vont servir de passerelles pour les brevets sur les logiciels. Un phénomène qui, pour beaucoup et notamment Richard Stallman, est devenu une entrave intolérable à la production de savoir. Professeurs au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Richard Stallman et ses collègues s’aperçoivent alors que le partage d’information entre informaticiens est de plus en plus interdit. En 1989, ils participent à la création de la licence GPL dont le but est de « libérer » le logiciel de contraintes commerciales. « En France les brevets ne s’appliquent pas aux logiciels et relèvent du droit d’auteur, précise Jean-Christophe Becquet, vice-président de l’April (Association pour la promotion et la recherche en informatique libre). L’idée du logiciel libre est de s’appuyer sur le droit d’auteur qui confère à l’auteur un droit d’interdire ou d’autoriser son œuvre. Distribuer un logiciel sous licence libre, c’est offrir la liberté pour les utilisateurs d’exécuter, d’étudier, de modifier, d’améliorer et de diffuser ce logiciel et ainsi participer au partage du savoir et de la connaissance. » Pour lui, les brevets freinent l’innovation : « un chercheur ne peut exercer son activité qu’en se basant sur les idées et les travaux de ses prédécesseurs. La recherche est un processus qui fonctionne par incrément successif. On prend l’idée du prédécesseur, on la critique et on l’améliore. Si les idées sont verrouillées par des brevets, on bride la recherche ». De ce fait, certains, comme Hervé Le Crosnier, maître de conférence à l’Université de Caen et membre de l’association Vecam, craignent « la mort de la liberté de programmer. Je ne pourrais plus utiliser les découvertes mathématiques qui ont été brevetées ».

Une utopie pragmatique

connu aussi sous les initiales rms, est un programmeur et militant du logiciel libre. Il est à l’origine du projet GNU et de la licence publique générale GNU connue aussi sous l’acronyme GPL, qu’il a rédigée avec l’avocat Eben Moglen. Il a popularisé le terme anglais copyleft.

Richard Stallman connu aussi sous les initiales rms, est un programmeur et militant du logiciel libre. Il est à l’origine du projet GNU et de la licence publique générale GNU connue aussi sous l’acronyme GPL, qu’il a rédigée avec l’avocat Eben Moglen. Il a popularisé le terme anglais copyleft.

Les logiciels sont des assemblages d’idées, des assemblages de fonctions. « Dans un logiciel de traitement de texte, on met en gras, on souligne. Tout cela concourt à formater le texte. Si une fonction est brevetée, on ne peut pas l’utiliser sans autorisation du détenteur du brevet. Il faut le trouver et négocier, poursuit Jean-Christophe Becquet. Il arrive aussi qu’on puisse être poursuivi pour contrefaçon si on a eu la même idée mais a posteriori ! Aujourd’hui, le monde de l’informatique est tellement complexe qu’il devient impossible de vérifier si ce que l’on utilise est protégé par un brevet ou non. » Et de rappeler qu’avec les brevets, il n’y a pas de possibilité de maîtrise citoyenne de la science. L’enjeu est immense, tant l’informatique est partout aujourd’hui. Selon Hervé Le Crosnier, le monde du libre est devenu un modèle d’émancipation : « En terme de projet social, il crée une utopie pragmatique. Un grand mouvement de lutte contre une forme d’enclosure et d’accaparement du savoir informatique est en train de se construire ici et maintenant ». En effet le mouvement du libre associe une grande variété d’acteurs. Graphistes, traducteurs, pédagogues, utilisateurs, développeurs informatiques, le logiciel libre est la somme des participations de ces diverses communautés. La gratuité permet à ces différents profils d’utilisateurs, ces différentes compétences, d’oublier leurs divergences et de travailler de manière collaborative. Pour Bernard Lang, directeur de recherche à l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria) et cofondateur de l’Association francophone des utilisateurs de logiciels libres (Aful), le logiciel libre est aussi un moyen de redonner une place aux amateurs: « Il y a une sous-estimation de ce que peuvent apporter les passionnés, les amateurs. La science a fonctionné pendant des siècles grâce à des amateurs avertis. Aujourd’hui, le mouvement du logiciel libre est en train de ramener les amateurs sur le devant de la scène, c’est fantastique ! » Vivantes et créatives, les initiatives collaboratives, où professionnels et amateurs travaillent main dans la main, se multiplient. Le logiciel libre a inspiré le contrat Creative Commons destiné à faciliter l’utilisation d’œuvres (textes, photos, musique, sites web) ainsi que leur création. Dans le domaine de l’éducation, le projet de l’association Sésamath utilise une licence libre – la même que pour Wikipedia – pour diffuser sur Internet et en librairies des manuels scolaires de mathématiques que les enseignants peuvent adapter à leurs besoins.

Au Sud, du nouveau ?

L'Assemblée de l'Amérique centrale Free Software 2012 travail sur différents sujets liés à la philosophie du logiciel libre, la diffusion libre et gratuite du savoir en général. C'est un espace d'articulation, de coordination et d'échange d'idées. http://softwarelibre.ucr.ac.cr/

L’Assemblée de l’Amérique centrale Free Software 2012 travail sur différents sujets liés à la philosophie du logiciel libre, la diffusion libre et gratuite du savoir en général. C’est un espace d’articulation, de coordination et d’échange d’idées.
http://softwarelibre.ucr.ac.cr/

La philosophie du logiciel libre est fondée sur la mutualisation des savoirs, un principe en complète harmonie avec la culture du partage, traditionnelle dans nombre de pays du Sud. Pourtant, selon Patrick Sinz, membre de l’Aful et président d’honneur de l’association bolivienne Software y Cultura Libre, ces pays souffrent de nombreux handicaps pour profiter et participer pleinement à la communauté du libre. « Les gouvernements et les opérateurs des pays en voie de développement découragent en pratique l’hébergement local de site, notamment par les coûts importants. Les plateformes de dépôt des logiciels libres sont donc toutes hébergées “à l’étranger”. En outre, l’accès à l’Internet haut débit est limité dans la majorité de ces pays. Peu de gens peuvent donc télécharger les logiciels et participer à leur amélioration. Enfin, en Bolivie comme dans d’autres pays, une bonne partie de la population utilise les cybercafés ». Les usagers n’ont donc aucun choix de logiciel à faire. Et quand bien même, il serait plus simple d’acheter Windows 7 à 2€ que de télécharger Linux. Au Brésil, cependant, les choses changent. « La relative confiance des entreprises brésiliennes dans les compétences locales et une politique assez volontaire du gouvernement Lula ont permis le développement d’une industrie locale de l’informatique, à l’image de Positivo qui distribue des machines grand public sous Linux », précise Patrick Sinz, soulignant aussi le fait que le gouvernement brésilien utilise également très largement des machines Linux dans l’éducation.

Un heureux hasard

Qu’est-ce que la sérendipité ? C’est le fait de réaliser une découverte au hasard d’une réflexion, une réflexion stimulée par la créativité née du savoir et de l’intelligence collective. Pour Bernard Lang, la sérendipité est un composant essentiel de la recherche : « Le collisionneur de hadrons, un accélérateur de particules récemment inauguré au CERN, passe son temps à provoquer des collisions entre les particules, pour que, de temps en temps, par le plus grand des hasards, il se produise quelque chose de nouveau, un événement qui permette d’en connaître un peu plus sur la matière. L’idée du logiciel libre est un peu similaire. En multipliant les accès à un logiciel, les chances pour que ce dernier passe entre les mains d’un programmeur qui aura une idée lumineuse sont multipliées. Plus on favorise les rencontres plus on a de chances d’aboutir à un heureux hasard.»

Paru dans le hors série d’Altermondes « Sciences et démocratie », vous pouvez vous abonnez ici

PROLONGER : Le danger des brevets logiciels par Richard Stallman

L’Homme qui plantait des arbres – Jean Giono – 1953

Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable.

Il y a environ une quarantaine d’années, je faisais une longue course à pied, sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence. Lire la suite de cette entrée »

Le cercle des passeurs de livre

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Credit photo : Olivier thereau

On parle souvent de partage sur ce site. Aujourd’hui je vous propose de passer à l’action. L’initiative que j’aimerais vous présenter aujourd’hui s’inscrit une fois de plus dans la volonté de présenter quelque chose de différent. Il s’agit de passe-livre.

Pitch

passe-livre

PASSE-LIVRE : QU’EST-CE QUE C’EST ?

ABANDONNER dans un lieu donné un livre qu’on a aimé en attendant qu’un autre l’emporte et le lise, puis le transmette à son tour de la même manière, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’ouvrage tombe en poussière : tel est le principe du « passe-livre ».

C’est un jeu au quel les lecteurs peuvent jouer avec les livres. Il a été inventé en Amérique par Ron Hornbaker sous le nom de bookcrossing et on estime qu’il y a chaque jour 500 nouveaux lecteurs qui commencent à le pratiquer, dans le monde. Presque 200.000 joueurs par an !
C’est pour cela que l’on trouve de plus en plus de livres dans des endroits étranges qui sont des totems pour le passeur de livre : sur le siège d’un autobus, sur un banc public, sur la table d’un bar, un congelateur de grande surface…

Chaque ouvrage qui porte l’étiquette du passe-livre est déposé en un lieu signalé sur ce site Internet. Cet endroit est parfois choisi en relation avec le titre ou l’intrigue.

Attention !

Ce ne sont pas des livres abandonnés ou perdus. Ce sont des livres “libérés”.
Le nom Passe-Livre. Le cercle invisible des lecteurs a été inventé par la librairie Leggere per, qui a apporté de nouvelles idées à l’idée originale du jeu.

A vous de jouer !