Archive pour la catégorie ‘Culture’
Les Enfants d’Icare
« Désormais, les hauts faits des siècles enfuis étaient réduis à néant »
Photo prise du documentaire planète Earth de la BBC
Ecrit en 1954 par Arthur C. Clarke, le livre conte l’arrivée d’extra-terrestres à l’aube de la guerre froide. Leur venue coïncide avec le début de l’ère nucléaire et du cul-de-sac dans lequel la race humaine s’enfonce irrémédiablement.
Les extra-terrestres appelés suzerains imposent par leur technologie bien plus avancée que la nôtre leur volonté d’éradiquer les maladies, la faim et la misère dans le monde et de stopper la course aux armements. Une nouvelle ère naît : celle d’un monde utopique.

Pleurs pour Icare, 1898 - Herbert James Draper
Le mythe d’Icare
« Dans la mythologie grecque, Icare est le fils de Dédale, architecte et inventeur. Afin de sortir d’un labyrinthe, il construisit à lui et son fils deux paires d’ailes qu’il fixa avec de la cire. Avant de prendre leur envol, Dédale recommanda à Icare de ne pas s’élever trop haut au dessus la mer, car, dit-il, en approchant de trop près du soleil, la cire pourrait fondre et les ailes se détacheraient. Mais comme tant d’histoires nous le montrent, la jeunesse ne tient guère compte de ce que disent les aînés. Tous deux s’élevèrent donc, légèrement et sans effort, et quittèrent la Crète ; le ravissement de ce nouveau et merveilleux pouvoir grisa l’adolescent. Il monta de plus en plus haut, refusant d’entendre les appels angoissés de son père. Et ses ailes se détachèrent. Il tomba dans la mer et les eaux se refermèrent sur lui ».
Le mythe de Dédale et Icare aborde de nombreux thèmes et symbolise le désir de l’homme d’aller toujours plus haut et plus loin, au risque de se brûler les ailes. La chute d’Icare est une mise en garde rappelant le châtiment qui menace les hommes qui font preuve de démesure et de témérité.
La science-fiction, genre riche et imaginatif
Une grande œuvre est à mon sens celle qui se permet le luxe de dépasser la vision de l’auteur, celle qui nous fait réfléchir et qui parle de nos préoccupations universelles et personnelles. C’est le cas de nombreux ouvrages de science-fiction et c’est pour cela que j’aime ce genre (littéraire et cinématographique), qui n’a pas de limites dans l’imagination si ce n’est celle de l’auteur et du lecteur/spectateur.
Deux exemples récents d’œuvres cinématographiques l’illustrent en partie. Avatar, qui malgré son genre a réussi l’incroyable : devenir le plus grand succès au cinéma de tous les temps. C’est justement parce que le film traite de sujets universels nous affectant tous qu’il a réussi à transcender le genre pour attirer une foule de spectateurs. Le deuxième exemple est la série Battlestar Galactica qui sous fond de science-fiction parle de sujets de notre temps (avortement, peine de mort …) et apporte un éclairage politique, dramatique, militaire, relationnel, théologique, etc. Je vous invite à jeter un œil sur cette série, remarquablement écrite.

Battlestar galactica
Dans Les enfants d’Icare, Arthur C. Clarke utilise la science-fiction pour critiquer l’impasse dans laquelle l’humanité se trouve alors et anticiper sur notre devenir de la plus belle des façons. C’est une oeuvre forte qui porte des messages intemporels. L’auteur a écrit ce livre sur le devenir d’un monde bipolaire au bord de son existence. La guerre froide n’étant plus d’actualité, pourquoi ne pas transposer cela à nos problèmes du moment, en particulier au déséquilibre environnemental.

Les Enfants d'Icare
Défi écologique où naissance d’un nouvel homme
Dans le livre, les suzerains sauvent l’humanité de l’impasse dans laquelle elle s’était engagée. La question est donc de savoir si nous arriverons à régler nos problèmes actuels. L’espèce humaine dans Les enfants d’Icare doit être éduquée et ramenée sous le point de non-retour pour éviter l’apocalypse. Cette éducation, nous nous la sommes imposées dans la réalité et avons pu fuir l’inévitable c’est à dire la catastrophe nucléaire de la guerre froide. Le défi maintenant est d’arriver à s’éduquer sur la préservation de la Nature.
Le titre ‘les enfants d’Icare’ fait alors référence à nos descendants, sur qui l’espèce humaine laisse continuellement le poids de l’espoir grossir au point de les écraser. Ce sont eux qui devront faire face aux conséquences de nos excès (comme nous devons faire face aux excès de nos ainés), eux qui devront évoluer pour enfin sortir de l’enfance de l’humanité (d’où le titre original Childhood’s End, « la fin de l’enfance »).
Emilien Sage-Vallier
« quelle planète laisserons nous à nous enfants mais aussi quels enfants laisserons nous à la planète ? » – Pierre Rhabi
L’Humanité face à elle-même
Choix économiques, choix de société : quels enjeux démocratique et de gouvernance ?
La triple crise, économique, sociale et environnementale place les démocraties face à une question cruciale. L’enjeu n’est plus de travailler sur des ajustements à la marge d’un système à bout de souffle, incapable de s’autoréguler, pour lequel Edgar Morin en appelle à une métamorphose. La question qui se pose désormais est celle de savoir comment faire accepter -comment faire désirer ? – des changements radicaux, par une population qui a du mal à boucler ses fins de mois, et qui, désarmée face à l’ampleur des enjeux, préfère parfois se réfugier dans le déni.
Comment, dans une démocratie, entrainer les citoyens vers ce qui leur semble être un saut vers l’inconnu ? On le voit bien, c’est au-delà des seuls choix économiques et des modes de production que cela se passe. Les alternatives doivent être présentées clairement. Les options expliquées. Aucun « green new deal », aucun changement de paradigme économique ne sera vraiment possible si les citoyens n’adhèrent pas en masse, en acceptant même la part d’inconnue, même la prise de risque que comporte tout changement radical.
Source : Inspire Institute
La crise d’adolescence de l’Humanité
Une des sources des crises actuelles est peut être la crise de l’identité humaine, conduisant à un manque d’humilité. Une humilité que l’Homme dans les sociétés modernes n’a plus, troquée au mieux contre une morale bien pensante, expliquant une perte d’équilibre au niveau des vies, une perte d’équilibre au niveau de la planète car tout est lié. Or, le problème de la morale, c’est qu’on la fait surtout aux autres.
En fait, la question qui se pose est de savoir si l’Humanité est capable de devenir Adulte. L’adolescence est une période chaotique, de grands changements, on se pose des questions, on se révolte, on se découvre… Jusqu’ici l’Humanité s’est comporté comme un enfant devant un frigo grand ouvert. Ne se souciant ni des autres enfants de la Terre, avec qui elle forme la biodiversité, ni de la planète qu’elle pensait aux ressources inépuisable. Il s’agirait alors de sortir de l’enfance en tant qu’Humanité, sans faire caprice.

Coalition of the willing : La culture open source
Un déséquilibre
Ces crises environnementales, économiques, sociales ne sont que les symptômes d’un malaise, un mal être profond qui s’illustre non seulement à l’échelle planétaire mais aussi à l’échelle de l’individu. Les liens garants de notre bien être n’ont de cesse que d’être rompu par une « verticalisation » des sociétés dans lesquelles les rapports de domination sont exacerbés par la concurrence et la compétition. Il n’y a plus de noir ni de blanc, de gauche ni de droite mais seulement le haut et le bas : sachant que le bas est vraiment près du sol.
Ce n’est pas un saut vers l’inconnu dont on a besoin mais d’un retour à notre nature et cela commence parce accepter par ce qu’elle a de plus obscure. Jamais autant les discours n’ont été aussi éloignés des actes. Nous sommes victimes de nos propres politesses alors que nous n’avons jamais autant eu besoin de respect et d’Amour.
D’ailleurs, tout cela est plus que jamais entretenu par la peur qui réduit les gens à leur plus simple expression. Des êtres qu’on asphyxie en leur faisant croire qu’ils ne sont que ce qu’ils ont et par là même que le paraître prime sur l’être. Emergent alors des gens rassurants, qui ne sont pas toujours les plus attentionnés, par contre ils remportent tous les $uffrages.
Cette société du « comment » nous transforme en techniciens, mais jamais nous sommes invité à prendre du recul et à nous demander : Pourquoi ? Or le pourquoi correspond au déclic du changement de mentalité.
Un défi individuel pour un enjeu collectif
Il ne sera pas possible d’avoir une planète écolo ou verte (du moins, c’est mon avis car ce sont des visions spéciales et restreintes) par contre nous pouvons nous inviter au respect, de l’Autre et de la planète. Cela nous renvoie à ce que l’on a de plus intime, cela renvoie à la nature humaine. Or l’irrespect on le trouve partout : cela commence quand on ignore son voisin. Voilà pourquoi le défi est immense, parce que l’on commence avec soi même, la personne dans le mirroir.
Philippe F. NAI
En illustration Coalition of the Willing, un collectif d’artiste qui cherche à faire évoluer les mentalités via l’art du web.
Consommation : Think Different ?
« Steve Jobs qui assurait le lancement a aussi insisté sur l’éco-conception de l’iPad. De nombreuses substances chimiques toxiques – arsenic, BFR, mercure, PVC – n’ont pas été utilisées. La machine consommerait peu d’énergie grâce à son écran OLED et elle serait hautement recyclable grâce à sa coque en alu (unibody) et son écran en verre.
Cependant, comme pour l’iPhone et certains modèles de Macbook, Apple oublie de préciser que pour atteindre une finesse de 1,3 cms d’épaisseur, la tablette utilise une batterie… soudée. Oui, vous lisez bien : soudée. Lorsque la batterie sera morte, vous pourrez donc jeter votre tablette. En, matière d’éco-conception, on a déjà vu mieux… mais pas tellement pire. »

Think Different ?
Tel est l’article intitulé « Apple se moque de nous » paru sur GreenIt et rédigé par Frédéric Bordage. Un article qui donne à réfléchir sur bien des aspects. Je n’ai pas d’intérêt particulier pour l’Ipad. Il sera seulement mon port d’attache à une réflexion au long-cours.
« Apple se moque de vous »

Se ballader avec cette appareil serait vu comment en 2010?
Pas plus que n’importe quel fabriquant d’électronique aurais-je tendance à penser. Notre système est tel que le profit est lié à la production. Production de biens, de services et d’informations, quelle qu’en soit la qualité où la pertinence d’ailleurs. Or produire c’est polluer. Maintenant quelle production est indispensable, c’est une autre question qui se pose mais qui est rarement posée. Bref, Apple doit faire du chiffre d’affaire d’une manière ou d’une autre : vente de ses terminaux, vente de services associés. C’est de ces ventes que cette entreprise automaintient son activité et assure son développement.
Ecolo/pas Ecolo
La question d’éco-conception ne doit pas faire oublier l’impact environnementale globale du produit, que ce soit à travers sa fabrication ou son fonctionnement. Dans tous les cas, l’engagement environnementale d’un constructeur doit être de garantir un fonctionnement « propre » de son produit le plus longtemps possible.
L’utilisation de tablette tactile va t’elle permettre de réduire la consommation de papier ? Rien n’est impossible, l’avènement du mp3 n’a t’il pas conduit à l’obsolescence des supports matériels? Seule une analyse des cycles de vie approfondie peut nous apporter des réponses intéressantes notamment en terme de bilan carbone.
Or l’Ipad est à peine sorti que certains voient dans la batterie non-amovible un rempart à une utilisation au long cours. Plutôt que de spéculer quant à savoir si l’Ipad est apte à être un produit écologique, ne serait-il pas intéressant de compter le nombre d’Ipod première génération sortie en 2001 encore utilisé aujourd’hui?
Quand le marketing porte ses fruits
Une assertion telle que “Apple se moque de vous” pose cependant une autre question : Est ce qu’au fond, nous ne nous moquons pas de nous même? Tous les ans continueront à sortir de nouveaux modèles, toujours un peu plus performant (juste ce qu’il faut). Le culte de la consommation est tel que sur Youtube, des rubriques appelées « unboxing » ont fait leur apparition depuis quelques années : sortir un produit tout neuf de sa boîte toute neuve est un évènement à immortaliser. Parallèlement, on retrouve des emballages vides dans les poubelles au sortir des Fnac. Plus que jamais consommer est devenu synonyme de plaisir instantané : on n’achète plus, on s’offre.
Les journalistes, caisses de résonnances du monde, cèdent à la tentation devant la pomme et s’excitent une semaine avant la sortie de l’Ipad : « Sept jours au cours desquels ils auraient dû cesser de se comporter comme des gamins qui n’arrivent pas à se concentrer sur leur cours de maths parce qu’ils savent que les vacances de Noël commencent dans une semaine. » (Washington Post)
Ici la vidéo de publicité de l’Ipad, là encore je ne souhaite pas faire de la publicité pour le produit et cela m’indiffère qu’il soit bon ou mauvais. Je reste cependant scotché par des phrases comme « Quand un phénomène dépasse à ce point notre entendement, il devient magique. Et c’est exactement ce qu’est l’iPad. » Ça et la manière dont, toute pupille dillatée, les concepteurs font l’éloge du produit avec un air dont on pourrait croire qu’ils viennent de voir Dieu en personne.
Sex Apple : la partie émergée de l’iceberg
Les lignes du métro parisien sont de « magnifiques » gradients quand il s’agit de classe sociale, cependant le téléphone portable n’en est pas un bon indicateur. Il est quasiment socialement primordiale d’avoir un téléphone dernier cri. En fonction de ce qui sort de nos poches, on est le roi du monde ou personne. Nos enfants grandissent dans ces atmosphères, cela commence dans les cours d’école.
Pendant ce temps, le Worldwatch Institute dresse un sombre tableau pour l’avenir dans son rapport annuel intitulé “L’état du monde en 2010”.
« Le document, qui a été analysé par The Daily Telegraph, souligne que les efforts qui pourraient être faits par les différents gouvernements dans la lutte contre le changement climatique pourraient tout simplement être réduits à néant par le comportement des consommateurs – c’est-à-dire par la surconsommation, qui constitue le moteur de la croissance des sociétés industrialisées. »
Think Different…
Le but d’une entreprise est de faire briller nos yeux devant chacun de ses produits. C’est comme ça que se mesure son succès. Mais les yeux qui brillent sont-ils ceux qui voient le mieux? L’amour est aveugle et la passion n’est peut être pas le trait d’union des relations durables. Dans tous les cas, il en revient au consommateur de faire en sorte qu’un produit soit écolo ou pas. Est ce qu’il n’est pas là, finalement, le changement de mentalité à adopter?
Philippe F. NAI
Modest Mouse – King Pat
Modest Mouse released the highly anticipated music video for “King Rat” directed by Heath Ledger on August 4, 2009. “King Rat” is a track off their new No One’s First, And You’re Next album. Proceeds from the download of the music video on iTunes the first month of its release will be donated to the Sea Shepherd Conservation Society to support their ocean conservation campaigns.
The video, produced by THE MASSES, focuses on the illegal commercial whale hunts taking place off the coast of Australia each year, and has been released with the support and advocacy of Isaac Brock of Modest Mouse.
Sea Shepherd Conservation Society is honored to be connected with this important work and hopes that it brings attention to the illegal slaughter of whales in the Southern Ocean Whale Sanctuary.
Says Captain Paul Watson, “Modest Mouse is bringing an important issue to their fans via this music video and raising awareness about illegal whaling in a provocative and effective manner.”
2010, Année Internationale de la Biodiversité?

L'Arbre de Vie, des oiseaux et des Shadoks
Cette année va voir bourgeonner beaucoup de discours et de définitions. C’est une bonne chose, espérons seulement que ceux qui ont une véritable réflexion mûrie sur la biodiversité vont pouvoir se faire entendre. Espérons que les journalistes et émissaires de l’information sauront sortir des sentiers battus pour aller les trouver.

L'espoir par G. Klimt
Contrairement à Copenhague pour le climat, il va falloir que ces discours et ces définitions arrivent à trouver leur tronc commun pour s’enrichir de leurs nuances.
Quelle valeur accordons nous à la diversité?
A tout ceux qui auront à leur bouche, le mot biodiversité, qu’ils se demandent pourquoi ils en parlent et est-ce qu’ils en parlent de manière à répondre aux attentes du public : « Ça va changer quoi dans ma vie que l’on préserve des espèces? ».
A tout ceux qui tiennent les bourses, qu’ils aient conscience qu’un véritable programme de conservation exigent un financement sur le long terme.
A tout ceux qui ont les mains dans la boue, qu’ils communiquent l’importance de leurs tâches, l’importance de certaines espèces, pas assez photogéniques pour être secourues et médiatisés ou plutôt pas assez médiatisé et donc peu secourues.
Est ce que préserver la biodiversité rime à préserver un zoo géant grandeur nature?
Où est ce plus que ça?
=> Est que ce que préserver la diversité, ce n’est pas préserver, quelque part, notre identité? Après tout, l’identité n’existe t’elle pas que parce qu’il y a de la diversité? J’ai lu quelque part « Biodiversité&Humanité, nos vies sont liées », mais peut être devrions nous changer de point de vue : l’Humanité fait partie de la Biodiversité. Théodore Monod disait : « Nous ne sommes pas les rois des animaux, nous sommes comme les autres animaux, avec des fonctions un peu particulière certes, mais des mammifères comme tous les autres. »
La mondialisation devient l’invasion d’une culture dominante au détriment des autres, notre développement nous conduit à devenir une espèce dominante au détriment des autres. L’Arche de Noé tangue et nous sommes à une période de grands remous : la peur est l’outil de la division or, plus que jamais, nous avons besoin de rassembler. Individualisme, communautarisme, anthropocentrisme sont les ennemis du bien commun : cette culture planétaire qui nous unis tous, un patrimoine riche de diversité que l’on peut transmettre, ou pas.
Car nous avons tous en commun d’être différent, essayons de préserver au moins cela.
Philippe F. NAI
L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono
L’homme qui plantait des arbres
Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable.
ENTRACTE..
L’Homme plantait des arbres -Giono 2nde partie
« Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme – sans moyens techniques – on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. »
Texte original ici
Et si nous plantions des arbres => avec Ecotonoha
« Plantez un arbre, postez un message ! » … pourrait être le slogan d’Ecotonoha.
Le principe est simple : vous choisissez une branche, vous laissez un message, et hop vous venez d’ajouter une feuille à l’arbre. Au delà d’une simple projet collaboratif virtuel, Ecotonoha contribue également à l’environnement pour lutter contre le réchauffement de la planète. Toutes les 100 feuilles postée la société NEC plante un arbre.
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En 2008, NEC a récolté plus de 136 566 messages, et ont planté 1365 eucalyptus à Kangaroo Island, en Australie.
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L'Île de Pâques, un drame écologique? (1e partie)

Ce sujet est intéressant car il soulève des questions fondamentales d’ordre écologique et il pourrait se révéler être un aperçu de ce qui nous attend si nous continuons à exploiter notre planète comme si ses ressources étaient illimitées. De toutes les civilisations disparues, celle des anciens polynésiens de l’île de Pâques reste comme une des plus mystérieuses et isolés.
En tout juste quelques siècles, les habitants de l’Île de Pâques ont :
- détruit leurs forêts
- conduit leurs espèces animales et végétales à l’extinction
- vu leur société complexe et évoluée sombrer dans le chaos et le cannibalisme
Une île mystérieuse

L'ahu Tongariki est un des plus grands ahu, en tout cas le plus grand ahu restauré. 15 moaï sont alignés sur une plateforme qui mesure presque 150m de long et fait 4m de haut
Quand on évoque l’Île de Pâques (aussi connu sous le nom de Rapa Nui), on pense tout de suite à ces grandes statues sombres, vestige d’une glorieuse civilisation passée qui invite à un peu d’histoire…

Rapa Nui avec une surface de seulement 160km², est la parcelle de terre habitable la plus isolé du monde : la première personne que vous trouverez en dehors de cette île est à 4000 km ! Imaginez que vous êtes à Paris et que la première âme qui vive soit au delà de Moscou !
L’île a été redécouverte tout d’abord par un navigateur Néerlandais : Jacob Roggeveen un dimanche de Pâque en 1722. Il l’a donc baptisée Paasch-Eyland (île de Pâque en néerlandais). Rapa Nui est le nom moderne de l’île en tahitien. « nui » veut dire grand et « rapa » est une autre île tahitienne. Cependant Rapa Nui n’est pas le nom originel de l’île. Le nom donné par les autochtones est « Te pito o te henua », autrement dit le nombril du monde à cause de son isolation.
Les premiers colons

Les polynésiens étaient réputés pour être de très bon navigateur capable de "lire" les vagues
Selon une ancienne tradition orale, un vieux roi répondant au nom de Hotu Matu’a à été averti par son Shaman Haou Maka qu’un grand Tsunami menaçait son île. Dans le même rêve, Haou Maka s’est vu révélé l’emplacement de Rapa Nui. Le chef Hotu Matua quitta alors les Marquises et migra avec les siens dans un ou deux grands canoës. Ils apportèrent avec eux poulets, cochons, rats et chiens, bananes, taro, patates douces et cannes à sucre. Il s étaient environ 100 personnes. Aussitôt arrivé, ils commencèrent à couper les grands palmiers pour construire des maisons et des embarcations afin de pouvoir agrémenter leur régime de mets venant de la mer.
Rapa Nui était un paradis, il y régnait un climat doux et ses origines volcaniques en faisait une terre fertile avec de grandes forêts de palmiers. Tout allait bien et ils avaient le temps pour des cérémonies et festins religieux. Leur religion priait aussi bien leurs ancêtres que l’esprit du Dieu Meke Meke. La preuve la plus évidente de leur apogée était ces statues géantes : les Moais…
Des Statues Géantes

Hoa Hakananai'a Moai du British Museum, réclamé par l'île de Pâques
Un Moai représente le mana d’une tribu. Quand il y avait un conflit et que la classe dirigeante était renversée, tous les Moais étaient renversé de même. Il y avait une sorte de compétition pour faire le Moai le plus grand. Le plus grand des Moais faisait 21m de haut. Entre environ 1100 et 1500 après Jésus Christ, furent érigé 900 Moais ce qui a consommé jusqu’à 25% des ressources de l’île.
Une exploitation intensive des ressources de l’île

Les Moais étaient directement taillés dans le basalte
La pierre volcanique de laquelle les Moais étaient extrait n’était pas particulièrement résistante à l’érosion. Aussi la météo et l’air salé du large les font paraître très vieux. Les Moais étaient taillés directement dans la pierre au niveau d’un seul site appelé Rano Raraku avant d’être déplacé pour finition avant dêtre convoyé sur le site approprié 14 km plus loin.
Comment était convoyé ces statues immenses? Il y a eu beaucoup de théories à ce propos mais il semble que les Rapanui (habitants de l’île) construisirent de long rail à partir de bois de construction conduisant aux sites accueillant les cérémonies. Les statues étaient alors placées sur des rondins de bois puis érigé grâce à un système de poulies. Cette logistique a contribué grandement à la déforestation de l’île.
*
Un arrêt soudain
Rapidement après, la construction de statues s’arrêta brusquement. Des centaines de statues non terminées ont été simplement abandonnées dans les carrière avec les instruments qui servaient à sculpter étaient éparpillés tout autour… La majorité des statues étaient encore érigées quand Jacob Roggeveen arrivèrent sur l’île en 1722. Le capitaine Cook lui aussi vît beaucoup de statues quand il accosta en 1774. Mais au milieu du 19e siècle toutes les statues étaient renversées… Pourquoi?
Certaines statues étaient coiffées d'un énorme bloc de tuf volcanique rouge, pesant plusieurs tonnes : le pukao. On suppose que cette coiffe cylindrique représentait le chignon traditionnel pascuan. D'autant plus que les chefs se teignaient souvent les cheveux en rouge...
Philippe F. NAI
Avatar : un film écologique ? => Interprétation
Avatar, sorti en salle le 16 décembre, est une histoire originale créée par James Cameron.
Mûrie pendant plus de 15 ans dans la l’esprit de son concepteur, cette aventure nous plonge dans un nouveau monde, la luxuriante planète Pandora qui va devenir le théâtre d’un conflit opposant ses autochtones Na’vi aux humains. Fermez les yeux, c’est de l’autre côté que ça se passe.
« Malgré sa paralysie, Jake Sully est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l’atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des » pilotes » humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l’ADN humain avec celui des Na’vi, les autochtones de Pandora.
Sous sa forme d’avatar, il devra infiltrer les Na’vis, devenus un obstacle trop conséquent à l’exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsqu’il rencontre Neytiri, une très belle Na’vi. Ce dernier est alors recueilli par son clan, et à travers de nombreuses épreuves et aventures, il va apprendre progressivement à devenir l’un des leurs et finit par trouver sa place parmi eux… »
En terres inconnues…
Un voyage vers l'inconnu
Formidable conteur, James Cameron ne nous propose pas un film mais un voyage dans un univers sauvage qu’il nous fait découvrir à travers des paysages foisonnants, une faune exotique, un peuple et sa culture. Rien que pour nos yeux c’est toute une diversité de couleur, de formes et de lumières qui déferlent sur nos rétines, tout cela au service d’un message simple et universelle : tout est lié. Une des grandes qualités du film est de réussir à toucher cet instinct d’explorateur qui dort au plus profond de nous, un instinct motivé/motorisé par la seule curiosité : découvrir Pandora, rechercher l’émerveillement par soi-même, aller vers une culture, aller vers l’autre ; autant de notions qu’il ne parait pas si inutile d’évoquer.
L’Eveil : «Each person is born a second time»
« On peut dire que la plus grande partie de l’humanité est endormie et que cette façon de vivre qui absorbe l’esprit, les pensées et les sentiments de chaque hommes, pourrait très bien être considéré comme son rêve particulier. » William Law
La découverte de soi : l'Eveil
Le vrai voyage est le voyage spirituel, celui qui fait que l’on revient transformé. Ce voyage n’est possible qu’à travers des échanges et des liens que l’on établi. Et comme le premier pas est difficile à faire seul, on nous tend la main. Mieux, on nous entraine : Neytiri sera notre « hôtesse » tout au long du film. Les Na’vis considérés comme primitifs nous raccordent avec des valeurs d’autant plus essentielles qu’elles sont primitives :
- l’Accueil : Au début de l’histoire Jake est perçu comme un étranger par les autochtones, un « dreamwalker » et pourtant, il est accueilli avec hospitalité. On lui donne une place.
- le Partage : Petit à petit, il est initié aux rites et coutumes des Na’vis ce qui lui permet de se connecter à la nature, sa nature. On le suit alors dans son apprentissage et ses découvertes dont la plus importante est la découverte progressive de lui-même.
- la Raison d’être : le mercenaire devient un guerrier. A travers l’espace et le temps qu’on lui accorde, il trouve son rôle, sa place.
Tant est si bien que Jake Sully, ne sait plus vraiment où est le rêve et où est le virtuel : au fur et à mesure, il ouvre les yeux : on assiste à son Eveil. D’abord passif, il observe, puis apprend, pour finalement agir par lui même.
Un divertissement intelligent
Un blockbuster intelligent
Ce que le film arrive à faire, c’est permettre un retour à l’essentiel. C’est d’ailleurs très bien montré : « les na’vis sont pas en retard sur nous les hommes du progrès. Ils ont suivis un autre chemin qui ne les a pas amené à s’éloigner de leur écosytème originel. » La force du film est de pouvoir justement parler de ces choses à de nombreuses personnes (d’où les critiques : scénario simple et prévisible) et du coup, c’est accessible à tout le monde. Ce n’est pas un film « écolo », mais un film spectaculaire qui parle d’écologie. Pourquoi ? Parce que l’écologie est la science (conscience?) des interactions, des liens qui unissent les êtres vivants entre eux et les êtres vivants avec leur environnement. Dans Avatar, on va même jusqu’à représenter physiquement ce lien : les Na’vis se connectent par « USB » à la faune et à la flore pour constituer un réseau vivant.
J’aime, j’aime pas
J’aime : Une tirade m’a marquée, elle disait que les terriens ne pouvaient comprendre l’importance de la nature car ils l’avaient supprimé de leur environnement. J’ai pu constater que ceci était d’autant plus vrai dans les mégalopoles qui conditionnent leurs habitants à une vie particulière. C’est d’autant plus dangereux qu’elles sont les bases des sphères politico-médiatiques.
Selfridge, le superviseur de la mission sur Pandora dit quelque chose de très intéressant : Il n’est pas sur Pandora pour tout détruire mais pour le minerai, parce qu’il a une valeur économique, et il doit tout mettre en œuvre pour le récolter, « c’est le système qui veut ça », il obéit aux ordres. Au final, on a deux camps qui luttent pour survivre, dont un aux dépends de l’autre : les soldats humains ne sont que des salariés aveugles.
J’aime pas : la fin manichéenne. Le héros quitte un camp pour lutter aux côtés de l’autre, lui qui plus que tout autre est mieux placé pour savoir que le vrai mal n’est pas au niveau des soldats mais des têtes pensantes. Ce sera pour la suite sans doute. De mémoire, un film avait su traiter le thème de la guerre de manière plus subtil : Princesse Mononoke de Hayao Miyazaki.
A méditer
Pandora, une planète sauvage
On pourrait croire que le film n’illustre qu’une addiction à un monde virtuel. Comme dans un jeu vidéo où posséder un alter ego plus libre, plus fort, évoluant dans un monde exotique, riche d’interactions est un abri, une alternative à la réalité. Oui, sauf que, contrairement à un jeu vidéo, l’alternative existe dans notre monde. La nature est là, la biodiversité est là, c’est peut être nous qui nous sommes éloignés de tout ça, pour fabriquer un quotidien de plus en plus virtuel. Si ce film plaît à un si large public c’est peut être que les thèmes tels que l’accueil, le partage et la raison sont universels. Ouvrons les yeux, la beauté existe dans le réel et nous devons la préserver. Et pour finir une citation de James Cameron :
« Et à tous ceux qui souffrent de «l’Avatar blues » en quittant Pandora, je leur conseillerais d’aller faire une ballade en forêt. Réapprenez à aimer la nature que nous avons à portée de la main ».
PS : Les Na’vis sont qualifiés d’indigènes. Or « indigène » est un adjectif qui qualifie une espèce dont l’évolution s’est faite dans le lieu dont on parle. Cependant, cette notion à pris une connotation péjorative. On parle d’indigène pour qualifier des individus non-civilisés. Espérons qu’on saura se souvenir de la première définition pour échapper à la deuxième.
Philippe F. NAI
La route… Bienvenu en enfer
« Comment saurait-on qu’on est le dernier homme sur Terre ? »
La route, film de John Hillcoat sorti le 2 décembre, est une adaptation du livre de Cormac McCarthy (auteur de ‘No Country for old men’), avec Viggo Mortensen dans le rôle principal. L’histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique. Pour les réticents à la science-fiction pure, n’ayez crainte ce n’en ai pas. Bien au contraire !
Lire la suite de cette entrée »
Kyoto Forever : une pièce de théâtre sur le réchauffement climatique

La fièvre verte échauffe les esprits
Une pièce sur le réchauffement climatique
Copenhague pour le prix d’une pièce de théâtre, ça vous tente?
Kyoto Forever est le 2e opus écrit et mis en scène par Frédérique Ferrer dans le cadre de la chronique du réchauffement. C’est aussi le nom donné par des scientifiques au pire des scénarios climatiques avec des objectifs de réduction des gaz à effet de serre étendus à tout le siècle et une élévation des températures à l’échelle de la planète.
S’il est vrai que l’Histoire est faite de répétitions, alors il y a fort à parier que la pièce de Frédérique Ferrer est une fiction rattrapée par la réalité.
Négociations sur les planches

Virgule ou pas virgule, tel est la question !
Pour mettre en scène cette fièvre climatique, la compagnie du Vertical Tour : 8 hommes et femmes. Ce sera assez pour nous donner un aperçu des négociations qui se sont passées dans un sommet alternatif à peine retouché. Ritournelle de politesse entre émissaires de l’humanité, on parlemente autour du texte de la « feuille de route » destiné à baliser une politique internationale de réduction des gaz à effet de serre.
On négocie un mot, une virgule, le but est un consensus sur l’intégralité du texte : mission impossible. Petit à petit , nos pantins diplomatiques se laissent aller à la fatigue, au doute, à l’ironie (avec le réchauffement la Lettonie disposerait de belles stations balnéaires), au « climatoscepticisme », qu’est ce que la vérité scientifique ? Est-elle fondée ?
Un président de négociation qui craque, un petit pays du tiers monde qui donne une leçon aux Etats Unis. Le non-initié pourrait prendre pour fiction ce qui a été bien réel. Chasser l’humain, il revient au galop, « pétage de plomb » nos négociateurs paradent dans un tourbillon vert, un des moments forts de la pièce. Le final est surréaliste à l’image de la situation évoquée, les protagonistes semblent errer tels des émissaires de l’absurde empêtrés sur une piste sans issues. A la fin de la pièce, j’ai l’impression de n’avoir rien raté de Copenhague, malheureusement. Heureusement, cette pièce m’a bien diverti.
Rappel des faits lors du débat qui a suivi la pièce
En 2008, on chiffre à 40% l’élévation de l’émission de gaz à effet de serre (équivalent carbone) par rapport à 1990 (rapport intermédiaire du GIEC). Ce qui veut dire que si on stabilise nos émissions maintenant on aboutira à un réchauffement de plus de 2°C. Aucun corpus scientifique valable pour les écolosceptiques nous dit Philippe Vrain membre du conseil scientifique de la MVE, l’Agence Locale de l’Energie des villes de Montreuil, Vincennes, Bagnolet et Bondy présent à l’occasion d’un débat organisé à l’issu de la pièce.
Un mot sur l’auteur
Géographe de formation, Frédéric Ferrer nous parle d’un sujet qu’il connaît bien. Il réalise ici une pièce pour laquelle il s’est déplacé, documenté et appuyé notamment sur la compétence de Jean-Pierre Tabet, expert chargé du changement climatique à l’Ademe.
Ce spectacle a été créé dans le cadre d’un projet européen autour de l’engagement artistique sur les questions environnementales (Thin Ice 2020). L’écriture de Kyoto Forever a débuté en décembre 2007 au moment de la conférence de l’ONU sur le changement climatique de Bali. Frédéric Ferrer a ensuite bénéficié d’une accréditation du Ministère des Affaires étrangères pour accompagner la délégation française à la conférence de l’ONU de Bonn (juin 2008).
Philippe F. NAI
Extraits du spectacle ici





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