Archive pour la catégorie ‘Humanitaire’
Sénégal 2010- Avant départ
Chapitre zéro : Avant départ

Nous y sommes !
Le voyage le voici :
Les Porteurs de Lanternes
Equipement :
L’équipage :
La route :
Nous partirons de Dakar où nous retrouverons l’association Océanium, une association incontournable de protection de l’environnement au Sénégal. Nous les suivront sur la côte en Casamance pour témoigner d’une vaste opération de reboisement qui a pour objectif la restauration de la mangrove en plantant 100 millions de palétuviers après avoir déjà atteint 36 millions l’an passé. Une initiative qui a eu un impact très positif sur l’écosystème, la biodiversité mais aussi et surtout sur les mentalités.
Handicap Internationale : Ensemble contre les BASM !
26 septembre 2009, journée de mobilisation contre les BASM, les bombes à sous munitions, nouveaux fléaux surpuissants qui ont succédé aux mines anti-personnelles. Je jette un œil à la revue de presse en me demandant comment je vais traiter le sujet. Sur les illustrations, des photos de mines, de démineurs mais surtout, des photos d’enfants, estropiés de partout…
Des bombes et des victimes

Manifestation à la Bastille : pyramide de chaussure 2009
Je me demande alors pourquoi, pourquoi des photos d’enfants? Les adultes sont-ils moins touchés? Je ne pense pas. Quels moyens faut-il trouver pour surprendre nos rétines habituées à toutes les horreurs? Comment faire comprendre au public à quel point il est injuste de construire ces bombes aveugles, ces bombes qui s’abattent comme des essaims à la rancoeur éternelle qui vont « dormir » près d’où dorment les enfants?
Comment peut-on à la construction de ces bombes, imaginer une seule seconde qu’elles puissent ne toucher que les combattants ennemis? Car il est bien là le but : tuer l’autre. Sauf qu’ici, l’autre peut être n’importe qui, n’importe quoi. Aujourd’hui, on nage dans la reconnaissance de la personne : reconnaissance vocale, biométrie mais ces bombes contemporaines sont les plus aveugles et les plus injustes qui existent, s’il tend à exister des bombes « justes »…
Pourquoi emploie-t-on ces bombes alors? On me dit qu’elles ne sont pas chères et redoutablement efficaces, deux adjectifs symptomatiques de la société moderne : 500 victimes par mois, 2/3 de civils, 1/3 d’enfants.
Les BASM : bombes à sous munitions

Comment répandre la mort en 3 étapes
Pour rappel, les bombes à sous-munitions sont composées d’un conteneur (bombe, obus, missile, roquette) renfermant parfois plusieurs centaines de mini-bombes (les sous munitions) larguées par voies aériennes ou tirées par voies terrestre. Le conteneur s’ouvre dans les airs et éjecte les sous munitions qui sont sensées exploser au contact de la cible ou du sol.
Malheureusement, un très grand nombre d’entre elles (5 à 40%) n’explosent pas à l’impact, se transformant de fait en mines interpersonnelles. 32 pays et territoires, comme le Laos, la Bosnie, l’Irak, l’Afghanistan ou le Liban, sont affectés par des sous-munitions non explosées, 98 % des victimes recensées sont des civils. Dans les 9 pays les plus pollués, au moins 440 millions de sous-munitions ont été dispersées.
Elles polluent les territoires bombardés et menacent les populations après la fin des conflits, sur de très larges surfaces pouvant atteindre plusieurs centaines d’hectares. Au moindre contact, elles mutilent, brûlent grièvement ou tuent.
Les victimes ne peuvent pas attendre
Aujourd’hui, l’Handicap Internationale appelle chaque gouvernement à signer le texte du Traité adopté à Dublin, visant à l’interdiction de la fabrication, de l’utilisation et du transfert des bombes à sous-munitions, ainsi que la destruction des stocks existants. Handicap International demande l’adoption d’une politique nationale exemplaire.
Handicap International demande à chaque gouvernement:
- De signer et de ratifier sans délais le traité d’interdiction des BASM.
- d’oeuvrer à ce que les pays non signataires s’engagent à rejoindre le Traité (entre autres les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan et Israël) ;
- De mobiliser les moyens nécessaires pour contribuer à l’assistance aux victimes et à la protection des populations civiles menacées par des sous-munitions non explosées.
Si à ce jour, 104 États dont la France ont signé le traité, seulement 26 pays ont ratifié le Traité d’interdiction des BASM (bombes à sous-munitions) or l’entrée en vigueur du traité d’interdiction des BASM ne pourra survenir que six mois après la 30ème ratification. L’enjeu est de taille : pousser les États signataires du traité à le ratifier et à tenir leurs engagements afin de dépolluer les 32 pays affectés par les sous-munitions et de dégager les moyens nécessaires pour soutenir les victimes qui ne peuvent pas attendre !
Pour signer la pétition c’est ici :
P. NAI
La communauté Emmaüs de Lescar-Pau

Utopie : l’expérimentation du possible pour demain
Montrer un autre visage de l’Ecologie, c’est l’idée qui m’a poussé à faire l’émission. On a beau nous parler d’éoliennes, de panneaux solaires, ce sont les gens qui font avancer les choses.
Montrer un autre visage d’Emmaüs, celui de personnes qui prennent leur destin en main c’est la volonté ferme de Germain Sahry, porte parole et fondateur de la communauté de Lescar Pau qui essaye de concilier le social, l’économie et l’écologie au sein du carnet de route de la communauté Emmaüs Lescar-Pau.
Ainsi, nous allions via ce reportage, pouvoir exposer nos visions autour d’un mot clé, celui d’Alternative…
Manouche, l’âme de la communauté allait être notre guide pour nous faire la visite de tous les ateliers du site. Dépôt où arrivent les objets, atelier de tri, atelier d’éco-construction, espace de mise en vente… Il est parfois difficile d’imaginer que les 130 compagnons puissent chaque jour abattre une telle quantité et une telle diversité de tâches. Ce qui m’a frappé c’est aussi la place accordé à la jeunesse, ainsi nous allions rencontrer dans l’atelier menuiserie, deux jeunes qui se formaient à travailler la matière noble qu’est le bois. Et ils étaient heureux, enthousiastes et épanouis de pouvoir exprimer leur créativité.

Il se passe tellement de choses dans cette communauté qu’on aurait pu trouver 46 angles de reportage différents. Et c’est là à mon sens le génie de Germain : intégrer plusieurs dimensions pour un mode de vie alternatif. Bien sûr, l’environnement est prise en compte avec cette déchetterie qui donne une seconde vie aux objets en finançant les actions de la communauté. Mais cela ne s’arrête pas là, l’écoconstruction qui permet de réduire les charges liées au chauffage par exemple. La communauté prévoit aussi de développer un jardin potager bio afin que les gens comprennent comment on les aliments poussent, comment on se nourrit.
Chaque jour et depuis 60 ans Emmaüs accompli un travail écologique trop souvent ignoré…
Et puis, il y a tout un travail d’accueil : les gens qui arrivent « cassés » à la communauté de Lescar-Pau vont reprendre goût à la vie par le travail qu’on leur confie. Des tâches diverses et variées qui vont permettre la reconstruction de la personne. Celle-ci est intégrée dans une véritable famille où on va l’écouter, lui parler : la reconnecter à la vie. En parlant d’intégration, en arrivant Manouche allait prendre les choses en main : à la cantine chaque membre de notre équipe télé était convié à s’asseoir chacun dans une table différente pour partir à la découverte des compagnons : simple et agréable signé Manouche.

Bien sûr comme dit Stéphane Basset, Germain politise le débat mais cela est à mon sens nécessaire : »L’écologie ne peut se faire que dans une politique de décroissance et non de productivisme qui détruit la nature. Il faut qu’on rééquilibre notre consommation, notre manière de vivre« .
Imaginez vous 400m3 de vêtement recueillis chaque jour? Certains quasi neuf? Qu’est ce qui fait que nous consommons autant? « Faites vous plaisir, acheter ci, acheter ça et vous serez heureux » voit on dans les publicités placardée partout. Réparer est devenu plus cher que d’acheter du neuf. D’ailleurs on ne fabrique plus de produits réparables. Dans l’atelier de réparation de la communauté on répare des téléviseurs à tube cathodique, des magnétoscopes, est ce que ce sera encore possible avec tous ces écrans plasma et lecteurs bluray qu’on nous vend?
« Il faut interpeller la société et non accompagner ses évolutions » nous dit Germain et pour se libérer de cette inertie, Emmaüs Lescar-Pau revendique une indépendance totale : « nous ne recevons aucune subventions » ajoute Manouche. Ainsi, Emmaüs est totalement propriétaire de la déchetterie. De même les compagnons s’engagent à renoncer au RMI. Enfin opinion de Germain que je partage :
« Il y a une nécessité d’être innovateur, provocateur, utopiste mais (…) l’idéal, c’est qu’Emmaüs disparaissent » Ce qui, à mon avis, est loin d’être possible, malheureusement.
Philippe F. NAI
Le site d’Emmaüs Lescar-Pau ici

Pour en savoir plus sur le Métisse : http://www.bricoleurdudimanche.com/page/Dossier-isolants-ecologiques-metisse-emmaus.html
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