September 5, 4:56 am

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Archive pour la catégorie ‘Humanitaire’

Sénégal 2010- Avant départ

Chapitre zéro : Avant départ

Nous y sommes !

Le départ approche et ce qui n’était qu’une idée dans une tête encombrée devient finalement une réalité. A force d’audace, de motivation et d’envie, nous allons partir tourner notre premier documentaire. Je suis très content !
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Pour moi, chaque nouvelle aventure est aussi la fin d’une autre. En l’occurrence, mon séjour de quelques mois à Greenpeace, m’a beaucoup apporté. Porter le T-shirt vert et aller au delà du cercle des convaincus fut un défi personnel et le relever m’a fait le plus grand bien. Plus que de me faire une idée sur des enjeux environnementaux, j’ai pu surtout y forger des opinions mûries, fruits du contact quotidien avec le grand public que ce soit dans la région parisienne, dans le Vaucluse, en Provence Alpes Côtes d’Azur ou dans la Drôme.
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Partout, j’ai rencontré des gens géniaux, avec qui j’ai pu avoir de belles discussions qui m’ont inspiré une énergie nouvelle et éclairé de nouveaux sentiers. j’ai appris en tous domaines et beaucoup humainement, en particulier sur moi même. Mes quelques jours sur l’Esperanza (à ce jour, le plus grand navire de Greenpeace), resteront pour moi inoubliables ; il y a quelque chose de très beau à voir tous ces gens d’horizons si différents unis autour d’une même cause, c’est peut être cela la véritable l’énergie renouvelable.
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Donc, à tout ces gens que j’ai rencontré (et à un certain Gilles), je dédie chaleureusement cet imminent voyage.
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J’en profite pour remercier la ville de Clichy (Danielle Ripert conseillère municipale déléguée à la jeunesse, la commission du BIJ et Monsieur le Maire Gilles Catoire) et la commission « Envie d’Agir » du département des Hauts de Seine (en particulier Fatia Thella) pour les bourses qu’ils nous ont décernés et la confiance qu’ils ont eu en notre démarche.

Le voyage le voici :

Le Plan : Explorer le Sénégal à travers un voyage d’un mois et demi
La méthode : Prendre un aller simple et filmer nos rencontres, nos aventures et nos découvertes
Nos alliés : liberté, indépendance, confiance et improvisation
Objectifs : Participer à changer les regards sur l’Afrique, la jeunesse, la nature en commençant par le nôtre
Les Porteurs de Lanternes

Equipement :

« L’aventureuse », notre caméra, une sony Z5 de baroudeur qui sera nos yeux et nos oreilles.
Une petite caméra étanche pour la biodiversité marine.
Ainsi que mon reflex qui me suit dans mes aventures depuis un an déjà.

L’équipage :

Emilien Sage Vallier, un ami à l’air nonchalant avec qui j’ai effectué mes études d’écologie,
Il m’aidera à prendre les images et servira d’appui pour mes réflexions.
Sa passion : le cinéma et les singes, il a passé plusieurs mois à les étudier pour son mémoire de master
Mon frère Robert NAI, un technicien hors pair, sera notre tisseur d’images (monteur), il sera aussi derrière l’objectif de la caméra.
Je n’oublie pas Isabelle Goetz, que j’ai rencontré à Greenpeace et qui a rejoint l’équipe pour nous prêter main forte de Paris, elle travaillera à la diffusion du documentaire.
Le responsable de cette initiative? C’est moi :
Philippe Fusée NAI
28 ans, journaliste
écologue de formation, amateur de rock n’roll et occasionnellement grand idéaliste…

La route :

Nous partirons de Dakar où nous retrouverons l’association Océanium, une association incontournable de protection de l’environnement au Sénégal. Nous les suivront sur la côte en Casamance pour témoigner d’une vaste opération de reboisement qui a pour objectif la restauration de la mangrove en plantant 100 millions de palétuviers  après avoir déjà atteint 36 millions l’an passé. Une initiative qui a eu un impact très positif sur l’écosystème, la biodiversité mais aussi et surtout sur les mentalités.
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Toujours en Casamance, nous rencontrerons le GRDR, un groupe de recherche menant des projets en faveur d’un développement rural qui fait echo aux action menées par Océanium : nous suivrons leur lutte pour la réhabilitation des terres cultivables qui subissent les crues salées du fleuve.
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A Mbao, le poumon vert de Dakar, nous seront accueilli au Siège de l’Association Sénégalaise des Amis de la Nature, historiquement la doyenne des associations de défense de l’environnement dans le pays qui nous montrera ses méthodes de sensibilisation à l’environnement.
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A Mboro, nous irons à la rencontre de Pierre Khar Tine, directeur de l‘école Notre Dame qui à l’occasion d’un échange culturel a reçu les brigades vertes de Clichy (France) permettant la construction d’un puit agrémentée d’une pépinière de cinquante six plantes de variétés différentes. Ce sera l’occasion d’avoir une vision a posteriori de cette action humanitaire.
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Ensuite CAP sur Popenguine à 45 km de Dakar, nous rencontrerons un regroupement de femmes qui se sont liguées pour la réhabilitation d’une réserve naturelle. Réserve à la base site d’hivernage de passereaux paléarctiques et autres oiseaux migrateurs. L’initiative fut un succès et le mouvement des « femmes de Popenguine » s’est développé jusqu’à en faire un collectif villageois de 1173 femmes.
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Nous irons ensuite dans le Sine Saloum, région splendide au sud du Sénégal, se dégradait à cause de la surpêche. Mais les habitants, avec l’aide d’Océanium, ont changé l’avenir du delta. Une action écologique exemplaire pour la biodiversité. Nous observerons aussi la biodiversité des oiseaux au parc national des îles de la Madeleine. Ce parc permet aussi la sauvegarde d’une faune ichtyologique particulièrement abondante des fonds marins rocheux peu profonds car la pêche y est interdite.
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Puis nous aviserons parmi les différentes options pour mieux connaître le pays, les aspirations de son peuple et ses regards sur l’Europe, l’écologie, la jeunesse.
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Ce qui nous rassemble? L’envie d’apprendre et de partager. Un esprit rêveur couplé à l’amour de la réalité. Personnellement, je ne sais si l’histoire est un éternel recommencement mais j’aime l’idée de retrouver la case départ, avec tout à apprendre, c’est parti !
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Philippe Fusée NAI

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Handicap Internationale : Ensemble contre les BASM !

26 septembre 2009, journée de mobilisation contre les BASM, les bombes à sous munitions, nouveaux fléaux surpuissants qui ont succédé aux mines anti-personnelles. Je jette un œil à la revue de presse en me demandant comment je vais traiter le sujet. Sur les illustrations, des photos de mines, de démineurs mais surtout, des photos d’enfants, estropiés de partout…

Des bombes et des victimes

non aux BASM

Manifestation à la Bastille : pyramide de chaussure 2009

Je me demande alors pourquoi, pourquoi des photos d’enfants? Les adultes sont-ils moins touchés? Je ne pense pas. Quels moyens faut-il trouver pour surprendre nos rétines habituées à toutes les horreurs? Comment faire comprendre au public à quel point il est injuste de construire ces bombes aveugles, ces bombes qui s’abattent comme des essaims à la rancoeur éternelle qui vont « dormir » près d’où dorment les enfants?

Comment peut-on à la construction de ces bombes, imaginer une seule seconde qu’elles puissent ne toucher que les combattants ennemis? Car il est bien là le but : tuer l’autre. Sauf qu’ici, l’autre peut être n’importe qui, n’importe quoi. Aujourd’hui, on nage dans la reconnaissance de la personne : reconnaissance vocale, biométrie mais ces bombes contemporaines sont les plus aveugles et les plus injustes qui existent, s’il tend à exister des bombes « justes »…

Pourquoi emploie-t-on ces bombes alors? On me dit qu’elles ne sont pas chères et redoutablement efficaces, deux adjectifs symptomatiques de la société moderne : 500 victimes par mois, 2/3 de civils, 1/3 d’enfants.

Les BASM : bombes à sous munitions

démineur

SHS_basm

Comment répandre la mort en 3 étapes

Pour rappel, les bombes à sous-munitions sont composées d’un conteneur (bombe, obus, missile, roquette) renfermant parfois plusieurs centaines de mini-bombes (les sous munitions) larguées par voies aériennes ou tirées par voies terrestre. Le conteneur s’ouvre dans les airs et éjecte les sous munitions qui sont sensées exploser au contact de la cible ou du sol.

Malheureusement, un très grand nombre d’entre elles (5 à 40%) n’explosent pas à l’impact, se transformant de fait en mines interpersonnelles. 32 pays et territoires, comme le Laos, la Bosnie, l’Irak, l’Afghanistan ou le Liban, sont affectés par des sous-munitions non explosées, 98 % des victimes recensées sont des civils. Dans les 9 pays les plus pollués, au moins 440 millions de sous-munitions ont été dispersées.

Elles polluent les territoires bombardés et menacent les populations après la fin des conflits, sur de très larges surfaces pouvant atteindre plusieurs centaines d’hectares. Au moindre contact, elles mutilent, brûlent grièvement ou tuent.

Les victimes ne peuvent pas attendre

Lesvictimesnepeuventpas attendre

Aujourd’hui, l’Handicap Internationale appelle chaque gouvernement à signer le texte du Traité adopté à Dublin, visant à l’interdiction de la fabrication, de l’utilisation et du transfert des bombes à sous-munitions, ainsi que la destruction des stocks existants. Handicap International demande l’adoption d’une politique nationale exemplaire.

Handicap International demande à chaque gouvernement:

- De signer et de ratifier sans délais le traité d’interdiction des BASM.

- d’oeuvrer à ce que les pays non signataires s’engagent à rejoindre le Traité (entre autres les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan et Israël) ;

- De mobiliser les moyens nécessaires pour contribuer à l’assistance aux victimes et à la protection des populations civiles menacées par des sous-munitions non explosées.

Si à ce jour, 104 États dont la France ont signé le traité, seulement 26 pays ont ratifié le Traité d’interdiction des BASM (bombes à sous-munitions) or l’entrée en vigueur du traité d’interdiction des BASM ne pourra survenir que six mois après la 30ème ratification. L’enjeu est de taille : pousser les États signataires du traité à le ratifier et à tenir leurs engagements afin de dépolluer les 32 pays affectés par les sous-munitions et de dégager les moyens nécessaires pour soutenir les victimes qui ne peuvent pas attendre !

The BiG Pictures

Pour signer la pétition c’est ici :

BASM Pétition

P. NAI

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La communauté Emmaüs de Lescar-Pau

emmaus

Utopie : l’expérimentation du possible pour demain

Montrer un autre visage de l’Ecologie, c’est l’idée qui m’a poussé à faire l’émission. On a beau nous parler d’éoliennes, de panneaux solaires, ce sont les gens qui font avancer les choses.

Montrer un autre visage d’Emmaüs, celui de personnes qui prennent leur destin en main c’est la volonté ferme de Germain Sahry, porte parole et fondateur de la communauté de Lescar Pau qui essaye de concilier le social, l’économie et l’écologie au sein du carnet de route de la communauté Emmaüs Lescar-Pau.

Ainsi, nous allions via ce reportage, pouvoir exposer nos visions autour d’un mot clé, celui d’Alternative

Manouche, l’âme de la communauté allait être notre guide pour nous faire la visite de tous les ateliers du site. Dépôt où arrivent les objets, atelier de tri, atelier d’éco-construction, espace de mise en vente… Il est parfois difficile d’imaginer que les 130 compagnons puissent chaque jour abattre une telle quantité et une telle diversité de tâches. Ce qui m’a frappé c’est aussi la place accordé à la jeunesse, ainsi nous allions rencontrer dans l’atelier menuiserie, deux jeunes qui se formaient à travailler la matière noble qu’est le bois. Et ils étaient heureux, enthousiastes et épanouis de pouvoir exprimer leur créativité.

Il se passe tellement de choses dans cette communauté qu’on aurait pu trouver 46 angles de reportage différents. Et c’est là à mon sens le génie de Germain : intégrer plusieurs dimensions pour un mode de vie alternatif. Bien sûr, l’environnement est prise en compte avec cette déchetterie qui donne une seconde vie aux objets en finançant les actions de la communauté. Mais cela ne s’arrête pas là, l’écoconstruction qui permet de réduire les charges liées au chauffage par exemple. La communauté prévoit aussi de développer un jardin potager bio afin que les gens comprennent comment on les aliments poussent, comment on se nourrit.

Chaque jour et depuis 60 ans Emmaüs accompli un travail écologique trop souvent ignoré…

Et puis, il y a tout un travail d’accueil : les gens qui arrivent « cassés » à la communauté de Lescar-Pau vont reprendre goût à la vie par le travail qu’on leur confie. Des tâches diverses et variées qui vont permettre la reconstruction de la personne. Celle-ci est intégrée dans une véritable famille où on va l’écouter, lui parler : la reconnecter à la vie. En parlant d’intégration, en arrivant Manouche allait prendre les choses en main : à la cantine chaque membre de notre équipe télé était convié à s’asseoir chacun dans une table différente pour partir à la découverte des compagnons : simple et agréable signé Manouche.

Bien sûr comme dit Stéphane Basset, Germain politise le débat mais cela est à mon sens nécessaire  :   »L’écologie ne peut se faire que dans une politique de décroissance et non de productivisme qui détruit la nature. Il faut qu’on rééquilibre notre consommation, notre manière de vivre« .

Imaginez vous 400m3 de vêtement recueillis chaque jour? Certains quasi neuf? Qu’est ce qui fait que nous consommons autant? « Faites vous plaisir, acheter ci, acheter ça et vous serez heureux » voit on dans les publicités placardée partout. Réparer est devenu plus cher que d’acheter du neuf. D’ailleurs on ne fabrique plus de produits réparables. Dans l’atelier de réparation de la communauté on répare des téléviseurs à tube cathodique, des magnétoscopes, est ce que ce sera encore possible avec tous ces écrans plasma et lecteurs bluray qu’on nous vend?

« Il faut interpeller la société et non accompagner ses évolutions » nous dit Germain et pour se libérer de cette inertie, Emmaüs Lescar-Pau revendique une indépendance totale : « nous ne recevons aucune subventions » ajoute Manouche. Ainsi, Emmaüs est totalement propriétaire de la déchetterie. De même les compagnons s’engagent à renoncer au RMI. Enfin opinion de Germain que je partage :

« Il y a une nécessité d’être innovateur, provocateur, utopiste mais (…) l’idéal, c’est qu’Emmaüs disparaissent » Ce qui, à mon avis, est loin d’être possible, malheureusement.

Philippe F. NAI

Le site d’Emmaüs Lescar-Pau ici

capture emmaus pau

Pour en savoir plus sur le Métisse : http://www.bricoleurdudimanche.com/page/Dossier-isolants-ecologiques-metisse-emmaus.html

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