September 5, 3:55 am

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Archive pour la catégorie ‘Live’

Chapitre 3 : Je dis sème comme un emblème…

« J’ai de l’espoir quand je vois que ce que je sème germe, j’ai du désespoir quand sans explication les arbres ne donnent plus de fruits » Fatou Doukouré

Omar l'enfant qui plantait des arbres

Je dis sème comme un emblème…

J’ai le pied dans la vase

Le geste plus que la phrase

Vers oubliés dans mes gènes

Que j’me rappelle lorsque je sème

Je dis sème, comme un emblème

La graine je la plante

Moi je sème, sème la graine

Le défi je le tente

Soixante millions de palétuviers

Le Sénégal pour les semer

Tous les deux pas lentement j’avance

Lorsque je plante, je tente ma chance

Dans mes poches peu de moyens

Mais l’avenir entre mes mains,

Moi je sème

Dans mes poches peu de moyens

Mais l’avenir entre mes mains

Moi je sème

Philippe F. NAI

Propagule et tronc asséché, une plantule au loin...

Nous suivons depuis une semaine la campagne de reboisement d’Océanium sur le terrain en Casamance. L’objectif est plus que monumental, il est historique. L’investissement colossal (700 000€) des bailleurs de fonds (Danone, Yves Rocher, Voyageur du Monde) exige que le reboisement soit intensif. Un côté intensif qui n’est pas sans risque pour l’association environnementaliste sénégalaise : planter dans la vase pourrait se faire au détriment de semer dans les têtes.

Les précieuses propagules

Cependant, même si l’entreprise amène Océanium à devenir une entreprise, l’association ne parle pas la langue de bois et est consciente de ce risque : face à l’enjeu, la décision en âme et conscience a été de prendre ce risque. Ainsi l’organisation est sans cesse optimisée (communication par sms standardisé, étiquetage des sacs de propagules), une enveloppe d’argent est aussi remis à chaque sac de graines planté, ce à des fins de développement des villages participants.

En tous les cas, Océanium est arrivé à un changement : donner de la valeur à ce qui n’en avait pas.

2m l'espacement idéal en 2 semis

« On est arrivé à faire que des populations locales sème une espèce sauvage, dans des territoire sauvage, pour donner un arbre qui ne donne pas de fruit mais qui bénéficie à l’écosystème »

nous explique Jean Goepp, coordinateur des actions Océanium. Tous les jours nous assistons au travail sans relâche d’Océanium qui est passée de 10 salariés durant l’année à plus de 84 pendant la campagne de reboisement. Une course contre la montre qui finira le 30 octobre, date au delà de laquelle le climat ne sera plus favorable. Pour réussir son pari, l’association devra ériger une courbe de reboisement aux allures exponentielles. A l’heure actuel, environ 8 millions de propagules ont été planté dans le Poto-Poto, la vase qui caractérise la zone humide favorable aux palétuviers consitututif de la mangrove.

Les villageois reboisent eux-mêmes leur région

Quand à nous, tous se passe très bien. La configuration de l’équipe marche très bien, l’osmose est là, à tel point qu’on verrait poindre de la télépathie. L’expérience Report Terre a été cruciale dans l’optimisation des tournages.

En tous les cas, la passion nous habite et la curiosité qui nous guide, il ne se passe pas une seule journée sans qu’il nous arrive quelque chose, sans qu’il y ait un enseignement. Nous apprécions la grande transparence de l’association avec laquelle nous collaborons. Le prochain chapitre 4 sera consacré aux récits de voyage. Il y aura aussi un chapitre consacré aux réflexions sur le  journalisme suite aux expériences passées et aux rencontres avec des journalistes français au Sénégal.

PS : nous travaillons de manière indépendante, aucune subventions du privée n’ont été demandé (ni Danone, ni autres). Nous avons reçu une bourse de 1000€ de la ville de Clichy la Garenne ainsi qu’une autre bourse de 700€ du département des Hauts de Seine via le programme « Envie d’Agir ». La majeur parti du projet est autofinancé. Il ne s’agit pas d’une commande et nous ne dépendons d’aucune boîte de production. Nous sommes totalement libre de notre discours.

Reboiser est avant tout un travail d'équipe

Le travail est rôdé, un groupe trace les rangées, celui qui suit plante

Les sacs de propagules sont transportés dans ces anciens camions militaires sans cesse rafistolés: les TRM 4x4

Le blog océanium

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Chapitre 2 : Dans la gueule du lion

En Casamance

Coucher de Soleil

Si je devais résumer la vie ici, je dirais que la réalité ne prend pas d’intermédiaire(s).

Il y a la même différence qu’entre payer en liquide où l’on donne son argent de main à main et payer par carte bancaire, où l’on insère sa carte dans une machine hautement complexe qui vous affiche que la transaction a finalement eu lieu.

Tri des propagules, Mamadou Ndiaye motive ses troupes de reboiseurs

Au final, n’est-ce pas ce qu’il s’est passé à Dakar? les vendeurs venaient nous vendre leurs marchandises directement donc ils nous abordaient, pas le choix là dedans. En France, cela passe par des publicités,  et du coup, on est obligé de la subir. La publicité occidentale s’affiche/s’impose en démesuré, nous mettant nez à nez avec ce que devrait être nos envies.

Bref, ce côté direct, on le retrouve aussi en écologie.

Une plantule de palétuvier à Tobor où l'Océanium a planté 65000 arbres

Ici en Casamance, tout le monde est en contact direct avec la nature et réalise qu’elle est à la fois l’habitat et la ressource ; la nourriture dans l’assiette, pour peu qu’elle soit traditionnelle, n’a pas fait le tour du monde pour finir dans nos estomacs. En parlant de nourriture, nous avons vu affiché au restaurant où  nous avons été des posters de reboisement de la mangrove. Le reboisement est devenu un état d’esprit, ses bienfaits sont en tous les cas prêchés dans les campagnes de sensibilisation que  mène Océanium, qui sont destinées aussi à recruter toujours plus de villageois pour l’opération de planter 100 millions d’arbres au Sénégal cette année.

Un camion de reboisement

Ici la population connaît  Haïdar el Ali et son opération de reboisement. Même avant cette vaste opération, « tout le monde connaissait la mangrove et son importance, en particulier en Casamance » nous dit Mamadou Ndiaye, chef de zone de Diaken que nous avons rencontré aujourd’hui à Dialan. « Mais Haïdar nous a appris qu’on pouvait restaurer cette mangrove nous même en plantant le palétuvier ». Ici tout semble simplifié, une simplification qui permet le règne du bon sens.

Je crois que ça nous fait du bien en tout cas d’être « déconditionné » – Sortir du cercle des convaincus et des conversations d’arrière-cuisine sur comment changer le monde, des « il faudrait » et des   »il est difficile de ».

Des villageoises participant au reboisement à Cap Skirring

Alors que je tape ces quelques mots un orage a lieu. La pluie tombe a grosses gouttes et à torrent.  Il pleut souvent en Casamance surtout en ce moment pendant la saison des pluies. Tout à l’heure, alors que nous rentrions de nuit vers la base de Bignona de retour de l’une de nos expéditions, nous vîmes au loin un orage, ici le ciel est immense.

Pour le reste, le matériel est soumis à rude épreuve mais tout va bien, Kasumay Kiep !

Al'arrière du pickup, dans le feu du déplacement

Dans le poto-poto jusqu'au cou...

L'homme de l'ombre à la lumière

Dans les champs

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Chapitre 1 : No Direction Home

Premiers jours dans la capitale

Dakar 2010 : Sous le soleil de plomb, la caméra à la main

Je pourrais vous parler de Dakar, de son côté anachronique, sa pollution, de ses taxis rafistolés d’une part et de ses 4×4 d’autre part, de nos rencontres avec les expatriés, du prix des choses, des instants intenses et des moments magiques que nous vivons ici mais ce listing ne m’intéresse pas vraiment.

Crépuscule sur la corniche près du palais présidentiel

L’impression que nous avons pour l’instant du Sénégal via Dakar, c’est qu’il est un des laissés de la francophonie. Le côté expatrié associé à un certain style de vie est très présent, le communautarisme semblent très prononcé. Nous avons rencontré les membres de l’association Océanium avec laquelle nous allons collaborer, dont son charismatique fondateur Haïdar el Ali. Nous nous sommes aussi renseignés sur d’autres associations travaillant au Sénégal, de leur efficacité réelle ainsi que sur d’autres reportages ayant eu lieu sur un thème proche du nôtre.

Embarcation roulante et dérapages contrôlés

Je ne pense qu’à une chose : nous pouvons faire quelque chose de différent, ce sera notre défi même si ce ne sera pas simple. Travailler à Dakar est assez difficile : sortir la caméra ou le reflex est risqué et nous sommes souvent sollicité dans la rue pour acheter tel ou tel chose. En fait, j’ai l’impression que l’obstination de Dakar à vivre à l’occidentale rend son atmosphère suffocante. De manière plus visible qu’ailleurs, se conformer à la mécanique capitaliste semble se révéler asservissant.

Watchtower de l'ambassade

Cela ne fait que quelques jours que nous sommes sur place mais l’immersion fut instantanée. Il y a comme un malaise ambiant, je ne sais pas si ce n’est pas uniquement un fruit de notre perception, mais le comprendre est devenu la préoccupation de toute l’équipe. Haïdar nous a dit se battre pour l’équité et la justice dans un monde où « l’occident souffre de l’obésité alors que l’Afrique est victime de la famine ». Dans ce cas, je crois bien que ce nous ressentons tous les trois de ce qui se distille dans l’air est l’injustice. D’où une certaine réserve ; il s’agit moins pour nous de transmettre un message que de le propulser d’une manière juste.

Kids at sea sur la plage de l'Océanium

En tout cas le ton est donné, ce n’est pas un voyage, pas dans le sens où beaucoup l’entendent. Nous gardons cependant à l’esprit le souvenir de ces enfants qui sont venus nous voir, le sourire jusqu’aux oreilles, en essayant d’oublier que quelques années plus tard, ce sera pour d’autres raisons qu’il iront à la rencontre des étrangers.

Le début de notre périple s’est passé sans encombre avec l’impression d’avoir une bonne étoile. Et si nous n’avons perdu aucun de nos bagages, on espère cependant oublier ici notre valise de préjugés, pour revenir différents.

Sans attendre, nous partons en Casamance pour voir sur le terrain l’action d’Océanium.

L’équipe Porteurs de Lanternes

The smiles of Dakar

Happiness is real only if shared

The other side of the mirror

Night jamming


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Sénégal 2010- Avant départ

Chapitre zéro : Avant départ

Nous y sommes !

Le départ approche et ce qui n’était qu’une idée dans une tête encombrée devient finalement une réalité. A force d’audace, de motivation et d’envie, nous allons partir tourner notre premier documentaire. Je suis très content !
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Pour moi, chaque nouvelle aventure est aussi la fin d’une autre. En l’occurrence, mon séjour de quelques mois à Greenpeace, m’a beaucoup apporté. Porter le T-shirt vert et aller au delà du cercle des convaincus fut un défi personnel et le relever m’a fait le plus grand bien. Plus que de me faire une idée sur des enjeux environnementaux, j’ai pu surtout y forger des opinions mûries, fruits du contact quotidien avec le grand public que ce soit dans la région parisienne, dans le Vaucluse, en Provence Alpes Côtes d’Azur ou dans la Drôme.
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Partout, j’ai rencontré des gens géniaux, avec qui j’ai pu avoir de belles discussions qui m’ont inspiré une énergie nouvelle et éclairé de nouveaux sentiers. j’ai appris en tous domaines et beaucoup humainement, en particulier sur moi même. Mes quelques jours sur l’Esperanza (à ce jour, le plus grand navire de Greenpeace), resteront pour moi inoubliables ; il y a quelque chose de très beau à voir tous ces gens d’horizons si différents unis autour d’une même cause, c’est peut être cela la véritable l’énergie renouvelable.
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Donc, à tout ces gens que j’ai rencontré (et à un certain Gilles), je dédie chaleureusement cet imminent voyage.
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J’en profite pour remercier la ville de Clichy (Danielle Ripert conseillère municipale déléguée à la jeunesse, la commission du BIJ et Monsieur le Maire Gilles Catoire) et la commission « Envie d’Agir » du département des Hauts de Seine (en particulier Fatia Thella) pour les bourses qu’ils nous ont décernés et la confiance qu’ils ont eu en notre démarche.

Le voyage le voici :

Le Plan : Explorer le Sénégal à travers un voyage d’un mois et demi
La méthode : Prendre un aller simple et filmer nos rencontres, nos aventures et nos découvertes
Nos alliés : liberté, indépendance, confiance et improvisation
Objectifs : Participer à changer les regards sur l’Afrique, la jeunesse, la nature en commençant par le nôtre
Les Porteurs de Lanternes

Equipement :

« L’aventureuse », notre caméra, une sony Z5 de baroudeur qui sera nos yeux et nos oreilles.
Une petite caméra étanche pour la biodiversité marine.
Ainsi que mon reflex qui me suit dans mes aventures depuis un an déjà.

L’équipage :

Emilien Sage Vallier, un ami à l’air nonchalant avec qui j’ai effectué mes études d’écologie,
Il m’aidera à prendre les images et servira d’appui pour mes réflexions.
Sa passion : le cinéma et les singes, il a passé plusieurs mois à les étudier pour son mémoire de master
Mon frère Robert NAI, un technicien hors pair, sera notre tisseur d’images (monteur), il sera aussi derrière l’objectif de la caméra.
Je n’oublie pas Isabelle Goetz, que j’ai rencontré à Greenpeace et qui a rejoint l’équipe pour nous prêter main forte de Paris, elle travaillera à la diffusion du documentaire.
Le responsable de cette initiative? C’est moi :
Philippe Fusée NAI
28 ans, journaliste
écologue de formation, amateur de rock n’roll et occasionnellement grand idéaliste…

La route :

Nous partirons de Dakar où nous retrouverons l’association Océanium, une association incontournable de protection de l’environnement au Sénégal. Nous les suivront sur la côte en Casamance pour témoigner d’une vaste opération de reboisement qui a pour objectif la restauration de la mangrove en plantant 100 millions de palétuviers  après avoir déjà atteint 36 millions l’an passé. Une initiative qui a eu un impact très positif sur l’écosystème, la biodiversité mais aussi et surtout sur les mentalités.
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Toujours en Casamance, nous rencontrerons le GRDR, un groupe de recherche menant des projets en faveur d’un développement rural qui fait echo aux action menées par Océanium : nous suivrons leur lutte pour la réhabilitation des terres cultivables qui subissent les crues salées du fleuve.
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A Mbao, le poumon vert de Dakar, nous seront accueilli au Siège de l’Association Sénégalaise des Amis de la Nature, historiquement la doyenne des associations de défense de l’environnement dans le pays qui nous montrera ses méthodes de sensibilisation à l’environnement.
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A Mboro, nous irons à la rencontre de Pierre Khar Tine, directeur de l‘école Notre Dame qui à l’occasion d’un échange culturel a reçu les brigades vertes de Clichy (France) permettant la construction d’un puit agrémentée d’une pépinière de cinquante six plantes de variétés différentes. Ce sera l’occasion d’avoir une vision a posteriori de cette action humanitaire.
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Ensuite CAP sur Popenguine à 45 km de Dakar, nous rencontrerons un regroupement de femmes qui se sont liguées pour la réhabilitation d’une réserve naturelle. Réserve à la base site d’hivernage de passereaux paléarctiques et autres oiseaux migrateurs. L’initiative fut un succès et le mouvement des « femmes de Popenguine » s’est développé jusqu’à en faire un collectif villageois de 1173 femmes.
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Nous irons ensuite dans le Sine Saloum, région splendide au sud du Sénégal, se dégradait à cause de la surpêche. Mais les habitants, avec l’aide d’Océanium, ont changé l’avenir du delta. Une action écologique exemplaire pour la biodiversité. Nous observerons aussi la biodiversité des oiseaux au parc national des îles de la Madeleine. Ce parc permet aussi la sauvegarde d’une faune ichtyologique particulièrement abondante des fonds marins rocheux peu profonds car la pêche y est interdite.
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Puis nous aviserons parmi les différentes options pour mieux connaître le pays, les aspirations de son peuple et ses regards sur l’Europe, l’écologie, la jeunesse.
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Ce qui nous rassemble? L’envie d’apprendre et de partager. Un esprit rêveur couplé à l’amour de la réalité. Personnellement, je ne sais si l’histoire est un éternel recommencement mais j’aime l’idée de retrouver la case départ, avec tout à apprendre, c’est parti !
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Philippe Fusée NAI

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UN AVENIR ? A QUEL PRIX… un documentaire sur l'effet de serre réalisé par David Martin.

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Pitch :

Le temps du doute est passé, si nous voulons éviter la catastrophe climatique, il nous faut impérativement réduire les émissions de CO2 par deux à l’échelle de la planète. C’est le minimum… Cependant les experts prévoient que la consommation d’énergie globale devrait doubler. C’est la quadrature du cercle…

Dans le même temps, les menaces de conflits climatiques se font de plus en plus précises… manque d’eau, exode massive de réfugiés du climat, bataille pour les matières premières, le contrôle des terre agricoles… La sobriété énergétique apparaît comme unique solution raisonnable, viable, concrète. Elle concerne désormais tous les domaines : la consommation, l’agriculture, le transport, l’habitat, l’urbanisme, les loisirs…

Le protocole de Kyoto est il suffisant pour influer sur les politiques internationales, les applications nationales, nos choix de consommateurs, de salariés, de citoyens ? Ou au contraire, le marché du carbone est il la porte ouverte à une nouvelle vague – verte cette fois-ci de spéculation effrénée…

La fiscalité environnementale peut elle mettre fin a une mondialisation absurde basée sur la quasi gratuité des transports et donner un élan à la relocalisation du travail humain, à une production raisonnée, cohérente en fonction des véritables besoins de la population ?

Interview du réalisateur

Pas un manifeste, un documentaire

Alors que certains au sortir de l’avant-première parlaient de manifeste, j’ai trouvé qu’il s’agissait là plus d’un documentaire au sens premier du terme. Or un documentaire, on l’oublie parfois, se fixe pour but théorique de produire la représentation d’une réalité. Réalité qui dérange peut être certains diffuseurs alors que le greenwashing joue les herbes folles médiatiques.

Ce documentaire donc, c’est surtout l’audiovisuel au service de l’environnement et non le contraire. David Martin m’est apparu sinon comme un réalisateur engagé, en tous les cas un réalisateur connaisseur de la question climatique qui n’a pas hésité à mettre les mains dans le carbone. Loin de se limiter à un pur constat, inévitablement alarmiste, le film est une démarche active qui à la lumière des experts interrogés pose des questions pertinentes, partage une réflexion personnelle et propose des  solutions pragmatiques.

Philippe F. NAI

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Copenhague 2009 – A Hard Rain Is Gonna Fall…

« Un ultimatum (en latin, dernière chose) est une exigence définitive formulée par une entité, un groupe ou une personne à l’encontre de la partie adverse, dont l’accomplissement est requis à l’intérieur d’un délai spécifique et qui s’accompagne d’une menace implicite ou explicite en cas de non-exécution. Un ultimatum est généralement une demande finale qui fait suite à une série de requêtes. En tant que tel, le délai fixé est habituellement court, et l’exigence est considérée comme n’étant pas négociable. » Wiki

L’enjeu du sommet de Copenhague

Paris, 5 décembre 2009 : 12H18, Place de l’église Saint Eustache.  Plusieurs centaines de personnes colorés de blanc de  noir et d’orange (pour moi ce sera en blanc) se réunissent autour d’une même volonté : lutter contre le réchauffement climatique.

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Le sommet de Copenhague, tout le monde en a déjà entendu parler, peu de monde sait de quoi il s’agit – un sondage récent parle de 3% de consommateurs français au courant. En fait le sommet de Copenhague va rassembler les décideurs politiques, entre autres, afin qu’ils puissent se mettre d’accord sur une politique commune visant à limiter le réchauffement à 2°C, c’est aussi simplement que ça.

2°C

On ne se propose plus d’empêcher le réchauffement climatique, il est inéluctable, seulement de le limiter à 2°C. Or on sait qu’environ 20 à 30 % des espèces évaluées à ce jour sont susceptibles d’être exposées à un risque accru d’extinction si l’augmentation du réchauffement mondial moyen dépasse 1,5 à 2,5 °C (par rapport à 1980 – 1999). Quand on connaît la sensibilité et la complexité des écosystèmes, on se rend bien compte que l’impact est énorme : la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes naturels aura des conséquences sur  les services écosystémiques associés. Ceux là même qui nous fournissent gratuitement des ressources et participent à réguler notre climat.

Grance barrière de corail

Tout le monde connaît la grande barrière de corail, considéré comme la 8e merveille du monde : elle est condamnée,  un réchauffement d’1°C suffit à dégrader le corail et causer son blanchissement.

D’ici à 2050, près d’un million d’espèces végétales et animales risquent de disparaître à cause du réchauffement climatique. Telle est la conclusion d’une étude internationale publiée en janvier 2004 dans la revue Nature. Nature, qu’est ce que c’est? C’est le Saint Graal scientifique, l’un des journaux en la matière les plus réputés dans le monde, avec une vocation d’excellence.

La 6e crise

Nous assistons à la 6e crise d’extinction des espèces depuis le début de la vie sur terre il y a 3,8 milliards d’année. Chacune des crises précédentes a eu d’énormes conséquences. Ainsi, la crise « Permien-Trias » vers -251,4 millions d’années, voit disparaître, selon les estimations scientifiques, 75 % des espèces de la terre ferme et 96 % des espèces marines. Cependant cette crise s’est étalée sur plusieurs millions d’années alors que la crise que nous vivons, est la première crise dont l’origine est l’homme. C’est aussi la première crise à se passer sur des pas de temps aussi brefs, à l’échelle de génération, mettant la capacité d’adaptation des espèces à rude épreuve.

Il faudra que ce même Homme se rende compte que du point de vue évolutif, il n’est pas plus à l’abri de l’extinction que les autres espèces dont il est contemporain.

Pendant ce temps, dans la rue

La réalité quelle est elle? A l’heure où l’œil médiatique a amené ses soldats à acheter un billet aller/retour vers Copenhague, un couple de retraités discute du réchauffement climatique et je n’ai pas pu m’empêcher de laisser trainer une oreille :

- Nicolas Hulot, il peut parler du réchauffement climatique, il prend tout le temps l’hélicoptère

- Ah oui ! comme l’autre qui fait le tour du monde.

- De toute façon c’est pas nous qui réchauffons la Terre, c’est les Chinois et les Américains.

- Et puis j’en ai marre des journalistes qui n’arrêtent pas de nous sermonner sur le réchauffement. On dirait qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent. C’est comme la grippe A.

- Oui, et puis de toute manière j’ai entendu Zemmour qui a dit que ce n’était pas le premier réchauffement, il y a en a eu un en l’an 700.

- Déjà, nous on trie. Ils devraient peut être dire aux Américains et au Chinois de trier avant de nous faire la leçon.

Propos entendus dans la rue en ce lundi 7 décembre 2009.

Philippe F. NAI

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