September 5, 3:54 am

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Archive pour la catégorie ‘Portrait’

Sénégal 2010- Avant départ

Chapitre zéro : Avant départ

Nous y sommes !

Le départ approche et ce qui n’était qu’une idée dans une tête encombrée devient finalement une réalité. A force d’audace, de motivation et d’envie, nous allons partir tourner notre premier documentaire. Je suis très content !
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Pour moi, chaque nouvelle aventure est aussi la fin d’une autre. En l’occurrence, mon séjour de quelques mois à Greenpeace, m’a beaucoup apporté. Porter le T-shirt vert et aller au delà du cercle des convaincus fut un défi personnel et le relever m’a fait le plus grand bien. Plus que de me faire une idée sur des enjeux environnementaux, j’ai pu surtout y forger des opinions mûries, fruits du contact quotidien avec le grand public que ce soit dans la région parisienne, dans le Vaucluse, en Provence Alpes Côtes d’Azur ou dans la Drôme.
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Partout, j’ai rencontré des gens géniaux, avec qui j’ai pu avoir de belles discussions qui m’ont inspiré une énergie nouvelle et éclairé de nouveaux sentiers. j’ai appris en tous domaines et beaucoup humainement, en particulier sur moi même. Mes quelques jours sur l’Esperanza (à ce jour, le plus grand navire de Greenpeace), resteront pour moi inoubliables ; il y a quelque chose de très beau à voir tous ces gens d’horizons si différents unis autour d’une même cause, c’est peut être cela la véritable l’énergie renouvelable.
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Donc, à tout ces gens que j’ai rencontré (et à un certain Gilles), je dédie chaleureusement cet imminent voyage.
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J’en profite pour remercier la ville de Clichy (Danielle Ripert conseillère municipale déléguée à la jeunesse, la commission du BIJ et Monsieur le Maire Gilles Catoire) et la commission « Envie d’Agir » du département des Hauts de Seine (en particulier Fatia Thella) pour les bourses qu’ils nous ont décernés et la confiance qu’ils ont eu en notre démarche.

Le voyage le voici :

Le Plan : Explorer le Sénégal à travers un voyage d’un mois et demi
La méthode : Prendre un aller simple et filmer nos rencontres, nos aventures et nos découvertes
Nos alliés : liberté, indépendance, confiance et improvisation
Objectifs : Participer à changer les regards sur l’Afrique, la jeunesse, la nature en commençant par le nôtre
Les Porteurs de Lanternes

Equipement :

« L’aventureuse », notre caméra, une sony Z5 de baroudeur qui sera nos yeux et nos oreilles.
Une petite caméra étanche pour la biodiversité marine.
Ainsi que mon reflex qui me suit dans mes aventures depuis un an déjà.

L’équipage :

Emilien Sage Vallier, un ami à l’air nonchalant avec qui j’ai effectué mes études d’écologie,
Il m’aidera à prendre les images et servira d’appui pour mes réflexions.
Sa passion : le cinéma et les singes, il a passé plusieurs mois à les étudier pour son mémoire de master
Mon frère Robert NAI, un technicien hors pair, sera notre tisseur d’images (monteur), il sera aussi derrière l’objectif de la caméra.
Je n’oublie pas Isabelle Goetz, que j’ai rencontré à Greenpeace et qui a rejoint l’équipe pour nous prêter main forte de Paris, elle travaillera à la diffusion du documentaire.
Le responsable de cette initiative? C’est moi :
Philippe Fusée NAI
28 ans, journaliste
écologue de formation, amateur de rock n’roll et occasionnellement grand idéaliste…

La route :

Nous partirons de Dakar où nous retrouverons l’association Océanium, une association incontournable de protection de l’environnement au Sénégal. Nous les suivront sur la côte en Casamance pour témoigner d’une vaste opération de reboisement qui a pour objectif la restauration de la mangrove en plantant 100 millions de palétuviers  après avoir déjà atteint 36 millions l’an passé. Une initiative qui a eu un impact très positif sur l’écosystème, la biodiversité mais aussi et surtout sur les mentalités.
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Toujours en Casamance, nous rencontrerons le GRDR, un groupe de recherche menant des projets en faveur d’un développement rural qui fait echo aux action menées par Océanium : nous suivrons leur lutte pour la réhabilitation des terres cultivables qui subissent les crues salées du fleuve.
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A Mbao, le poumon vert de Dakar, nous seront accueilli au Siège de l’Association Sénégalaise des Amis de la Nature, historiquement la doyenne des associations de défense de l’environnement dans le pays qui nous montrera ses méthodes de sensibilisation à l’environnement.
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A Mboro, nous irons à la rencontre de Pierre Khar Tine, directeur de l‘école Notre Dame qui à l’occasion d’un échange culturel a reçu les brigades vertes de Clichy (France) permettant la construction d’un puit agrémentée d’une pépinière de cinquante six plantes de variétés différentes. Ce sera l’occasion d’avoir une vision a posteriori de cette action humanitaire.
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Ensuite CAP sur Popenguine à 45 km de Dakar, nous rencontrerons un regroupement de femmes qui se sont liguées pour la réhabilitation d’une réserve naturelle. Réserve à la base site d’hivernage de passereaux paléarctiques et autres oiseaux migrateurs. L’initiative fut un succès et le mouvement des « femmes de Popenguine » s’est développé jusqu’à en faire un collectif villageois de 1173 femmes.
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Nous irons ensuite dans le Sine Saloum, région splendide au sud du Sénégal, se dégradait à cause de la surpêche. Mais les habitants, avec l’aide d’Océanium, ont changé l’avenir du delta. Une action écologique exemplaire pour la biodiversité. Nous observerons aussi la biodiversité des oiseaux au parc national des îles de la Madeleine. Ce parc permet aussi la sauvegarde d’une faune ichtyologique particulièrement abondante des fonds marins rocheux peu profonds car la pêche y est interdite.
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Puis nous aviserons parmi les différentes options pour mieux connaître le pays, les aspirations de son peuple et ses regards sur l’Europe, l’écologie, la jeunesse.
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Ce qui nous rassemble? L’envie d’apprendre et de partager. Un esprit rêveur couplé à l’amour de la réalité. Personnellement, je ne sais si l’histoire est un éternel recommencement mais j’aime l’idée de retrouver la case départ, avec tout à apprendre, c’est parti !
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Philippe Fusée NAI

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Gaspillage de fruits et légumes : confession d'un assassin maraîcher

Richard, 27 ans, travaille depuis deux ans dans un magasin de fruits et légumes de 1000 m² avec poissonnerie et rayon crèmerie. Son métier est simple : mettre en rayon les légumes et s’adonner à un peu de chirurgie esthétique : couper, décortiquer, éplucher, amputer et, au pire, jeter. Surtout jeter… Voici une interview de cet homme, constat alarmiste sur le monde de la distribution, qui est loin de rayonner une conscience écologique.

Richard, 27 years old has been working for 2 years in a 1000 square meters fruit store in the suburb of Paris (France), this store also provides fish and dairy products. His job is simple : putting out and do some plastic surgery on the vegetables : each one of them is nipped, peeled, cut and if it does not meet the aesthetic requirement, thrown which happens more than people think. Here is an interview revealing some dreadful side of the food distribution circuit, which is far from ecological.

Même les patates ne sont pas à l'abri du délit de faciès

Qu’est-ce qui vous agace le plus dans votre métier ?

Who annoys you most in your profession?

Many things. But what what I notice every day, it is the way people look for the  » top models  » of vegetables. They choose the most beautiful vegetables, which is normal as we give them the choice (…) But in the end, the vegetables which do not correspond to the market standards of beauty are eliminated, just like in a beauty contest. You can come and see for yourself, you will see no deformed fennel, no left alone bananas, no carrots with scars …

Oh beaucoup de choses. Mais ce qui revient souvent, et que je constate tous les jours, c’est la façon dont les gens recherchent les « top modèles » des légumes. Ils choisissent les plus beaux légumes, ce qui est normal, on leur donne le choix (…) Mais au final, les légumes qui ne correspondent pas aux standards de beauté maraîchers sont évincés. Venez dans mon lieu de travail, vous ne verrez aucun fenouil difforme, aucune banane seule, aucune carotte amputée …

Pourquoi ne pas tenter de faire changer les mentalités ?

Why not try to make change the mentalities?

It is not so simple. If our section are not beautiful enough, the customers will not hesitate to go to see elsewhere. When people acquired something, they can’t go back anymore. The main problem it that supermarkets accustoms us to choose visually perfect products . They don’t hesitate to buy food too big quantity, much more than the request. So that the cost price per kilo is cheaper which allows them to lower their price ; without thinking of the waste which will be more important. Profit first! Money rules the world.

Ce n’est pas si simple. Si nos étalages et nos légumes sont moins beaux, les clients n’hésiteront pas à aller voir ailleurs.  Une fois que les gens ont acquis quelque chose, ils ne peuvent plus revenir en arrière. Le principal problème c’est que les grandes surfaces nous ont appris à ne choisir que des produits visuellement parfaits.  Ces enseignes n’hésitent pas à acheter de la marchandise en trop grande quantité, bien plus que la demande. Ainsi, le prix d’achat au kilo leur revient moins cher ce qui leur permet d’abaisser le prix de vente ; sans penser aux déchets qui seront plus importants. Le profit avant tout ! C’est comme ça partout.

Quotidiennement, à combien évaluez-vous vos pertes ?

How much you estimate your losses daily?

I shall say that at least 10 % of what we buy goes to the garbage can. And on these 10 %, ¾ are perfectly edible, even saleable i would say. But who would like to buy them? My boss sometimes ask me to put only the new load, because it is more beautiful, without any traces of oxidation. I happen to throw away kilos of turnips which people would not hesitate to buy, but my boss doesn’t care (…) An cut carrot is thrown away because nobody would buy it, same thing for the oxidized cultivated mushrooms , lettuces that are too small, the endives put on the display the very morning but leaves of which turned green because the light …

En pourcentage, je dirai qu’au moins 10% de ce que l’on achète se retrouve à la poubelle. Et sur ces 10%, les ¾ sont parfaitement comestibles, voir même vendables. Mais qui voudrait les acheter ? On me demande parfois de ne mettre que le nouvel arrivage, car il est plus beau, sans marque d’oxydation. Il m’est déjà arrivé de jeter plusieurs kilos de navets que les gens n’hésiteraient pas à acheter, mais mon patron s’en fout royalement. (…) Une carotte qui n’est pas entière va se retrouver à la poubelle car personne ne la prendra, pareille pour les champignons de Paris un peu oxydés, les salades trop petites, les endives mis sur l’étalage le matin même mais dont les feuilles ont verdi par la lumière…

Profession : mannequin légume

We cut the base of  some vegetables (lettuce, celery, chard) to make them perfect, but it reduces their size. For  fennel for example, the first layer is systematically removed. At first it made me sick to throw all this food, but I get accustomed. We throw several garbage can per day, sometimes filled with yogurts, cheeses and other fresh products that will be past their use-by date the day after. This represents several hundred pounds per day that we throws, but management does not care, as the store earns money because we bought the surplus to lower prices.

On coupe la base de certains légumes (salade, céleri, blette …) pour les rendre parfait, mais ça réduit leur taille (perte de feuilles), même chose pour le fenouil où la première couche est systématiquement enlevée. Ca fait mal au cœur de jeter toute cette nourriture, mais on finit par s’y habituer. Nous jetons plusieurs poubelles par jour, parfois remplis de yogourts, fromages et autres produits frais qui seront périmés le lendemain. Cela représente plusieurs centaines de kilos par jour que l’on jette ; mais la direction ne s’en préoccupe pas, le magasin reste gagnant car il a acheté ce surplus pour baisser les prix.

Vous ne pouvez pas donner une partie de vos pertes à des associations caritatives ?

Why not donate some of your losses to charity?
That’s what we did in the past. The Red Cross came once a week and took all it could. But now nobody comes, I do not know why. Sometimes we make bags of « disgraced » vegetables 2 to 3 times cheaper than those on display, but not often, we must deal with the display in priority. We used to sell packs of vegetables and fruit at a very low price (cheaper than the purchase price) but it is forbidden to sell at a loss. It is best to discard rather than to please customers. This is so unfortunate.

C’est ce que l’on faisait il y a peu. La croix rouge passait une fois par semaine et prenait tout ce qu’elle pouvait. Mais plus personne ne vient, je ne sais pas pourquoi. Parfois on fait des sacs de légumes abîmés 2 à 3 fois moins cher que ceux sur l’étalage, mais on ne le fait pas souvent, il faut avant tout soigner les rayons. Avant, nous faisions des lots de légumes et fruits mélangés à un prix très faible (moins cher que le prix d’achat de départ) mais il n’est plus possible de le faire, car il est interdit de vendre à perte. Il est préférable de jeter plutôt que de faire plaisir aux clients. C’est regrettable.

Participez-vous au recyclage ?

Are you involved in recycling?

Until recently, all the waste (cardboard, wood crates, pallets) are redirected to a recycling center in Rungis. But the store just received the bill for this year (2009) : 15 000 euros. From what I have heard, recycling was free, but now we have to pay tax. So what the boss decide is to  gives all the crates to customers so that they use it for the fireplace or to make barbecues. Because of this tax, we avoid recycling as much as possible to maximize the profit, it is true that 15 000 for a store in a turnover of several million per year is something.

Il y a peu, tous les déchets (carton, cagettes de bois, palettes) étaient redirigés dans un centre de recyclage à Rungis. Mais le magasin vient de recevoir la facture pour l’année 2009 : 15 000 euros. D’après ce qu’on m’a dit, ces déchets recyclés ne coutaient rien avant, mais maintenant on doit payer une taxe dessus. Que décide le patron ? On donne toutes les cagettes aux clients, qui eux ne vont pas les recycler mais s’en servir pour la cheminée ou le barbecue. A cause de cette taxe, nous évitons au maximum le recyclage, le patron préférant réduire les frais au minimum ; il est vrai que 15 000 euros pour un magasin faisant un chiffre d’affaire de plusieurs millions par an n’est pas une bagatelle.

Une dernière chose à ajouter ?

Something you wish to add ?

Yes, people should learn to eat differently, not relying simply on the shape and cleanliness of vegetables for example. But what do you want? We are all hypocrites. For most of us, an ecological disaster alerts us, makes us aware that we must act, but when it affects us personally, when we must question our habits, everything stands still. We’d rather to give money to an association, or simply discuss about it to feel better about ourselves.

Finally, the best we can do is to educate our children not to do what Mom and Dad do. And a little advice : go at the end of the market, there are often fruits and vegetables to recover. One of my friends do this, and it is not about money.

Il faudrait réapprendre aux gens à consommer autrement, à ne pas se fier simplement à la forme et la propreté du légume par exemple. Mais que voulez-vous ? Nous sommes tous hypocrites. Pour la plupart d’entre nous, un désastre écologique nous alerte, nous fait prendre conscience qu’il faut agir ; mais dès que ça nous touche personnellement, dès que l’on doit se remette en question, changer nos habitudes, c’est là que ça n’avance plus. On préfère donner de l’argent à une association, ou simplement en parler pour se donner bonne conscience et penser que l’on a fait un bon geste.

Pour finir, le mieux que l’on puisse faire, c’est éduquer nos enfants à ne pas faire ce que papa et maman font. Et un petit conseil : allez traîner à la fin des marchés, il y a souvent des légumes et des fruits à récupérer. Un de mes amis le fait, et ce n’est pas pour une question d’argent.

Propos recueillis par Emilien Sage-Vallier.

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John Perkins, confessions d'un corrupteur de nations

Toujours dans la volonté de proposer dans angles de vue différent, voire complémentaire aux autres sites traitant d’écologie, voici un éclairage sur un sujet très intéressant et qui mériterait d’être mieux connu. Article proposé par Émilien Sage Vallier.

Perkins

John Perkins est ce que l’on appelle un assassin économique, mercenaire diplomatique qui a pour mission d’asservir tout un peuple au profit d’une grosse société. Son job est simple : négocier avec le pouvoir en place, que ce soit une dictature ou un régime démocratique, et faire des affaires !

Ce processus, qui amène a créer un empire global, suit un processus simple :

  • identifier un pays qui a des ressources.
  • accorder un prêt à ce pays pour l’endetter.
  • négocier un juteux contrat (amasser les ressources du pays) pour éponger la dette.

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