Archive pour la catégorie ‘Education’

1961-2012 : un petit pont méditerranéen

Mercredi 17 octobre 2012, l’Espace projets interassociatifs (EPI) organisa une commémoration en forme d’« Hommage à ceux qui s’engagent », en présence de ceux qui ont contribué à écrire cette page troublée de l’histoire de France, celle de la guerre d’Algérie. En toile de fond, le devoir de mémoire et la réconciliation entre les peuples. Reportage

Mercredi 17 octobre 2012. Il est midi. Said Kebbouche, directeur de l’Espace projets interassociatifs (EPI), prononce un discours devant le monument des droits de l’Homme de Vaulx-en-Velin (Rhône). « Il aura fallu du temps et la pugnacité de milliers de personnes pour sortir de l’ombre cette journée occultée par les politiques », lance-t-il le visage grave. Il y a cinquante et un ans, jour pour jour, à Paris, une grande marche pacifique, organisée par le Front de libération nationale (FLN) en faveur de l’indépendance de l’Algérie, était sévèrement réprimée par la police. Un massacre que l’Etat français peine encore à reconnaître et qui a coûté la vie à plusieurs centaines de personnes.

Passe aux jeunes

Ils ont pris des risques pour leur famille et leur carrière mais défendre une nation et un peuple, ça n’a pas de prix

Mous

Moustefa Boudina (à droite) relate un passé qui plonge l’assistance dans l’émotion présente

Dans l’assistance, quatre résistants sont venus d’Algérie pour l’occasion : Mostefa Boudina, un ancien condamné à mort à la guillotine à Lyon, Rachid Mekhloufi, Said Amara et Amar Rouai, trois anciens joueurs professionnels qui évoluaient en France et qui avaient fait le choix, à l’époque, de partir former l’équipe de football du FLN. Parmi ces gentilshommes du ballon rond, Rachid Mekhloufi est celui qui symbolise le plus la démarche citoyenne courageuse dont ils ont fait preuve. Militaire français, s’apprêtant à jouer la Coupe du monde 1958 avec l’équipe de France, il déserte pour rejoindre une équipe algérienne qui va faire entendre la cause de l’indépendance autour du monde. Des décennies se sont écoulés mais ces mousquetaires presqu’octogénaires semblent infatigables, surtout lorsqu’il s’agit de rester sur le terrain des luttes et de dribbler, par la même occasion, le marbre dans lequel on voudrait, à tord, les couler.

En visite dans des clubs de football de l’agglomération lyonnaise ou dans un séminaire à l’Université Lumière Lyon 2, leur discours est le même et embrasse aussi bien la guerre d’Algérie que le football : « Je suis un peu ému parce que c’est une classe, commence Rachid Mekhloufi avant de parler d’éducation populaire : Au contact de mes camarades, non seulement je gardais mes qualités de buteur mais je progressais dans le domaine de la vie. Il y a quelques années, je n’aurais pas pu discuter comme ça, décontracté. Le départ dans l’équipe du FLN nous a permis de développer nos connaissances de la vie, de la politique et des travailleurs. Tout ce qui concernait la vie de tous les jours, on l’a appris avec l’équipe du FLN ». Pour les représentants de cette génération qui n’a pas dépassé le certificat d’étude et a, bien souvent, appris la vie par des chemins détournés, l’éducation et l’école seront sur toutes les lèvres.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il souhaite transmettre à la jeunesse, Mostefa Boudina, aujourd’hui sénateur, répond : « D’abord l’optimisme, pour l’avenir mais aussi pour se débarrasser du mal qu’a connu notre génération, le mal colonial, pour que les générations actuelles et futures puissent établir des relations basées sur la vérité de l’histoire ». Le politicien poursuit : « L’amitié entre les peuples, ce ne sont pas les Etats seuls qui peuvent l’édifier. Mais plutôt les actions citoyennes. Les politiques, jusqu’à maintenant, ont plutôt été un obstacle à cette amitié ».

Un long travail de mémoire

Rachid Mekhloufi

Rachid Mekhloufi transmet sa sagesse à la jeunesse grâce à son rayonnement footbalistique

Même si la jeunesse s’est faite rare lors des différentes rencontres organisées par l’EPI, celles et ceux qui étaient là se sont montrés réceptifs aux récits de la délégation algérienne. En témoigne Yanis, 20 ans : « Ils ont pris des risques pour leur famille et leur carrière mais défendre une nation et un peuple, ça n’a pas de prix ». Pour Cécile, étudiante en communication, l’échange permet d’aller au-delà de l’Histoire avec un grand H : « J’ai été étudiante en licence d’histoire et j’ai étudié la guerre d’Algérie mais d’une façon très historique, sans témoignages. Là, on découvre qu’il y a des personnes qui ont œuvré pour le FLN à travers le sport. Cette démarche, on ne nous l’apprend pas ». Enfin Charlotte, dans la même classe, analyse : « On est dans notre petit monde, au risque d’oublier que cela pourrait revenir. Il faut donc en parler, encore et encore. Cela va être un long travail. On est trente dans le Master et six à être venus… »

Même constat du côté du sénateur Boudina, pour qui tout reste à faire : « Je pense qu’un débat autour de la vérité va faire réagir le sentiment humain, au moins pour commencer, le sentiment humain de la jeunesse afin qu’elle n’accepte pas les injustices ». Amar Rouai, 80 ans, garde la flamme intacte et réagit à la timide reconnaissance par l’Etat français du massacre du 17 octobre 1961 : « La haine est restée et elle restera encore : je ne suis pas très optimiste. Ce n’est pas au gouvernement mais au peuple français de dire : oui, il y a eu un génocide. Espérons que des gens sages, des Français démocrates sauront rendre justice au peuple algérien. C’est tout ce qu’on demande, la paix et la fraternité, pas seulement entre la France et l’Algérie mais dans le monde entier. »

Philippe F. Nai – Journaliste

Paru précédemment dans Altermondes

 Contact

Espace Projets Interassociatifs (EPI) – 13 Rue Auguste Renoir – 69120 Vaulx-en-Velin – http://espace-projets-interassociatifs.fr

Pour en savoir plus : un reportage réalisé sur l’hommage au 17 octobre 1961 organisé par l’epi

Des coopératives pour semer la démocratie locale

En revendiquant le principe « une personne, une voix », le mouvement coopératif propose une alternative démocratique au fonctionnement classique des acteurs économiques. Pour autant, il faudrait se garder de sombrer dans l’angélisme : faire vivre la démocratie dans une organisation est un processus complexe. Réflexion à partir de l’exemple des coopératives agricoles.

 « Ce qui est garant de l’expression de la diversité, c’est que la coopérative est un organisme vivant »

Né en Europe et en Amérique du Nord au XIXe siècle, le mouvement coopératif a connu un fort ancrage, notamment agricole, dans les pays du Sud à la fin du XXe siècle, en particulier en Amérique du Sud où il fut impulsé par le haut, « des luttes politiques avec l’arrivée des partis de gauche au pouvoir dans les années 60-70, comme le rappelle Christophe Alliot, conseiller stratégique de l’Alliance internationale des producteurs du commerce équitable. L’un de leurs premiers engagements était en effet d’engager une réforme agraire ». La dynamique fut prématurément mais provisoirement brisée par la vague de libéralisation qui, à partir des années 80, a fait chuter les prix des matières premières et entraîner la réduction des dépenses publiques. Les producteurs ne baissèrent pas les bras, refusant d’abandonner ce qu’ils avaient mis parfois vingt ans à construire, et réinvestirent le mouvement coopératif durant les années 90, en faisant un instrument d’émancipation politique, économique, culturel et social. « C’est ce sursaut qui est au cœur de la dynamique coopérative aujourd’hui en Amérique Latine, les coopératives sont plus petites par la taille mais plus forte », souligne Christophe Alliot, saluant la volonté des communautés de prendre en main leur destin en empruntant le chemin de la démocratie locale.

Un organisme vivant

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Si la démocratie interne est un gage de réussite pour une organisation a fortiori coopérative, la faire vivre n’est pas chose aisée et l’exercice du « un membre = une voix » devient vite une somme de défis permanents. « Le fonctionnement d’une organisation, y compris son fonctionnement démocratique, repose sur l’essai, sur l’erreur. Les producteurs tentent. Certaines expériences ne vont pas marcher, ils vont revenir en arrière, essayer autre chose. Ce sont des tensions permanentes, des contradictions à gérer », insiste Christophe Alliot. De fait, l’exercice de la démocratie se heurte à des questions culturelles, d’éducation, de liberté de parole, de droit à ne pas être d’accord, de droit de se mettre en groupe pour influencer… Une somme de difficultés auxquelles sont d’autant plus soumises les minorités.

« Dans les coopératives, les femmes ne sont pas forcément minoritaires en nombre. En revanche, elles le sont dans les organes de gouvernance, explique Betty Wampfler, chercheur et socio-économiste au Cirad (1). Quels que soient les milieux, elles finissent cependant par acquérir une capacité d’expression, une capacité d’affirmer leur présence et leur activité. Les bailleurs de fonds sont sensibles à cette question et mettent en place des outils de formation spécifiques pour appuyer leur prise de parole ». Souvent d’ailleurs, les femmes, à l’instar des minorités, ressentent le besoin de se regrouper pour se faire entendre, quitte à constituer leurs propres coopératives, strictement féminines. C’est l’une des conséquences d’un processus démocratique qui n’est pas abouti. Car la scission n’est pas une fin en soi : « Les minorités se rassemblent souvent en groupes homogènes pour faire reconnaître leur voix, que ce soit à l’intérieur d’une coopérative ou en dissidence. Mais, cela ne les empêchera pas d’intégrer cette coopérative, une fois que le changement culturel sera opéré, conclut Christophe Alliot. Ce qui est garant de l’expression de la diversité, c’est que la coopérative est un organisme vivant ».

La démocratie, une grande force

La culture est une composante forte qui favorise l’enracinement ou, au contraire, suscite des résistances à l’exercice de la démocratie au sein d’une coopérative. Dans les sociétés de type patriarcal, par exemple, tout ou presque reste à faire pour les jeunes. « Ils sont extrêmement minoritaires voire totalement absents des organes de gouvernance des coopératives en Afrique et en Asie. Dans la gestion sociale normale, un jeune ne peut pas avoir d’outils de production ou de vraie capacité de décision avant 40 ans. Le plus souvent il faut attendre la mort du chef de famille, s’inquiète Betty Wampfler avant de nuancer : Le fait que les jeunes partent en ville et reviennent au village contribue à l’érosion du pouvoir hiérarchique, une érosion renforcée par les radios communautaires et la télévision qui montre au jour le jour des sociétés très différentes ».

La hiérarchie sociale pose également le problème des leaders qui ne cèdent pas toujours facilement leur place. Là encore la démocratie fait son chemin. « Il y a aujourd’hui une contestation qui s’exprime dans les conseils d’administration mais aussi à la base des contestations par rapport au fait que cette règle ne soit pas observée ». Des contestations encouragées par des mécanismes comme les audits externes réalisés dans le domaine du commerce équitable.

Les difficultés pratiques pour le fonctionnement démocratique d’une coopérative sont nombreuses. Serge Marohavana, directeur de Fanohana, une coopérative agricole malgache de 228 membres, produisant notamment du litchi équitable, explique qu’il doit aussi surveiller scrupuleusement la bonne rétribution de chaque membre, composer avec la diversité de leur niveau scolaire et donc l’hétérogénéité dans leur capacité à transmettre des informations. Dans les coopératives plus importantes, la communication entre les membres relève d’un véritable exercice d’éducation populaire.

Mais même si garantir le fonctionnement démocratique d’une coopérative peut revêtir des allures de courses d’obstacles, les franchir reste le meilleur moyen de faire progresser la coopérative. « La démocratie est une grande force parce que vous avez un groupe soudé et impliqué qui va être aussi porteur d’un projet au niveau d’une région, ce qui est extrêmement puissant par rapport aux autorités locales. C’est la même chose qu’un bulletin de vote, un bulletin tout seul ne pèse pas lourd mais c’est différent quand vous en avez des milliers », conclut Christophe Roturier, directeur délégué de Max Havelaar France.

Par Philippe F. Nai – Journaliste

initialement publié dans Altermondes

Enquête Logiciel libre : Un modèle d’émancipation

Par Philippe NAI

Au coeur de la recherche

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Un logiciel libre est un logiciel dont l’utilisation, l’étude, la modification et la duplication en vue de sa diffusion sont permises, techniquement et légalement.

La communauté informatique lutte activement contre la privatisation du savoir et des connaissances. Pour les passionnés d’informatique, professionnels ou amateurs, le logiciel «propriétaire» est une véritable hérésie. La recherche et notamment l’amélioration des logiciels se nourrissent de la réflexion collective et de la mutualisation des connaissances.

Firefox, Thunderbird, Open Office, VLC, Gimp, Audacity, 7-zip autant de logiciels libres aujourd’hui largement utilisés. Considéré encore récemment comme le « cancer » de l’informatique par Steve Balmer, ex vice-président de Microsoft, le monde du logiciel libre est désormais investi par des géants comme Google ou des constructeurs comme HP ou Nvidia qui financent l’intégration de leurs produits dans un environnement « libre ». Mieux, en 2005, l’Unesco a reconnu le projet GNU comme « Trésor du monde » . Le logiciel libre est né et a grandi dans le monde de la recherche. A l’époque, pour de nombreux chercheurs, le partage de leur outil de recherche était non seulement naturel mais surtout nécessaire à son amélioration. Une démarche d’autant plus naturelle qu’un logiciel n’est rien d’autre qu’une série de formules mathématiques et que personne ne pensait alors à la possibilité de breveter les mathématiques.

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Firefox a connu un succès croissant depuis sa sortie, dépassant 1,2 milliard de téléchargements en janvier 2010.

La privatisation du logiciel

Dans les années 80, l’avènement de l’ordinateur personnel et la baisse progressive de son coût font naître un marché pour les logiciels, un marché qu’il fallait protéger. Dès lors, les brevets existants sur les machines vont servir de passerelles pour les brevets sur les logiciels. Un phénomène qui, pour beaucoup et notamment Richard Stallman, est devenu une entrave intolérable à la production de savoir. Professeurs au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Richard Stallman et ses collègues s’aperçoivent alors que le partage d’information entre informaticiens est de plus en plus interdit. En 1989, ils participent à la création de la licence GPL dont le but est de « libérer » le logiciel de contraintes commerciales. « En France les brevets ne s’appliquent pas aux logiciels et relèvent du droit d’auteur, précise Jean-Christophe Becquet, vice-président de l’April (Association pour la promotion et la recherche en informatique libre). L’idée du logiciel libre est de s’appuyer sur le droit d’auteur qui confère à l’auteur un droit d’interdire ou d’autoriser son œuvre. Distribuer un logiciel sous licence libre, c’est offrir la liberté pour les utilisateurs d’exécuter, d’étudier, de modifier, d’améliorer et de diffuser ce logiciel et ainsi participer au partage du savoir et de la connaissance. » Pour lui, les brevets freinent l’innovation : « un chercheur ne peut exercer son activité qu’en se basant sur les idées et les travaux de ses prédécesseurs. La recherche est un processus qui fonctionne par incrément successif. On prend l’idée du prédécesseur, on la critique et on l’améliore. Si les idées sont verrouillées par des brevets, on bride la recherche ». De ce fait, certains, comme Hervé Le Crosnier, maître de conférence à l’Université de Caen et membre de l’association Vecam, craignent « la mort de la liberté de programmer. Je ne pourrais plus utiliser les découvertes mathématiques qui ont été brevetées ».

Une utopie pragmatique

connu aussi sous les initiales rms, est un programmeur et militant du logiciel libre. Il est à l’origine du projet GNU et de la licence publique générale GNU connue aussi sous l’acronyme GPL, qu’il a rédigée avec l’avocat Eben Moglen. Il a popularisé le terme anglais copyleft.

Richard Stallman connu aussi sous les initiales rms, est un programmeur et militant du logiciel libre. Il est à l’origine du projet GNU et de la licence publique générale GNU connue aussi sous l’acronyme GPL, qu’il a rédigée avec l’avocat Eben Moglen. Il a popularisé le terme anglais copyleft.

Les logiciels sont des assemblages d’idées, des assemblages de fonctions. « Dans un logiciel de traitement de texte, on met en gras, on souligne. Tout cela concourt à formater le texte. Si une fonction est brevetée, on ne peut pas l’utiliser sans autorisation du détenteur du brevet. Il faut le trouver et négocier, poursuit Jean-Christophe Becquet. Il arrive aussi qu’on puisse être poursuivi pour contrefaçon si on a eu la même idée mais a posteriori ! Aujourd’hui, le monde de l’informatique est tellement complexe qu’il devient impossible de vérifier si ce que l’on utilise est protégé par un brevet ou non. » Et de rappeler qu’avec les brevets, il n’y a pas de possibilité de maîtrise citoyenne de la science. L’enjeu est immense, tant l’informatique est partout aujourd’hui. Selon Hervé Le Crosnier, le monde du libre est devenu un modèle d’émancipation : « En terme de projet social, il crée une utopie pragmatique. Un grand mouvement de lutte contre une forme d’enclosure et d’accaparement du savoir informatique est en train de se construire ici et maintenant ». En effet le mouvement du libre associe une grande variété d’acteurs. Graphistes, traducteurs, pédagogues, utilisateurs, développeurs informatiques, le logiciel libre est la somme des participations de ces diverses communautés. La gratuité permet à ces différents profils d’utilisateurs, ces différentes compétences, d’oublier leurs divergences et de travailler de manière collaborative. Pour Bernard Lang, directeur de recherche à l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria) et cofondateur de l’Association francophone des utilisateurs de logiciels libres (Aful), le logiciel libre est aussi un moyen de redonner une place aux amateurs: « Il y a une sous-estimation de ce que peuvent apporter les passionnés, les amateurs. La science a fonctionné pendant des siècles grâce à des amateurs avertis. Aujourd’hui, le mouvement du logiciel libre est en train de ramener les amateurs sur le devant de la scène, c’est fantastique ! » Vivantes et créatives, les initiatives collaboratives, où professionnels et amateurs travaillent main dans la main, se multiplient. Le logiciel libre a inspiré le contrat Creative Commons destiné à faciliter l’utilisation d’œuvres (textes, photos, musique, sites web) ainsi que leur création. Dans le domaine de l’éducation, le projet de l’association Sésamath utilise une licence libre – la même que pour Wikipedia – pour diffuser sur Internet et en librairies des manuels scolaires de mathématiques que les enseignants peuvent adapter à leurs besoins.

Au Sud, du nouveau ?

L'Assemblée de l'Amérique centrale Free Software 2012 travail sur différents sujets liés à la philosophie du logiciel libre, la diffusion libre et gratuite du savoir en général. C'est un espace d'articulation, de coordination et d'échange d'idées. http://softwarelibre.ucr.ac.cr/

L’Assemblée de l’Amérique centrale Free Software 2012 travail sur différents sujets liés à la philosophie du logiciel libre, la diffusion libre et gratuite du savoir en général. C’est un espace d’articulation, de coordination et d’échange d’idées.
http://softwarelibre.ucr.ac.cr/

La philosophie du logiciel libre est fondée sur la mutualisation des savoirs, un principe en complète harmonie avec la culture du partage, traditionnelle dans nombre de pays du Sud. Pourtant, selon Patrick Sinz, membre de l’Aful et président d’honneur de l’association bolivienne Software y Cultura Libre, ces pays souffrent de nombreux handicaps pour profiter et participer pleinement à la communauté du libre. « Les gouvernements et les opérateurs des pays en voie de développement découragent en pratique l’hébergement local de site, notamment par les coûts importants. Les plateformes de dépôt des logiciels libres sont donc toutes hébergées “à l’étranger”. En outre, l’accès à l’Internet haut débit est limité dans la majorité de ces pays. Peu de gens peuvent donc télécharger les logiciels et participer à leur amélioration. Enfin, en Bolivie comme dans d’autres pays, une bonne partie de la population utilise les cybercafés ». Les usagers n’ont donc aucun choix de logiciel à faire. Et quand bien même, il serait plus simple d’acheter Windows 7 à 2€ que de télécharger Linux. Au Brésil, cependant, les choses changent. « La relative confiance des entreprises brésiliennes dans les compétences locales et une politique assez volontaire du gouvernement Lula ont permis le développement d’une industrie locale de l’informatique, à l’image de Positivo qui distribue des machines grand public sous Linux », précise Patrick Sinz, soulignant aussi le fait que le gouvernement brésilien utilise également très largement des machines Linux dans l’éducation.

Un heureux hasard

Qu’est-ce que la sérendipité ? C’est le fait de réaliser une découverte au hasard d’une réflexion, une réflexion stimulée par la créativité née du savoir et de l’intelligence collective. Pour Bernard Lang, la sérendipité est un composant essentiel de la recherche : « Le collisionneur de hadrons, un accélérateur de particules récemment inauguré au CERN, passe son temps à provoquer des collisions entre les particules, pour que, de temps en temps, par le plus grand des hasards, il se produise quelque chose de nouveau, un événement qui permette d’en connaître un peu plus sur la matière. L’idée du logiciel libre est un peu similaire. En multipliant les accès à un logiciel, les chances pour que ce dernier passe entre les mains d’un programmeur qui aura une idée lumineuse sont multipliées. Plus on favorise les rencontres plus on a de chances d’aboutir à un heureux hasard.»

Paru dans le hors série d’Altermondes « Sciences et démocratie », vous pouvez vous abonnez ici

PROLONGER : Le danger des brevets logiciels par Richard Stallman

Nouvelle parution ! Altermondes n°31 Les coopératives : le capital humain et autres actualités

Dans ce billet, je vous présente ma dernière participation en date à Altermondes, le magazine de la solidarité internationale et vous mets aussi en lien mon intervention dans l’émission Report Terre diffusée sur France 5. J’ajoute un lien vers un documentaire qui apporte son éclairage sur le capitalisme financier.

Ma contribution dans Altermondes

Pour ce hors série, j’ai enquêté sur le lien entre coopérative et démocratie ainsi que sur les difficultés rencontrées lors de l’aventure coopérative, l’occasion d’illustrer le chantier de la démocratie participative dans le travail à travers les coopératives agricoles.

La coopérative est l’illustration même de l’exercice de la démocratie participative locale. En cela, elle est un outil structurant de révolution citoyenne. J’ai construit l’article en partant de l’Amérique du Sud pour comprendre le sursaut qui fait l’appropriation privilégié de cette forme d’organisation sur ce continent. Cela m’a permis d’interroger le pourquoi de tout ces efforts car la coopérative est une aventure exigeante et d’aborder en particulier la question de la motivation qui a fait tenir cette entreprise commune : au sens de construire à plusieurs. Car finalement, la coopérative de production, c’est un peu une « entreprise de tous », chaque membre a prise sur l’outil qui fait avancer le collectif .

Altermondes : Coopératives, le capital humain

Edito de David Eloy

C’est à la fin du XIXème siècle que de simples citoyens, subissant de plein fouet les conséquences désastreuses de la crise qui sévissait en Europe, eurent l’idée de mettre en commun leurs faibles moyens pour s’en sortir. Depuis, le mouvement coopératif a essaimé partout dans le monde. Il est aujourd’hui un acteur incontournable du fonctionnement de nos sociétés.

En Argentine, les ouvriers récupèrent les usines et relancent la production. En République dominicaine, les coopératives de bananes équitables sont des acteurs économiques influents. Au Pérou, la nouvelle vice-présidente s’est formée à la démocratie au sein du mouvement coopératif. En Thaïlande, ce sont les coopératives qui produisent le premier riz bio du pays…, ce dossier vous propose de partir aux quatre coins du monde à la rencontre des coopératives qui, parce qu’elles ont préféré parier sur le capital humain plutôt que le capital financier, portent en elles les gènes d’une réelle alternative.

Dossier réalisé en partenariat avec AVSF, CFSI, CG Scop, Ethiquable, Fédération Artisans du Monde, Max Havelaar France, Plate-Forme pour le commerce équitable et la Semaine de la solidarité internationale.

Report Terre (des initiatives pour l’environnement)

Rediffusion du 26min qui relate de mon expérience dans l’émission

http://www.pluzz.fr/les-report-terre-2012-09-30-20h00.html

Dossier Carbone : Cycle et échange (3e partie)

L’élément carbone se trouve sous deux formes : carbone organique et inorganique. On peut donc étudier deux cycles qui sont finalement imbriqués l’un dans l’autre. Nous allons distinguer le carbone organique de sa forme inorganique. On peut donc étudier deux cycles qui sont finalement imbriqués l’un dans l’autre.

Le cycle du carbone organique

Le carbone organique est le carbone produit par les organismes vivants et est associé à des atomes d’hydrogène, d’azote, de phosphore et d’autres atomes de carbone au sein de molécules constituant la matière organique ou les hydrocarbures. Ce cycle est constitué de différents compartiments : atmosphère, organismes vivants (ou biotes), sols et sédiments marins, roches sédimentaires.

De l’atmosphère aux êtres vivants : fixation du Co2

La photosynthèse est le processus qui permet l’intégration du carbone dans le réseau du vivant. Etendu à l’échelle de la planète, elle a lieu dans les forêts par végétaux chlorophylliens mais surtout au niveau des océans via les microorganismes photosynthétiquesle phytoplancton. Au cours de ce processus, le carbone du Co2 (minéral) est fixé et permet de former des molécules organiques et ce grâce à l’énergie lumineuse selon la réaction :

6 CO2 + 6 H2O + hν (énergie lumineuse) → C6H12O6 (glucose) + 6O2

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