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Archive pour la catégorie ‘Sciences’

Sénégal 2010- Avant départ

Chapitre zéro : Avant départ

Nous y sommes !

Le départ approche et ce qui n’était qu’une idée dans une tête encombrée devient finalement une réalité. A force d’audace, de motivation et d’envie, nous allons partir tourner notre premier documentaire. Je suis très content !
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Pour moi, chaque nouvelle aventure est aussi la fin d’une autre. En l’occurrence, mon séjour de quelques mois à Greenpeace, m’a beaucoup apporté. Porter le T-shirt vert et aller au delà du cercle des convaincus fut un défi personnel et le relever m’a fait le plus grand bien. Plus que de me faire une idée sur des enjeux environnementaux, j’ai pu surtout y forger des opinions mûries, fruits du contact quotidien avec le grand public que ce soit dans la région parisienne, dans le Vaucluse, en Provence Alpes Côtes d’Azur ou dans la Drôme.
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Partout, j’ai rencontré des gens géniaux, avec qui j’ai pu avoir de belles discussions qui m’ont inspiré une énergie nouvelle et éclairé de nouveaux sentiers. j’ai appris en tous domaines et beaucoup humainement, en particulier sur moi même. Mes quelques jours sur l’Esperanza (à ce jour, le plus grand navire de Greenpeace), resteront pour moi inoubliables ; il y a quelque chose de très beau à voir tous ces gens d’horizons si différents unis autour d’une même cause, c’est peut être cela la véritable l’énergie renouvelable.
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Donc, à tout ces gens que j’ai rencontré (et à un certain Gilles), je dédie chaleureusement cet imminent voyage.
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J’en profite pour remercier la ville de Clichy (Danielle Ripert conseillère municipale déléguée à la jeunesse, la commission du BIJ et Monsieur le Maire Gilles Catoire) et la commission « Envie d’Agir » du département des Hauts de Seine (en particulier Fatia Thella) pour les bourses qu’ils nous ont décernés et la confiance qu’ils ont eu en notre démarche.

Le voyage le voici :

Le Plan : Explorer le Sénégal à travers un voyage d’un mois et demi
La méthode : Prendre un aller simple et filmer nos rencontres, nos aventures et nos découvertes
Nos alliés : liberté, indépendance, confiance et improvisation
Objectifs : Participer à changer les regards sur l’Afrique, la jeunesse, la nature en commençant par le nôtre
Les Porteurs de Lanternes

Equipement :

« L’aventureuse », notre caméra, une sony Z5 de baroudeur qui sera nos yeux et nos oreilles.
Une petite caméra étanche pour la biodiversité marine.
Ainsi que mon reflex qui me suit dans mes aventures depuis un an déjà.

L’équipage :

Emilien Sage Vallier, un ami à l’air nonchalant avec qui j’ai effectué mes études d’écologie,
Il m’aidera à prendre les images et servira d’appui pour mes réflexions.
Sa passion : le cinéma et les singes, il a passé plusieurs mois à les étudier pour son mémoire de master
Mon frère Robert NAI, un technicien hors pair, sera notre tisseur d’images (monteur), il sera aussi derrière l’objectif de la caméra.
Je n’oublie pas Isabelle Goetz, que j’ai rencontré à Greenpeace et qui a rejoint l’équipe pour nous prêter main forte de Paris, elle travaillera à la diffusion du documentaire.
Le responsable de cette initiative? C’est moi :
Philippe Fusée NAI
28 ans, journaliste
écologue de formation, amateur de rock n’roll et occasionnellement grand idéaliste…

La route :

Nous partirons de Dakar où nous retrouverons l’association Océanium, une association incontournable de protection de l’environnement au Sénégal. Nous les suivront sur la côte en Casamance pour témoigner d’une vaste opération de reboisement qui a pour objectif la restauration de la mangrove en plantant 100 millions de palétuviers  après avoir déjà atteint 36 millions l’an passé. Une initiative qui a eu un impact très positif sur l’écosystème, la biodiversité mais aussi et surtout sur les mentalités.
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Toujours en Casamance, nous rencontrerons le GRDR, un groupe de recherche menant des projets en faveur d’un développement rural qui fait echo aux action menées par Océanium : nous suivrons leur lutte pour la réhabilitation des terres cultivables qui subissent les crues salées du fleuve.
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A Mbao, le poumon vert de Dakar, nous seront accueilli au Siège de l’Association Sénégalaise des Amis de la Nature, historiquement la doyenne des associations de défense de l’environnement dans le pays qui nous montrera ses méthodes de sensibilisation à l’environnement.
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A Mboro, nous irons à la rencontre de Pierre Khar Tine, directeur de l‘école Notre Dame qui à l’occasion d’un échange culturel a reçu les brigades vertes de Clichy (France) permettant la construction d’un puit agrémentée d’une pépinière de cinquante six plantes de variétés différentes. Ce sera l’occasion d’avoir une vision a posteriori de cette action humanitaire.
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Ensuite CAP sur Popenguine à 45 km de Dakar, nous rencontrerons un regroupement de femmes qui se sont liguées pour la réhabilitation d’une réserve naturelle. Réserve à la base site d’hivernage de passereaux paléarctiques et autres oiseaux migrateurs. L’initiative fut un succès et le mouvement des « femmes de Popenguine » s’est développé jusqu’à en faire un collectif villageois de 1173 femmes.
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Nous irons ensuite dans le Sine Saloum, région splendide au sud du Sénégal, se dégradait à cause de la surpêche. Mais les habitants, avec l’aide d’Océanium, ont changé l’avenir du delta. Une action écologique exemplaire pour la biodiversité. Nous observerons aussi la biodiversité des oiseaux au parc national des îles de la Madeleine. Ce parc permet aussi la sauvegarde d’une faune ichtyologique particulièrement abondante des fonds marins rocheux peu profonds car la pêche y est interdite.
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Puis nous aviserons parmi les différentes options pour mieux connaître le pays, les aspirations de son peuple et ses regards sur l’Europe, l’écologie, la jeunesse.
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Ce qui nous rassemble? L’envie d’apprendre et de partager. Un esprit rêveur couplé à l’amour de la réalité. Personnellement, je ne sais si l’histoire est un éternel recommencement mais j’aime l’idée de retrouver la case départ, avec tout à apprendre, c’est parti !
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Philippe Fusée NAI

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Les piscines biologiques : des écosystèmes pour barboter

Ras le bol des cuirs chevelus ou des yeux irrités par les désinfectants après une séance de piscine ? Ou encore, de jouer à l’apprenti chimiste en versant force chlore, sulfates de cuivre ou autres anti – algues, produits pour le pH, agents floculants et anti-calcaire (je m’arrête là, la liste est encore longue) pour qu’elles ressemblent à un lieu stérile, aussi désinfecté que désinfectant ?

La piscine de Combloux en Haute Savoie peut accueillir jusqu’à 700 visiteurs par jour dans 1500m² réservée à la baignade.

Un écosystème aquatique

Dans ce cas, vous allez devenir un adepte des piscines biologiques. Ces piscines recréent l’équilibre d’un étang naturel. Elles disposent d’une flore et d’une faune aquatique chargée d’assurer naturellement l’épuration des eaux du bassin de baignade. Autrement dit, pour ceux qui ne supportent pas la vue d’un têtard je leur conseille de ne pas s’y risquer. A moindre échelle, les piscines biologiques abritent de nombreux microorganismes. Toute la finesse de ces piscines consiste ainsi à empêcher le développement de germes pathogènes (provoquant des maladies) en favorisant des bactéries dites « amicales » qui consommeront les ressources du milieu.

Ces piscines sont apparues au début des années 90, en Allemagne, Hollande et en Suisse, mais il faut attendre 2003 pour qu’elles émergent en France. Depuis, elles connaissent un engouement non-démenti, aussi bien auprès des particuliers que des infrastructures qui accueillent du public.

On y distingue une zone de baignade et une zone de traitement de l’eau formé par un bassin d’épuration et d’un bassin de régénération. L’objectif est de maintenir la qualité de l’eau à des valeurs respectant les normes françaises physiques, chimiques et microbiologiques des eaux de baignades.

Le bassin d’épuration ou système de lagunage épure les éléments chimiques polluants par des bactéries fixées dans le lit de filtration (pierres poreuses) de manière à transformer les substances organiques en matières minérales qui peuvent êtres puisées par les plantes aquatiques. Le bassin de régénération achève d’épurer et d’oxygéner l’eau, et agrémente le bassin de baignade : c’est la qu’on trouve les plantes qui ont principalement des propriétés décoratives et oxygénatrices.

Comme vous pouvez vous en douter, plusieurs modèles existent suivant l’espace dont vous possédez (Plus la taille des bassins de régénération et d’épuration augmentent et plus la capacité des piscines augmentent), le budget que vous voulez investir…

Une législation en eaux troubles

La crainte d’avoir un risque sanitaire en ce qui concerne l’efficacité du traitement de l’eau est souvent mise en avant par les inconditionnels de la bonne vieille piscine chlorée. Toutefois, ce risque est quasi-nul si l’équilibre général du bassin est atteint. Bien que ces piscines ne soient pas considérées comme de vrais piscines de part leur appellations de bassin- étang ou de bassin de baignade naturelle, les piscines à épuration biologique doivent respecter la réglementation française des eaux de baignade. Dans le cadre privé, l’hygiène et la qualité de l’eau sont donc placées sous la responsabilité du propriétaire. Dans le cadre public, les piscines naturelles ne sont pas autorisées par la DDASS car elles ne garantissent pas une désinfection systématique de l’eau.

L’eau des bassins des piscines doit répondre aux normes physiques, chimiques et microbiologiques de l’Article D1332-2 du Code de la Santé Publique. Il est à déplorer la non responsabilité des pouvoirs publics, propriétaires et constructeurs qui ne cherchent pas à clarifier la situation par des études indépendantes.

Des avantages en nature !

A part les bienfaits ressentis, les différences sont claires.

Une piscine traditionnelle est un lieu aseptisé par l’ajout de chlore, d’hypochlorite de sodium, de brome ; et le retrait des feuilles et des insectes alors qu’une piscine biologique est un veritable écosystème aquatique qui abrite grenouilles, crapauds, libellules, araignées d’eau, escargots aquatiques. Cependant, ce cadre bucolique nécessite une surface 2 à 3 fois supérieure à une piscine traditionnelle et s’oppose au décor froid d’une piscine traditionnelle que l’on bâche l’hiver.

Une grande économie d’eau est réalisée par rapport aux piscines traditionnelles (sur la base d’un fonctionnement de la filtration 8 à 12 heures par jour en temps continu). On n’utilise de l’électricité que pour faire fonctionner la pompe à eau (environ 0,50kW/H à raison de 5 heures). Si l’investissement lors de la construction est plus important, l’entretien annuel d’une piscine biologique est moindre sur le long terme (600 euros pour la consommation électrique de la pompe et l’apport d’eau nécessaire pour compenser l’évaporation en été).

Si vous n’avez pas le budget nécessaire pour vous offrir une piscine naturelle ou chimique soit entre 10 000 et 30 000 € tout de même, il vous reste à attendre le déploiement de piscines municipales biologiques encore trop rares en France.

Maud LeBoulh

Experte en procédés de traitement des eaux, dépollution des sols et techniques de diagnostic.

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Biodiversité : la vie en cage

Il y a encore peu de temps, on ne se souciait pas vraiment du bien-être des animaux en captivité. Leur donner à manger et les faire se reproduire étaient les seules priorités des zoos en vue de garantir leur pérennité. L’étude du comportement animalier existe depuis longtemps, mais ce n’est qu’à partir des années 1930 que l’éthologie moderne a vraiment émergé. Le désir de comprendre le comportement des animaux a très vite fait de l’éthologie une science répandue et s’est logiquement insinuée dans les parcs animaliers.

Des lions reposent leur museau sur une barre de leur cage dans un zoo près de Amman, en Jordanie. (REUTERS/Ali Jarekji)

Stéréotypies

En milieu naturel, les animaux passent le plus clair de leur temps à la recherche de nourriture. Aucune autre activité ne leur dévore autant de temps que le besoin d’être rassasié. Mais quand la quête du « Graal » se transforme en messe tous les jours à heure fixe via l’homme, c’est tout leur emploi du temps, au sens propre du terme, qui est perturbé. L’animal captif n’a rien à faire, ses activités quotidiennes se limitent à attendre l’heure du repas et à se faire épier par d’étranges bipèdes. L’ennui devient par conséquent la principale occupation reine et des stéréotypies apparaîssent.

Les stéréotypies s’expriment généralement comme des automatismes consistant à répéter continuellement des séquences de mouvements sans fonction apparente. Il peut en être différent selon les espèces . L’animal peut reporter son attention :

  • sur son environnement (destruction)
  • sur ces congénères (agressivité)
  • sur lui-même (auto-mutilation, toilettage excessif).

En captivité, les animaux développent des stéréotypies

Si vous avez l’occasion d’aller observer des animaux en captivité, oubliez leur beauté pour vous concentrer un peu plus sur leur comportement : beaucoup souffrent de stéréotypies, en particulier les fauves (il suffit d’aller à la ménagerie de Paris pour s’en convaincre). Ces prédateurs sont avant tout des animaux territoriaux qui ont besoin d’un grand espace pour chasser et bien les nourrir n’atténue en rien cet instinct de territorialité : nous même sortons pour nous aérer, alors que le réfrigérateur est remplit. Si vous avez la chance de visiter le zoo de la Palmyre, arrêtez-vous quelques instants devant les ours polaires pour assister à un triste spectacle.

Pour tenter de réduire les stéréotypies, les parcs zoologiques ont recourt à ce que l’on appelle des programmes d’enrichissement, qui consistent à « enrichir » le milieu de l’animal, pour susciter chez un individu des comportements typiques de l’espèce, dont ceux liés à la quête alimentaire. Les chimpanzés par exemple, utilisent des brindilles dans la nature pour pêcher des termites. Il suffit donc leur donner un peu de nourriture dans une boîte percée afin de reproduire ce comportement. L’Homme laisse faire l’animal, il n’interagit pas avec lui.

Les chimpanzés par exemple, utilisent des brindilles dans la nature pour pêcher des termites.

Programmes d’enrichissement

Un dauphin captif vit beaucoup moins longtemps qu’un dauphin libre.

Malheureusement, l’enrichissement est parfois confondu avec le divertissement. Dans ce cas, l’homme interagit avec l’animal et lui fait faire des ‘tours’ en échange d’une récompense. Il ne s’agit alors plus d’enrichissement, en tout cas pas pour l’animal.  Il s’agit ici d’exploiter d’animaux à des fins commerciales ou comment le show-business s’invite dans l’écologie…

Mais l’enrichissement n’est pas suffisant ; les animaux ont souvent besoin de plus de place. Mais beaucoup de zoos se trouvent dans des zones urbanisées et ne peuvent donc être agrandis. Un exemple aberrant :  les orang outans de la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris sont enfermés dans des cages atrocement petites. Or, il est très difficile d’agrandir leurs cages car la ménagerie a été classée monument historique en 1993, interdisant la modification du bâtiment.

(Philippe) J’ajoute un autre exemple : celui des delphinariums (les bassins à dauphins) qui, sous des apparences festives, provoquent tellement de stress chez les animaux qu’ils développent régulièrement des ulcères. A Kamakura, un dauphin vit dans un minuscule bassin, avec la nageoire dorsale affaissée d’un coté à force d’y tourner en rond, toujours dans le même sens. Cette situation n’a malheureusement rien d’exceptionnelle… A voir the Cove, la baie de la honte, un documentaire de Louie Psihoyos nominé aux Oscars avec Richard O’Barry. (Pour en savoir plus : le blog des dauphins, autres interviews)

Les orang outans de la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris sont enfermés dans des cages atrocement petites.

Zoos et conservation

Il ne s’agit pas un article contre les parcs animaliers, il est évident qu’ils contribuent à  la conservation d’espèces (sans eux, les grands singes disparaîtraient de la surface de la terre dans une 40aine d’années). Malheureusement certains zoos sont bien mal adaptés et beaucoup trop petit pour le bien-être de ces occupants. Les parcs zoologiques de Cerza et de Thoiry sont deux exemples montrant qu’il est possible d’avancer dans le bon sens et de permettre aux animaux d’avoir une vie un peu moins close que dans des zoos situés en zones urbaines.

Emilien Sage-Vallier

edité par Philippe F. NAI

Signez la pétition contre la vente de viande de dauphin

Pétition contre la vente de viande de dauphins

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La diversité des parasites


Hymenolepis microstoma

Hymenolepis microstoma

La biodiversité, c’est quoi pour vous?

Des oiseaux de toutes sortes, des fleurs de toutes les couleurs, des animaux de la savane, un panda ?  L’évolution a conduit à une diversité du vivant surpassant notre imagination, autant dans l’infiniment grand que dans l’infiniment petit. Une bibliothèque du vivant dont les espèces sont autant de livres riches de connaissances qu’il reste à découvrir. Sceptique? Susan Perkins, parasitologue à l’American Museum of Natural History, nous propose une toute autre odyssée…

Birds of all kind, flowers of all colors, animals from the savannah, a panda? Evolution led to a biodiversity outstanding any expectations at every scale. A library of the living in which each specie is an unread book full of knowledge. Sceptical ? Susan Perkins, parasitologist at the American Museum of Natural History, opens the door to a unusual kind of odyssey…

Parasite of the day

A travers le site Daily Parasite, Susan Perkins offre un podium à 365 parasites triés sous la loupe : un par jour. Chaque parasite a droit à un petit portrait expliquant son mode de vie et ses particularités. C’est ainsi tout un univers insoupçonné et insoupçonnable que notre « hôte » se propose de nous faire découvrir. L’occasion était trop belle pour ne pas poser quelques questions à cette spécialiste à l’occasion de l’année de la biodiversité à laquelle cette initiative fait écho.

Daily Parasite is more than a website, it’s a showcase offering 365 parasites a place under the spotlight : one per day. Each parasite has its description to expose its features and way of transmission. Our « host » is inviting us to explore a whole universe we could never have imagined. Of course I had to ask this specialist some questions for the sake of the Year of the Biodiversity.

- Why should we preserve  biodiversity?

-  Pourquoi préserver la biodiversité?

There are several reasons.  For one, we never know what knowledge and products will come from discovering new and different species.  A good example is the discovery this week of a snail with incredibly tough armor that they are now saying may offer inspiration for body armor for people. Another reason is simply, diverse communities and habitats are healthy communities and habitats.  And parasites are part of that (see below).

Un escargot à la coquille dure

Il y a plusieurs raisons. La première est qu’on ne sait jamais quelles connaissances et quels fruits nous pouvons tirer de la découverte de nouvelles espèces. Un bon exemple est la découverte cette semaine d’un escargot avec une armure particulièrement résistante dont on dit qu’elle pourrait inspirer la conception d’armures adaptées à l’homme. Une autre raison est simple : des communautés et des habitats sains sont des communautés et des habitats diversifiés. Et les parasites participent à cela.

- How is biodiversity seen in the field of parasitology?

- Du point de vue de la parasitologie, comment voit on la biodiversité ?

Parasitologists know that they work on an incredibly diverse group of organisms.  If we assume that every organism on the planet has at least one specific parasite (almost certainly a gross understatement), then there are way more parasites than anything else (…) But a lot of other folks don’t really think about parasites – they’re small, they can be a little hard for the squeamish, and they are often seen as things you don’t want around.

Les parasitologues savent qu’ils travaillent sur un groupe d’organismes très diversifié. Si nous supposons que chaque organisme sur la planète abrite au moins un parasite (ce qui est peu dire), alors il y a plus de parasites que quoique ce soit d’autre (…) Mais beaucoup de gens ignorent les parasites – ils sont petits, pas très glamours et sont souvent vus comme des choses qu’on préfère garder à distance.

- Is the diversity of parasites threatened?

- Est ce que cette diversité des parasites est menacée ?

Sadly – very.  Their diversity is threatened because their hosts are threatened.  And their diversity is threatened because human impacts to the environment could alter their transmission and drive them extinct very quickly.

Malheureusement, oui. Ils sont menacés car leurs hôtes sont menacés. Ils sont menacés à cause de l’impact de l’anthropisation sur l’environnement qui peut altérer leur transmission et conduire à leur extinction rapide.

- What is the role of parasites in their ecosystems?

- Quel est le rôle des parasites dans leurs écosystèmes?

They are vital for healthy ecosystems.  It may seem counter-intuitive, but disease promotes diversity in ecosystems.  A good example can be seen in the post from January 15th, written by Tommy Leung.  The parasite in this case makes it difficult for the clam host to burrow and so they are more often predated by birds.  But the dead clams on the substrate make the habitat more varied – it gives other organisms a place to live. In addition to these ecological reasons, parasites are also important for promoting the genetic variation of their hosts.  Curt Lively has done some excellent work on this, for example.

Un parasite des arthropodes qui peut tuer les mâles, les féminiser mais aussi permettre aux femelles de se reproduire par parthogénèse

Ils sont essentiels à des écosystèmes sains. Cela peut sembler contre-intuitif, mais en fait les maladies promulguent la diversité dans les écosystèmes. Un bon exemple peut être vu dans l’article du 15 janvier, écrit par Tony Leung. Le parasite en question altère la capacité de la palourde hôte à s’ensevelir dans le sable ce qui la rend plus vulnérable à la prédation par les oiseaux. Or les coquilles de ces bivalves participent à fabriquer un habitat plus hétérogène qui permet d’abriter des individus d’autant plus variés. En plus de ces raisons écologiques, les parasites sont aussi important pour promouvoir la variabilité génétique de leurs hôtes. Curt Lively a fait un excellent travail là dessus.

- How useful is the field of parasitology ?

- Quelle est l’importance de la parasitologie ?

It’s incredibly useful, but has waned a lot in the past few decades.  We desperately need people who are trained to collect, identify and otherwise study parasites.  But work done on these organisms has formed some of our key understandings in ecology and evolution, genetics, immunology, etc.

Envie de voir par vous même? C'est ici =>

C’est incroyablement utile, mais cela a été délaissé énormément ces dernières dizaines d’années.  Nous manquons cruellement de gens qualifiés pour collecter, identifier sinon étudier les parasites alors que le travail fait en la matière constitue est une des clés essentielle à la compréhension de l’écologie et de l’évolution, de la génétique, de l’immunologie, etc.

Levons les yeux de la loupe

La question que sous-tend cet article est jusqu’où percevont nous la biodiversité ? A quoi l’associe t’on? Le subtil équilibre des écosystèmes repose sur un complexe maillage constitué par diverses espèces. La fonction d’une espèce dans un écosystème est complètement dissociée de son sex appeal médiatique. Préserver la biodiversité n’est pas préserver un mur d’images, pas seulement, il s’agit de sauvegarder un système qui nous permet de vivre et nous épanouir, une machinerie dont les rouages nous restent inconnus. Mon père était horloger, il m’a appris qu’il suffisait qu’une pièce manque, n’importe laquelle, quelqu’en soit la taille, la forme ou la beauté, une seule pièce pour que la montre s’arrête de fonctionner. Bien sûr la Nature est plu résiliante mais jusqu’à quel point?
The question this article inspires is how do we perceive biodiversity ? The fragile dynamic balance of the ecosystems lays on a complex network made of a variety of species. The functionality of a specie is completely independent from its media-friendliness. To preserve biodiversity is not only to preserve a wall of pictures like in a puzzle, the whole picture is to save a system that allows us to live and to learn, a machinery in which most the parts are still unknown. My father was watchmaker, he taught me that it’s only a matter of one part missing, no matter the sized, the shape or the beauty of it, one part missing and the clock is broken. Of course nature is more resilient but to which extend?

Philippe F. NAI
Pour en savoir plus sur l’escargot blindé, c’est ici :



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Dossier Carbone : 2e partie

Le carbone formes et stockage…

Dans le 2e volet de notre dossier consacré au carbone, nous allons évoquer les différentes formes sous lesquels on peut trouver le carbone. On parlera aussi des puits naturels de carbone afin de mieux comprendre comment le carbone est stocké à l’état naturel.

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Une quantité énorme de carbone est emprisonné dans les glaces sous forme d'hydrate de méthane. Un réchauffement climatique pourrait avoir des conséquences désastreuses en libérant le méthane, un gaz à effet de serre 20 fois plus persistant que le CO2.

Les différentes formes de carbone

carbone

Le diamant est la forme métastable du carbone. C'est la matière la plus dure à rayer sur Terre.

On entend par formes de carbone, les formes de stockage du carbone fossile. Ainsi, dans la croûte terrestre le carbone se présente sous forme :

  • Non combustible : ce sont les roches minérales comme celles issues de l’océan (la craie et le calcaire, contenant du CaCO3), que fixent de grandes quantités de carbone. Le carbone comme corps pur existe aussi dans la nature sous forme de diamant que l’ont retrouve dans des roches comme les kimberlites.
  • Combustible (les hydrocarbures), issus des processus de décomposition de végétaux terrestres dans des conditions très particulières (décrites dans la première partie du dossier).
  • Sous forme d’hydrates de gaz : On a découvert, il y a peu, que le sous-sol des forêts boréales et les fonds océaniques contenaient de grandes quantités d’hydrates de méthane. On estime aujourd’hui que ces composés des fonds océaniques contiennent deux fois plus en équivalent carbone que la totalité des gisements de gaz naturel, de pétrole et de charbon connus mondialement. Là, les matières organiques mortes se sédimentent et se décomposent. Ce processus est dirigé par des bactéries anaérobies méthanogènes qui ne se trouvent que dans les profondeurs et les milieux mal oxygénés.

Sous des conditions de température et de pression particulières, la glace (H2O) peut piéger des molécules de gaz (comme le CO2, le CH4 ou le sulfure d’hydrogène H2S) formant une sorte de cage emprisonnant les molécules de gaz. Une glace contient une quantité énorme de gaz : la fonte de 1 centimètre cube de glace libère jusqu’à 164 centimètre cubes de méthane! (Suess, E., Bohrman, G., Greinert, J. et Lausch, E. Le méthane dans les océans. Pour la Science, No 264 – octobre 1999)

Les puits naturels

Les arbres stockent le carbone pendant leur croissance


Le stockage ou séquestration du carbone, regroupe différents processus qui transfèrent le CO2 de la biosphère aux trois principaux puits : les écosystèmes continentaux, l’océan, les stocks fossiles ou minéraux.

On appelle puits de carbone, un réservoir qui stocke plus ou moins durablement  le carbone sous une forme ou une autre. Il faut souligner que la notion de puits est dynamique, tout dépend du bilan des flux de carbone. L’atmosphère est scientifiquement parlant un puits mais n’est pas reconnu en tant que tel car le concept de « puits de carbone » s’est répandue avec le protocole de Kyoto créé dans le but de réduire les concentrations élevées et croissantes de CO2 atmosphériques.

Les écosystèmes continentaux

Il s’agit surtout des forêts. Le sol contient l’essentiel du carbone des écosystèmes terrestres notamment sous forme d’humus (matière organique relativement récente non identifiable provenant de la décomposition de végétaux essentiellement). L’autre moitié du stock du carbone du sol est profond, stable, âgé et difficilement dégradable. L’essentiel du carbone forestier est dans le sol

Les forêts ne fixent davantage de carbone qu’elles n’en produisent que pendant leur période de développement en stockant le carbone via la photosynthèse ; passée celle-ci, le carbone se fixe dans le sol et les divers éléments de l’écosystème mais l’absorption globale devient nulle : les plantes absorbent autant de CO2 que le milieu en produit. Le stockage dans les végétaux n’est relativement durable que dans le bois. En effet, les feuilles et tiges ont des durées de vie faible et sont plus facilement dégradables par les bactéries du sol : leur décomposition libère du CO2 dans l’atmosphère.

Cependant avec le réchauffement de la planète, les incendies de forêt libèrent des quantités énormes de CO2, celles-ci ne se comportent plus comme des puits mais comme des sources. De plus les sols cultivés, sont utilisés comme des sources de carbone et autres nutriments pour les cultures. Une étude récente portant sur le priming effect a démontré que ces sols n’arrivent plus à stocker le carbone qu’on leur apporte artificiellement car le carbone est alors utilisé comme source d’énergie pour les bactéries qui, en respirant, produisent au contraire du CO2.

Les océans

Les coraux participent également à la séquestration du carbone dans les océans. Ce petit animal utilise le carbone pour fabriquer son squelette. On estime ainsi que la grande barrière de corail australienne pourrait mourir et disparaître au cours des prochaines décennies du fait du réchauffement climatique.

Les coraux participent également à la séquestration du carbone dans les océans. Ce petit animal utilise le carbone pour fabriquer son squelette. On estime ainsi que la grande barrière de corail australienne pourrait mourir et disparaître au cours des prochaines décennies du fait du réchauffement climatique.

Le système océanique contient près de 60 fois plus de carbone que le réservoir atmosphérique. Sa capacité à stocker du carbone et l’importance du flux de carbone à l’interface air-mer lui confère un rôle clé dans le contrôle du contenu atmosphérique de CO2. Seul le contenu en carbone de la lithosphère surpasse le réservoir océanique. Il n’en demeure pas moins qu’une partie significative des échanges avec la lithosphère transite par l’océan. Le flux de carbone air-mer est contrôlé par deux facteurs que nous verrons dans la partie cycle du carbone.

Les premiers coraux ont ainsi transformé l’atmosphère terrestre initiale en stockant l‘excès de CO2 atmosphérique de la planète, tôt dans son histoire. C’est au niveau de l’interface eau-sédiment marin que s’opère le partage entre recyclage et enfouissement des squelettes de CaCO3. La fraction du flux qui est enfouie est soustraite du système pour des temps géologiques. Ainsi, les stromatolithes, premières roches coralliennes connues, dateraient environ de 3,5 milliards d’années. D’autres organismes qui fabriquent des pièces calcaires sont les coccolithophoridés (micro-algues), les foraminifères (protozoaires), et les ptéropodes (mollusques pélagiques). Le couplage dilution du CO2/bio-calcification fait de l’océan un puits de carbone efficace.

Sur des échelles de temps de milliers d’années, 85 % du carbone de l’atmosphère ont été absorbé par les océans. Les proportions de CO2 sont de 40 000 milliards de tonnes de carbone dans l‘océan, 750 milliards dans l’atmosphère et de 2200 sur terre. Si tout le CO2 atmosphérique était stocké dans les couches profondes de l’océan, la concentration de CO2 dans l’océan ne s’en trouverait accrue que de moins de 2 % !

Encore beaucoup d’inconnues

D’une manière générale, la capacité de stockage des systèmes naturels reste mal connue car le stockage résulte de plusieurs facteurs biologique et climatique : le taux de CO2 stimule la croissance des plantes n’est plus si clair. Car l’augmentation de la température entraîne une sécheresse qui diminue la croissance des plantes. De plus, Le sol est un écosystème particuliers dans le sens où il est plus régi par des processus non trophique (non alimentaire) comme les structures élaborées par les organismes ingénieurs ayant un impact certains sur le stockage : à température plus forte, les micro-organisme du sol sont plus actifs et il en ressort un dégagement supérieur de CO2.

On a donc un système relativement dynamique difficile à modéliser. Ainsi, le stockage du CO2 par la biosphère terrestre est beaucoup plus précaire que par les océans. En effet les temps de stockage dans la végétation ou les sols sont courts, quelques années à quelques décennies, tandis que les constantes de temps océaniques peuvent dépasser plusieurs siècles.

Remerciements : Claudia@munich

Philippe F. NAI

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Dossier Carbone : A quoi ça sert ? (1e Partie)

Dans ce dossier consacré au carbone, nous allons expliquer des choses toutes simples qui permettront j’espère au lecteur de voir les choses de façon plus clair.

A quoi sert le carbone?

Dans la problématique du changement climatique et de réchauffement de la planète, le carbone et plus précisément le CO2 se trouve souvent incriminé de nombre de conséquences néfastes pour l’environnement. Cependant, il ne faut pas oublier qu’en plus d’être utile, le carbone est indispensable autant au niveau constitution du vivant qu’au niveau processus chimique essentiel à la vie sur terre.

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Améliorer le sol via les vers de terre

DispersionVoilà qui pourrait faire un bon titre de film. Dans l’article qui suit, je vais parler de recherches auxquels j’ai participé lorsque j’étais étudiant. On commence par le contexte.

1. IMPORTANCE DU SOL

Le sol est une interface majeure de la planète : relation avec l’eau (pluie, nappe souterraine), échanges gazeux avec l’atmosphère, relation avec la biosphère (faune et flore).

Il est à l’origine de la production primaire et donc des principales chaînes trophiques (= chaîne alimentaire) terrestres. C’est un système interactif au sein duquel les compartiments physiques, chimiques et biologiques sont en étroites relations et qui fournit de nombreux services écosystémiques à la société :

  • nourriture
  • qualité des eaux
  • régulation du climat par la séquestration du carbone
  • contrôle de pathogènes (maladies) notamment via le maintien de la biodiversité.

L’état structural du sol, le recyclage de la matière organique influent sur les peuplements lombriciens (des vers de terre) et inversement : on parle d’interaction.

On ne peut comprendre le sol et ses processus sans étudier les vers de terre et leur dynamique.

2. AGRICULTURE ET VERS DE TERRE

L’utilisation de vers en agriculture est encore peu répandue même si certaines méthodes s’avèrent efficaces. Elles présentent l’avantage de permettre une intensification qui ne se fait pas au détriment de l’environnement : une gestion durable de l’activité agricole, ce qui représente un enjeu important pour l’avenir. Cependant, ces méthodes ont besoin d’être optimisées pour être économiquement viables. En effet, stabiliser une population de vers dans un champ n’est pas évident du fait que les individus peuvent migrer vers les parcelles voisines. De même il serait intéressant de pouvoir attirer les vers du voisinage direct des parcelles cibles.

Pour répondre à ces questions il est nécessaire de comprendre les mouvements des vers de terre et plus précisément leur dispersion : c’est un travail d’ingénierie écologique.

Dans cette étude, nous avons voulons savoir si la dispersion des vers était liée à des facteurs environnementaux tels que la qualité du sol, la densité, la compétition avec une autre espèce, et enfin la présence de litière.

3. RESULTATS

Après plusieurs expérience en mésocosmes avec différents vers européens. Nous avons trouvé que :

Les vers choisissaient leur habitat

  • la dispersion des vers pouvait être induite par un changement des propriétés du milieu
  • la dispersion pouvait être induite par une densité locale élevée
  • la couverture du sol joue un rôle sur la distribution des vers
  • L’apport de ces résultats pour les techniques d’agriculture basé sur les vers est discuté.

Les résultats de ce travail de première approche ont intégré une étude de plus grande envergure mené par Jérôme Matthieu dont vous pourrez trouver le résumé ici.

Philippe F. NAI (sous la direction de Jérôme Matthieu).

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Le sol, une ressource épuisable.

Des terres arables aussi rares que l’eau…

Parallèlement à l’augmentation de la population mondiale, les ressources naturelles comme  la nourriture, l’eau douce, les terres arables, l’énergie et la biodiversité  diminuent. Sur une surface totale de 13 milliards d’hectares de terre sur la planète, les terres cultivables n’en représentent que 11% fournissant 99,7% de la nourriture (FAO : Food and Agriculture Organization of the United Nations).

Les conséquences

Le déclin de la surface cultivable par personne est aggravé par la dégradation des sols. D’après une étude de l’International Food Policy Research Institute, on estime que 10 millions d’hectares de terres cultivables sont abandonnés chaque année dans le monde à cause de l’érosion des sols, soit 1,3% de ces terre. La majeure partie de la surface additionnelle nécessaire pour remplacer ces pertes annuelles vient des zones forestières. Le besoin urgent d’accroître la production agricole est responsable de plus de 60% de la déforestation massive à travers le monde. Ainsi, selon la FAO, 15 millions d’hectares de forêts tropicales (la superficie de la Tunisie) sont détruits chaque année. Or on sait que les forêts tropicales renferment environ 50 % des espèces vivantes.

Une ressource épuisable

Dust Bowls : la conséquence de l'érosion des sols

Enfin les pertes dues à l’érosion sont graves dans la mesure où le renouvellement de la couche arable est extrêmement lent : il faut environ 500 ans pour qu’une couche de 2,5 centimètres de terre arable se renouvelle pour répondre aux exigences agricoles. Or une ressource naturelle est qualifiée de non renouvelable ou épuisable lorsque le temps nécessaire à sa création dépasse largement le temps d’une vie humaine.  Le sol est l’épiderme d’une terre vivante, pour la préserver, il convient de développer une agriculture moins intensive et écologiquement plus productive.

Lutter contre l’érosion des sols est devenu aujourd’hui un défi majeur de notre siècle.

Philippe F. NAI

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Ingénierie écologique et réhabilitation d'écosystèmes.

ampoule-environnement

« L’ingénierie écologique désigne la gestion de milieux et la conception d’aménagements durables, adaptatifs, multifonctionnels, inspirés de, ou basés sur, les mécanismes qui gouvernent les systèmes écologiques. Les processus purement chimiques ou physiques ne relèvent pas du périmètre de l’ingénierie écologique.

A ce titre, l’ingénierie écologique est un ensemble conceptuel spécifique des sciences écologiques mais ouvert sur les problèmes économiques et sociaux. Elle se distingue donc du développement soutenable, qui se base sur une logique économique respectueuse de l’environnement et du progrès social.  » – définition du CNRS

L’un des buts de l’ingénierie écologique est la réhabilitation des écosystèmes.

La réhabilitation d’un écosystème

L’homme dépend de la nature pour certains services appelés services écosystémiques (Millenium Assessment) :

  1. Approvisionnement : eau, nourriture, bois, oxygène etc.
  2. Régulation : régulation du climat, stockage du carbone par une forêt en croissance
  3. Services culturels : éducation etc.
  4. Maintien d’un lieu favorable à la vie : cycle des nutriments, formation des sols etc.

Un des buts de la réhabilitation d’un écosystème est de retrouver un ou plusieurs de ces services écologiques. Les organismes ingénieurs créent, modifient, détruisent ou maintiennent des habitats par leurs actions mécaniques (Jones et al, 1994) et ont,  par ce fait, un impact sur les conditions abiotiques et biotiques (biodiversité) d’un biotope. Ils peuvent être :

  1. autogéniques comme les arbres qui par leur propre structure physique constituent de véritables habitats ayant un impact sur la lumière et le vent.
  2. allogéniques à l’image des castors, l’archétype de l’organisme ingénieur, qui coupent du bois, construisent et conservent des barrages abritant des plantes sensibles à la lumière, des invertébrés vivants en eaux calmes. Ces derniers vont nourrir les poissons qu’on peut pêcher (services écologiques).

Ainsi, ils représentent potentiellement des partenaires de choix pour l’ingénierie écologique qui permettent, de par leur nature autonome, de réduire les efforts à produire par l’homme dans l’entreprise d’une restauration d’écosystème ou de la gestion d’espèces invasives. Le modèle proposé dans l’article illustre, entre autres, leur influence sur le passage d’un état à un autre d’un écosystème.

L230xH124_siteon0-f2c30Comprendre l’influence des organismes ingénieurs et l’intérêt à les utiliser

De prime abord, les organismes ingénieurs agissent comme des enzymes sur une réaction chimique. Ils facilitent ou catalysent le passage d’un état de l’écosystème à l’autre en abaissant la barrière d’efforts à fournir par l’homme pour passer d’un état à un autre. En fait ce n’est pas tout à fait vrai, et même faux. Un écosystème est beaucoup plus compliqué qu’une réaction chimique et les organismes ingénieurs vont influer sur l’état final atteint. On peut alors se demander s’il s’agit vraiment d’une restauration proprement dite ou si d’une manière générale, on ne chercherait pas à amener un écosystème à un état intéressant pour l’homme plutôt que de le réhabiliter vraiment. C’est une question importante dès lors que l’on veut utiliser des organismes ingénieurs dans un objectif de « restauration ».

En effet, si on les introduits dans un écosystème, on ne se ramène plus exactement à l’état « initial ». De plus si on veut à terme, restaurer un écosystème et réintroduire avec succès des espèces qui avaient disparues, il est important de vérifier qu’elles peuvent potentiellement coexister avec le(s) organisme(s) ingénieur(s) dont on s’est servi. Enfin la définition des organismes ingénieurs, précise qu’ils peuvent très bien détruire un habitat. Se pose alors la question du choix des espèces ingénieurs.

lutte-biologique-villeurbanneComment choisir ?

Peut-on toujours introduire ces organismes avec succès ? Quel risque y a-t-il à cette introduction? Autant de question à travailler en amont. En effet, un exemple d’utilisation d’organismes vivants dans l’intérêt de l’homme dans un contexte écologique est la lutte biologique contre des indésirables via des ennemis naturels. Or, il y a eu des ratés comme par exemple :

-          l’introduction des coccinelles aux Etats Unis contre les pucerons qui a accéléré l’extinction d’un Lycaenidé et supprimé des espèces de coccinelles indigènes par compétition ou prédation.

-          L’introduction de mangoustes dans les Antilles pour lutter contre les rats et les serpents qui a amené à l’extinction de populations d’oiseaux et de lézards.

Il convient donc de prendre des précautions élémentaire car contrairement à la lutte biologique, l’emploi d’organisme ingénieurs résultent en des conséquences complexes, de grandes ampleurs et difficile à gérer comme l’introduction d’espèces invasives associées. Il faut donc :

  • Une bonne connaissance a priori de l’écosystème de la cible (biologie de la cible, structure du réseau trophique)
  • Prévoir via les modèles, tester via l’expérimentation à diverses échelles
  • un suivi à long terme
  • un choix de l’organisme ingénieurs minutieux (screening complet des organismes potentiels, biologie des organismes (sensibilité aux conditions environnementales, capacité de dispersion : sujet de mon stage de M1 sur la dispersion des vers de terre)

WormsLe ver de terre, mon exemple d’organisme ingénieur…

Je terminerai positivement sur cet exemple d’organisme ingénieur qu’on commence à utiliser.  Les vers de terre fabriquent un véritable environnement : la drilosphère et concentrent les ressources dans les agrégats biogéniques (les turricules) qu’ils produisent. Ils  créent des patchs de nutriments pour l’ensemble de la faune et la flore du sol, et augmentent souvent la croissance des plantes (Scheu 2003). Ainsi, ils peuvent jouer un rôle considérable dans l’agriculture (Senapati et al, 1999) car dans les agrosystèmes, l’intensification, recourt généralement à l’utilisation de pesticides, et au travail mécanique du sol, qui conduisent à la dégradation globale de ces écosystèmes et de la biodiversité, et au final, à une moindre fertilité du sol (Mäder, Fliebbach et al. 2002).

Les organismes ingénieurs sont des partenaires de choix, il faut cependant les utiliser avec précaution, on ne voudrait pas se retrouver avec des vers de terre et des castors partout…

Philippe F. NAI

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