Archive pour la catégorie ‘Société’
Sénégal 2010- Avant départ
Chapitre zéro : Avant départ

Nous y sommes !
Le voyage le voici :
Les Porteurs de Lanternes
Equipement :
L’équipage :
La route :
Nous partirons de Dakar où nous retrouverons l’association Océanium, une association incontournable de protection de l’environnement au Sénégal. Nous les suivront sur la côte en Casamance pour témoigner d’une vaste opération de reboisement qui a pour objectif la restauration de la mangrove en plantant 100 millions de palétuviers après avoir déjà atteint 36 millions l’an passé. Une initiative qui a eu un impact très positif sur l’écosystème, la biodiversité mais aussi et surtout sur les mentalités.
Les Enfants d’Icare
« Désormais, les hauts faits des siècles enfuis étaient réduis à néant »
Photo prise du documentaire planète Earth de la BBC
Ecrit en 1954 par Arthur C. Clarke, le livre conte l’arrivée d’extra-terrestres à l’aube de la guerre froide. Leur venue coïncide avec le début de l’ère nucléaire et du cul-de-sac dans lequel la race humaine s’enfonce irrémédiablement.
Les extra-terrestres appelés suzerains imposent par leur technologie bien plus avancée que la nôtre leur volonté d’éradiquer les maladies, la faim et la misère dans le monde et de stopper la course aux armements. Une nouvelle ère naît : celle d’un monde utopique.

Pleurs pour Icare, 1898 - Herbert James Draper
Le mythe d’Icare
« Dans la mythologie grecque, Icare est le fils de Dédale, architecte et inventeur. Afin de sortir d’un labyrinthe, il construisit à lui et son fils deux paires d’ailes qu’il fixa avec de la cire. Avant de prendre leur envol, Dédale recommanda à Icare de ne pas s’élever trop haut au dessus la mer, car, dit-il, en approchant de trop près du soleil, la cire pourrait fondre et les ailes se détacheraient. Mais comme tant d’histoires nous le montrent, la jeunesse ne tient guère compte de ce que disent les aînés. Tous deux s’élevèrent donc, légèrement et sans effort, et quittèrent la Crète ; le ravissement de ce nouveau et merveilleux pouvoir grisa l’adolescent. Il monta de plus en plus haut, refusant d’entendre les appels angoissés de son père. Et ses ailes se détachèrent. Il tomba dans la mer et les eaux se refermèrent sur lui ».
Le mythe de Dédale et Icare aborde de nombreux thèmes et symbolise le désir de l’homme d’aller toujours plus haut et plus loin, au risque de se brûler les ailes. La chute d’Icare est une mise en garde rappelant le châtiment qui menace les hommes qui font preuve de démesure et de témérité.
La science-fiction, genre riche et imaginatif
Une grande œuvre est à mon sens celle qui se permet le luxe de dépasser la vision de l’auteur, celle qui nous fait réfléchir et qui parle de nos préoccupations universelles et personnelles. C’est le cas de nombreux ouvrages de science-fiction et c’est pour cela que j’aime ce genre (littéraire et cinématographique), qui n’a pas de limites dans l’imagination si ce n’est celle de l’auteur et du lecteur/spectateur.
Deux exemples récents d’œuvres cinématographiques l’illustrent en partie. Avatar, qui malgré son genre a réussi l’incroyable : devenir le plus grand succès au cinéma de tous les temps. C’est justement parce que le film traite de sujets universels nous affectant tous qu’il a réussi à transcender le genre pour attirer une foule de spectateurs. Le deuxième exemple est la série Battlestar Galactica qui sous fond de science-fiction parle de sujets de notre temps (avortement, peine de mort …) et apporte un éclairage politique, dramatique, militaire, relationnel, théologique, etc. Je vous invite à jeter un œil sur cette série, remarquablement écrite.

Battlestar galactica
Dans Les enfants d’Icare, Arthur C. Clarke utilise la science-fiction pour critiquer l’impasse dans laquelle l’humanité se trouve alors et anticiper sur notre devenir de la plus belle des façons. C’est une oeuvre forte qui porte des messages intemporels. L’auteur a écrit ce livre sur le devenir d’un monde bipolaire au bord de son existence. La guerre froide n’étant plus d’actualité, pourquoi ne pas transposer cela à nos problèmes du moment, en particulier au déséquilibre environnemental.

Les Enfants d'Icare
Défi écologique où naissance d’un nouvel homme
Dans le livre, les suzerains sauvent l’humanité de l’impasse dans laquelle elle s’était engagée. La question est donc de savoir si nous arriverons à régler nos problèmes actuels. L’espèce humaine dans Les enfants d’Icare doit être éduquée et ramenée sous le point de non-retour pour éviter l’apocalypse. Cette éducation, nous nous la sommes imposées dans la réalité et avons pu fuir l’inévitable c’est à dire la catastrophe nucléaire de la guerre froide. Le défi maintenant est d’arriver à s’éduquer sur la préservation de la Nature.
Le titre ‘les enfants d’Icare’ fait alors référence à nos descendants, sur qui l’espèce humaine laisse continuellement le poids de l’espoir grossir au point de les écraser. Ce sont eux qui devront faire face aux conséquences de nos excès (comme nous devons faire face aux excès de nos ainés), eux qui devront évoluer pour enfin sortir de l’enfance de l’humanité (d’où le titre original Childhood’s End, « la fin de l’enfance »).
Emilien Sage-Vallier
« quelle planète laisserons nous à nous enfants mais aussi quels enfants laisserons nous à la planète ? » – Pierre Rhabi
L’Humanité face à elle-même
Choix économiques, choix de société : quels enjeux démocratique et de gouvernance ?
La triple crise, économique, sociale et environnementale place les démocraties face à une question cruciale. L’enjeu n’est plus de travailler sur des ajustements à la marge d’un système à bout de souffle, incapable de s’autoréguler, pour lequel Edgar Morin en appelle à une métamorphose. La question qui se pose désormais est celle de savoir comment faire accepter -comment faire désirer ? – des changements radicaux, par une population qui a du mal à boucler ses fins de mois, et qui, désarmée face à l’ampleur des enjeux, préfère parfois se réfugier dans le déni.
Comment, dans une démocratie, entrainer les citoyens vers ce qui leur semble être un saut vers l’inconnu ? On le voit bien, c’est au-delà des seuls choix économiques et des modes de production que cela se passe. Les alternatives doivent être présentées clairement. Les options expliquées. Aucun « green new deal », aucun changement de paradigme économique ne sera vraiment possible si les citoyens n’adhèrent pas en masse, en acceptant même la part d’inconnue, même la prise de risque que comporte tout changement radical.
Source : Inspire Institute
La crise d’adolescence de l’Humanité
Une des sources des crises actuelles est peut être la crise de l’identité humaine, conduisant à un manque d’humilité. Une humilité que l’Homme dans les sociétés modernes n’a plus, troquée au mieux contre une morale bien pensante, expliquant une perte d’équilibre au niveau des vies, une perte d’équilibre au niveau de la planète car tout est lié. Or, le problème de la morale, c’est qu’on la fait surtout aux autres.
En fait, la question qui se pose est de savoir si l’Humanité est capable de devenir Adulte. L’adolescence est une période chaotique, de grands changements, on se pose des questions, on se révolte, on se découvre… Jusqu’ici l’Humanité s’est comporté comme un enfant devant un frigo grand ouvert. Ne se souciant ni des autres enfants de la Terre, avec qui elle forme la biodiversité, ni de la planète qu’elle pensait aux ressources inépuisable. Il s’agirait alors de sortir de l’enfance en tant qu’Humanité, sans faire caprice.

Coalition of the willing : La culture open source
Un déséquilibre
Ces crises environnementales, économiques, sociales ne sont que les symptômes d’un malaise, un mal être profond qui s’illustre non seulement à l’échelle planétaire mais aussi à l’échelle de l’individu. Les liens garants de notre bien être n’ont de cesse que d’être rompu par une « verticalisation » des sociétés dans lesquelles les rapports de domination sont exacerbés par la concurrence et la compétition. Il n’y a plus de noir ni de blanc, de gauche ni de droite mais seulement le haut et le bas : sachant que le bas est vraiment près du sol.
Ce n’est pas un saut vers l’inconnu dont on a besoin mais d’un retour à notre nature et cela commence parce accepter par ce qu’elle a de plus obscure. Jamais autant les discours n’ont été aussi éloignés des actes. Nous sommes victimes de nos propres politesses alors que nous n’avons jamais autant eu besoin de respect et d’Amour.
D’ailleurs, tout cela est plus que jamais entretenu par la peur qui réduit les gens à leur plus simple expression. Des êtres qu’on asphyxie en leur faisant croire qu’ils ne sont que ce qu’ils ont et par là même que le paraître prime sur l’être. Emergent alors des gens rassurants, qui ne sont pas toujours les plus attentionnés, par contre ils remportent tous les $uffrages.
Cette société du « comment » nous transforme en techniciens, mais jamais nous sommes invité à prendre du recul et à nous demander : Pourquoi ? Or le pourquoi correspond au déclic du changement de mentalité.
Un défi individuel pour un enjeu collectif
Il ne sera pas possible d’avoir une planète écolo ou verte (du moins, c’est mon avis car ce sont des visions spéciales et restreintes) par contre nous pouvons nous inviter au respect, de l’Autre et de la planète. Cela nous renvoie à ce que l’on a de plus intime, cela renvoie à la nature humaine. Or l’irrespect on le trouve partout : cela commence quand on ignore son voisin. Voilà pourquoi le défi est immense, parce que l’on commence avec soi même, la personne dans le mirroir.
Philippe F. NAI
En illustration Coalition of the Willing, un collectif d’artiste qui cherche à faire évoluer les mentalités via l’art du web.
Se questionner : Le Développement Durable

Petite scéance de questionnement (bon pour la santé)
Tapez « schéma développement durable » dans votre google à la section image et vous obtiendrez l’écran ci-dessus. N’y a t’il pas quelque chose qui vous frappe? N’y a t’il pas quelque chose qui cloche? Le fait que ces schémas soient flottants et sans direction? Pourtant le développement exige un sens, et la durabilité doit bien surgir d’un élément concret.
=> Si l’écologie est la science des interactions entre les êtres vivants entre eux et avec l’environnement alors le sociale fait partie de l’écologie, non?
Voici la définition proposée par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland qui si elle fut un progrès à l’époque semble prête à évoluer vers moins d’anthropocentrisme :
« Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »
Maintenant, si on prend le schéma ci-dessus, n’y a t’il pas quelque chose qui vous saute aux yeux ? Si l’on en croit le titre, ce schéma se propose d’illustrer un équilibre. C’est à dire qu’il y a une nécessité que notre besoin globale soit en adéquation avec le besoin local et vice-versa, que notre présent ne compromette pas notre futur (du coup je ne comprends pas le double sens des flèches). Il y a cependant quelque chose de gênant dans ce schéma : le fait que l’équilibre soit au carrefour des dualités.
Social, Economique, Ecologique
Intellectuellement, il est possible de créer myriade de schémas, surtout quand il s’agit de centrer sur l’homme. En réalité, tous ce que nous sommes, notre société, notre économie, notre culture : tout repose sur l’environnement. On peut associer l’écologie à beaucoup d’adjectifs différents : écologie populaire, écologie humanitaire, écologie humaniste, écologie du temps, écologie du bio, écologie scientifique, écologie responsable… Mais c’est peut être oublier, derrière tous ces subterfuges, que le mot se suffit en lui-même.



