Archive pour la catégorie ‘Société’

Prêt à jeter – Obsolescence programmé, un documentaire à recycler

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Le manifestant, «personnalité de l’année» selon le magazine Time

Article publié le : mercredi 14 décembre 2011

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De Benghazi à Athènes, en passant par Wall Street et Moscou, le magazine honore les acteurs des révoltes de l’année 2011.
Sur fond rougeâtre, le manifestant s’affiche en couverture du Time. Pour la rédaction de l’hebdomadaire américain, ce mercredi 14 décembre, « il » est la personne qui a marqué l’année 2011. Une récompense collective pour les acteurs des révoltes qui ont chamboulé les équilibres géopolitiques et donné un nouveau souffle à la démocratie dans le monde.

Il fut de tous les combats. Mettant sa vie professionelle et familiale entre parenthèses. Bien souvent même en danger. Il fut de ceux qui renversèrent Ben Ali en Tunisie, conspuèrent Moubarak place Tahrir, de ceux qui prirent les armes pour la première fois à Benghazi, dans l’est de la Libye. Il occupa Wall Street pour y dénoncer les abus du secteur financier, tempêta contre le gouvernement grec qui lui imposait l’austérité, ou brandissait les bulletins falsifiés dans un bureau de vote moscovite à la face des caméras occidentales, il y a encore quelques jours.

C’est parce que ce Monsieur Tout-le-Monde n’a pas souvent la faveur des médias, qui n’ont d’yeux que pour quelques hérauts, que le magazine Time a décidé de le mettre à l’honneur cette année. Tous ces manifestants « ont déjà changé l’Histoire » pour son directeur de la rédaction, Rick Stengel. Sur la chaîne américaine MSNBC, le patron du magazine a justifié le choix de ses troupes : « Partout les gens ont dit qu’ils en avaient assez, ils ont contesté, ils ont exigé. Ils n’ont pas désespéré, même quand les réponses sont arrivées sous formes de gaz lacrymogènes ou de balles ». L’hebdomadaire consacre son édition de fin d’année à tous ces mouvements populaires qui ont renversé – sinon fait vaciller – l’ordre établi, en publiant une série de clichés du photographe Peter Hapak, ainsi qu’une galerie de portraits de quelques figures méconnues de ces révolutions.

Source RFI, Par Marc Etcheverry

L’identité nationale brésilienne

Après quelques mois passés au Sénégal, le retour fut un électrochoc. On ne découvre pas la France, on la redécouvre à travers le regard de celui que l’on est devenu. Les questions de l’immigration et les débats qui se sont brôdés autour, ont créé un climat particulier qui m’a beaucoup heurté. Comment de tels discours ont pu être tenu ouvertement faisant presque oublier que la France s’est façonnée de la rencontre des peuples. Que le mélange de leur culture fait sa richesse et son identité?

Je vous propose aujourd’hui un peu de lecture. C’est une préface de Luiz Inacio Lula da Silva, Président de la République Fédérative du Brésil traduit par Catherine Leterrier, un autre point de vue, un autre regard.

« C’est la dimension humaine qui doit servir de socle à l’union des peuples. Les hommes se sont rapprochés et ont prospéré à partir du moment où les pays ont réduit les barrières liées aux distances géographiques, et où ils ont pu mieux se connaître. Il s’agit d’un patrimoine extrêmement important dans un monde où coexistent la mondialisation et les particularités locales. C’est là un élément positif des relations internationales qu’il nous faut préserver et consolider. Pour les Brésiliens, l’immigration revêt un sens tout particulier. Le Brésil doit sa formation en tant que peuple et nation à un riche processus de métissage entre les nombreuses populations qui s’y sont installées, portées par un espoir, celui d’une vie meilleure. Aux peuples indiens, premiers habitants de nos terres, sont venus s’ajouter, entre autres, des Portugais, des Espagnols, des Italiens, des Allemands, des Polonais, des Japonais, des Ukrainiens, des Latino-Américains de différents pays et, surtout, des Africains qui, arrachés à leur mère l’Afrique pour servir d’esclaves, ont constitué le fondement du peuple brésilien. Les Afro-Descendants forment aujourd’hui la population majoritaire au Brésil.

Nous sommes, de la sorte, une nation formée par les immigrants. Une nation qui montre dans la pratique combien les différences culturelles peuvent contribuer à bâtir une société qui recherche en permanence l’harmonie et se bat avec vigueur contre les discriminations et les préjugés. Nous sommes non seulement un « peuple de mélanges » mais, ce qui est plus important, nous aimons être un peuple de mélanges. Parce que nous savons que nous tirons de ce processus de rencontre entre les cultures et entre les populations notre identité, notre force, notre facilité au dialogue et notre ouverture à autrui, notre joie de vivre, notre créativité et notre talent.

C’est dans cet esprit que nous avons pris récemment des mesures pour faire en sorte que cet héritage puisse se perpétuer. Avec la loi 11.961 adoptée le 2 juillet 2009, les droits prévus dans notre législation ont été étendus aux immigrés en situation irrégulière au Brésil. Ces droits concernent plus particulièrement la liberté de circulation sur le territoire national et l’accès sans restriction à un travail rémunéré, à l’éducation, à la santé publique et à la justice. Il est bon de rappeler que la Constitution brésilienne elle-même, s’agissant des garanties et des droits fondamentaux, stipule que tous sont égaux devant la loi, qu’ils soient Brésiliens ou étrangers résidant au Brésil. Par le biais d’engagements entérinés dans divers accords internationaux, l’État brésilien reconnaît que les immigrés ont des droits et des devoirs qui doivent être respectés.

Le nouveau jalon posé par cette loi signifie que le Brésil se positionne chaque fois plus à la hauteur des réalités migratoires contemporaines, des conditions mondialisées du développement économique et social et du respect fondamental des droits de l’homme. Cette législation récente est également le fruit d’un vaste débat national impliquant différents secteurs de la société et les immigrés eux-mêmes, qui ont eu ainsi la possibilité de clarifier les problèmes auxquels ils font face et de proposer des solutions.

Je suis convaincu que l’harmonie entre les nations ne sera pas le produit de guerres et de conflits, de murs et de barrières érigés, mais bien de gestes de solidarité et de reconnaissance mutuelle. Le grand fossé creusé par l’inégalité dans la distribution des richesses entre les nations ne sera pas comblé avec des mesures discriminatoires et répressives à l’encontre de l’immigration. Ceux qui pensent et agissent de la sorte se trompent. La lutte pour la vie et la survie ira toujours au-delà de n’importe quelle mesure discriminatoire, lui ôtant toute efficacité. Il n’y a, au bout du compte, qu’un seul remède face à la peur de l’immigré et contre la xénophobie qui envahit de nos jours bon nombre de pays et de populations  : construire une nouvelle relation entre pays et nations qui mette un terme au protectionnisme vil ainsi qu’à l’exploitation criante lésant les pays pauvres, et encourager le développement autonome et durable de ces pays et de leurs populations. Dans la mesure où il devient impossible de vivre et de survivre dans ces pays, la seule issue est l’exode – la recherche de moyens de survie ailleurs, dans un autre lieu. C’est là une loi naturelle que personne, qu’aucune force sur cette Terre ne pourra entraver. J’ai moi-même vécu à titre personnel cette expérience  : ma mère a été obligée d’émigrer depuis une région brésilienne de grande sécheresse et d’extrême pauvreté à l’époque vers le grand centre industriel de Sâo Paulo  ; elle est partie les mains vides, n’emmenant que les vêtements qu’elle portait, mais aussi l’espoir de trouver de quoi survivre, et traînant avec elle ses sept enfants… Quelle mère, quel père, peut assister à la mort par inanition de ses enfants sans réagir, sans se battre, même si l’horizon lui semble bouché et lourd d’incertitudes  ?

Je me suis battu de toutes mes forces pour mettre sur pied la jonction des pays d’Amérique latine, de ceux de notre si chère Afrique et ceux de l’Asie… Je ne crois pas qu’il puisse y avoir de changements dans les relations Nord-Sud sans que se mette en place un grand processus unitaire, solidaire et combatif qui structure la force de ces pays et qui, en établissant un nouveau rapport de forces, permette de conquérir les droits et les conditions nécessaires au développement juste et durable de chaque pays sur la surface du globe.

Je rêve du jour où chaque être humain pourra vivre en paix et en dignité dans sa propre patrie, et où la libre circulation entre les peuples sera un choix personnel, un droit, et non une nécessité… Tant que ce rêve ne se réalise pas, le travail mené par des associations comme Emmaüs, de même qu’un livre (*) tel que celui-ci, aident grandement à éveiller les consciences et à mobiliser les forces nécessaires à la préservation de la dignité et des droits des immigrants, d’où qu’ils viennent et quelque l’endroit où ils se trouvent. »

Pour la libre circulation des migrants, Emmaüs International (Éditions de l’Atelier, 130 pages,15 euros).

Grandir pour une association : comme une entreprise?

Grandir : Se faire sa place

Je me suis rendu il y a quelque temps à Biarritz pour proposer mes services à une association. A cette occasion, j’ai pu me mettre à la place d’un organisme qui souhaitait évoluer : ce qui à l’heure de la professionnalisation des acteurs de l’associatif, veut dire grandir et faire la différence parmi une concurrence de plus en plus forte, éventuellement pour ne pas disparaître.

Ainsi, il a été intéressant d’imaginer des stratégies adaptées à des moyens modestes mais aussi d’analyser la situation en passant au crible : site internet, communiqués de presse, radio et WebTV, financements, partenariats, opinion des adhérents ; le tout aussi bien dans la forme que dans le fond. Les résultats étaient parfois assez surprenants.

Dans ces échafaudages, on pouvait notamment alors discerner :

– une volonté manifeste de l’association se désenclaver. A Biarritz, si la compétition est moindre, dans un système centralisé, il peut être difficile de tirer son épingle. Il y a un impact de la distance à la capitale d’une part et du réseau que l’on est capable de capter d’autre part. Cette capacité créative, souvent très dépendante des qualités individuelles, est parfois difficile à induire.

– une envie se différencier en se cherchant à tâtons, tout en imitant de plus grosses structures pour gagner une stature.

Dans cette recherche de développement, il était question de veille d’actualités, d’usage de Twitter et de Facebook et de repérer les blogueurs influents. Cette vision d’expansion était très intéressante d’autant plus qu’on la retrouve partout. Il y a eu le numéro de téléphone, le minitel, le site internet, aujourd’hui c’est Facebook. Y aurait-il des parts d’opinion comme il y a des parts de marché?

Se développer, comme une entreprise?

Dans cette logique, qui veut grandir doit a priori comme une entreprise élargir la base (des donateurs ou à défaut, des sympathisants) et gagner en notoriété en développant des relations presse et des campagnes publicitaires efficace à destination du grand public ; on utilise alors des stratégies venant du marketing, la professionnalisation elle-même faisant intervenir des acteurs issus des écoles de commerces. C’est donc une transformation silencieuse, quasiment mécanique, fruit d’une façon de faire et un changement du paysage associatif qui s’opère d’autant plus rapidement avec l’essor des nouvelles technologies.

Tout ceci a soulevé des interrogations profondes et m’a conduit à approfondir une réflexion sur le principe d’association, de ses éventuels objectifs bien sûr mais aussi et surtout de son rôle social dans la société. Est-ce possible de maintenir ce rôle dans un système en recherche de performance et de rentabilité (ce qui est légitime par rapport aux différents enjeux mais toutefois symptomatique du monde globalisé)?

Les modèles de réussite associative dont j’ai pu être le témoin privilégié au cours de mes dernières années de pérégrination m’ont cependant rassuré et conforté dans l’idée que de nouvelles trajectoires viables et citoyennes, étaient possibles une fois la tête sortie du guidon. C’est aussi un des versants du projet de documentaire les Porteurs de Lanternes. C’est une voie inédite dans la mesure où la logique à suivre est à contre-courant. Je ne l’ai d’ailleurs observé qu’empruntée d’un cercle restreint de personnes ayant ce parcours long de maturation et épousant de façon sincère les combats respectifs ; autrement dit des personnes avec une tête, un cœur et des couilles. Tout le reste devenant alors anecdotique.

Les Enfants d'Icare

« Désormais, les hauts faits des siècles enfuis étaient réduis à néant »

Photo prise du documentaire planète Earth de la BBC

Ecrit en 1954 par Arthur C. Clarke, le livre conte l’arrivée d’extra-terrestres à l’aube de la guerre froide. Leur venue coïncide avec le début de l’ère nucléaire et du cul-de-sac dans lequel la race humaine s’enfonce irrémédiablement.

Les extra-terrestres appelés suzerains imposent par leur technologie bien plus avancée que la nôtre leur volonté d’éradiquer les maladies, la faim et la misère dans le monde et de stopper la course aux armements. Une nouvelle ère naît : celle d’un monde utopique.

Pleurs pour Icare, 1898 - Herbert James Draper

Le mythe d’Icare

« Dans la mythologie grecque, Icare est le fils de Dédale, architecte et inventeur. Afin de sortir d’un labyrinthe, il construisit à lui et son fils deux paires d’ailes qu’il fixa avec de la cire. Avant de prendre leur envol, Dédale recommanda à Icare de ne pas s’élever trop haut au dessus la mer, car, dit-il, en approchant de trop près du soleil, la cire pourrait fondre et les ailes se détacheraient. Mais comme tant d’histoires nous le montrent, la jeunesse ne tient guère compte de ce que disent les aînés. Tous deux s’élevèrent donc, légèrement et sans effort, et quittèrent la Crète ; le ravissement de ce nouveau et merveilleux pouvoir grisa l’adolescent. Il monta de plus en plus haut, refusant d’entendre les appels angoissés de son père. Et ses ailes se détachèrent. Il tomba dans la mer et les eaux se refermèrent sur lui ».

Le mythe de Dédale et Icare aborde de nombreux thèmes et symbolise le désir de l’homme d’aller toujours plus haut et plus loin, au risque de se brûler les ailes. La chute d’Icare est une mise en garde rappelant le châtiment qui menace les hommes qui font preuve de démesure et de témérité.

La science-fiction, genre riche et imaginatif

Une grande œuvre est à mon sens celle qui se permet le luxe de dépasser la vision de l’auteur, celle qui nous fait réfléchir et qui parle de nos préoccupations universelles et personnelles. C’est le cas de nombreux ouvrages de science-fiction et c’est pour cela que j’aime ce genre (littéraire et cinématographique), qui n’a pas de limites dans l’imagination si ce n’est celle de l’auteur et du lecteur/spectateur.

Deux exemples récents d’œuvres cinématographiques l’illustrent en partie. Avatar, qui malgré son genre a réussi l’incroyable : devenir le plus grand succès au cinéma de tous les temps. C’est justement parce que le film traite de sujets universels nous affectant tous qu’il a réussi à transcender le genre pour attirer une foule de spectateurs. Le deuxième exemple est la série Battlestar Galactica qui sous fond de science-fiction parle de sujets de notre temps (avortement, peine de mort …) et apporte un éclairage politique, dramatique, militaire, relationnel, théologique, etc. Je vous invite à jeter un œil sur cette série, remarquablement écrite.

Battlestar galactica

Dans Les enfants d’Icare, Arthur C. Clarke utilise la science-fiction pour critiquer l’impasse dans laquelle l’humanité se trouve alors et anticiper sur notre devenir de la plus belle des façons. C’est une oeuvre forte qui porte des messages intemporels. L’auteur a écrit ce livre sur le devenir d’un monde bipolaire au bord de son existence. La guerre froide n’étant plus d’actualité, pourquoi ne pas transposer cela à nos problèmes du moment, en particulier au déséquilibre environnemental.

Les Enfants d'Icare

Défi écologique où naissance d’un nouvel homme

Dans le livre, les suzerains sauvent l’humanité de l’impasse dans laquelle elle s’était engagée. La question est donc de savoir si nous arriverons à régler nos problèmes actuels. L’espèce humaine dans Les enfants d’Icare doit être éduquée et ramenée sous le point de non-retour pour éviter l’apocalypse. Cette éducation, nous nous la sommes imposées dans la réalité  et avons pu fuir l’inévitable c’est à dire la catastrophe nucléaire de la guerre froide. Le défi maintenant est d’arriver à s’éduquer sur la préservation de la Nature.

Le titre ‘les enfants d’Icare’ fait alors référence à nos descendants, sur qui l’espèce humaine laisse continuellement le poids de l’espoir grossir au point de les écraser.  Ce sont eux qui devront faire face aux conséquences de nos excès (comme nous devons faire face aux excès de nos ainés), eux qui devront évoluer pour enfin sortir de l’enfance de l’humanité (d’où le titre original Childhood’s End, « la fin de l’enfance »).

Emilien Sage-Vallier



« quelle planète laisserons nous à nous enfants mais aussi quels enfants laisserons nous à la planète ? » – Pierre Rhabi