Archive pour la catégorie ‘Société’

L'Humanité face à elle-même

Choix économiques, choix de société : quels enjeux démocratique et de gouvernance ?

La triple crise, économique, sociale et environnementale place les démocraties face à une question cruciale. L’enjeu n’est plus de travailler sur des ajustements à la marge d’un système à bout de souffle, incapable de s’autoréguler, pour lequel Edgar Morin en appelle à une métamorphose. La question qui se pose désormais est celle de savoir comment faire accepter -comment faire désirer ? – des changements radicaux, par une population qui a du mal à boucler ses fins de mois, et qui, désarmée face à l’ampleur des enjeux, préfère parfois se réfugier dans le déni.

Comment, dans une démocratie, entrainer les citoyens vers ce qui leur semble être un saut vers l’inconnu ? On le voit bien, c’est au-delà des seuls choix économiques et des modes de production que cela se passe. Les alternatives doivent être présentées clairement. Les options expliquées. Aucun « green new deal », aucun changement de paradigme économique ne sera vraiment possible si les citoyens n’adhèrent pas en masse, en acceptant même la part d’inconnue, même la prise de risque que comporte tout changement radical.

Source : Inspire Institute

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La crise d’adolescence de l’Humanité

Une des sources des crises actuelles est peut être la crise de l’identité humaine, conduisant à un manque d’humilité. Une humilité que l’Homme dans les sociétés modernes n’a plus, troquée au mieux contre une morale bien pensante, expliquant une perte d’équilibre au niveau des vies et une perte d’équilibre au niveau de la planète car tout est lié. Or, le problème de la morale, c’est qu’on la fait surtout aux autres.

En fait, la question qui se pose est de savoir si l’Humanité est capable de devenir adulte. L’adolescence est une période chaotique, de grands changements, on se pose des questions, on se révolte, on se découvre… Jusqu’ici l’Humanité s’est comporté comme un enfant devant un frigo grand ouvert. Ne se souciant ni des autres enfants de la Terre, avec qui elle forme la biodiversité, ni de la planète qu’elle pensait aux ressources inépuisables.

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Un déséquilibre

Ces crises environnementales, économiques, sociales ne sont que les symptômes d’un malaise, un mal être profond qui s’illustre non seulement à l’échelle planétaire mais aussi se retrouve à l’échelle de l’individu. Les liens garants de notre bien être n’ont de cesse que d’être rompu par une « verticalisation » des sociétés dans lesquelles les rapports de domination sont exacerbés. Il n’y a plus de noir ni de blanc, de gauche ni de droite mais seulement le haut et le bas : sachant que le bas est vraiment près du sol.

Ce n’est pas un saut vers l’inconnu dont on a besoin mais d’un retour à notre nature et cela commence parce accepter par ce qu’elle a de plus obscure. Jamais autant les discours n’ont été aussi éloignés des actes, victimes de nos propres politesses.

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D’ailleurs, tout cela est plus que jamais entretenu par la peur qui réduit les gens à leur plus simple expression. Des êtres qu’on asphyxie en leur faisant croire qu’ils ne sont que ce qu’ils ont et par là même que le paraître prime sur l’être. Cette société du « comment » nous transforme en techniciens, mais jamais nous sommes invité à prendre du recul et à nous demander : Pourquoi ? Or le pourquoi correspond au déclic du changement de mentalité.

Un défi individuel pour un enjeu collectif

Il ne sera pas possible d’avoir une planète écolo ou verte (du moins, c’est mon avis car ce sont des visions spéciales et restreintes) par contre nous pouvons nous inviter au respect, de l’Autre et de la planète. Cela nous renvoie à ce que l’on a de plus intime, cela renvoie à la nature humaine. Or l’irrespect on le trouve partout : cela commence quand on ignore son voisin. Voilà pourquoi le défi est immense, parce que l’on commence avec soi même, la personne dans le mirroir.

Philippe F. NAI

En illustration Coalition of the Willing, un collectif d’artiste qui cherche à faire évoluer les mentalités via l’art du web.

Biodiversité : la vie en cage

Il y a encore peu de temps, on ne se souciait pas vraiment du bien-être des animaux en captivité. Leur donner à manger et les faire se reproduire étaient les seules priorités des zoos en vue de garantir leur pérennité. L’étude du comportement animalier existe depuis longtemps, mais ce n’est qu’à partir des années 1930 que l’éthologie moderne a vraiment émergé. Le désir de comprendre le comportement des animaux a très vite fait de l’éthologie une science répandue et s’est logiquement insinuée dans les parcs animaliers.

Des lions reposent leur museau sur une barre de leur cage dans un zoo près de Amman, en Jordanie. (REUTERS/Ali Jarekji)

Stéréotypies

En milieu naturel, les animaux passent le plus clair de leur temps à la recherche de nourriture. Aucune autre activité ne leur dévore autant de temps que le besoin d’être rassasié. Mais quand la quête du « Graal » se transforme en messe tous les jours à heure fixe via l’homme, c’est tout leur emploi du temps, au sens propre du terme, qui est perturbé. L’animal captif n’a rien à faire, ses activités quotidiennes se limitent à attendre l’heure du repas et à se faire épier par d’étranges bipèdes. L’ennui devient par conséquent la principale occupation reine et des stéréotypies apparaîssent.

Les stéréotypies s’expriment généralement comme des automatismes consistant à répéter continuellement des séquences de mouvements sans fonction apparente. Il peut en être différent selon les espèces . L’animal peut reporter son attention :

  • sur son environnement (destruction)
  • sur ces congénères (agressivité)
  • sur lui-même (auto-mutilation, toilettage excessif).

En captivité, les animaux développent des stéréotypies

Si vous avez l’occasion d’aller observer des animaux en captivité, oubliez leur beauté pour vous concentrer un peu plus sur leur comportement : beaucoup souffrent de stéréotypies, en particulier les fauves (il suffit d’aller à la ménagerie de Paris pour s’en convaincre). Ces prédateurs sont avant tout des animaux territoriaux qui ont besoin d’un grand espace pour chasser et bien les nourrir n’atténue en rien cet instinct de territorialité : nous même sortons pour nous aérer, alors que le réfrigérateur est remplit. Si vous avez la chance de visiter le zoo de la Palmyre, arrêtez-vous quelques instants devant les ours polaires pour assister à un triste spectacle.

Pour tenter de réduire les stéréotypies, les parcs zoologiques ont recourt à ce que l’on appelle des programmes d’enrichissement, qui consistent à « enrichir » le milieu de l’animal, pour susciter chez un individu des comportements typiques de l’espèce, dont ceux liés à la quête alimentaire. Les chimpanzés par exemple, utilisent des brindilles dans la nature pour pêcher des termites. Il suffit donc leur donner un peu de nourriture dans une boîte percée afin de reproduire ce comportement. L’Homme laisse faire l’animal, il n’interagit pas avec lui.

Les chimpanzés par exemple, utilisent des brindilles dans la nature pour pêcher des termites.

Programmes d’enrichissement

Un dauphin captif vit beaucoup moins longtemps qu’un dauphin libre.

Malheureusement, l’enrichissement est parfois confondu avec le divertissement. Dans ce cas, l’homme interagit avec l’animal et lui fait faire des ‘tours’ en échange d’une récompense. Il ne s’agit alors plus d’enrichissement, en tout cas pas pour l’animal.  Il s’agit ici d’exploiter d’animaux à des fins commerciales ou comment le show-business s’invite dans l’écologie…

Mais l’enrichissement n’est pas suffisant ; les animaux ont souvent besoin de plus de place. Mais beaucoup de zoos se trouvent dans des zones urbanisées et ne peuvent donc être agrandis. Un exemple aberrant :  les orang outans de la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris sont enfermés dans des cages atrocement petites. Or, il est très difficile d’agrandir leurs cages car la ménagerie a été classée monument historique en 1993, interdisant la modification du bâtiment.

(Philippe) J’ajoute un autre exemple : celui des delphinariums (les bassins à dauphins) qui, sous des apparences festives, provoquent tellement de stress chez les animaux qu’ils développent régulièrement des ulcères. A Kamakura, un dauphin vit dans un minuscule bassin, avec la nageoire dorsale affaissée d’un coté à force d’y tourner en rond, toujours dans le même sens. Cette situation n’a malheureusement rien d’exceptionnelle… A voir the Cove, la baie de la honte, un documentaire de Louie Psihoyos nominé aux Oscars avec Richard O’Barry. (Pour en savoir plus : le blog des dauphins, autres interviews)

Les orang outans de la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris sont enfermés dans des cages atrocement petites.

Zoos et conservation

Il ne s’agit pas un article contre les parcs animaliers, il est évident qu’ils contribuent à  la conservation d’espèces (sans eux, les grands singes disparaîtraient de la surface de la terre dans une 40aine d’années). Malheureusement certains zoos sont bien mal adaptés et beaucoup trop petit pour le bien-être de ces occupants. Les parcs zoologiques de Cerza et de Thoiry sont deux exemples montrant qu’il est possible d’avancer dans le bon sens et de permettre aux animaux d’avoir une vie un peu moins close que dans des zoos situés en zones urbaines.

Emilien Sage-Vallier

edité par Philippe F. NAI

Signez la pétition contre la vente de viande de dauphin

Pétition contre la vente de viande de dauphins

L’Île de Pâques, un drame écologique? (1e partie)

Sans titre

Ce sujet est intéressant car il soulève des questions fondamentales d’ordre écologique et il pourrait se révéler être un aperçu de ce qui nous attend si nous continuons à exploiter notre planète comme si ses ressources étaient illimitées. De toutes les civilisations disparues, celle des anciens polynésiens de l’île de Pâques reste comme une des plus mystérieuses et isolés.

En tout juste quelques siècles, les habitants de l’Île de Pâques ont :

  • détruit leurs forêts
  • conduit leurs espèces animales et végétales à l’extinction
  • vu leur société complexe et évoluée sombrer dans le chaos et le cannibalisme

Une île mystérieuse

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L'ahu Tongariki est un des plus grands ahu, en tout cas le plus grand ahu restauré. 15 moaï sont alignés sur une plateforme qui mesure presque 150m de long et fait 4m de haut

Quand on évoque l’Île de Pâques (aussi connu sous le nom de Rapa Nui), on pense tout de suite à ces grandes statues sombres, vestige d’une glorieuse civilisation passée qui invite à un peu d’histoire…

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Rapa Nui avec une surface de seulement 160km², est la parcelle de terre habitable la plus isolé du monde : la première personne que vous trouverez en dehors de cette île est à 4000 km ! Imaginez que vous êtes à Paris et que la première âme qui vive soit au delà de Moscou !

L’île a été redécouverte tout d’abord par un navigateur Néerlandais : Jacob Roggeveen un dimanche de Pâque en 1722. Il l’a donc baptisée Paasch-Eyland (île de Pâque en néerlandais). Rapa Nui est le nom moderne de l’île en tahitien. « nui » veut dire grand et « rapa » est une autre île tahitienne. Cependant Rapa Nui n’est pas le nom originel de l’île. Le nom donné par les autochtones est « Te pito o te henua », autrement dit le nombril du monde à cause de son isolation.

Les premiers colons

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Les polynésiens étaient réputés pour être de très bon navigateur capable de "lire" les vagues

Selon une ancienne tradition orale, un vieux roi répondant au nom de Hotu Matu’a à été averti par son Shaman Haou Maka qu’un grand Tsunami menaçait son île. Dans le même rêve, Haou Maka s’est vu révélé l’emplacement de Rapa Nui. Le chef Hotu Matua quitta alors les Marquises et migra avec les siens dans un ou deux grands canoës. Ils apportèrent avec eux poulets, cochons, rats et chiens, bananes, taro, patates douces et cannes à sucre. Il s étaient environ 100 personnes. Aussitôt arrivé, ils commencèrent à couper les grands palmiers pour construire des maisons et des embarcations afin de pouvoir agrémenter leur régime de mets venant de la mer.

Rapa Nui était un paradis, il y régnait un climat doux et ses origines volcaniques en faisait une terre fertile avec de grandes forêts de palmiers. Tout allait bien et ils avaient le temps pour des cérémonies et festins religieux. Leur religion priait aussi bien leurs ancêtres que l’esprit du Dieu Meke Meke. La preuve la plus évidente de leur apogée était ces statues géantes : les Moais…

Des Statues Géantes

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Hoa Hakananai'a Moai du British Museum, réclamé par l'île de Pâques

Un Moai représente le mana d’une tribu. Quand il y avait un conflit et que la classe dirigeante était renversée, tous les Moais étaient renversé de même. Il y avait une sorte de compétition pour faire le Moai le plus grand. Le plus grand des Moais faisait 21m de haut. Entre environ 1100 et 1500 après Jésus Christ, furent érigé 900 Moais ce qui a consommé jusqu’à 25% des ressources de l’île.

Une exploitation intensive des ressources de l’île

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Les Moais étaient directement taillés dans le basalte

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La pierre volcanique de laquelle les Moais étaient extrait n’était pas particulièrement résistante à l’érosion. Aussi la météo et l’air salé du large les font paraître très vieux. Les Moais étaient taillés directement dans la pierre au niveau d’un seul site appelé Rano Raraku avant d’être déplacé pour finition avant dêtre convoyé sur le site approprié 14 km plus loin.

Comment était convoyé ces statues immenses? Il y a eu beaucoup de théories à ce propos mais il semble que les Rapanui (habitants de l’île) construisirent de long rail à partir de bois de construction conduisant aux sites accueillant les cérémonies. Les statues étaient alors placées sur des rondins de bois puis érigé grâce à un système de poulies. Cette logistique a contribué grandement à la déforestation de l’île.

*

Un arrêt soudain

Rapidement après, la construction de statues s’arrêta brusquement. Des centaines de statues non terminées ont été simplement abandonnées dans les carrière avec les instruments qui servaient à sculpter étaient éparpillés tout autour… La majorité des statues étaient encore érigées quand Jacob Roggeveen arrivèrent sur l’île en 1722. Le capitaine Cook lui aussi vît beaucoup de statues quand il accosta en 1774. Mais au milieu du 19e siècle toutes les statues étaient renversées… Pourquoi?

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Certaines statues étaient coiffées d'un énorme bloc de tuf volcanique rouge, pesant plusieurs tonnes : le pukao. On suppose que cette coiffe cylindrique représentait le chignon traditionnel pascuan. D'autant plus que les chefs se teignaient souvent les cheveux en rouge...

Philippe F. NAI

John Perkins, confessions d'un corrupteur de nations

Toujours dans la volonté de proposer dans angles de vue différent, voire complémentaire aux autres sites traitant d’écologie, voici un éclairage sur un sujet très intéressant et qui mériterait d’être mieux connu. Article proposé par Émilien Sage Vallier.

Perkins

John Perkins est ce que l’on appelle un assassin économique, mercenaire diplomatique qui a pour mission d’asservir tout un peuple au profit d’une grosse société. Son job est simple : négocier avec le pouvoir en place, que ce soit une dictature ou un régime démocratique, et faire des affaires !

Ce processus, qui amène a créer un empire global, suit un processus simple :

  • identifier un pays qui a des ressources.
  • accorder un prêt à ce pays pour l’endetter.
  • négocier un juteux contrat (amasser les ressources du pays) pour éponger la dette.

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La route… Bienvenu en enfer

« Comment saurait-on qu’on est le dernier homme sur Terre ? »

roadposterLa route, film de John Hillcoat sorti le 2 décembre, est une adaptation du livre de Cormac McCarthy (auteur de ‘No Country for old men’), avec Viggo Mortensen dans le rôle principal. L’histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique. Pour les réticents à la science-fiction pure, n’ayez crainte ce n’en ai pas. Bien au contraire !

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