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	<title>Les Porteurs de Lanternes</title>
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		<title>Nature sauvage, imagination humaine et peuples indigènes</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 16:53:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Vision du monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment le concept occidental de nature sauvage et les politiques de conservation de l&#8217;environnement ont affecté les peuples indigènes.
par Joanna Eede
Les grandes plaines d&#8217;Amérique du Nord s&#8217;étendent sur des kilomètres à travers la steppe à armoise du Dakota du Sud, jusqu&#8217;aux Black Hills. C&#8217;est là qu&#8217;en 1980, des hectares d&#8217;épicéas et de canyons sculptés au fil [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #ff00ff;">Comment le concept occidental de nature sauvage et les politiques de conservation de l&#8217;environnement ont affecté les peuples indigènes.</span></h2>
<p><span style="color: #ffcc00;">par Joanna Eede</span></p>
<p>Les grandes plaines d&#8217;Amérique du Nord s&#8217;étendent sur des kilomètres à travers la steppe à armoise du Dakota du Sud, jusqu&#8217;aux Black Hills. C&#8217;est là qu&#8217;en 1980, des hectares d&#8217;épicéas et de canyons sculptés au fil des siècles par les rivières furent déclarés &#8216;réserve sauvage&#8217; par le gouvernement américain.<br />
Toutefois, aux yeux des Indiens d&#8217;Amérique du Nord, cette région n&#8217;avait rien de sauvage : &#8216;Les grandes plaines, les splendides collines vallonnées, les ruisseaux tortueux et leurs algues emmêlées ne nous paraissaient pas sauvages&#8217;, disait Luther Standing Bear, chef des Sioux Lakota. &#8216;Tout cela nous semblait apprivoisé. Il n&#8217; avait que pour l&#8217;homme blanc que la nature était sauvage&#8217;. Luther Standing Bear venait de formuler en quelques mots deux approches très différentes de la nature.<br />
Dans la culture occidentale, le concept de &#8216;nature sauvage&#8217; est depuis longtemps associé à l&#8217;image de la beauté d&#8217;une nature immaculée non contaminée par l&#8217;homme : un refuge paradisiaque, un antidote à la vie urbaine. Durant le XIXe siècle, de telles idées se reflétèrent à travers les arts de l&#8217;époque : &#8216;C&#8217;est dans la nature sauvage que se trouve la préservation du monde&#8217;, écrivit Henry Thoreau&#8217;. L&#8217;écrivain-naturaliste John Muir2, quant à lui, communiait avec la nature afin de purifier son esprit, et les photographies du parc national de Yosemite, prises par Ansel Adams sont notoirement connues pour ne représenter aucun signe de vie humaine.<br />
Cependant, en attribuant à la nature des qualités éthérées et en la considérant comme un lieu sacré où Dieu réside mais où l&#8217;homme ne le doit pas, commencèrent à germer dans les esprits les idées qui allaient mener aux politiques de conservation de l&#8217;environnement. &#8216;Durant des décennies, l&#8217;idée d&#8217;une nature sauvage a été un principe fondamental du mouvement environnementaliste&#8217;, écrivit l&#8217;historien William Cronon. Ces politiques affectèrent les peuples indigènes qui<br />
considéraient uniquement ces paysages `sauvages&#8217; comme leur terre.<br />
C&#8217;est à Yosemite, préservé depuis des générations par la nation ahwahneechee, que fut créé le premier parc national au monde. Celui de Yellowstone fut créé par la suite lorsque le gouvernement expulsa en 1872 les tribus indiennes qui y résidaient probablement depuis plus de 11 000 ans.<br />
Il existe aujourd&#8217;hui environ 120 000 zones protégées dans le monde, couvrant près de 15% de la surface terrestre. La protection de l&#8217;environnement est sans aucun cloute vitale, étant donné la menace qui pèse de nos jours sur la biodiversité de la planète. Mais la désolante toile de fond de ces statistiques &#8211; l&#8217;histoire que l&#8217;on néglige dans notre désir de préserver ce qui est &#8216;sauvage&#8217;, est celle d&#8217;une intense souffrance humaine. Car la création de ces réserves a provoqué l&#8217;expulsion de millions d&#8217;êtres humains, pour la plupart indigènes.<br />
En Inde, des centaines de milliers de personnes ont déjà été chassées de parcs au nom de la conservation, tandis qu&#8217;en Afrique des expulsions massives ont eu lieu dans des zones protégées. Les Pygmées bagua ont été délogés de force de la forêt de Bwindi, en Ouganda, afin de protéger les gorilles des montagnes, et avant d&#8217;en être expulsés, les Waliangulu du Kenya vivaient jadis dans la zone aujourd&#8217;hui protégée du parc Tsavo. &#8216;Ce type de spoliation territoriale est rapidement devenu l&#8217;un des plus graves problèmes auxquels les peuples indigènes sont confrontés de nos jours&#8217;, explique Stephen Corry, de Survival.<br />
Il importe peu à ces derniers que la spoliation de leurs terres ait été entraînée pour des raisons économiques ou environnementales. L&#8217;expropriation des peuples indigènes à des fins de conservation peut paraître plus bénigne, mais pour eux, les conséquences n&#8217;en sont pas moins catastrophiques. Une Ibis prives de leurs terres, ils commencent à oublier leurs coutumes, leurs traditions, leurs savoir-faire et leurs connaissances qui forforgentur identité. S&#8217;ensuit alors un profond déclin de leur saute physique et mentale. Cette séparation forcée des habitants originaires de leurs terres a également des conséquences néfastes sur les terres en question. 800/0 des zones les plus riches en biodiversité de la planète sont les territoires de communautés indigènes qui, depuis des millénaires, ont trouvé des moyens ingénieux de subvenir à leurs besoins tout en maintenant l&#8217;équilibre écologique de leur environnement. L&#8217;état de la forêt amazonienne témoigne de ces principes durables : la plus grande partie de la forêt vierge qui se trouve en dehors des réserves indigènes a été rasée, tandis qu&#8217;elle reste largement intacte dans les territoires indigènes. De même, la seule forêt vierge qui subsiste dans les îles Andaman se trouve dans la réserve des Jarawa. C&#8217;est souvent précisément parce que ces régions &#8216;sauvages&#8217; ont été protégées par leurs gardiens indigènes que les conservationnistes les ont choisies comme réserves.</p>
<p>Les esprits ont contestablement évolué depuis la création du parc de Yosemite et les attitudes ont changé depuis la  romulgation, en 1964, de la loi nord-américaine sur la protection de la nature définissant la &#8216;nature sauvage comme un lieu où l&#8217;homme n&#8217;est qu&#8217;un visiteur de passage. La déclaration des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007, établit que ces derniers doivent donner leur `consentement préalable, libre et éclairé avant l&#8217;approbation de tout projet ayant des incidences sur leurs terres&#8217;. Jo Woodman, chercheur à Survival, estime &#8216;qu&#8217;une nouvelle vision de la conservation est en train de naître selon laquelle les peuples autochtones sont de plus en plus reconnus comme les protecteurs légitimes de leurs terres&#8217;.</p>
<p>Le gouvernement indien a récemment freiné sa politique d&#8217;expulsion des peuples indigènes des zones riches en faune et en flore afin de les transformer en parcs nationaux. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Les peuples indigènes continuent d&#8217;être mis à l&#8217;écart dans les discussions concernant la protection de leurs terres, même s&#8217;ils ont toujours su les préserver. Stephen Corry estime que la protection de la biodiversité ne devrait être promue qu&#8217;avec l&#8217;accord des autochtones : `Protéger les écosystèmes ne signifie pas les protéger de ceux qui en ont toujours été les gardiens. Le droit de l&#8217;environnement ne devrait pas l&#8217;emporter sur le droit des peuples indigènes&#8217;. On pourrait également envisager une ambition culturelle plus large, ayant pour but de remodeler l&#8217;idée populaire de &#8216;nature sauvage&#8217; dans l&#8217;esprit occidental, en reconnaissant la relation ancestrale qui lie l&#8217;homme à la nature. Car les attitudes destructrices naissent en partie des idées manichéennes et de l&#8217;importance accordée à la dissociation entre l&#8217;homme et la nature. &#8216;Toute vision qui encourage à distinguer l&#8217;homme de la nature tend à renforcer les comportements irresponsables&#8217; explique William Cronon.</p>
<p>Les peuples indigènes saisissent encore intuitivement cette relation fusionnelle mieux que quiconque. Pour reprendre les mots du chamane yanomami Davi Kopenawa : `L&#8217;environnement n&#8217;est pas distinct de l&#8217;homme. Nous sommes en lui et il est en nous&#8217;.</p>
<pre>Article tiré du magazine de l'ONG Survival de mars 2012</pre>
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		<title>Le bois bête</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 12:19:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Espèce végétale menacée]]></category>

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		<description><![CDATA[Espèce menacée
NOM LATIN
Dombeya mauritiana Fried.
Famille : Sterculiacées.
Nom commun : Bois bête.
La destruction de la forêt naturelle
de l&#8217;île Maurice n&#8217;avait laissé la vie qu&#8217;à un seul Dombeya de cette espèce (disparu à ce jour) et ce survivant était un mâle. Pour éviter sa disparition totale, cet arbre fut mis en culture pour la première fois à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1><span style="color: #ff0000;">Espèce menacée</span></h1>
<p><img class="alignleft" title="bois bête" 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alt="" width="275" height="183" />NOM LATIN<br />
Dombeya mauritiana Fried.<br />
Famille : Sterculiacées.<br />
Nom commun : Bois bête.</p>
<p>La destruction de la forêt naturelle<br />
de l&#8217;île Maurice n&#8217;avait laissé la vie qu&#8217;à un seul Dombeya de cette espèce (disparu à ce jour) et ce survivant était un mâle. Pour éviter sa disparition totale, cet arbre fut mis en culture pour la première fois à Brest.<br />
Malheureusement, la multiplication par bouturage ne peut donner que des plants mâles. En 1993. par un traitement hormonal, des fleurs mâles ont été transformées en fleurs femelles.<br />
Par fécondation, les fleurs féminisées ont donné des graines. Cette première mondiale réalisée à Brest permettra peut-être de sauver cet arbre en produisant à nouveau des plants mâles et femelles.</p>
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		<title>Cylindrocline lorencei</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 12:15:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Espèce végétale menacée]]></category>

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		<description><![CDATA[Espèce menacée
NOM LATIN
Cylindrocline lorencei A.J. Scott
Famille : Astéracées.
Nom commun : non répertorié.
De cet arbuste endémique de l&#8217;île Maurice, considéré comme éteint depuis 1990, seules subsistaient quelques graines, conservées au Conservatoire botanique de Brest. Pour assurer l&#8217;hypothétique sauvetage de l&#8217;espèce, une technologie in vitro novatrice a été mise place. Elle devait permettre la régénération de plantes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1><span style="color: #ff0000;">Espèce menacée</span></h1>
<p><img class="alignleft" title="Cylyndrocline" 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alt="" width="274" height="184" />NOM LATIN<br />
<span style="color: #ff00ff;">Cylindrocline lorencei A.J. Scott</span><br />
Famille : Astéracées.<br />
Nom commun : non répertorié.</p>
<p>De cet arbuste endémique de l&#8217;île Maurice, considéré comme éteint depuis 1990, seules subsistaient quelques graines, conservées au Conservatoire botanique de Brest. Pour assurer l&#8217;hypothétique sauvetage de l&#8217;espèce, une technologie in vitro novatrice a été mise place. Elle devait permettre la régénération de plantes entières à partir de quelques massifs cellulaires vivants, repérés dans les tissus morts des graines. Neuf années furent nécessaires pour obtenir, à partir de ces amas cellulaires, des spécimens adultes.</p>
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		<title>L&#8217;arum titan</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 11:58:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Espèce végétale menacée]]></category>

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		<description><![CDATA[Espèce végétale menacée
NOM LATIN
Amorphophallus titanum Becc.
Famille : Aracées.
Nom commun : Arum titan.
Cette plante aux proportions monumentales est originaire des forêts tropicales de Sumatra. Pendant une partie de l&#8217;année, elle se présente sous la forme d&#8217;une feuille unique, émergeant directement du sol, qui peut atteindre les 5 mètres de haut. Lorsque la feuille dépérit, il ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1><span style="color: #ff0000;">Espèce végétale menacée</span></h1>
<p><img class="alignleft" title="Arum Titan" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/02/398px-Titan_arum.752.jpg/250px-398px-Titan_arum.752.jpg" alt="" width="220" height="362" />NOM LATIN</p>
<p><span style="color: #ff00ff;">Amorphophallus titanum Becc</span>.</p>
<p>Famille : Aracées.<br />
Nom commun : Arum titan.</p>
<p>Cette plante aux proportions monumentales est originaire des forêts tropicales de Sumatra. Pendant une partie de l&#8217;année, elle se présente sous la forme d&#8217;une feuille unique, émergeant directement du sol, qui peut atteindre les 5 mètres de haut. Lorsque la feuille dépérit, il ne subsiste que le tubercule dont le volume et le poids augmentent chaque année.<br />
Environ 10 ans après le semis, le tubercule produit une inflorescence pouvant atteindre 2,70 mètres de hauteur et qui dégage une odeur nauséabonde afin d&#8217;attirer les insectes nécrophages chargés de transporter les grains de pollen.<br />
Le défrichement intensif des forêts tropicales indonésiennes et le pillage en nature sont responsables de la régression des populations sauvages de cette plante.<br />
Cultivée au Conservatoire botanique depuis 1995, cette plante a fleuri, pour la première fois en France, à Brest, en juillet 2003.</p>
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		<title>L&#8217;euphorbe des Açores</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 10:53:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Espèce végétale menacée]]></category>

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		<description><![CDATA[Espèce végétale menacée
NOM LATIN
Euphorbia stygiana Watson
Famille : Euphorbiacées.
Nom commun : Euphorbe des Açores.
Cette Euphorbe menacée, originaire de l&#8217;archipel des Açores, fut mise en culture pour la première fois au monde a Brest. Cette plante fut très vite remarquée pour ses qualités ornementales : son feuillage persistant est d&#8217;un beau vert
soyeux rehausse par le trait blanc [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1><span style="color: #ff0000;">Espèce végétale menacée</span></h1>
<p><img class=" wp-image-6023 alignleft" title="DSC_0855" src="http://www.lesporteursdelanternes.com/wp-content/uploads/2012/05/DSC_0855-231x300.jpg" alt="" width="231" height="300" />NOM LATIN<br />
<span style="color: #ff00ff;">Euphorbia stygiana Watson</span><br />
Famille : Euphorbiacées.<br />
Nom commun : Euphorbe des Açores.</p>
<p>Cette Euphorbe menacée, originaire de l&#8217;archipel des Açores, fut mise en culture pour la première fois au monde a Brest. Cette plante fut très vite remarquée pour ses qualités ornementales : son feuillage persistant est d&#8217;un beau vert<br />
soyeux rehausse par le trait blanc de la nervure centrale. De plus, à la fin de l&#8217;hiver, les anciennes feuilles prennent parfois une très belle teinte rouge vif. qui contraste admirablement au printemps avec les jeunes feuilles vert tendre.<br />
Sa floraison est estivale et, bien que les fleurs soient modestes. Elles exhalent un délicieux parfum sucré.</p>
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		<title>Cenoura da rocha</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 10:45:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Espèce végétale menacée]]></category>

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		<description><![CDATA[
Espèce végétale menacée
NOM LATIN
Monizia edulis Lowe
Famille : Apiacées.
Nom commun : Cenoura da rocha.
L&#8217;Homme n&#8217;utilise directement qu&#8217;environ 30 000 espèces végétales de par le monde
sur les 420 000 plantes répertoriées par les botanistes. En dégradant chaque jour
un peu plus l&#8217;environnement et en provoquant l&#8217;extinction d&#8217;espèces sauvages, l&#8217;Homme se prive certainement de ressources alimentaires
nouvelles. C&#8217;est ce qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" title="Cenoura da rocha" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/24/Monizia_edulis01.jpg/250px-Monizia_edulis01.jpg" alt="" width="250" height="333" /></p>
<h1><span style="color: #ff0000;">Espèce végétale menacée</span></h1>
<p>NOM LATIN<br />
<span style="color: #ff00ff;">Monizia edulis Lowe</span><br />
Famille : Apiacées.<br />
Nom commun : Cenoura da rocha.</p>
<p>L&#8217;Homme n&#8217;utilise directement qu&#8217;environ 30 000 espèces végétales de par le monde<br />
sur les 420 000 plantes répertoriées par les botanistes. En dégradant chaque jour<br />
un peu plus l&#8217;environnement et en provoquant l&#8217;extinction d&#8217;espèces sauvages, l&#8217;Homme se prive certainement de ressources alimentaires<br />
nouvelles. C&#8217;est ce qui a failli arriver a cette Carotte arborescente comestible,<br />
originaire de Madère, qui est aujourd&#8217;hui au bord de l&#8217;extinction dans son milieu naturel.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le Japon arrête son dernier réacteur, politique énergétique en suspens</title>
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		<pubDate>Sat, 05 May 2012 11:03:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[
TOKYO — L&#8217;arrêt du dernier réacteur encore actif au Japon a débuté, un peu plus d&#8217;un an après l&#8217;accident nucléaire de Fukushima qui a forcé les autorités à prendre de nouvelles précautions et oblige le pays à repenser sa politique énergétique pour les prochaines décennies.
Sur un parc de 50 unités, plus aucune ne sera en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter" title="nuke japan" src="http://www.google.com/hostednews/afp/media/ALeqM5jSa2cTDtcb7GtlPRxCV_1SfRmIOA?docId=photo_1336206689340-1-0&amp;size=l" alt="" width="512" height="334" /></p>
<p>TOKYO — L&#8217;arrêt du dernier réacteur encore actif au Japon a débuté, un peu plus d&#8217;un an après l&#8217;accident nucléaire de Fukushima qui a forcé les autorités à prendre de nouvelles précautions et oblige le pays à repenser sa politique énergétique pour les prochaines décennies.</p>
<p>Sur un parc de 50 unités, plus aucune ne sera en service à partir de dimanche, la dernière encore en marche, Tomari 3 (nord), étant entrée samedi en processus d&#8217;extinction pour maintenance.</p>
<p>De nombreuses autres tranches, arrêtées aussi pour entretien obligatoire après 13 mois de fonctionnement en continu, n&#8217;ont pu redémarrer jusqu&#8217;à présent: les autorités veulent au préalable leur faire passer des tests de résistance et obtenir l&#8217;aval des élus locaux.</p>
<p>Au moment de l&#8217;accident de Fukushima, survenu le 11 mars 2011 à la suite du séisme et du tsunami qui ont dévasté le nord-est de l&#8217;archipel, 37 réacteurs étaient en fonction, les autres étant alors inactifs, principalement pour maintenance.</p>
<p>Onze unités du nord-est ont été stoppées par la catastrophe, puis deux autres, dans le centre, mises à l&#8217;arrêt en raison de faiblesses face aux risques sismiques.</p>
<p>Depuis, les dernières ont été suspendues pour respecter les cycles d&#8217;entretien.</p>
<p>Le gouvernement plaide désormais pour la relance des réacteurs qui ont réussi les examens de résistance aux catastrophes naturelles et répondent aux nouvelles règles, mais les élus locaux, dont l&#8217;accord est nécessaire, hésitent à prendre cette responsabilité face à des citoyens méfiants.</p>
<p>Les industriels militent également pour le redémarrage, menaçant sans cela de déplacer des sites de production à l&#8217;étranger.</p>
<p>Pour compenser l&#8217;absence d&#8217;énergie nucléaire, les compagnies d&#8217;électricité ont dopé ou remis en marche des centrales thermiques et exigent des sociétés et particuliers une réduction de consommation.</p>
<p>Bien qu&#8217;aucune interruption massive de courant n&#8217;ait eu lieu jusqu&#8217;à présent en dépit de la baisse de production, le mode d&#8217;approvisionnement actuel n&#8217;est satisfaisant pour personne: ni pour les clients, qui doivent limiter leur activité et risquent de voir les tarifs augmenter, ni pour les compagnies, dont la facture d&#8217;hydrocarbures grimpe en flèche, ni pour le pays dont la dépendance énergétique s&#8217;accroît vis-à-vis de l&#8217;étranger, ni pour la planète du fait d&#8217;une augmentation des rejets de dioxyde de carbone (CO2).</p>
<p>Pour autant, le gouvernement est conscient que la politique énergétique antérieure est caduque: elle était basée sur une augmentation de la part du nucléaire à plus de 50% de l&#8217;électricité en 2030, contre 30% environ avant le désastre de Fukushima, ce qui est devenu inadmissible pour les citoyens nippons.</p>
<p>Le Premier ministre au moment de l&#8217;accident, Naoto Kan, avait carrément plaidé pour l&#8217;abandon de l&#8217;énergie atomique. Son successeur, Yoshihiko Noda, a juste proposé une réduction de la part du nucléaire, via notamment le non-remplacement des réacteurs en fin de vie.</p>
<p>La population espère en majorité la suppression des centrales atomiques sur le sol japonais, mais seulement une minorité exige un arrêt immédiat.</p>
<p>Les plus farouches opposants, parmi lesquels l&#8217;écrivain prix Nobel Kenzaburo Oe, tentent de mobiliser afin de forcer les autorités à décréter l&#8217;abandon pur et simple de l&#8217;atome.</p>
<p>Plus de 5.000 personnes ont ainsi défilé samedi dans le centre de Tokyo en arborant des banderoles proclamant &laquo;&nbsp;Adieu, énergie nucléaire !&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous devons agir tout de suite pour que Fukushima soit le dernier accident nucléaire, non seulement au Japon mais dans le monde&nbsp;&raquo;, a expliqué à l&#8217;AFP la dirigeante du Parti social-démocrate, Mizuho Fukushima, pendant la manifestation.</p>
<p>L&#8217;ONG Greenpeace presse les autorités de se concentrer sur l&#8217;amélioration de l&#8217;efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables, qui pourraient figurer en meilleure place dans le nouveau plan énergétique promis par le gouvernement pour cet été.</p>
<p>En attendant, les compagnies d&#8217;électricité risquent de souffrir de pénurie lors des pics de consommation estivaux et pourraient devoir programmer des coupures ciblées, afin de réguler la distribution et éviter une panne de grande ampleur.</p>
<p>Source AFP</p>
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		<item>
		<title>Nouvelle parution ! Altermondes n°29 &#8211; Sortie le 6 mars 2012</title>
		<link>http://www.lesporteursdelanternes.com/2012/03/nouvelle-parution-altermondes-n29-sortie-le-6-mars-2012/</link>
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		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 21:18:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[L’eau, en finir avec la spirale de l’échec
Voici le dernier numéro d&#8217;Altermondes auquel j&#8217;ai contribué.


A l’occasion du Forum mondial de l’eau et du Forum alternatif mondial de l’eau, Altermondes propose un numéro spécial sur l’eau, cette ressource rare et précieuse, en partenariat avec France Libertés, la Coalition eau et l’Effet Papillon.
L’eau traverse tous les enjeux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: center;"><a href="http://altermondes.org/spip.php?article913">L’eau, en finir avec la spirale de l’échec</a></h1>
<p><span style="color: #00ffff;">Voici le dernier numéro d&#8217;Altermondes auquel j&#8217;ai contribué.</span></p>
<p><img class="aligncenter" title="eau" src="http://altermondes.org/IMG/rubon82.jpg?1329390227" alt="" width="150" height="197" /></p>
<div>
<p>A l’occasion du Forum mondial de l’eau et du Forum alternatif mondial de l’eau, Altermondes propose un numéro spécial sur l’eau, cette ressource rare et précieuse, en partenariat avec France Libertés, la Coalition eau et l’Effet Papillon.<br />
L’eau traverse tous les enjeux et débats du moment : partage des ressources planétaires, respect des droits humains, maintien des services publics, défis alimentaire et énergétique, croissance verte et durable… Partout dans le monde, des millions de citoyennes et citoyens agissent localement pour obtenir ce que la communauté internationale ou leur gouvernement sont incapables de leur fournir : de l’eau potable et un assainissement a minima. Partout, des femmes et des hommes s’organisent pour protéger un lac ou une rivière, combattent l’installation d’un barrage…<br />
Ce numéro d’Altermondes en témoigne à travers les voix des sociétés civiles d’Afrique du Sud, Brésil, Burkina Faso, Cambodge Djibouti, Inde, Madagascar, Maroc, Moldavie, Niger, Ouzbékistan, Palestine, Philippines, Sénégal, Tchad … Aujourd’hui, encore trop souvent, c’est la volonté politique qui manque pour relever le défi.</p>
<p><img src="http://altermondes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <em>Dossier également disponible en anglais, espagnol et arabe.</em></p>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Homme qui plantait des arbres &#8211; Jean Giono &#8211; 1953</title>
		<link>http://www.lesporteursdelanternes.com/2012/03/lhomme-qui-plantait-des-arbres-jean-giono-1953/</link>
		<comments>http://www.lesporteursdelanternes.com/2012/03/lhomme-qui-plantait-des-arbres-jean-giono-1953/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Mar 2012 18:07:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[
Pour que le caractère d&#8217;un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l&#8217;idée qui la dirige est d&#8217;une générosité sans exemple, s&#8217;il est absolument certain qu&#8217;elle n&#8217;a cherché de récompense nulle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<div id="ws-author">Pour que le caractère d&#8217;un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l&#8217;idée qui la dirige est d&#8217;une générosité sans exemple, s&#8217;il est absolument certain qu&#8217;elle n&#8217;a cherché de récompense nulle part et qu&#8217;au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d&#8217;erreurs, devant un caractère inoubliable.</div>
<div><img class="alignnone aligncenter" title="ELzear" src="http://www.fredericback.com/medias/mediums/D_1358.jpg" alt="" width="380" height="330" /></div>
</div>
<p>Il y a environ une quarantaine d&#8217;années, je faisais une longue course à pied, sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence.<span id="more-5951"></span></p>
<p>Cette région est délimitée au sud-est et au sud par le cours moyen de la Durance, entre Sisteron et Mirabeau ; au nord par le cours supérieur de la Drôme, depuis sa source jusqu&#8217;à Die ; à l&#8217;ouest par les plaines du Comtat Venaissin et les contreforts du Mont-Ventoux. Elle comprend toute la partie nord du département des Basses-Alpes, le sud de la Drôme et une petite enclave du Vaucluse.</p>
<p>C&#8217;était, au moment où j&#8217;entrepris ma longue promenade dans ces déserts, des landes nues et monotones, vers 1200 à 1300 mètres d&#8217;altitude. Il n&#8217;y poussait que des lavandes sauvages.</p>
<p>Je traversais ce pays dans sa plus grande largeur et, après trois jours de marche, je me trouvais dans une désolation sans exemple. Je campais à côté d&#8217;un squelette de village abandonné. Je n&#8217;avais plus d&#8217;eau depuis la veille et il me fallait en trouver. Ces maisons agglomérées, quoique en ruine, comme un vieux nid de guêpes, me firent penser qu&#8217;il avait dû y avoir là, dans le temps, une fontaine ou un puits. Il y avait bien une fontaine, mais sèche. Les cinq à six maisons, sans toiture, rongées de vent et de pluie, la petite chapelle au clocher écroulé, étaient rangées comme le sont les maisons et les chapelles dans les villages vivants, mais toute vie avait disparu.</p>
<p>C&#8217;était un beau jour de juin avec grand soleil, mais sur ces terres sans abri et hautes dans le ciel, le vent soufflait avec une brutalité insupportable. Ses grondements dans les carcasses des maisons étaient ceux d&#8217;un fauve dérangé dans son repas.</p>
<p>Il me fallut lever le camp. A cinq heures de marche de là, je n&#8217;avais toujours pas trouvé d&#8217;eau et rien ne pouvait me donner l&#8217;espoir d&#8217;en trouver. C&#8217;était partout la même sécheresse, les mêmes herbes ligneuses. Il me sembla apercevoir dans le lointain une petite silhouette noire, debout. Je la pris pour le tronc d&#8217;un arbre solitaire. A tout hasard, je me dirigeai vers elle. C&#8217;était un berger. Une trentaine de moutons couchés sur la terre brûlante se reposaient près de lui.</p>
<p>Il me fit boire à sa gourde et, un peu plus tard, il me conduisit à sa bergerie, dans une ondulation du plateau. Il tirait son eau &#8211; excellente &#8211; d&#8217;un trou naturel, très profond, au-dessus duquel il avait installé un treuil rudimentaire.</p>
<p>Cet homme parlait peu. C&#8217;est le fait des solitaires, mais on le sentait sûr de lui et confiant dans cette assurance. C&#8217;était insolite dans ce pays dépouillé de tout. Il n&#8217;habitait pas une cabane mais une vraie maison en pierre où l&#8217;on voyait très bien comment son travail personnel avait rapiécé la ruine qu&#8217;il avait trouvée là à son arrivée. Son toit était solide et étanche. Le vent qui le frappait faisait sur les tuiles le bruit de la mer sur les plages.</p>
<p>Son ménage était en ordre, sa vaisselle lavée, son parquet balayé, son fusil graissé ; sa soupe bouillait sur le feu. Je remarquai alors qu&#8217;il était aussi rasé de frais, que tous ses boutons étaient solidement cousus, que ses vêtements étaient reprisés avec le soin minutieux qui rend les reprises invisibles.</p>
<p>Il me fit partager sa soupe et, comme après je lui offrais ma blague à tabac, il me dit qu&#8217;il ne fumait pas. Son chien, silencieux comme lui, était bienveillant sans bassesse.</p>
<p>Il avait été entendu tout de suite que je passerais la nuit là ; le village le plus proche était encore à plus d&#8217;une journée et demie de marche. Et, au surplus, je connaissais parfaitement le caractère des rares villages de cette région. Il y en a quatre ou cinq dispersés loin les uns des autres sur les flancs de ces hauteurs, dans les taillis de chênes blancs à la toute extrémité des routes carrossables. Ils sont habités par des bûcherons qui font du charbon de bois. Ce sont des endroits où l&#8217;on vit mal. Les familles serrées les unes contre les autres dans ce climat qui est d&#8217;une rudesse excessive, aussi bien l&#8217;été que l&#8217;hiver, exaspèrent leur égoïsme en vase clos. L&#8217;ambition irraisonnée s&#8217;y démesure, dans le désir continu de s&#8217;échapper de cet endroit.</p>
<p>Les hommes vont porter leur charbon à la ville avec leurs camions, puis retournent. Les plus solides qualités craquent sous cette perpétuelle douche écossaise. Les femmes mijotent des rancœurs. Il y a concurrence sur tout, aussi bien pour la vente du charbon que pour le banc à l&#8217;église, pour les vertus qui se combattent entre elles, pour les vices qui se combattent entre eux et pour la mêlée générale des vices et des vertus, sans repos. Par là-dessus, le vent également sans repos irrite les nerfs. Il y a des épidémies de suicides et de nombreux cas de folies, presque toujours meurtrières.</p>
<p>Le berger qui ne fumait pas alla chercher un petit sac et déversa sur la table un tas de glands. Il se mit à les examiner l&#8217;un après l&#8217;autre avec beaucoup d&#8217;attention, séparant les bons des mauvais. Je fumais ma pipe. Je me proposai pour l&#8217;aider. Il me dit que c&#8217;était son affaire. En effet : voyant le soin qu&#8217;il mettait à ce travail, je n&#8217;insistai pas. Ce fut toute notre conversation. Quand il eut du côté des bons un tas de glands assez gros, il les compta par paquets de dix. Ce faisant, il éliminait encore les petits fruits ou ceux qui étaient légèrement fendillés, car il les examinait de fort près. Quand il eut ainsi devant lui cent glands parfaits, il s&#8217;arrêta et nous allâmes nous coucher.</p>
<p>La société de cet homme donnait la paix. Je lui demandai le lendemain la permission de me reposer tout le jour chez lui. Il le trouva tout naturel, ou, plus exactement, il me donna l&#8217;impression que rien ne pouvait le déranger. Ce repos ne m&#8217;était pas absolument obligatoire, mais j&#8217;étais intrigué et je voulais en savoir plus. Il fit sortir son troupeau et il le mena à la pâture. Avant de partir, il trempa dans un seau d&#8217;eau le petit sac où il avait mis les glands soigneusement choisis et comptés.</p>
<p>Je remarquai qu&#8217;en guise de bâton, il emportait une tringle de fer grosse comme le pouce et longue d&#8217;environ un mètre cinquante. Je fis celui qui se promène en se reposant et je suivis une route parallèle à la sienne. La pâture de ses bêtes était dans un fond de combe. Il laissa le petit troupeau à la garde du chien et il monta vers l&#8217;endroit où je me tenais. J&#8217;eus peur qu&#8217;il vînt pour me reprocher mon indiscrétion mais pas du tout : c&#8217;était sa route et il m&#8217;invita à l&#8217;accompagner si je n&#8217;avais rien de mieux à faire. Il allait à deux cents mètres de là, sur la hauteur.</p>
<p>Arrivé à l&#8217;endroit où il désirait aller, il se mit à planter sa tringle de fer dans la terre. Il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis il rebouchait le trou. Il plantait des chênes. Je lui demandai si la terre lui appartenait. Il me répondit que non. Savait-il à qui elle était ? Il ne savait pas. Il supposait que c&#8217;était une terre communale, ou peut-être, était-elle propriété de gens qui ne s&#8217;en souciaient pas ? Lui ne se souciait pas de connaître les propriétaires. Il planta ainsi cent glands avec un soin extrême.</p>
<p>Après le repas de midi, il recommença à trier sa semence. Je mis, je crois, assez d&#8217;insistance dans mes questions puisqu&#8217;il y répondit. Depuis trois ans il plantait des arbres dans cette solitude. Il en avait planté cent mille. Sur les cent mille, vingt mille était sortis. Sur ces vingt mille, il comptait encore en perdre la moitié, du fait des rongeurs ou de tout ce qu&#8217;il y a d&#8217;impossible à prévoir dans les desseins de la Providence. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n&#8217;y avait rien auparavant.</p>
<p>C&#8217;est à ce moment là que je me souciai de l&#8217;âge de cet homme. Il avait visiblement plus de cinquante ans. Cinquante-cinq, me dit-il. Il s&#8217;appelait Elzéard Bouffier. Il avait possédé une ferme dans les plaines. Il y avait réalisé sa vie. Il avait perdu son fils unique, puis sa femme. Il s&#8217;était retiré dans la solitude où il prenait plaisir à vivre lentement, avec ses brebis et son chien. Il avait jugé que ce pays mourait par manque d&#8217;arbres. Il ajouta que, n&#8217;ayant pas d&#8217;occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de choses.</p>
<p>Menant moi-même à ce moment-là, malgré mon jeune âge, une vie solitaire, je savais toucher avec délicatesse aux âmes des solitaires. Cependant, je commis une faute. Mon jeune âge, précisément, me forçait à imaginer l&#8217;avenir en fonction de moi-même et d&#8217;une certaine recherche du bonheur. Je lui dis que, dans trente ans, ces dix mille chênes seraient magnifiques. Il me répondit très simplement que, si Dieu lui prêtait vie, dans trente ans, il en aurait planté tellement d&#8217;autres que ces dix mille seraient comme une goutte d&#8217;eau dans la mer.</p>
<p>Il étudiait déjà, d&#8217;ailleurs, la reproduction des hêtres et il avait près de sa maison une pépinière issue des faînes. Les sujets qu&#8217;il avait protégés de ses moutons par une barrière en grillage, étaient de toute beauté. Il pensait également à des bouleaux pour les fonds où, me dit-il, une certaine humidité dormait à quelques mètres de la surface du sol.</p>
<p>Nous nous séparâmes le lendemain.</p>
<p>L&#8217;année d&#8217;après, il y eut la guerre de 14 dans laquelle je fus engagé pendant cinq ans. Un soldat d&#8217;infanterie ne pouvait guère y réfléchir à des arbres. A dire vrai, la chose même n&#8217;avait pas marqué en moi : je l&#8217;avais considérée comme un dada, une collection de timbres, et oubliée.</p>
<p>Sorti de la guerre, je me trouvais à la tête d&#8217;une prime de démobilisation minuscule mais avec le grand désir de respirer un peu d&#8217;air pur. C&#8217;est sans idée préconçue &#8211; sauf celle-là &#8211; que je repris le chemin de ces contrées désertes.</p>
<p>Le pays n&#8217;avait pas changé. Toutefois, au-delà du village mort, j&#8217;aperçus dans le lointain une sorte de brouillard gris qui recouvrait les hauteurs comme un tapis. Depuis la veille, je m&#8217;étais remis à penser à ce berger planteur d&#8217;arbres. « Dix mille chênes, me disais-je, occupent vraiment un très large espace ».</p>
<p>J&#8217;avais vu mourir trop de monde pendant cinq ans pour ne pas imaginer facilement la mort d&#8217;Elzéard Bouffier, d&#8217;autant que, lorsqu&#8217;on en a vingt, on considère les hommes de cinquante comme des vieillards à qui il ne reste plus qu&#8217;à mourir. Il n&#8217;était pas mort. Il était même fort vert. Il avait changé de métier. Il ne possédait plus que quatre brebis mais, par contre, une centaine de ruches. Il s&#8217;était débarrassé des moutons qui mettaient en péril ses plantations d&#8217;arbres. Car, me dit-il (et je le constatais), il ne s&#8217;était pas du tout soucié de la guerre. Il avait imperturbablement continué à planter.</p>
<p>Les chênes de 1910 avaient alors dix ans et étaient plus hauts que moi et que lui. Le spectacle était impressionnant. J&#8217;étais littéralement privé de parole et, comme lui ne parlait pas, nous passâmes tout le jour en silence à nous promener dans sa forêt. Elle avait, en trois tronçons, onze kilomètres de long et trois kilomètres dans sa plus grande largeur. Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l&#8217;âme de cet homme &#8211; sans moyens techniques &#8211; on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d&#8217;autres domaines que la destruction.</p>
<p>Il avait suivi son idée, et les hêtres qui m&#8217;arrivaient aux épaules, répandus à perte de vue, en témoignaient. Les chênes étaient drus et avaient dépassé l&#8217;âge où ils étaient à la merci des rongeurs ; quant aux desseins de la Providence elle-même, pour détruire l&#8217;œuvre créée, il lui faudrait avoir désormais recours aux cyclones. Il me montra d&#8217;admirables bosquets de bouleaux qui dataient de cinq ans, c&#8217;est-à-dire de 1915, de l&#8217;époque où je combattais à Verdun. Il leur avait fait occuper tous les fonds où il soupçonnait, avec juste raison, qu&#8217;il y avait de l&#8217;humidité presque à fleur de terre. Ils étaient tendres comme des adolescents et très décidés.</p>
<p>La création avait l&#8217;air, d&#8217;ailleurs, de s&#8217;opérer en chaînes. Il ne s&#8217;en souciait pas ; il poursuivait obstinément sa tâche, très simple. Mais en redescendant par le village, je vis couler de l&#8217;eau dans des ruisseaux qui, de mémoire d&#8217;homme, avaient toujours été à sec. C&#8217;était la plus formidable opération de réaction qu&#8217;il m&#8217;ait été donné de voir. Ces ruisseaux secs avaient jadis porté de l&#8217;eau, dans des temps très anciens. Certains de ces villages tristes dont j&#8217;ai parlé au début de mon récit s&#8217;étaient construits sur les emplacements d&#8217;anciens villages gallo-romains dont il restait encore des traces, dans lesquelles les archéologues avaient fouillé et ils avaient trouvé des hameçons à des endroits où au vingtième siècle, on était obligé d&#8217;avoir recours à des citernes pour avoir un peu d&#8217;eau.</p>
<p>Le vent aussi dispersait certaines graines. En même temps que l&#8217;eau réapparut réapparaissaient les saules, les osiers, les prés, les jardins, les fleurs et une certaine raison de vivre.</p>
<p>Mais la transformation s&#8217;opérait si lentement qu&#8217;elle entrait dans l&#8217;habitude sans provoquer d&#8217;étonnement. Les chasseurs qui montaient dans les solitudes à la poursuite des lièvres ou des sangliers avaient bien constaté le foisonnement des petits arbres mais ils l&#8217;avaient mis sur le compte des malices naturelles de la terre. C&#8217;est pourquoi personne ne touchait à l&#8217;œuvre de cet homme. Si on l&#8217;avait soupçonné, on l&#8217;aurait contrarié. Il était insoupçonnable. Qui aurait pu imaginer, dans les villages et dans les administrations, une telle obstination dans la générosité la plus magnifique ?</p>
<p>A partir de 1920, je ne suis jamais resté plus d&#8217;un an sans rendre visite à Elzéard Bouffier. Je ne l&#8217;ai jamais vu fléchir ni douter. Et pourtant, Dieu sait si Dieu même y pousse ! Je n&#8217;ai pas fait le compte de ses déboires. On imagine bien cependant que, pour une réussite semblable, il a fallu vaincre l&#8217;adversité ; que, pour assurer la victoire d&#8217;une telle passion, il a fallu lutter avec le désespoir. Il avait, pendant un an, planté plus de dix mille érables. Ils moururent tous. L&#8217;an d&#8217;après, il abandonna les érables pour reprendre les hêtres qui réussirent encore mieux que les chênes.</p>
<p>Pour avoir une idée à peu près exacte de ce caractère exceptionnel, il ne faut pas oublier qu&#8217;il s&#8217;exerçait dans une solitude totale; si totale que, vers la fin de sa vie, il avait perdu l&#8217;habitude de parler. Ou, peut-être, n&#8217;en voyait-il pas la nécessité ?</p>
<p>En 1933, il reçut la visite d&#8217;un garde forestier éberlué. Ce fonctionnaire lui intima l&#8217;ordre de ne pas faire de feu dehors, de peur de mettre en danger la croissance de cette forêt naturelle. C&#8217;était la première fois, lui dit cet homme naïf, qu&#8217;on voyait une forêt pousser toute seule. A cette époque, il allait planter des hêtres à douze kilomètres de sa maison. Pour s&#8217;éviter le trajet d&#8217;aller-retour &#8211; car il avait alors soixante-quinze ans &#8211; il envisageait de construire une cabane de pierre sur les lieux mêmes de ses plantations. Ce qu&#8217;il fit l&#8217;année d&#8217;après.</p>
<p>En 1935, une véritable délégation administrative vint examiner la « forêt naturelle ». Il y avait un grand personnage des Eaux et Forêts, un député, des techniciens. On prononça beaucoup de paroles inutiles. On décida de faire quelque chose et, heureusement, on ne fit rien, sinon la seule chose utile : mettre la forêt sous la sauvegarde de l&#8217;État et interdire qu&#8217;on vienne y charbonner. Car il était impossible de n&#8217;être pas subjugué par la beauté de ces jeunes arbres en pleine santé. Et elle exerça son pouvoir de séduction sur le député lui-même.</p>
<p>J&#8217;avais un ami parmi les capitaines forestiers qui était de la délégation. Je lui expliquai le mystère. Un jour de la semaine d&#8217;après, nous allâmes tous les deux à la recherche d&#8217;Elzéard Bouffier. Nous le trouvâmes en plein travail, à vingt kilomètres de l&#8217;endroit où avait eu lieu l&#8217;inspection.</p>
<p>Ce capitaine forestier n&#8217;était pas mon ami pour rien. Il connaissait la valeur des choses. Il sut rester silencieux. J&#8217;offris les quelques œufs que j&#8217;avais apportés en présent. Nous partageâmes notre casse-croûte en trois et quelques heures passèrent dans la contemplation muette du paysage.</p>
<p>Le côté d&#8217;où nous venions était couvert d&#8217;arbres de six à sept mètres de haut. Je me souvenais de l&#8217;aspect du pays en 1913 : le désert&#8230; Le travail paisible et régulier, l&#8217;air vif des hauteurs, la frugalité et surtout la sérénité de l&#8217;âme avaient donné à ce vieillard une santé presque solennelle. C&#8217;était un athlète de Dieu. Je me demandais combien d&#8217;hectares il allait encore couvrir d&#8217;arbres.</p>
<p>Avant de partir, mon ami fit simplement une brève suggestion à propos de certaines essences auxquelles le terrain d&#8217;ici paraissait devoir convenir. Il n&#8217;insista pas. « Pour la bonne raison, me dit-il après, que ce bonhomme en sait plus que moi. » Au bout d&#8217;une heure de marche &#8211; l&#8217;idée ayant fait son chemin en lui &#8211; il ajouta : « Il en sait beaucoup plus que tout le monde. Il a trouvé un fameux moyen d&#8217;être heureux ! »</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-5953" title="image_g_bruit_4[1]" src="http://www.lesporteursdelanternes.com/wp-content/uploads/2012/03/image_g_bruit_41.jpg" alt="" width="595" height="456" /></p>
<p>C&#8217;est grâce à ce capitaine que, non seulement la forêt, mais le bonheur de cet homme furent protégés. Il fit nommer trois gardes-forestiers pour cette protection et il les terrorisa de telle façon qu&#8217;ils restèrent insensibles à tous les pots-de-vin que les bûcherons pouvaient proposer.</p>
<p>L&#8217;œuvre ne courut un risque grave que pendant la guerre de 1939. Les automobiles marchant alors au gazogène, on n&#8217;avait jamais assez de bois. On commença à faire des coupes dans les chênes de 1910, mais ces quartiers sont si loin de tous réseaux routiers que l&#8217;entreprise se révéla très mauvaise au point de vue financier. On l&#8217;abandonna. Le berger n&#8217;avait rien vu. Il était à trente kilomètres de là, continuant paisiblement sa besogne, ignorant la guerre de 39 comme il avait ignoré la guerre de 14.</p>
<p>J&#8217;ai vu Elzéard Bouffier pour la dernière fois en juin 1945. Il avait alors quatre-vingt-sept ans. J&#8217;avais donc repris la route du désert, mais maintenant, malgré le délabrement dans lequel la guerre avait laissé le pays, il y avait un car qui faisait le service entre la vallée de la Durance et la montagne. Je mis sur le compte de ce moyen de transport relativement rapide le fait que je ne reconnaissais plus les lieux de mes dernières promenades. Il me semblait aussi que l&#8217;itinéraire me faisait passer par des endroits nouveaux. J&#8217;eus besoin d&#8217;un nom de village pour conclure que j&#8217;étais bien cependant dans cette région jadis en ruine et désolée. Le car me débarqua à Vergons.</p>
<p><img class="aligncenter" title="d" src="http://www.appartenance-belonging.org/images/show_image.php?id=290&amp;format=large" alt="" width="380" height="281" /></p>
<p>En 1913, ce hameau de dix à douze maisons avait trois habitants. Ils étaient sauvages, se détestaient, vivaient de chasse au piège : à peu près dans l&#8217;état physique et moral des hommes de la préhistoire. Les orties dévoraient autour d&#8217;eux les maisons abandonnées. Leur condition était sans espoir. Il ne s&#8217;agissait pour eux que d&#8217;attendre la mort : situation qui ne prédispose guère aux vertus.</p>
<p>Tout était changé. L&#8217;air lui-même. Au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m&#8217;accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d&#8217;odeurs. Un bruit semblable à celui de l&#8217;eau venait des hauteurs : c&#8217;était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j&#8217;entendis le vrai bruit de l&#8217;eau coulant dans un bassin. Je vis qu&#8217;on avait fait une fontaine, qu&#8217;elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d&#8217;elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gras, symbole incontestable d&#8217;une résurrection.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Par ailleurs, Vergons portait les traces d&#8217;un travail pour l&#8217;entreprise duquel l&#8217;espoir était nécessaire. L&#8217;espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés et reconstruit cinq maisons. Le hameau comptait désormais vingt-huit habitants dont quatre jeunes ménages. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C&#8217;était désormais un endroit où l&#8217;on avait envie d&#8217;habiter.</p>
<p>A partir de là, je fis mon chemin à pied. La guerre dont nous sortions à peine n&#8217;avait pas permis l&#8217;épanouissement complet de la vie, mais Lazare était hors du tombeau. Sur les flancs abaissés de la montagne, je voyais de petits champs d&#8217;orge et de seigle en herbe; au fond des étroites vallées, quelques prairies verdissaient.</p>
<p>Il n&#8217;a fallu que les huit ans qui nous séparent de cette époque pour que tout le pays resplendisse de santé et d&#8217;aisance. Sur l&#8217;emplacement des ruines que j&#8217;avais vues en 1913, s&#8217;élèvent maintenant des fermes propres, bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remises à couler. On en a canalisé les eaux. A côté de chaque ferme, dans des bosquets d&#8217;érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthes fraîches. Les villages se sont reconstruits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s&#8217;est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l&#8217;esprit d&#8217;aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l&#8217;ancienne population, méconnaissable depuis qu&#8217;elle vit avec douceur et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier.</p>
<p>Quand je réfléchis qu&#8217;un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu&#8217;il a fallu de constance dans la grandeur d&#8217;âme et d&#8217;acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d&#8217;un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu.</p>
<p>Elzéard Bouffier est mort paisiblement en 1947 à l&#8217;hospice de Banon.</p>
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		<title>Citation du jour</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Feb 2012 14:01:04 +0000</pubDate>
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Grant McCracken, anthropologue
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