Les Porteurs de lanternes
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On part toujours d’une étincelle
Parler d’écologie, c’est amener l’homme à réfléchir sur lui même, ce qu’il veut « pour ses enfants et petits enfants » mais avant tout, ce qu’il veut pour lui même. Car contrairement à ce que l’on dit, le bénéfice est immédiat et le changement commence par soi-même.
Mais ce n’est pas simple. Car tous, nous sommes plongés dans le « tourbillon de la vie » : ambitions, survie, tracas quotidiens et impératifs. Un tourbillon qui nous cache des perspectives communes, nous empêche de réaliser qu’il existe des problèmes à enjeu collectif, notamment celui de l’environnement.
Dans la précipitation, on pourvoit à des situations, en réaction, mais on est alors incapables de trouver de vraies solutions durables : c’est comme se débattre pour ne pas se noyer, on survit mais combien de temps? Nous sommes dans le culte de la « vitesse » allant dans le sens d’une frénésie de consommation : fast food, la fast tv, la fast musique dont la valeur est éphémère.
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Il faut « se prendre la tête entre les mains », avoir l’audace de prendre le temps qu’il faut pour réfléchir, même si ce n’est plus à la mode. Chaque pas que nous faisons doit être réfléchi afin que nos actions soient coordonnées afin de servir non pas un individu mais la collectivité.
On vit aujourd’hui dans une société qui laisse croire que la réussite est avant tout personnelle. Tant et si bien que l’on pourrait se laisser à entretenir un rapport belliqueux et compétitif avec le monde. Or nous savons tous que la solidarité est plus que jamais nécessaire, la responsabilité, un habit qu’il nous faut endosser pour créer du lien.
Pour aller toujours plus vite…
On use de jugements de valeur, d’étiquettes qui cantonnent une personne à une caricature comme un sarcophage de préjugés. Or prendre en compte toute la richesse de l’Homme : c’est connaître ses innombrables possibilités, à être libre de forger son avenir. Celui-ci a de spécial qu’il est capable d’apprendre, de surprendre, d’innover et de faire naître l’espoir.
Pour garder espoir il faudra savoir faire le tri parmi le flot d’informations qui nous inondent chaque jour. Essayons de ne pas oublier que l’écologie, c’est beaucoup plus que du vert, la vie c’est beaucoup plus que du vert, il n’y a que le dollar qui est vert. Nous vivons à l’époque des discours, à tel point que l’on a réussit à vider les mots de leur sens tant ils ne parviennent plus à refléter nos actions comme des ferraris aux roues de savon. Les espoirs et aspirations à plus d’équilibre sont trop précieux pour qu’on les déçoivent.
Donnons plutôt la parole aux passionnés, aux spécialistes « qui mettent les mains dans la terre ». Ce sont eux qui peuvent trouver le mot juste et nous offrir une réflexion intéressante parce que simplement ce sont eux qui prennent le pouls du monde. Comme les artisans besogneux (associations, chercheurs, bénévoles, paysans) dont la marque de fabrique est d’être aussi éloignés du monde nerveux des médias que près du terrain, les médias devront se faire le relai fidèle de ces porteurs d’espoir. Le travail d’information est quand à lui titanesque : éclairer le monde par une information juste, qui ne soit pas le reflet d’une routine de l’urgence.
Si la crise environnementale met en lumière les plus grandes craintes, elles posent des questions essentielles : celle du Temps, celle de l’Autre, celle de l’Humanité qui nous renvoit intimement à notre propre nature.
La crise économique, la crise environnementale ne sont que les reflets, les symptômes d’une société de démesure qui a perdu certains de ses repères les plus fondammentaux et le sens du partage :
- partage des richesses, avec l’autre
- et partage de cette maison qu’est la planète avec la biodiversité.
Nous seront bientôt 7 milliards, 7 milliards façon de penser c’est une richesse, 7 milliards de voix c’est du brouhaha. Il faut s’accorder autour d’une même parole : espérant que celle-ci serve le plus grand nombre.
Comme le dit le slogan d’Emmaus : « Ne pas subir, agir« . Il faut revenir à l’échelle humaine, se demander quels sont réellement nos besoins, qu’est-ce qui fait le bonheur : on a besoin d’un retour à l’humilité pour guérir la maladie et non les symptômes.
There’s no planet B
« Sauver la planète » est un cliché. La planète, prenons la dans l’état où elle est et faisons avancer les choses, pour nous sauver nous même. « Papa a sorti sa caisse à outils, il va réparer tout ce qui va mal » : Plus que le côté duplicable ou technologique, l’important est de susciter l’initiative, d’autant plus si elle est différente, en se remémorant qu ‘auparavant des gens ont usé de leurs ressources, de leur temps, de leur imagination et ça a marché!
De mes rencontres, je m’aperçois que les gens restent très éloignés des questions de l’écologie. Avec ces personnes, même constat à chaque fois : « l’écologie c’est bien mais je ne sais pas trop ce que c’est, pourquoi on trie, pourquoi on fait ça? » Une fois qu’on leur expliquait ce qu’était l’écologie, elles comprenaient naturellement la nécessité de changer notre manière de vivre. Alors il faut continuer à informer, en attendant le déclic pour faire naître l’initiative.
Heureusement, « on n’est pas seul » dans ce combat. Il suffit souvent d’une étincelle. Dans chaque initiative que nous avons traitée, on part souvent de la volonté d’une seule personne pour amener toute une masse de gens à agir. Alors restons positif et ne déléguons pas notre capacité à réfléchir, informons, agissons :
Réussir est un risque à prendre
Réduire la déconnection de l’homme avec la nature
Il sera parfois difficile de garder le recul nécessaire à relier l’homme à la nature et à sa nature mais il ne faudra pas oublier quelque chose qui paraît essentiel : réduire la déconnexion des gens entre eux. Notre époque à soif d’Amour au sens vrai du terme, de respect les uns des autres, d’échanges sans jugement des personnes (ce qui ne veut pas dire ne pas « juger » certains comportements) et il faut veiller à ce que l’écologie ne monte pas les gens les uns contre les autres, mais les amènent ensemble à se serrer les coudes et à s’entraider, voir simplement (et c’est énorme) à comprendre l’autre, même quand il agit à l’opposé de nos principes.

Pour le reste, l’expérience est une bougie qui n’éclaire que celui qui la porte, m’a t’on dit. Je vous laisse sur une petite citation venu d’un livre de R. L Stevenson :
« On dit que dans le sein de l’homme le plus ordinaire un poète est mort jeune. Mais il est peut-être plus juste d’affirmer que ce barde, même s’il ne fait pas partie des grands, survit dans presque tous les cas et qu’il est le sel de la vie de celui qui l’abrite. Jamais justice n’est rendue aux multiples ressources et à la fraîcheur méconnue de l’imagination de l’homme…«