Presse

1) Interview donné à Clichy92

Questions à Philippe F. NAI chef du projet «Les Porteurs de lanternes » …

Bonjour, tout d’abord expliquez-nous ce que signifie « Les Porteurs de lanternes »
Philippe F. NAI : Tout est parti d’une sérendipité. Après avoir parcouru l’Europe pour aller à la rencontre des acteurs du développement durable, je voulais continuer à donner un visage plus humain à l’écologie.

Et puis un jour, au retour, sur les bords du canal Saint Martin je suis tombé sur cette librairie en plein air. Sur l’étale, un livre retourné attira mon attention, Les Porteurs de Lanternes de Robert Louis Stevenson. Sur la quatrième de couverture il y avait cette citation :

On dit que dans le sein de l’homme le plus ordinaire un poète est mort jeune. Mais il est peut-être plus juste d’affirmer que ce barde, même s’il ne fait pas partie des grands, survit dans presque tous les cas et qu’il est le sel de la vie de celui qui l’abrite. Jamais justice n’est rendue aux multiples ressources et à la fraîcheur méconnue de l’imagination de l’homme…

Je trouvais ces quelques lignes porteuses d’espoir. 4 nuits blanches plus tard, le site internet lesporteursdelanternes.com était né et proposait des articles qui approfondissaient les reportages que j’avais co-réalisés pour la télévision.

Les Porteurs de Lanternes sont en fait toutes celles et ceux qui œuvrent à un avenir meilleur que ce soit à travers la préservation de l’environnement ou en la lutte pour le respect des droits de l’Homme. C’est aussi ceux qui mettent en lumière toutes ces initiatives positives. Tout le monde peut être un porteur de lanternes, j’aime beaucoup ça.

DSC_0922Parlez-nous de votre parcours personnel, de ce qui vous amené à monter ce projet !

Philippe F. NAI : Mon master d’écologie scientifique en poche, je voulais vulgariser la science par un moyen ou un autre, partager un savoir encore trop confiné à un cercle d’initiés. J’ai donc répondu à une annonce pour travailler à la télévision sur une émission dédiée au développement durable. En y apprenant les rudiments sur le tas, je me suis aperçu que l’audiovisuel était un outil merveilleux de sensibilisation. Aussi, je souhaitais aller plus loin que ce que proposait classiquement les médias s’agissant d’écologie. Il y avait pour moi d’autres pistes à explorer, à approfondir. L’idée est partie de là.

Vous avez tourné durant l’été 2010 un documentaire au Sénégal. Comment vous est venue l’idée ? Et pourquoi le choix de ce pays ?

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Philippe F. NAI : On dit souvent que l’Afrique est le berceau de l’humanité. Le projet visait à un retour aux sources, aux définitions de bases et ce, dans un contexte où tous les jours on nous présente une vision de l’écologie souvent la même. L’Afrique était donc le continent tout indiqué car elle est riche d’écosystèmes sauvages, de biodiversité d’exception et surtout elle est mémoire d’une relation privilégiée entre l’homme et la nature.

Ensuite, une amie m’a parlé d’une association écologiste avec un fort retentissement au Sénégal. Nous nous sommes donc concentrés sur le Sénégal, en particulier la Casamance. Ce qui s’est révélé être un très bon choix ; c’était plus qu’un voyage sur la distance : c’était un voyage dans le temps. Je veux dire c’était comme si nous étions retournés à une époque où le royaume des hommes était inséré dans la nature et pas encore le contraire. C’était fascinant.

Il y a eu une petite équipe autour de vous pour la réalisation de ce documentaire. Quel a été le rôle de chacun?

DSC_0686Philippe F. NAI : Effectivement, le projet est surtout un bout de chemin entrepris ensemble.

-Emilien est un grand amateur de cinéma et un passionné de singes. Avec Robert, il a donc eu la lourde tâche de cadrer. Ils nous ont d’ailleurs fait de très belles images. Il a aussi participé à démarcher l’association GRDR avec qui nous avons collaboré. Il est resté avec nous les 3 mois que nous avons passé en Casamance puis a du rentré en France. Le projet lui a permis de s’initier à l’audiovisuel.

-Robert en plus de cadrer lui aussi, monte le film en ce moment même. Il a investi dans un ordinateur dédié au montage un an auparavant et est devenu un tisseur d’images hors-pair. Il a aussi contacté l’école Notre Dame de Mboro (qui a précédemment reçu la visite des brigades vertes de Clichy) et l’Association Sénégalaise des Amis de la Nature.

Robert et moi avons au final vécu 5 mois au Sénégal, les 2 derniers mois nous les avons notamment passé auprès d’une famille à Petit Mbao dans la banlieue de Dakar. Cela nous a permis d’entrer en immersion dans la culture sénégalaise et la mieux la saisir. Avec le recul, je crois que ces deux mois ont complètement redéfini notre expérience. Grâce au projet, Robert s’est révélé être un technicien professionnel, investi et créatif. Son regard souvent très juste a été très utile. Il n’y a qu’à lire ses articles sur le site du film.

-Isabelle nous a rejoints par la suite et s’est révélée d’excellent conseil, elle nous a sauvé la mise en nous envoyant des cassettes supplémentaires. Je compte travailler avec elle pour la diffusion du film.

Grâce à cette équipe j’ai pu mettre à profit mon expérience en journalisme audiovisuel et me concentrer à réaliser le documentaire : réfléchir au fond, enquêter, prendre des photos, m’occuper du site internet et m’occuper de tout ce qui était relationnel. Ceci dit, tout le monde a touché à tout, ce qui était formidable.

Comment les gens là-bas (au Sénégal) ont accueilli votre projet et quelle a été leur niveau d’implication ?

DSC_0073bPhilippe F. NAI : Dans l’ensemble, nous avons été très bien accueillis par les ONG et associations : Océanium, le GRDR, l’ASAN, le village des tortues, les femmes de Popenguine. Au niveau de la population, les réactions étaient toujours très positives et enthousiastes par rapport à notre démarche. C’était fantastique.

Il y avait toujours quelqu’un pour nous aider, nous aiguiller : ce qui donnait d’excellents résultats en combinaison de mon goût pour l’improvisation. Cela nous a permis d’avoir quelque chose de réaliste, de vivant et d’authentique. C’est l’essence même du documentaire. Ce fut un bel échange et les gens là-bas nous ont livré leurs témoignages, leurs messages et leurs espérances. Un fabuleux cadeau que nous chérissons d’autant plus : être un porteur de message relève d’une grande responsabilité.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confrontées dans l’ensemble?

Philippe F. NAI : Je crois qu’être un média indépendant nécessite un effort pédagogique supplémentaire parce que les gens ne sont pas habitués et il faut les rassurer.  Autrement, elles ont été de toute sorte.

Partir au Sénégal pendant la saison des pluies, en période de jeûne filmer pieds nus dans le « poto poto » (la vase qui est le terreau des mangroves), fut l’occasion de nous dépasser quotidiennement à la fois mentalement et physiquement. À la fin, j’étais tellement fatigué que je n’arrivais plus à parler mais si c’était à refaire, je le referais sans hésitation : ce fut une expérience sans pareille.

Vous avez été soutenu par le CLAP (Comité Local d’Aide aux Projets des jeunes) de la ville de Clichy et par la direction départementale de la jeunesse et des sports du département des Hauts-de-Seine (92)… Expliquez-nous comment ?

Philippe F. NAI : Nous savions que cette entreprise aurait un coût élevé, nous avons donc cherché s’il existait des aides pour ce type de projet tout en gardant un maximum d’indépendance. J’ai ainsi découvert les bourses Envie d’Agir proposées par la direction départementale de la jeunesse et des sports du 92. Nous avons donc mis sur papier notre projet et l’avons présenté à la commission chargé du programme.

Au-delà de la bourse, c’était aussi un moyen d’officialiser notre projet et le soumettre à un jury averti. De plus inscrire notre projet dans un cadre comme Envie d’Agir est à mon sens une démarche permettant d’encourager les jeunes à se réaliser, faire ce qu’ils ont envie de faire pour être le moteur de leur vie, ce qui est très important.

Robert s’est chargé de faire de même en montant un dossier auprès du CLAP. Au-delà du soutien financier, le fait que des gens aient pris du temps pour examiner notre dossier, en discuter avec nous et pour au final y croire était très motivant pour nous. J’en profite pour saluer Fatia Telha, Yacine Khelifi, Danielle Ripert et Monsieur le Maire Gilles Catoire.

Une date, une indication pour la finition du montage et la présentation au public du documentaire ?

Nous travaillons actuellement sur la centaine d’heures de vidéos que nous avons ramené pour en sélectionner les meilleurs épisodes et l’agrémenter de nos récits, nos photos, nos musiques (que nous composons nous-mêmes). Je souhaite vraiment innover, travailler chaque détails, simplifier une aventure humaine complexe sans rien perdre de l’essentiel pour créer quelque chose d’unique. Je crois vraiment en la création originale. C’est un travail titanesque de post-production pour Robert notamment mais je souhaite vraiment partager le plus fidèlement avec les spectateurs cette fantastique expérience africaine. Je prévois notre film pour la fin de l’automne.

Avez-vous l’intention de retourner au Sénégal ou avez-vous d’autres projets en cours ?

Philippe F. NAI : J’y retournerai sûrement pour la liberté et la chaleur humaine que j’y ai trouvée. Le Sénégal est définitivement une terre d’adoption pour moi. J’ai quelques idées de projets mais à vrai dire le projet actuel à toute mon attention.

Merci d’avoir accordé cette interview à clichy92 !

Philippe F. NAI : ñoo ko bokk (ça veut dire  » c’est pour nous » en wolof).

2) Clichy Magazine

Philippe Fusée Nai se définit comme un écolo-humanitaire. Ancien élève du collège Jean Macé, cet écologue de formation, souhaite « éclairer les consciences en donnant la parole aux acteurs d’une planète à l’endroit ». En 2010, il met le cap sur l’Afrique. « L’idée était de retourner aux sources pour découvrir la définition africaine de l’écologie », explique-t-il. Avant de s’envoler pour le Sénégal, avec son frère, Robert et un ami, Émilien Sage-Vallier. Robert prend contact avec le Bureau information jeunesse de Clichy et après avoir monté un dossier baptisé « Les Porteurs de Lanternes » en hommage à Robert Louis Stevenson, il obtient une bourse Clap. Philippe, de son côté, bénéficie d’une bourse « Envie d’agir », soutenue par le ministère de la Jeunesse et des solidarités actives. Pendant cinq mois, ils ont filmé le combat des populations enCasamance pour reboiser la mangrove et conserver les terres cultivables face aux changements climatiques ainsi que la banlieue de Dakar, en s’attardant notamment sur les élèves de l’école Notre Dame de Mboro. Après des rencontres marquantes, ils reviennent avec quelques 120 heures de rushes. Leur but, monter un long métrage qu’ils espèrent présenter à différents festivals et voir un jour diffusé à la télévision. Pour l’instant, l’extrait qu’ils ont présenté dans le cadre du 4ème Forum jeunesse en action à Clichy cet automne a permis d’apprécier le professionnalisme et la qualité de leur entreprise.

3) Greenpeace Magazine

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