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Améliorer le sol via les vers de terre

DispersionVoilà qui pourrait faire un bon titre de film. Dans l’article qui suit, je vais parler de recherches auxquels j’ai participé lorsque j’étais étudiant. On commence par le contexte.

1. IMPORTANCE DU SOL

Le sol est une interface majeure de la planète : relation avec l’eau (pluie, nappe souterraine), échanges gazeux avec l’atmosphère, relation avec la biosphère (faune et flore).

Il est à l’origine de la production primaire et donc des principales chaînes trophiques (= chaîne alimentaire) terrestres. C’est un système interactif au sein duquel les compartiments physiques, chimiques et biologiques sont en étroites relations et qui fournit de nombreux services écosystémiques à la société :

  • nourriture
  • qualité des eaux
  • régulation du climat par la séquestration du carbone
  • contrôle de pathogènes (maladies) notamment via le maintien de la biodiversité.

L’état structural du sol, le recyclage de la matière organique influent sur les peuplements lombriciens (des vers de terre) et inversement : on parle d’interaction.

On ne peut comprendre le sol et ses processus sans étudier les vers de terre et leur dynamique.

2. AGRICULTURE ET VERS DE TERRE

L’utilisation de vers en agriculture est encore peu répandue même si certaines méthodes s’avèrent efficaces. Elles présentent l’avantage de permettre une intensification qui ne se fait pas au détriment de l’environnement : une gestion durable de l’activité agricole, ce qui représente un enjeu important pour l’avenir. Cependant, ces méthodes ont besoin d’être optimisées pour être économiquement viables. En effet, stabiliser une population de vers dans un champ n’est pas évident du fait que les individus peuvent migrer vers les parcelles voisines. De même il serait intéressant de pouvoir attirer les vers du voisinage direct des parcelles cibles.

Pour répondre à ces questions il est nécessaire de comprendre les mouvements des vers de terre et plus précisément leur dispersion : c’est un travail d’ingénierie écologique.

Dans cette étude, nous avons voulons savoir si la dispersion des vers était liée à des facteurs environnementaux tels que la qualité du sol, la densité, la compétition avec une autre espèce, et enfin la présence de litière.

3. RESULTATS

Après plusieurs expérience en mésocosmes avec différents vers européens. Nous avons trouvé que :

Les vers choisissaient leur habitat

  • la dispersion des vers pouvait être induite par un changement des propriétés du milieu
  • la dispersion pouvait être induite par une densité locale élevée
  • la couverture du sol joue un rôle sur la distribution des vers
  • L’apport de ces résultats pour les techniques d’agriculture basé sur les vers est discuté.

Les résultats de ce travail de première approche ont intégré une étude de plus grande envergure mené par Jérôme Matthieu dont vous pourrez trouver le résumé ici.

Philippe F. NAI (sous la direction de Jérôme Matthieu).

Le sol, une ressource épuisable.

Des terres arables aussi rares que l’eau…

Parallèlement à l’augmentation de la population mondiale, les ressources naturelles comme  la nourriture, l’eau douce, les terres arables, l’énergie et la biodiversité  diminuent. Sur une surface totale de 13 milliards d’hectares de terre sur la planète, les terres cultivables n’en représentent que 11% fournissant 99,7% de la nourriture (FAO : Food and Agriculture Organization of the United Nations).

Les conséquences

Le déclin de la surface cultivable par personne est aggravé par la dégradation des sols. D’après une étude de l’International Food Policy Research Institute, on estime que 10 millions d’hectares de terres cultivables sont abandonnés chaque année dans le monde à cause de l’érosion des sols, soit 1,3% de ces terre. La majeure partie de la surface additionnelle nécessaire pour remplacer ces pertes annuelles vient des zones forestières. Le besoin urgent d’accroître la production agricole est responsable de plus de 60% de la déforestation massive à travers le monde. Ainsi, selon la FAO, 15 millions d’hectares de forêts tropicales (la superficie de la Tunisie) sont détruits chaque année. Or on sait que les forêts tropicales renferment environ 50 % des espèces vivantes.

Une ressource épuisable

Le Dust Bowls : Conséquence de l'érosion

Enfin les pertes dues à l’érosion sont graves dans la mesure où le renouvellement de la couche arable est extrêmement lent : il faut environ 500 ans pour qu’une couche de 2,5 centimètres de terre arable se renouvelle pour répondre aux exigences agricoles. Or une ressource naturelle est qualifiée de non renouvelable ou épuisable lorsque le temps nécessaire à sa création dépasse largement le temps d’une vie humaine.  Le sol est l’épiderme d’une terre vivante, pour la préserver, il convient de développer une agriculture moins intensive et écologiquement plus productive.

Lutter contre l’érosion des sols est devenu aujourd’hui un défi majeur de notre siècle.

Philippe F. NAI

Vous êtes Wwoof?

 

Le wwoof qu’est ce que c’est?

Wwoof veut dire World Wide Opportunities on Organic Farms. On peut dire wwoof ou wwoofing, cela reste un réseau mondial auquel on s’inscrit pour avoir une liste de fermes, biologiques à la base. Le principe est de travailler dans une de ces fermes et en échange on est nourri et logé.

Une expérience…

L’expérience wwoof est avant tout une expérience où les notions d’échanges et de partage sont vraiment très centrales. Pour notre part, nous avons été accueillis chaleureusement par Sandy, le chef de la famille Zarek qui nous recevait en Slovénie. Je commençais à rouiller et un peu d’exercice physique allait me faire le plus grand bien. Et là du coup, on s’est reconnecté avec la nature : se lever avec le soleil, vivre avec les vivants, dormir avec les dormants dans la forêt de Slovénie, se reposer un peu l’esprit… Mon programme : charger la remorque, décharger la remorque près des cultures, couper l’herbe pour faire du foin, couper du bois pour le feu.

Un échange et une reconnexion avec la nature

L’agriculture biologique requiert beaucoup de travail comme l’arrachage des mauvaises herbes, indispensable quand on se passe d’herbicides. Mais ce que le wwoof permet surtout, c’est de transformer ce travail en échange humain. Pendant que je coupais l’herbe ou que je chargeais la remorque, Sandy était toujours là, prêt à me montrer comment faire, mais aussi à discuter. Cependant discuter pendant qu’on effectue la même tâche, c’est différent et puis, le travail manuel repose l’esprit, on vit alors au rythme de nos mains, de nos jambes et rien d’autre.

Imaginer l’avenir en s’inspirant du le passé

L’écologie n’était pas un retour en arrière.  Le wwoof ou le volontariat, nous ramène à des notions d’hospitalité, de partage, des valeurs en somme très anciennes. L’éco-construction renoue avec certaine des méthodes de conservation de la chaleur datant de l’antiquité : les grecs construisaient des maisons dont les murs épais enduit de chaux garantissait une température idéale toute l’année. La biodiversité, elle, est un patrimoine, un héritage très ancien…

Pour envisager l’avenir il faut se connecter au passé.

Progrès et bonheur

L’homme a inventé plein d’outils permettant de lui faciliter la vie. Pourtant aujourd’hui, beaucoup d’entre nous ont à peine le temps de vivre. L’économie nous a t’elle réduit à des forçats du travail, des forçats de la consommation? L’écologie en tout cas, par définition est lié au rythme et au fonctionnement de la nature, pas de négociation possible.

Revenons au bio, qu’en penser?

Je ne pourrais jamais dire à quelqu’un de consommer bio. Tout simplement parce que c’est cher. Hier, j’étais à la caisse d’une grande surface et un couple de retraités étonné du prix d’un concombre bio (1€), ont décidé de sans passer : le fait qu’il soit bio ne les a pas assez convaincu, pour 1€ on peut avoir 3 concombres issus de l’agriculture conventionnelle! En outre les légumes parce qu’ils sont bio n’ont pas forcément un meilleur goût.

Le prix, ne réserverait t’il pas le bio à une certaine classe de la population?

Pas forcément, c’est aussi une question de choix de vie. Mais si c’était le cas, il est à noté que ce sont toujours les classes les plus élevées qui dessinent les standards de société de demain. Alors espérons que petit à petit, le bio soit plus abordable.

Alors où est le bénéfice?

Il est de réduire notre empreinte sur l’environnement et sur nous même. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé qu’il y a chaque année dans le monde 1 million de graves empoisonnements par les pesticides, avec quelque 220 000 décès (1989). Sans aller jusque là, il est légitime de se demander quel impact peut avoir sur notre santé la consommation à long terme, d’aliments exposés aux herbicides, aux pesticides. Surtout que du point de vue de la biodiversité ce sont surtout les espèces en sommets de chaîne qui sont touchées.

Il y a une réelle nécessité de développer une agriculture moins intensive et plus écologiquement productive.

L’érosion des sols de culture

Un autre problème, peu connu et sur lequel j’ai travaillé à l’INRA est l’érosion des sols. Peu connu car cela sort des clichés sur l’écologie. Voir le dossier sur l’érosion des sols.

Pour en savoir plus :

Le site officiel du Wwoof

Le site officiel du Wwoof

capture wwoof france

Wwoof France

Philippe F. NAI

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