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De la biodiversité à Biarritz et ses environs

Ci dessus : Pottok en liberté au Pays basque

Mon récent séjour biarrot m’a permis d’enquêter sur la biodiversité de la ville basque et de ses environs. Voici donc un petit aperçu.

Biarritz est une ville du littoral et possèdent la richesse des écosystèmes d’interface entre continent et océan. Elle regroupe ainsi des variétés du golfe de Gascogne et de l’Europe entière. Bien que le territoire ne possède pas d’espèces endémiques à proprement parler, on peut parler d’espèces patrimoniales comme le pottok (ci-dessus) qui a un ancrage culturel fort. La musique basque a par exemple imité le galop du pottok à travers le txalaparta (prononcé tchalaparta). Avec des pilons en bois, le musicien frappe des planches (châtaignier, hêtre, merisier…) : le son produit s’apparente à celui des sabots martelant la terre.

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Oiseau du lac Mouriscot

Biarritz à ce jour compte deux zones Natura 2000* : le lac Mouriscot protégé au titre de la Directive Habitat et les rochers de Bouccalot et de la Roche Ronde qui ont un zonage de protection au titre de la Directive Oiseaux.

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Une pipistrelle de Kuhl juvénile

Le lac Mouriscot s’étend sur 100 ha et comprend le lac lui-même, ses zones humides, les zones boisées et les prairies, soit une toposéquence favorable avec de la nourriture abondante pour les espèces venues y élire domicile. On y retrouve des mammifères tels que le chevreuil, le blaireau, le renard, le vison d’Europe mais aussi toute une avifaune : héron cendré, pivert, aigrette, sarcelle, martin pêcheur.

Ainsi on y retrouve des marais indispensable à la nidification d’espèces parmi lesquelles des chauve-souris parfois très rares comme le vespertilion à oreilles échancrées, la pipistrelle commune, de kuhl et pygmée. Le lac abrite aussi des reptiles et batraciens très rares tel l’alyte accoucheur, la grenouille agile, la rainette méridionale, le lézard des murailles mais aussi la cistude d’Europe, une espèce de tortue menacée par la fameuse tortue de Floride que les gens abandonnent dans la nature.

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Un alyte accoucheur

Le territoire abrite aussi 3 ZNIEFF (zone d’intérêt écologique floristique et faunistique) et 250 ha de littoral biarrot classés ZICO (zone d’importance pour la conservation des oiseaux). Une trame verte et bleue est aussi mise en place pour relier les « réservoirs de biodiversité » (même si je n’aime pas ce terme) avec des corridors écologiques. C’est un plan d’urbanisme qui permet de lutter contre la fragmentation des habitats naturels et en quelque sorte d’insérer une continuité de successions écosystémiques cohérentes dans l’espoir de favoriser le maintien de la biodiversité.

On peut aussi évoquer le lac Marion, qui bien que non classé, constitue un refuge en milieu urbain pour une cinquantaine d’espèces d’oiseaux sédentaires mais aussi des oies de bernache qui s’y reposent l’hiver avant de migrer.

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Le globicéphale noir


La région compte beaucoup d’espèces marines dont un quart de la biodiversité des cétacés : le grand dauphin, le globicéphale noir, le cachalot et la proximité du gouf de Capbreton est propice à certaines espèces de baleines. Cependant, du fait du réchauffement climatique, on observe une perturbation des communautés avec par exemple moins d’orques et de pingouins, les dauphins communs augmentant. En général, il y a une remontée de l’aire de répartition des espèces d’eau froide au profit d’espèces adaptées à des eaux plus chaude comme les balistes, les poissons lune et les puffins.

* Natura 2000 a pour objectif de préserver la diversité biologique en Europe par la constitution d’un réseau des sites naturels les plus importants. La préservation des espèces protégées et la conservation des milieux visés passent essentiellement par le soutien des activités humaines et des pratiques qui ont permis de les sauvegarder jusqu’à ce jour.

 

Réflexion : l'après Copenhague

fricIl n’y a pas que les gaz à effet de serre qui nous étouffe, chaque jour, un monolith d’informations nous tombe dessus. Il faut produire : produire des voitures, des vêtements, des produits bio et leur équivalents non bio, produire des services, produire de l’information avec son lot de greenwashing, beaucoup et très vite ; ce qui à la longue fini par produire de l’éphémère et du stress.

Est ce qu’on s’y prend de la bonne manière?

Car pour le coup l' »écologie » est devenue à la mode. Ce que j’ai remarqué, c’est que le cliché écolo qui verdoient en dégoute plus d’un. Je n’aime pas trop ce terme raccourci. Peut être qu’à la base il était pertinent et correct mais aujourd’hui il me semble délavé. Demander à un journaliste non spécialisé d’écrire rapidement un article sur l’écologie, il va consciemment ou inconsciemment se baser sur des clichés, adopter une certaine tonalité, suivant l’inertie médiatique. La structure même de certain article sont réglés comme du papier à musique, la forme limite le fond. C’est d’autant plus vrai, si on regarde de plus près, qu’on demande la plupart du temps dans les offres d’emploi des personnes qui ont une « sensibilité » pour l’environnement, rien de plus.

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De nouvelles questions

« Faut il être écolo pour se soucier de sa planète? »

Ce qui soustend une deuxième question :

« La plupart des gens ont-ils envie d’être écolos? »

Mon avis est non/non. Je ne pense pas que les peuples respectueux de la planète et de la nature étaient écolos. Imaginez : « les hommes préhistoriques étaient écolos », ça fait titre d’article tout au plus. C’est du bon sens, du respect et de l’humilité. Une humilité que l’Homme dans les sociétés modernes a perdu, troquée au mieux contre une morale bien pensante, expliquant une perte d’équilibre au niveau des vies, une perte d’équibre au niveau de la planète : tout est lié.

Le problème de la morale, c’est qu’on la fait surtout aux autres.


L’Humanité est-elle capable de devenir Adulte?

L’adolescence est une période chaotique, de grand changement, on se pose des questions, on se révolte, on se découvre… Jusqu’ici l’Humanité s’est comporté comme un enfant devant un frigo grand ouvert. Ne se souciant ni des autres enfants, avec qui elle forme la biodiversité, ni du frigo qu’elle pensait inépuisable. Au sein même de cette humanité formé par l’Homo sapiens, le partage est inégale. Imaginez un dîner pour 5 personnes où un seul des convives s’accapare 4 parts laissant les autres avec une seule part. C’est pourtant le cas.

L’Age de raison

Si en tant qu’Humanité, il y a un but, quel est il?

– faire du profit? un profit qui profiterait à qui?

– favoriser la croissance? croître comment? à quel prix?

– se développer? aux dépends de l’environnement ou aux dépends du voisin d’à côté?

Pourquoi vouloir plus de richesses si celles que l’on possèdent :

– on n’est pas capable de les percevoir en tant que telles?

– on est pas capable de mieux les partager?

Voici un discours prononcé il y a 17 ans et qui reste d’actualité. L’ironie du sort veut qu’une enfant fasse leçon à des adultes qui ne sont plus en phase avec leur discours.

« Please, make your actions reflect your words »

Avec Copenhague, la dichotomie entre les grands discours imbibés d’humanité et la réalité des actes n’a jamais été aussi observable. La distance entre les deux ne fait qu’augmenter, à croire qu’effectivement, l’univers est en expansion.

Il est temps d’un véritable débat : celui sur l’identité humaine.

Philippe F. NAI