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Le cercle des passeurs de livre

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Credit photo : Olivier thereau

On parle souvent de partage sur ce site. Aujourd’hui je vous propose de passer à l’action. L’initiative que j’aimerais vous présenter aujourd’hui s’inscrit une fois de plus dans la volonté de présenter quelque chose de différent. Il s’agit de passe-livre.

Pitch

passe-livre

PASSE-LIVRE : QU’EST-CE QUE C’EST ?

ABANDONNER dans un lieu donné un livre qu’on a aimé en attendant qu’un autre l’emporte et le lise, puis le transmette à son tour de la même manière, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’ouvrage tombe en poussière : tel est le principe du « passe-livre ».

C’est un jeu au quel les lecteurs peuvent jouer avec les livres. Il a été inventé en Amérique par Ron Hornbaker sous le nom de bookcrossing et on estime qu’il y a chaque jour 500 nouveaux lecteurs qui commencent à le pratiquer, dans le monde. Presque 200.000 joueurs par an !
C’est pour cela que l’on trouve de plus en plus de livres dans des endroits étranges qui sont des totems pour le passeur de livre : sur le siège d’un autobus, sur un banc public, sur la table d’un bar, un congelateur de grande surface…

Chaque ouvrage qui porte l’étiquette du passe-livre est déposé en un lieu signalé sur ce site Internet. Cet endroit est parfois choisi en relation avec le titre ou l’intrigue.

Attention !

Ce ne sont pas des livres abandonnés ou perdus. Ce sont des livres “libérés”.
Le nom Passe-Livre. Le cercle invisible des lecteurs a été inventé par la librairie Leggere per, qui a apporté de nouvelles idées à l’idée originale du jeu.

A vous de jouer !

Dossier déchets partie 1

Les déchets informatiques, que faire?

Dépôt sauvage dans Paris

Dépôt sauvage dans Paris

Il y a 20 ans, posséder un ordinateur chez soi était un luxe. Aujourd’hui il est devenu de plus en plus courant d’avoir non pas un mais plusieurs ordinateurs au sein d’un foyer.  Or le matériel informatique, plus que tout autre produit électronique est en première ligne face à l’obsolescence.

Incompatibilités, performances insuffisantes, bugs logiciels… L’industrie informatique et électronique, au delà des questions de « progrès », règle comme un métronome, la durée de vie du parc du « hightech ». Pour lutter contre la saturation du marché, les innovations se font de concert et au compte-goutte afin de susciter une consommation, nécessaire pour faire tourner l’économie. J’en profite pour vous faire découvrir, si ce n’est déjà le cas, « The Story of Stuff » sorti en 2007 qui expose tout ça plus en détails.

Si les révolutions technologiques se font en fanfare, elles mettent la sourdine quand il s’agit du recyclage… Chaque année, ce que l’on appelle les DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) représente plus de 15 millions de tonnes par an en Europe. La directive européenne du 13 février 2003 WEEE (Waste Electrical and Electronic Equipment) – en français DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) – prévoit notamment la gestion et le traitement de ces déchets.  Elle a été transposée en droit français par le décret du 20 juillet 2005. En 2006 l’écotaxe a été créée pour financer la collecte, recyclage ou valorisation des DEEE, elle est touchée par les municipalités qui doivent soutenir le tri sélectif.

Cependant, il est encore difficile en 2010 de donner à recycler ces déchets très polluants car il est dit nulle part où le particulier peut se présenter. La facilité avec laquelle on peut acheter et la difficulté de faire recycler démontre le déséquilibre profond qu’il existe dans les sociétés de consommation. Parallèlement, il est aujourd’hui moins cher d’acheter du neuf que de faire réparer.

Le contrat de confiance

Contrairement à d’autres magasins qui impliquent l’achat de matériel neuf, Darty se propose de récupérer gratuitement aussi bien votre vieil électro-ménager que vos composants informatiques (qu’ils fonctionnent ou pas d’ailleurs). Présentez-vous tout simplement au service après vente. D’ailleurs j’ai testé pour vous : pas de questions, pas de formulaires, pas besoin de chercher une déchetterie. Si l’ordinateur, le magnétoscope ou les cassettes vidéos sont encore en état de fonctionnement voir même en légère panne, il est possible de les donner à la déchetterie Emmaüs la plus proche.

Sinon c’est plus compliqué, il faut se rendre au centre de recyclage de sa ville. Attention, il est impératif de se rendre au centre dédié  à sa ville et non au centre le plus proche sous peine de se faire jeter!

D’autres idées? Faites circuler!

L’Art de la récup’ Underground

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La mascotte de l'Underground Village, figure anticapitaliste

On réalise une idée C’est pour cela que je trouve cette initiative autour du métro londonien intéressante. De plus elle montre que l’écologie n’était pas forcément la motivation de départ. Les deux personnages de ce reportage ne sont pas « écolo » dans l’âme. Et c’est d’autant plus intéressant de voir leur réalisation !

Donc, soyons clair, Robert Taylor est un homme d’affaire. Je veux des motifs psychédéliques pour faire des chaussures colorées. En voyant un prototype de haute couture fait avec des housse de siège issus du métro,  il s’est dit « tiens, pourquoi pas ? ». La récup’ devenue l’argument commercial, il s’est alors demandé : « pourquoi ne pas aller au bout de ma démarche et récupérer le cuir de vieux porte-chéquier ; du caoutchouc de vieux pneus ? » Et de fil en aiguille jusqu’à l’initiative de planter un arbre dans Londres par paire de chaussures vendue.

Le Village Underground surplombe fièrement Shoreditch

Et au final, cela apporte un plus :

On n’utilise pas de nouvelles ressources et il y a une véritable valeur ajoutée à faire de la récupération : une valeur culturelle car l’Underground fait vraiment partie du patrimoine anglais. D’ailleurs à Covent Garden, il y a même un musée dédié à ces trains souterrains : le London Transport Museum.

Les frères Foxcroft (Auro et Jack) avaient besoin de locaux pour travailler mais les quartiers de Londres sont trop chers. Ils ne se sont pas dit, « je vais accomplir un acte écologique », mais ils avaient besoin d’espaces bien éclairés pour faire du design. « Quoi de mieux que des rames de métro ? » Elles sont bien pourvues en fenêtres et  surtout : il y règne une atmosphère particulière : nous avons rencontré un écrivain auteur de poèmes et nouvelles qui racontait que lorsqu’ il pleuvait, on entendait chaque goutte de pluie taper contre la carlingue, une ambiance qui l’inspirait.

Les baskets de récup'

Comme pour les chaussures, une idée en amène une autre, la notion de cycle revient :

– Ils ont recyclé les pneus et la machinerie, ce qui les a aidés à financer leur projet.

– Et cela va même plus loin : « Mise à part le fait qu’on recycle des trains et des conteneurs de mer, on a utilisé beaucoup de matériels récupérés, comme les escaliers et le bois pour le sol, différents vernis organiques et d’autres finitions. De même, on utilise 100% d’énergie verte, des batteries solaires sur le toit pour alimenter la structure entière. »

 

Il est important de souligner que de tout temps, les artistes ont fait de la récupération, conscient de la valeur ajoutée que représente l’histoire d’un objet. Et ça ne s’arrête pas là, quand nous sommes allés faire notre reportage, Jack était sur le point d’aller semer de la pelouse sur le toit de leur scène de théâtre: le but, l’isolation sonore ! Voilà toutun enchaînement de gestes de bon sens et ça marche !Un projet est en cours pour établir des villages similaires à New York et à Berlin!

A la fin de l’interview, j’ai remarqué la présence d’un drôle de monstre en position de gargouille. Il s’agit de Crunchy qu’ils ont orienté vers le quartier financier de Londres. Crunchy pour eux était l’emblème de la crise, pour moi il représentait la victoire de l’audace : une sorte de figure de proue du navire pirate de l’écologie.nng_images.php (2)

 

Philippe F. NAI

Pour en savoir plus :

http://www.villageunderground.co.uk/

http://www.aboveandbelowlondon.com/Above_and_Below.html

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